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25 Oct

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Impressions Russes

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Des oligarques aux mouvements des droits de l’homme en passant par des ministres, des chercheurs ou encore des parlementaires, notre tour fut complet. Il en ressort quelques impressions.

D’abord le caractère post traumatique de la Russie après l’effondrement de l’URSS et la déroute de l’ère Eltsine et ses recettes ultra libérale. Il s’en est suivi une « inertie politique, énergie économique » remarquable. Un réinvestissement civique dans des mouvements thématiques (retraites, automobiliste, voire écologiste) ou dans la sphère du privé et un grand nationalisme. Laissant à une oligarchie éclairée le soin de défendre l’intérêt russe, la stabilité économique et l’enrichissement. Ce pouvoir n’est pas homogène, même si Poutine flirte autour des 80% d’opinion favorable? Un pouvoir fort, bonapartiste, appuyé sur des couches moyennes qui décollent et un peuple de province pour qui l’Etat central est la mère nourricière. Et de fait Moscou concentre 80% de la richesse elle-même détenue par 10% de la population. La Russie commence son retour dans l’arène internationale, grâce à un Medvedev conscient de la convergence des préoccupations communes avec le monde occidental. Régulation, développement durable, règles du commerce, islamisme intégriste, état de droit ainsi que la défense de la culture russe, la lutte contre les débordements de la corruption et le fléau de l’alcoolisme. Ce qui fait, au passage, que les femmes sont plus recherchées pour l’emploi.

Plus ouvert sur l’OTAN, à condition que l’on ne défende pas « l’OTAN global ». Favorable à un partenariat stratégique avec l’Europe. Réfléchissant à une zone financière « rouble » plutôt pour normaliser son secteur financier que pour la réaliser. Nos interlocuteurs au plus haut niveau ont concédé que le traitement du Caucase n’avait pas été performant. Très regardant sur l’Afghanistan où un retrait les laisserait en première ligne.

Un mot semble tabou: la Chine. Y penser toujours, n’en parler jamais, semble être le leitmotiv russe. Tentant de faire baisser le sentiment anti russe en Pologne, dans les pays Baltes, la Russie regarde beaucoup l’Allemagne jugée plus sûre que la France Sarkozyste, moins fiable. Reste à l’évidence, la question des droits de l’homme. Plus criticable que ne le pense le Kremlin, moins que ne le dit la presse occidentale, si on compare à la mansuétude vis-à-vis d’autres pays émergents. A l’évidence sans rien retrancher sur nos principes, la France doit agir fermement avec constance vis-à-vis de la Russie. Pour des raisons stratégiques et économiques. Nous avons poursuivi notre dialogue avec « Russie juste » dans un colloque de haut niveau sur la situation dans les deux pays. Ces derniers seront présents lors du conseil de l’International Socialiste à Paris avec M. Mironov, le Président du sénat, le principal dirigeant.

01 Fév

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Davos: La bulle des pays émergents

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Une nouvelle comptine est aujourd’hui à l’oeuvre dans les relations internationales: la substitution des pays émergents au G8.

Si le Brésil a « décollé » on envisage qu’en 2050 seulement il soit le 4ème exportateur de pétrole. La politique sociale du PT qui faisait suite, en l’amplifiant, à celle du PSDB, a porté ses fruits sans réduire totalement la misère. L’inde a une grosse tirée par la demande interne d’un pays d’un milliard d’habitants, mais avec de gros problèmes d’infrastructure, de pauvreté et de paysans sans terre. La Chine est dépendante de la demande extérieure, son marché interne ne peut pas prendre le relais. Quant à l’Afrique du sud, M. A a mis ses pas dans ceux de M. Beki cherchant un développement maîtrisé.

Il y a pour ces pays une croissance « iceberg ». On cache ce qui leste le pays. Le risque est grand d’impliquer prématurément les pays émergents dans l’équilibre du monde, flattant ainsi le nationalisme, au détriment d’un développement équilibré de leur pays. Si le monde occidental n’a plus l’hégémonie, si le monde est réellement multipolaire, attention à la bulle des pays émergents.