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02 Jan

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Faisons de 2017 l’année du recul des précarités !

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Retrouvez la tribune de Jean-Christophe Cambadélis publiée dans le Huffington Post :

 

Faisons de 2017 l’année du recul des précarités !

J’aimerais qu’il y ait un réveil, un sursaut, j’aimerais que nous soyons en pensée avec celles et ceux qui sont sans: sans logement, sans protections, sans projets, sans espoir.

Je sais que le moment est un peu particulier pour parler d’une question aussi sérieuse que les précarités. Nous nous remettons à peine du réveillon que nous avons passé auprès des nôtres, en famille, entre amis, à faire la fête et à refaire le monde, à repasser en revue cette odieuse année 2016 et à faire des plans sur la comète pour 2017.

Je formule d’ailleurs ici des vœux chaleureux pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers. Je vous souhaite plein de réussite dans vos projets, plein de joies et plein d’espoir aussi pour 2017. Vous pouvez en avoir car vous habitez un beau pays, la France, avec une histoire magnifique et un avenir qu’il nous reste encore à écrire.

En évoquant les précarités, je ne veux pas gâcher l’esprit de fête, encore moins donner mauvaise conscience. Je veux simplement parler de nos compatriotes qui n’ont justement pas pu participer pleinement à la joie générale du réveillon alors même que nous vivons dans le même pays, que nous partageons le même destin moral et politique.

Ainsi, après le réveillon, j’aimerais qu’il y ait un réveil, un sursaut, j’aimerais que nous soyons en pensée avec celles et ceux qui sont sans: sans logement, sans protections, sans projets, sans espoir. J’aimerais que nous pensions à ces vies brisées et surtout que nous agissions pour que tous les précaires reprennent peu à peu la maîtrise de leur propre existence, ce droit humain inaliénable.

Car on peut agir, la précarité n’est ni une maladie, ni une fatalité: c’est un terrible enchaînement mais que l’on peut enrayer, c’est une mise à l’écart effroyable mais qui n’est pas irrémédiable, c’est une perte de dignité insupportable mais que l’on peut réparer. Oui, on peut agir, des associations formidables en font la démonstration au quotidien sur le terrain, en matière de logement, de santé, d’emploi et de culture. Ces associations font un travail remarquable et difficile. Elles doivent lutter contre l’indifférence et parfois contre les préjugés entretenus à l’endroit des pauvres. Les municipalités du Front national en ont fait une spécialité, démontrant qu’elles sont non seulement xénophobes mais aussi pauvrophobes.

J’ai voulu donner la parole à certaines associations dans mon dernier ouvrage consacré précisément au précariat (Brissy-sous-Bois ou les oubliés de la République ; Éditions de la Fondation Jean-Jaurès). J’ai voulu qu’elles nous parlent de leur engagement, de leurs actions, de leurs idées aussi pour faire reculer les injustices et les misères de tous ordres.

Contre les précarités on peut agir, le gouvernement l’a aussi démontré depuis 2012. Insuffisamment, c’est une évidence et je n’ai pas écrit cet ouvrage comme un fascicule de propagande électoral. Oui, il devra faire plus, beaucoup plus, mais il a fait de nombreuses choses, personne ne peut le nier: plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, Prime d’activité, Garantie jeunes, revalorisations des minima sociaux, amélioration de l’accès aux soins grâce à la généralisation progressive du tiers payant, renforcement de la couverture complémentaire santé pour les ménages les plus modestes, développement de places d’hébergement d’urgence…

Il faudra faire plus. Il faut aller plus loin et reconsidérer nos priorités. Je propose de faire de la question du précariat, la question centrale du prochain quinquennat. Certains, comme monsieur Fillon, ont d’autres plans : ils veulent mettre l’État social au régime sec, réduire drastiquement les aides, réduire considérablement le nombre de fonctionnaires, alors même que c’est le cœur de notre modèle français et que les plus faibles n’ont que les services publics comme patrimoine et que les aides sociales comme revenu.

Certes, on pourrait se dire que tout cela ce n’est que de « l’assistanat » car les précaires seraient tout de même un peu responsables de leur sort. Certes, on pourrait dire que la France ne peut pas réduire toute la pauvreté de la France. Oui, on pourrait. Mais, on peut aussi s’indigner, se révolter, se dire que la situation ne peut plus durer, que des millions de nos concitoyens – 20% pour être exact – sont touchés par au moins une forme de précarité, soit de revenu soit de conditions de vie (logement insalubre, alimentation pas équilibrée, incapacité à se soigner…). Il y a beaucoup d’autres statistiques qui témoignent de cette montée de la précarité – j’en cite dans mon ouvrage pour introduire chaque entretien avec les dirigeants des associations – des statistiques discutables par nature, mais qui dressent un très triste tableau.

La précarité touche de plus en plus de personnes et atteint de plus en plus de domaines de l’existence. Les précarités enchaînent et s’enchaînent : les individus sont rongés de l’intérieur par le stigmate social et le sentiment d’inutilité et se retrouvent entraînés en marge de la société. Ces femmes, ces hommes et ces enfants ont pourtant droit à la dignité, ils ont le droit de penser et de diriger leurs vies, de développer des projets et non pas simplement des angoisses, de penser à l’avenir et non plus simplement au prochain repas.

