Tag PG

15 Mai

Commentaires fermés sur « Les européennes après les municipales: la fin de la gauche ? », débat sur Médiapartlive

« Les européennes après les municipales: la fin de la gauche ? », débat sur Médiapartlive

par

JCC mediapartlive14052014

Jean-Christophe Cambadélis a participé hier soir au grand débat organisé par Médiapartlive avec Jean-Luc Mélenchon et Emmanuelle Cosse.

Vous pouvez retrouver les vidéos du débat en cliquant ici ou bien ci-dessous:


Le débat Cambadélis-Cosse-Mélenchon : les… par Mediapart


Le débat Cambadélis-Cosse-Mélenchon : penser l… par Mediapart


Le débat Cambadélis-Cosse-Mélenchon… par Mediapart

14 Déc

1 Comment

Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon la crise !

par

4e congres parti gauche europeenneLe IVe congrès du Parti de la Gauche européenne, qui regroupe les partis communistes et de la gauche radicale se tient à Madrid ce weekend.

Il s’agit de réélire Pierre Laurent à sa tête et de choisir Alexis Tsipras comme chef de file avec en vue la présidence de la commission européenne lors des élections européennes de mai prochain.

Jean-Luc Mélenchon souhaitait être le candidat des gauches radicales à la présidence de la commission. Devant le peu d’empressement de Pierre Laurent c’est Alexis Tsipras qui lui a été préféré. En représailles le PG s’est publiquement interrogé sur la reconduite de Laurent à la présidence du Parti de la Gauche européenne.

Mais la gauche unitaire européenne – tel est le nom du groupe parlementaire dont sont membres les euros députés communistes et de gauche radicale comme ceux de Die Linke, du Bloco de Esquerda – est divisée en France à cause, non pas d’une divergence stratégique ou programmatique qui ferait débat dans l’ensemble de l’Europe, mais à cause du choix de l’unité de la gauche fait par le PCF à Paris.

Vexés de ne pouvoir entraîner le PCF dans leur stratégie anti PS les dirigeants du PG durcissent la ligne et une fois de plus leur leader, Jean-Luc Mélenchon boude puisqu’il vient de quitter l’Europe pour Quito. Il a refusé d’être sur la photo. Il ne sera pas dans le film. Le PG s’est même mis en retrait du Parti de la gauche européenne… Pour trois mois… Ambiance !

La stratégie des pégistes n’est unitaire qu’en intention. Déjà à la région Île-de-France, ces derniers refusent un groupe du front de gauche unique et leur intransigeance à l’égard du PS qui forme une
majorité avec EELV et le PCF conduit régulièrement les amis de Jean-Luc Mélenchon à voter avec la droite. Cette hostilité fait qu’on ne sait plus très bien si leur ennemi est la droite ou la gauche. A
rebours de l’histoire qu’ils revendiquent, les dirigeants du PG divisent la gauche.

Pourtant, avec Pierre Laurent à sa tête, la gauche européenne peut jouer le rôle d’un partenaire exigeant dans la perspective d’une réorientation de l’Europe. Si on veut une majorité progressiste pour battre la droite et ne plus laisser les mains libres aux conservateurs, il faut bien qu’enfin les forces de gauche dans leur diversité se parlent. C’est un des messages du récent congrès du SPD
avec la main que Sigmar Gabriel a tendue à Die Linke. C’est la réalité des discussions entre les intellectuels proches du Pasok, du Dimar (gauche démocratique) et de Syriza pour ne prendre que ces eux exemples.

Jean-Luc Mélenchon a perdu deux batailles en quelques mois : il a échoué dans sa stratégie d’incarner la gauche radicale européenne parce-que parlementaire européen peu assidu, il n’a pas su prendre appui sur la réalité européenne pour la changer au-delà des invectives et c’est le jeune leader de Syriza qui s’est imposé. Il a échoué dans sa tentative de radicaliser le front de gauche alors que la nature même d’un front consiste à s’élargir. Pourtant, il connaît ses classiques : « marcher séparément, frapper ensemble » ça devrait lui rappeler quelque chose !

catégorie Actualité

Tag , ,

25 Jan

10 Comments

Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

par

melenchon

Mon cher Jean-Luc,

Vous vous demandez publiquement comment les socialistes appréhendent les relations avec les autres formations de gauche en général, et Jean-Luc Mélenchon en particulier. Permets-moi d’apporter ma pierre à ce débat car il commence à m’inquiéter.

La gauche est plurielle mais elle partage les mêmes valeurs. La gauche désunie ne peut les faire triompher. Tu estimes à juste raison être partie prenante de la victoire de la gauche aux présidentielles. Mais tu as d’emblée avant même le premier pas gouvernemental, décliné toute participation, à l’action de redressement de la France. Tu aurais pu être déçu dans le soutien, tu es parti sur un préjugé : je n’en serai pas. Voilà pourquoi les critiques qui sont, tu en conviendras, systématiques ont moins de force. Car d’emblée, avant toute décision, tu as estimé déjà la victoire trahie.

Dans ta rhétorique, il n’y a jamais de place au bilan des droites depuis dix ans, jamais de critique du PPE qui conduit l’Europe à la récession.

Il ne s’agit pas de te demander un accord avec les socialistes, les écologistes, les républicains, les radicaux au pouvoir, mais dans un souci d’éducation du peuple, comme tu le souhaites, de distinguer les responsabilités. Ce ne serait au passage que justice.

