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06 Nov

Commentaires fermés sur L’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J

L’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J

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Forum Radio 6 06112016

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J.

Retrouvez ses principales déclarations ci-dessous.

Pour réécouter l’émission cliquez ici.

 

Élections américaines

J’attends que M. Trump soit battu sinon nous rentrerons dans une zone de turbulences. Une victoire de Trump est synonyme de tensions internationales, de tensions avec la France et de tension dans son propre pays car l’application de son programme populiste, renfermerait le pays sur lui-même. (…) Sa victoire est possible. Nous avons vu des mouvements de ce type dans l’Europe occidentale avec le Brexit et la montée du national populisme.

Marine Le Pen se nourrit de tout. Elle est en tenue de camouflage, elle ne dit pas grand chose et profite de la décomposition de la vie politique française.

Primaire de la droite et du centre

Il n’y a pas un sujet qui soit traité en terme de droite gaullienne. Tout est traité en terme de droite extrême. C’est un concours Lépine de l’homme le plus à droite dans cette primaire.

Vote des militants de gauche à la primaire LR? « On a tort de faire des scénarios à partir de ce que disent les sondages »

Alain Juppé est une illusion, un mirage: il a une tête de présidentiable mais un programme qui ne lui permettra pas d’être élu. Son programme est libéral avec un gouvernement autoritaire et cela ne passera pas. Cela sera repoussé soit dans les élections, soit par la rue.

On fait un calcul politique sur « Qui peut battre Nicolas Sarkozy ou Marine le Pen? » mais ça ne fait pas un destin et un dessein pour la France

Nicolas Sarkozy est allé sur le terrain du Front National et une partie de la droite a pris peur et s’est réfugiée derrière Alain Juppé

Point de vue programme, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé c’est bonnet blanc et blanc bonnet

Marine Le Pen se tait car son objectif c’est que Nicolas Sarkozy soit battu pour récupérer ses voix.

Le rempart au FN c’est la gauche.

Gauche

La gauche est fragmentée et personne ne fait l’unanimité. Il faut donc une démarche pour une candidature de rassemblement: les primaires.

Les bavardages ça suffit, rendez-vous dans les primaires !

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont 2 candidats auto-proclamés et qui ne peuvent rassembler. Ils sont les champions du petit bain car il n’y a pas encore le candidat de la gauche de désigné !

Jean-Luc Mélenchon veut réveiller le peuple. Moi, je veux le faire gagner. Et pour cela il faut se rassembler.

Cette présidentielle  n’est jouable que si nous avons un candidat central

Conférence nationale du PCF : « Je ne commente pas les prises de positions internes du PCF.

Pierre Laurent avait une stratégie: ni Mélenchon, ni Hollande. Aujourd’hui il se retrouve au milieu du gué. »

Jean-Luc Mélenchon veut faire battre le PS aux législatives. Ce n’est pas le bon chemin pour l’ensemble de la gauche.

Accord avec le PCF aux législatives? : »J’aurai la main tendue jusqu’au bout »

Élection présidentielle 

Début décembre nous saurons qui sera candidat. Je n’ai pas entendu une parole du président disant qu’il ne sera pas candidat

Manuel Valls a parlé durement du livre « Un Président ne devrait pas dire ça », pas de l’action du président.

Le président de la République doit se déterminer par rapport à la situation de la France et rien d’autre.

Ni le candidat de la droite, ni de la gauche,  ni le candidat écologiste, ni le candidat communiste… on ne connaît rien des programmes et on nous dit déjà le résultat.

L’élection présidentielle commencera début février. Avant on ne sait rien.

François Hollande dès le premier jour de son arrivée a été matraqué, attaqué, vilipendé. A droite on voulait se débarrasser de Sarkozy et on ne voulait ni de du programme, ni des propositions, ni de l’action de la gauche.

L’objectif d’Emmanuel Macron est que le Président ne se représente pas. Il n’a pas construit tout cela pour à la fin ne rien faire.