Car rien ne trouve grâce à tes yeux, ni la revalorisation de 25 % de l’Allocation de rentrée scolaire (ARS), ni la hausse du SMIC, dès l’été 2012, ni le relèvement de 20 à 25 % du seuil minimal de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants, ni l’encadrement des loyers, pour éviter les augmentations abusives, ni la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, ni le déblocage de 50 millions d’euros pour l’hébergement d’urgence, ni la création des emplois d’avenir, dont le lancement est intervenu dès novembre 2012, ni la création des contrats de génération, ni la suppression de la franchise médicale de 30 euros en vigueur depuis 2011 pour les personnes sans-papiers, ni le rattrapage du RSA socle (+10 % d’ici 2017) et la réforme du RSA activité (contre le non-recours), ni la « Garantie » jeunes pour les 18-25 ans qui ne sont ni en emploi, ni en formation, en situation d’isolement et de grande précarité ; Il s’agit d’un contrat annuel, passé avec le service public de l’emploi, comportant des engagements réciproques ; ni l’augmentation du montant de l’Allocation de soutien familial (ASF) et la majoration du complément familial (CF), ni la baisse du plafond de la CMU complémentaire pour permettre à 500 000 personnes d’accéder à une prestation complémentaire, ou les investissements pour l’hébergement (8 000 places supplémentaires) et l’accès au logement (prévention des expulsions, intermédiation locative, etc.), voire le renforcement de l’accès aux crèches et aux cantines scolaires pour les enfants de famille en situation de pauvreté, la création d’un registre national des crédits aux particuliers – « fichier positif » – pour participer à la lutte contre le surendettement, le plafonnement des frais bancaires pour les plus fragiles, à la faveur de la réforme bancaire.

Et tout ceci dans le cadre budgétaire contraint que tu balayes d’un revers de manche mais qui pèse sur les décisions publiques.

Tu peux ne pas dire bravo, mais au moins un « ça je prends », pour te paraphraser. Rien ! Même chuchoter.

Nous attendons un satisfecit qui ne vient jamais, comme si tu étanchais ta soif d’absolu à l’eau salée de ton amertume. Comme si dans notre défaite, il y aurait une secrète victoire contre le PS.

Comme hier l’extrême gauche, tu considères l’UMP et le PS comme un bloc à combattre en bloc.

Mais même si cela était vrai –ce qui reste à démontrer- comment peux-tu espérer triompher, entraîner, voire unir, dans ce classe contre classe d’un autre temps.

Il n’y a plus de rapport de force global ou national. Il n’y a plus de contradictions dans la société. Il n’y aurait que toi portant la vérité d’un peuple engourdi et une classe médiatico-politique unie dans la volonté de te nuire.

Même ton combat contre le Front national ne souffre pas d’alliés car ce serait le dénaturer.

Tout pas en avant est pour toi un renoncement. Toute tentative de soulager la peine des Français un pis-aller.

Tu te plains, après des charges répétées, d’être maltraité par les socialistes. Mais tu dédaignes toutes les mains tendues, toutes les actions communes. Jusqu’à lancer une campagne contre l’austérité, qui désigne de fait le PS comme responsable. Au moment même où nous affrontons des forces, que tu connais bien, qui refusent le mariage pour tous.

Ce splendide isolement indispose, certains de tes amis, qui peuvent nous critiquer mais cherchent à être utiles. Ils reconnaissent l’action sur le terrain et s’étonnent de cette colère que rien ne vient apaiser.

À force d’être dans l’excès, on n’entend plus rien. Non, François Hollande, ce n’est pas Sarkozy. Il n’y a pas de Merkhollande. Dire comme Nicolas Sarkozy qu’il n’y a qu’une politique possible : celle que préconisait Mme Merkel. Ce n’est pas dire qu’il faut maintenant la croissance, la régulation bancaire, voire la taxation des mouvements de capitaux comme le défend le président François Hollande. Enfin, il ne t’as pas échappé que Mme Merkel a appelé à voter aux élections présidentielles pour Nicolas Sarkozy, pas pour François Hollande.

Tu n’as pas le monopole des ouvriers, des salariés, des sans-grade. Chaque jour, les élus socialistes dans les collectivités que nous gérons ensemble s’échinent à les défendre, à les protéger.

« Tôt ou tard notre heure va venir », dis-tu. Mais avec qui ? Pour quoi faire ? Je me permets de te dire sans vouloir t’offusquer que les dits salariés n’ont pas le temps d’attendre. C’est maintenant qu’il faut mettre les mains dans la boue d’un système, d’un modèle à bout de souffle.

Enfin, qui menace qui ? Tu parles de déluge contre le président de la République, le gouvernement ou les socialistes que tu traites de va-nu-pieds. Et tu t’offusques que l’on trouve cela inopportun, que l’on s’interroge sur les alliances à venir.

Qui veut rompre l’ancestrale alliance de la gauche ?

Tu as le droit de le penser. Mais tu permettras de te dire amicalement que cela n’a jamais mené nulle part. Et surtout, ceci a toujours permis « aux autres » de porter des coups plus durs.

Je crois avec détermination à l’union des forces de gauche et des écologistes. Cela n’a jamais été pour moi, arrêter de penser différemment, ni se mettre au garde à vous parce qu’on hausse la voix, mais être utile à la gauche dans le respect de ses composantes.

Alors, il n’est pas trop tard pour hiérarchiser les critiques, de démêler ce qui est bon et de marcher côte à côte.

Ce n’est pas s’aligner, c’est une question d’efficacité.

Nous ne te demandons pas de cesser de dire ce qui ne va pas. Nous n’avons ni cette prétention, ni cette vocation. Nous te demandons de temps en temps de dire que la gauche fait des choses bien.

Mais serait-ce aujourd’hui trop te demander ?

Amicalement.

Jean-Christophe Cambadélis