Face aux enjeux du pays, nous avons la gauche la plus irresponsable du monde: elle est dans les chamailleries, elle ne veut pas voir les problèmes. Elle veut juste être devant le petit voisin.

Aucun candidat de gauche n’est en capacité de l’emporter. C’est pour cela qu’il faut échanger et rassembler. Il faut battre une droite qui s’est extrémisée et une extrême droite qui s’est camouflée

Nous sommes en pleine illusion: le programme de la droite ne passera pas.

Manifestation des policiers

Les revendications des policiers sont légitimes. Le Président et le Ministre de l’intérieur ont donné des réponses.

J’observe que la police ne manifeste pas contre le gouvernement. Mais ils ont l’impression qu’ils attrapent des « racailles » et que le lendemain ces derniers les narguent. Je comprends cette revendication principale. Il faudrait peut être revoir nos procédures. C’est un grand débat de société.

Salafisme 

On ne combat pas le salafisme si on n’est pas intraitable sur l’antisémitisme et l’arabophobie.

Laïcité

La laïcité est une question essentielle. Nous devons la défendre et combattre pour l’émancipation car cela permet le vivre-ensemble.

Résolution de l’UNESCO sur Jérusalem

Il n’est pas normal qu’une institution regroupant les diplomates du monde s’érigent en donneur de leçons d’histoire.

 

27 Mar

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Unité de la gauche : le PS propose à ses partenaires des rencontres dès lundi

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logops160
En vue du second tour des élections départementales, le rassemblement de la gauche et des écologistes a su se faire. Le Parti socialiste ne se résout pas à l’idée que lundi la division puisse recommencer. La montée frontiste contenue, à un haut niveau, mais contenue, peut reprendre sur des thèmes et des propositions qui menacent la République.

De son côté, la droite est partie contaminée par ce courant anti-républicain, malgré le refus de l’UDI et d’une partie de l’UMP. Cette droite, aujourd’hui erratique sur la République, est ultra-libérale sur l’économie. La gauche est prévenue. La droite prépare une alternative idéologique et sociale extrêmement droitière.

La gauche unie a dénoncé, durant toute la campagne pour le second tour, ces dangers. Chacun a pu constater que la gauche divisée, c’était la gauche éliminée ou handicapée. Et ce sont les plus défavorisés, les plus modestes et les électeurs de gauche qui se retrouvent alors sans représentation. A contrario, la gauche unie est devant la droite et l’extrême droite. Nous avons donc une responsabilité historique de ne pas laisser le bloc réactionnaire s’installer en France à cause de nos divisions.

Chacun constate que sans être encore totalement bons, les résultats économiques s’améliorent. Le temps d’une mise à plat des convergences et des divergences est arrivé. Le temps de la réflexion ensemble sur les échéances à venir est advenu.

Le Parti socialiste propose donc des réunions au sommet à partir de lundi 30 mars. Le PS débutera ces rencontres lundi avec les écologistes, Emmanuelle Cosse ayant accepté cette proposition.

14 Déc

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Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon la crise !

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4e congres parti gauche europeenneLe IVe congrès du Parti de la Gauche européenne, qui regroupe les partis communistes et de la gauche radicale se tient à Madrid ce weekend.

Il s’agit de réélire Pierre Laurent à sa tête et de choisir Alexis Tsipras comme chef de file avec en vue la présidence de la commission européenne lors des élections européennes de mai prochain.

Jean-Luc Mélenchon souhaitait être le candidat des gauches radicales à la présidence de la commission. Devant le peu d’empressement de Pierre Laurent c’est Alexis Tsipras qui lui a été préféré. En représailles le PG s’est publiquement interrogé sur la reconduite de Laurent à la présidence du Parti de la Gauche européenne.

Mais la gauche unitaire européenne – tel est le nom du groupe parlementaire dont sont membres les euros députés communistes et de gauche radicale comme ceux de Die Linke, du Bloco de Esquerda – est divisée en France à cause, non pas d’une divergence stratégique ou programmatique qui ferait débat dans l’ensemble de l’Europe, mais à cause du choix de l’unité de la gauche fait par le PCF à Paris.

Vexés de ne pouvoir entraîner le PCF dans leur stratégie anti PS les dirigeants du PG durcissent la ligne et une fois de plus leur leader, Jean-Luc Mélenchon boude puisqu’il vient de quitter l’Europe pour Quito. Il a refusé d’être sur la photo. Il ne sera pas dans le film. Le PG s’est même mis en retrait du Parti de la gauche européenne… Pour trois mois… Ambiance !

La stratégie des pégistes n’est unitaire qu’en intention. Déjà à la région Île-de-France, ces derniers refusent un groupe du front de gauche unique et leur intransigeance à l’égard du PS qui forme une
majorité avec EELV et le PCF conduit régulièrement les amis de Jean-Luc Mélenchon à voter avec la droite. Cette hostilité fait qu’on ne sait plus très bien si leur ennemi est la droite ou la gauche. A
rebours de l’histoire qu’ils revendiquent, les dirigeants du PG divisent la gauche.

Pourtant, avec Pierre Laurent à sa tête, la gauche européenne peut jouer le rôle d’un partenaire exigeant dans la perspective d’une réorientation de l’Europe. Si on veut une majorité progressiste pour battre la droite et ne plus laisser les mains libres aux conservateurs, il faut bien qu’enfin les forces de gauche dans leur diversité se parlent. C’est un des messages du récent congrès du SPD
avec la main que Sigmar Gabriel a tendue à Die Linke. C’est la réalité des discussions entre les intellectuels proches du Pasok, du Dimar (gauche démocratique) et de Syriza pour ne prendre que ces eux exemples.

Jean-Luc Mélenchon a perdu deux batailles en quelques mois : il a échoué dans sa stratégie d’incarner la gauche radicale européenne parce-que parlementaire européen peu assidu, il n’a pas su prendre appui sur la réalité européenne pour la changer au-delà des invectives et c’est le jeune leader de Syriza qui s’est imposé. Il a échoué dans sa tentative de radicaliser le front de gauche alors que la nature même d’un front consiste à s’élargir. Pourtant, il connaît ses classiques : « marcher séparément, frapper ensemble » ça devrait lui rappeler quelque chose !

catégorie Actualité

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06 Juil

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La Gauche façon puzzle !

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puzzleLa gauche part dans tous les sens. Les écologistes ne veulent rien entendre à l’union aux élections municipales. C’est donc la division, mais ils restent dans le gouvernement. Le Front de Gauche est uni aux socialistes dans les municipalités et bombarde les socialistes dans le pays. Les Radicaux traînent des pieds sur tous les sujets à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Quant au PS, il joue le temps des groupuscules multipliant clubs et mises en demeure de son propre gouvernement. Ici ou là quelques ministres râlent en sourdine. Pendant que le gros de la troupe mets des sacs de sable devant les municipalités. Le gouvernement s’attaque avec courage aux déficits. Nul d’ailleurs ne conteste cette oeuvre de salubrité publique. Mais la lutte contre les déficits ne fait pas une politique. Et c’est là que le bât blesse. Car personne n’avance une alternative politique cohérente ou n’ouvre une perspective. Ce n’est ni une opposition de ligne à ligne ni la définition d’une ligne. La gauche est cotonneuse et le PS unijambiste. Le Parti Socialiste a raison de défendre le gouvernement. Il le mérite. Mais le PS ne peut se réduire à cela. Il faut donner du sens et mettre en scène nos marqueurs. Il faut aussi prendre la mesure de la situation. Entre une droite sans le sous et une gauche sans dessus dessous, le Front National va pouvoir jouer « ville ouverte ». Si le gouvernement doit continuer d’éviter l’austérité en ayant les nôtres en tête. Si le Président doit indiquer où la France doit aller comme il le fait très bien sur l’Europe, il est temps à gauche de réagir. L’union est indispensable. La division est irresponsable. La victoire des Frontistes aux élections municipales ouvrirait une spirale qui pèserait lourd dans la suite pour tous et pour la France. Il faut faire barrage au Front National. Mobiliser l’opinion pour imposer l’union aux élections municipales est une urgence. S’unir c’est arriver en tête au premier tour, juguler le risque de l’UMP et faire reculer celui du Front National.

06 Fév

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le PCF entre mélenchonisation et affirmation

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Le 36ème congrès du PCF s’ouvre sur un texte intéressant « base commune de discussion : il est grand temps de rallumer les étoiles… » La formule de Guillaume Apollinaire fait sens.

Si le texte se propose classiquement de rompre avec le capitalisme, il pointe avec juste raison le grand piège de l’affrontement identitaire, la planification écologique chers au Parti de Gauche comme la révolution citoyenne ou le choix résolu de la dignité humaine comme sens de la gauche. Il faut aussi noter une critique bienvenue de la dérive austéritaire de l’Europe, sans que soit cité le PPE, et l’idée que l’Europe « doit devenir un grand projet humain capable de peser pour un monde de coopération » est réjouissant.

Mais le texte laisse perplexe. Le PCF n’a plus de formule de pouvoir. Il s’inscrit dans un combat initié par Jean-Luc Mélenchon de renverser le rapport de force au sein de la gauche, « Du Front de Gauche nous portons l’ambition d’en faire un grand mouvement capable de bousculer le rapport de force à gauche. La raison qui ordonne le texte est présentée ainsi « avec son refus de contester le pouvoir de la finance le gouvernement n’est pas en capacité de combattre la crise » et de conclure que le but du PCF est de changer cet état des choses. Proposant pour ce faire un « large front contre l’austérité » portée on l’a compris par le PS « tout se passe comme si l’actuelle majorité s’appliquait a gérer les suites du quinquennat précédent », il ne reste pas dans cette phraséologie de place pour l’union comme le souhaite Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant le PCF se propose quand même aux municipales d’aller « vers les rassemblements les plus larges possibles à gauche pour faire échec aux appétits de la droite et l’extrême droite ». Le PCF invente après le non soutien et la non participation, la contestation au sommet et l’union à la base. C’est ainsi qu’il tente de « gérer » la pression mélenchoniste et la réalité de son implantation. Tant il est vrai que personne ne distingue dans les contenus et les pratiques les maires de gauche. Le communisme municipal s’est fondu dans une pratique commune de gauche. Il y a donc bien à l’occasion de ce congrès du PCF une gauche d’en haut divisée et une gauche d’en bas unifiée. Et donc un PCF pris en une mélenchonisation ideologico-stratégique: faire sauter le verrou du Parti socialiste et une affirmation tactique sur le terrain: être l’aile anti-austéritaire mais unitaire de l’union de la gauche à la base. Bonjour les adducteurs !

25 Jan

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Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

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melenchon

Mon cher Jean-Luc,

Vous vous demandez publiquement comment les socialistes appréhendent les relations avec les autres formations de gauche en général, et Jean-Luc Mélenchon en particulier. Permets-moi d’apporter ma pierre à ce débat car il commence à m’inquiéter.

La gauche est plurielle mais elle partage les mêmes valeurs. La gauche désunie ne peut les faire triompher. Tu estimes à juste raison être partie prenante de la victoire de la gauche aux présidentielles. Mais tu as d’emblée avant même le premier pas gouvernemental, décliné toute participation, à l’action de redressement de la France. Tu aurais pu être déçu dans le soutien, tu es parti sur un préjugé : je n’en serai pas. Voilà pourquoi les critiques qui sont, tu en conviendras, systématiques ont moins de force. Car d’emblée, avant toute décision, tu as estimé déjà la victoire trahie.

Dans ta rhétorique, il n’y a jamais de place au bilan des droites depuis dix ans, jamais de critique du PPE qui conduit l’Europe à la récession.

Il ne s’agit pas de te demander un accord avec les socialistes, les écologistes, les républicains, les radicaux au pouvoir, mais dans un souci d’éducation du peuple, comme tu le souhaites, de distinguer les responsabilités. Ce ne serait au passage que justice.

Car rien ne trouve grâce à tes yeux, ni la revalorisation de 25 % de l’Allocation de rentrée scolaire (ARS), ni la hausse du SMIC, dès l’été 2012, ni le relèvement de 20 à 25 % du seuil minimal de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants, ni l’encadrement des loyers, pour éviter les augmentations abusives, ni la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, ni le déblocage de 50 millions d’euros pour l’hébergement d’urgence, ni la création des emplois d’avenir, dont le lancement est intervenu dès novembre 2012, ni la création des contrats de génération, ni la suppression de la franchise médicale de 30 euros en vigueur depuis 2011 pour les personnes sans-papiers, ni le rattrapage du RSA socle (+10 % d’ici 2017) et la réforme du RSA activité (contre le non-recours), ni la « Garantie » jeunes pour les 18-25 ans qui ne sont ni en emploi, ni en formation, en situation d’isolement et de grande précarité ; Il s’agit d’un contrat annuel, passé avec le service public de l’emploi, comportant des engagements réciproques ; ni l’augmentation du montant de l’Allocation de soutien familial (ASF) et la majoration du complément familial (CF), ni la baisse du plafond de la CMU complémentaire pour permettre à 500 000 personnes d’accéder à une prestation complémentaire, ou les investissements pour l’hébergement (8 000 places supplémentaires) et l’accès au logement (prévention des expulsions, intermédiation locative, etc.), voire le renforcement de l’accès aux crèches et aux cantines scolaires pour les enfants de famille en situation de pauvreté, la création d’un registre national des crédits aux particuliers – « fichier positif » – pour participer à la lutte contre le surendettement, le plafonnement des frais bancaires pour les plus fragiles, à la faveur de la réforme bancaire.

Et tout ceci dans le cadre budgétaire contraint que tu balayes d’un revers de manche mais qui pèse sur les décisions publiques.

Tu peux ne pas dire bravo, mais au moins un « ça je prends », pour te paraphraser. Rien ! Même chuchoter.

Nous attendons un satisfecit qui ne vient jamais, comme si tu étanchais ta soif d’absolu à l’eau salée de ton amertume. Comme si dans notre défaite, il y aurait une secrète victoire contre le PS.

Comme hier l’extrême gauche, tu considères l’UMP et le PS comme un bloc à combattre en bloc.

Mais même si cela était vrai –ce qui reste à démontrer- comment peux-tu espérer triompher, entraîner, voire unir, dans ce classe contre classe d’un autre temps.

Il n’y a plus de rapport de force global ou national. Il n’y a plus de contradictions dans la société. Il n’y aurait que toi portant la vérité d’un peuple engourdi et une classe médiatico-politique unie dans la volonté de te nuire.

Même ton combat contre le Front national ne souffre pas d’alliés car ce serait le dénaturer.

Tout pas en avant est pour toi un renoncement. Toute tentative de soulager la peine des Français un pis-aller.

Tu te plains, après des charges répétées, d’être maltraité par les socialistes. Mais tu dédaignes toutes les mains tendues, toutes les actions communes. Jusqu’à lancer une campagne contre l’austérité, qui désigne de fait le PS comme responsable. Au moment même où nous affrontons des forces, que tu connais bien, qui refusent le mariage pour tous.

Ce splendide isolement indispose, certains de tes amis, qui peuvent nous critiquer mais cherchent à être utiles. Ils reconnaissent l’action sur le terrain et s’étonnent de cette colère que rien ne vient apaiser.

À force d’être dans l’excès, on n’entend plus rien. Non, François Hollande, ce n’est pas Sarkozy. Il n’y a pas de Merkhollande. Dire comme Nicolas Sarkozy qu’il n’y a qu’une politique possible : celle que préconisait Mme Merkel. Ce n’est pas dire qu’il faut maintenant la croissance, la régulation bancaire, voire la taxation des mouvements de capitaux comme le défend le président François Hollande. Enfin, il ne t’as pas échappé que Mme Merkel a appelé à voter aux élections présidentielles pour Nicolas Sarkozy, pas pour François Hollande.

Tu n’as pas le monopole des ouvriers, des salariés, des sans-grade. Chaque jour, les élus socialistes dans les collectivités que nous gérons ensemble s’échinent à les défendre, à les protéger.

« Tôt ou tard notre heure va venir », dis-tu. Mais avec qui ? Pour quoi faire ? Je me permets de te dire sans vouloir t’offusquer que les dits salariés n’ont pas le temps d’attendre. C’est maintenant qu’il faut mettre les mains dans la boue d’un système, d’un modèle à bout de souffle.

Enfin, qui menace qui ? Tu parles de déluge contre le président de la République, le gouvernement ou les socialistes que tu traites de va-nu-pieds. Et tu t’offusques que l’on trouve cela inopportun, que l’on s’interroge sur les alliances à venir.

Qui veut rompre l’ancestrale alliance de la gauche ?

Tu as le droit de le penser. Mais tu permettras de te dire amicalement que cela n’a jamais mené nulle part. Et surtout, ceci a toujours permis « aux autres » de porter des coups plus durs.

Je crois avec détermination à l’union des forces de gauche et des écologistes. Cela n’a jamais été pour moi, arrêter de penser différemment, ni se mettre au garde à vous parce qu’on hausse la voix, mais être utile à la gauche dans le respect de ses composantes.

Alors, il n’est pas trop tard pour hiérarchiser les critiques, de démêler ce qui est bon et de marcher côte à côte.

Ce n’est pas s’aligner, c’est une question d’efficacité.

Nous ne te demandons pas de cesser de dire ce qui ne va pas. Nous n’avons ni cette prétention, ni cette vocation. Nous te demandons de temps en temps de dire que la gauche fait des choses bien.

Mais serait-ce aujourd’hui trop te demander ?

Amicalement.

Jean-Christophe Cambadélis

10 Mai

Commentaires fermés sur Le 10 mai 1968

Le 10 mai 1968

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C’est l’anniversaire des premières barricades de 1968. Dans le quartier Latin, les évènements sont à un tournant. La grève générale va commencer. Elle ébranlera le régime gaulliste.

1968 comme la grève des mineurs de 1963 ou les mouvements sociaux, voir ceux de la jeunesse scolarisée des années 1970 ont ouvert le chemin du 10 mai 1981, au même titre que la mise en ballotage de De Gaulle par François Mitterrand en 1965, grâce au soutien du PCF de Waldeck Rochet. Si le 10 mai est la victoire présidentielle de François Mitterrand, elle est le résultat d’une décennie de combats. Dans ce retour de la « Tontonmania » aussi sympathique qu’inattendu, il fallait remettre les évènements « à l’endroit ». Et en ce jour j’aurais une pensée pour la grève générale de 1968.

26 Jan

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Jean-Luc Mélenchon reprend des arguments des années 30

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logo LibérationINTERVIEW Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du Parti socialiste

Recueilli par FRANÇOIS WENZ-DUMAS

Secrétaire national du PS chargé des questions internationales, Jean-Christophe Cambadélis connaît bien Jean-Luc Mélenchon, qu’il côtoyait déjà dans les années 70 à l’Unef. Il soutient la candidature de Dominique Strauss-Kahn.

Mélenchon peut-il faire perdre la gauche ?

Il essaie en tout cas de faire perdre le PS. Il a encore récemment rappelé quel était son objectif : réduire le Parti socialiste. Son objectif stratégique n’est pas principalement de battre Sarkozy, mais bien de faire obstacle au candidat du PS. Et pour cela, il appelle à la rescousse tous les poncifs antisocialistes, qui seraient des affameurs du peuple, qui ont assassiné Rosa Luxemburg, et j’en passe.

Il cible surtout Dominique Strauss-Kahn.

Il est en tout cas bien plus virulent quand il parle de Dominique Strauss-Kahn que quand il parle de Nicolas Sarkozy. Jean-Luc Mélenchon n’a qu’un seul objectif : recomposer la gauche autour de sa propre personne. Ce n’est pas le sujet de la France. Cela dit, il fait tout pour conspuer le PS, le critiquer. Mais en même temps, il garde au mur le portrait de François Mitterrand et il explique que le gouvernement de Lionel Jospin, auquel il a appartenu, était le plus à gauche que la France ait connu. Pour cela, il lui sera beaucoup pardonné.

Ces querelles de famille ne risquent-elles pas de tirer toute la gauche vers le bas ?

Jean-Luc Mélenchon est un vrai politique. Il a parfaitement intégré que Marine Le Pen était en dynamique sur une orientation nationale populiste. Et il ne lui a pas échappé qu’Olivier Besancenot, dans la plupart des sondages, le devançait de deux points, en général à 7% contre 5% d’intentions de vote. Alors il a décidé de précipiter sa candidature pour forcer la main à ses alliés communistes. Jean-Luc Mélenchon a fait une OPA amicale sur le PCF, et tente une OPA inamicale sur le NPA.

N’a-t-on pas une inversion des rôles quand les communistes jouent l’union de la gauche, et qu’un ancien socialiste joue contre le PS ?

Evidemment. Jean-Luc Mélenchon a produit quand il était au PS des textes définitifs sur l’union nécessaire, dit tout le mal que la division avait fait à la gauche. Maintenant, il embrasse la révolution, une «révolution citoyenne»,avec des arguments que l’on entendait dans les années 30.

N’est-ce pas le dernier avatar de la division des socialistes en 2005 sur le traité constitutionnel européen?

Il reprend en effet tout ce qu’il avait dit à l’époque devant les comités pour le non. Il y ajoute une posture tribunitienne qui est un renoncement à la transformation pratique du pays.

La machine à perdre n’est-elle pas enclenchée, comme en 2002 ?

Nous avons en gestation le syndrome de 2002, combiné à l’émiettement des candidatures. La division de la gauche est la dernière carte de Nicolas Sarkozy. Je respecte la colère devant l’injustice ou le mépris d’une nouvelle aristocratie, mais il est dangereux et contraire à la tradition républicaine de chercher à opposer, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, le peuple et les élites.

22 Jan

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Pourquoi Jean-Luc Mélenchon accélère ?

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Il y a cela trois raisons. La première tient dans le fait qu’il n’a plus le monopole de la posture tribunicienne et protestataire. Marine Le Pen en mêlant ceci à la préférence nationale rend compliqué l’exercice. L’épisode du dessin de Plantu l’illustre parfaitement. Mélenchon ne veut pas s’enfermer dans le populisme c’est du pareil au même.

Ensuite le PCF veut bien du Président du PG mai sans rompre avec sa culture d’union de la gauche. Alors que Mélenchon comme il l’a dit sur RMC veut recomposer la gauche. Il souhaite donc être candidat à ses conditions.

Enfin il ne lui a pas échappé que Besançenot était loin d’être siphonné et le devance dans tous les sondages. L’attitude visant à casser du PS tout en louant Mitterrand et créditant le gouvernement Jospin de plus à gauche de la planète laisse sceptique. Jean-Luc Mélenchon accélère pour ne pas perdre pied dans les sondages, ce qui refroidirait le PCF.

18 Jan

Commentaires fermés sur Agir pour l’égalité réelle implique le refus de toute démagogie

Agir pour l’égalité réelle implique le refus de toute démagogie

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logo LibérationDans le cadre du « Forum Libé » à Grenoble, Jean-Christophe Cambadélis interviendra dans un atelier-débat  » Avec la crise, la gauche peut-elle éviter le populisme ? », avec notamment Pierre Laurent. Libération publie ce jour sa tribune en préparation de ce débat en page Rebonds.

La gauche peut-elle échapper au populisme ? Parce qu’elle a comme le souhaitait Jacques Brel «des rêves à n’en plus finir avec l’envie furieuse d’en réaliser quelques- uns». Et la première des idées populistes ne serait-elle pas l’égalité sociale ? Pour autant le populisme est un concept valise. Peut-on mettre sur le même plan, le péronisme argentin, les décembristes ou Herzen en Russie, Slobodan Milosevic, Hugo Chávez, le Front national français ? La négation de la réalité et la mystique du peuple comme totalité détenant seul la vérité sont des traits communs. Mais le «on doit faire payer les riches» n’est pas équivalent au «rêve» d’une France ethniquement pure. Il ne faut pas tout confondre.

L’hétérophobie, la xénophobie, l’islamophobie ambiante, cette peur de l’autre propre aux sociétés qui se recroquevillent sur elles-mêmes. Le parti pris protestataire à des fins électorales qui est la négation de l’intérêt général nécessaire au «vivre ensemble», ou la démagogie qui est un mensonge de masse promettant ce qu’on ne saurait tenir, utile à ceux pour qui le peuple n’est que du bétail électoral.

Voilà les dangers pour la gauche ! Dans un monde malade de ses promesses non tenues, où les nations semblent ne plus gouverner leur histoire, lorsque les hommes ne maîtrisent plus leur destin, réapparaissent les vieilles peurs, les fantasmes irrationnels. Peur de l’avenir, angoisse de l’inconnu, crainte d’une perte d’identité, nostalgie d’une grandeur évanouie. C’est alors que ces maux peuvent assaillir un peuple en général et la gauche en particulier. Mais si elle y succombe, elle y perd son âme et peut-être même les élections. Si ces trois idées sont présentes, ou parfois diffuses dans les discours, c’est tout simplement que la gauche perd le sens pratique de la transformation progressiste de la société. Il y a dans la seule protestation une démission, un renoncement à un chemin pratique pour transformer vraiment le monde.

La voie est étroite car la gauche française est issue d’une tradition politique qui épousa le siècle industriel pour le nier. Sa culture politique puise ses racines dans la fameuse inscription sur la tombe de Marx tirée de la onzième thèse sur Feuerbach «transformer le monde». Cette culture radicale qui sous-entend souvent lui faire changer de base, peut ouvrir la voie à bien des errements démagogiques.

Il ne s’agit pas pour autant de se résoudre aux injustices du monde. Il faut l’interpréter autrement que ne le souhaite la logique spontanée du capitalisme contemporain. Tenir à distance les dangers de la démagogie, de la protestation ou de la peur de l’autre, sans se subordonner aux exigences des marchés financiers, c’est agir vraiment pour l’égalité réelle.

C’est la «vérité pratique» chère à Dominique Strauss-Kahn et à Martine Aubry qui fait que l’on décide des emplois jeunes ou de la réduction du temps de travail ou encore le refus du démantèlement de la puissance publique – à un moment de croissance forte – alors que le capitalisme libéral exige l’extension du travail, la réduction des protections et la précarisation de la jeunesse au nom d’une compétitivité internationale inatteignable – mais qui pourrait faire accepter à la France les salaires chinois ou indiens, ou l’absence de protection sociale ?

Ce n’est pas faire du pragmatisme, c’est rétablir la politique – promettre que ce que l’on peut tenir, distribuer non des rêves mais réellement ce que l’on a produit comme richesses, réduire vraiment toutes les inégalités en ayant le sens de l’intérêt général. Voilà le maître mot face aux populismes et aux exigences du marché, le socialisme moderne et la république, c’est l’intérêt général. Ni l’adaptation à l’exigence aveugle du marché ni l’illusion d’un volontarisme aveugle sans le marché – mais un réalisme républicain de gauche.