Je vous le dis, les précarités sont un énorme gâchis, un gâchis de vie et un gâchis pour notre pays. Dans le monde qui est le nôtre, où la créativité est le moteur de l’économie, où les idées sont le carburant de l’avenir, la France a besoin de tous les siens. Et donc tous les siens doivent pouvoir compter sur la France.

C’est pourquoi j’en appelle aussi dans ce livre à un « nouveau nous Français », à un nouveau sentiment d’appartenance collectif et inclusif. Riches ou pauvres, nous partageons le même destin. Alors, prenons conscience de ce lien qui nous unit au-delà de nos conditions. Toutes et tous, nous sommes la France. Et si nous en sommes conscients et en sommes fiers, 2017 sera à nous et les années qui suivront seront nos obligées. Alors, bonne année 2017, faite de vos beaux projets et de nos belles luttes contre les précarités !

31 Jan

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Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – 21e rassemblement des secrétaires de section

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Retrouvez ci-dessous la vidéo du discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis à l’occasion du 21e rassemblement des secrétaires de section:

 


Discours de JC Cambadélis lors du 21e… par PartiSocialiste

Retranscription du discours de Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

Rassemblement des Secrétaires de section

Paris, dimanche 31 janvier 2016

Avant de commencer, je voudrais vous remercier toutes et tous d’être venus si nombreux. Nous sommes fiers de pouvoir vous annoncer que du point de vue de la participation, c’est la plus importante réunion des secrétaires de section de ces dix dernières années. Un grand succès donc !

Chers amis, puisque c’est le dernier jour du mois de janvier, la tradition m’autorise encore à vous souhaiter mes meilleurs vœux pour 2016. Que cette année vous donne l’occasion de continuer à aimer la vie. Enfin, permettez-moi de saluer l’ensemble des permanents du parti qui ont organisé, sous la responsabilité de Rachid Temal, ce beau rassemblement et rendu possible le succès que j’évoquais à l’instant. J’adresse enfin un salut chaleureux à tous les participants à nos tables rondes.

Les secrétaires de section, comme les premiers fédéraux, voire comme le Premier secrétaire, ont un travail souvent compliqué. Ils doivent tout à la fois animer politiquement leur section, faire passer dans l’opinion les propositions et les actions des socialistes, et bien entendu essayer de rassembler tous les socialistes. Il leur arrive souvent d’y parvenir. C’est un travail de tous les jours, un travail très prenant. Cela ne veut pas dire que nous, les cadres, nous n’avons pas le temps de réfléchir, mais disons que nous sommes contraints par le travail qui est le nôtre, qui consiste à faire vivre l’intérêt général de notre parti.

Notre parti reste une très grande formation politique. Il est capable d’embrasser les difficultés et les nombreux défis de notre époque, il est capable de faire face à des événements historiques, je vais les évoquer dans un instant. Oui, le Parti socialiste est à la hauteur, malgré les difficultés, malgré les défaites. Je tiens d’ailleurs ici à saluer celles et ceux qui, l’année dernière, ont connu des revers électoraux. Oui, le Parti socialise est un grand parti, et si nous avançons, c’est grâce à l’ensemble des secrétaires de section qui ne comptent pas leur temps, qui sont toujours présents pour distribuer des tracts, pour organiser des collages et faire en sorte de réunir l’ensemble des socialistes. Alors, permettez-moi d’exprimer ici tout mon respect et toute ma gratitude : merci à vous.

 

Chers amis,

Chaque génération de socialistes a été confrontée à un problème central et structurant. C’est ainsi : chaque événement historique a matricé les débats qui agitaient nos rangs. Il y a eu des débats à la naissance de la section française de l’internationale ouvrière. Il y eut des débats – extrêmement violents – à l’intérieur de cette même SFIO, quand il a fallu aborder la Première guerre mondiale. Il a aussi fallu faire face à l’éruption de la révolution russe. Combien de débats importants sur l’émergence du Front populaire et la nécessité de s’allier avec le Parti communiste ? Combien de débats essentiels sur la manière de se comporter dans la Seconde guerre mondiale, et, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans la décolonisation ? Le Parti socialiste a toujours été un parti de débats, de réflexions, de confrontations, mais surtout et avant tout un parti d’amitié. Je le dis, cette camaraderie fraternelle, je veux que ce parti, notre parti, la garde et la nourrisse.

Aujourd’hui, l’Histoire nous mord la nuque. Aujourd’hui, nous sommes confrontés non pas à une crise comme nos devanciers, mais à des crises conjointes. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’année 2015. Quelle année incroyable, quel rendez-vous avec l’Histoire ! Cette année a commencé par quelque chose auquel nous ne nous attendions pas : un attentat, en France. Certes, il y en avait déjà eu, commis par le GIA. Mais là, ce fut un attentat contre des journalistes, des caricaturistes, et puis il y a eu le ciblage, sur notre sol, d’hommes et de femmes parce qu’ils étaient juifs, dans l’Hypercacher. Ces attaques abjectes ont donné lieu à un moment extraordinaire qui n’allait pas de soi, vu le contexte politique général. Ce moment, c’est le 11 janvier. Un moment qui restera dans nos mémoires. Pas simplement parce que le Parti socialiste a joué son rôle, modestement, pour l’organiser, mais parce que nous avons vu un peuple se lever, dans toutes les villes, parfois plus nombreux qu’au moment de la Libération. Nous avons vu un peuple descendre dans la rue, manifester en silence, applaudissant sa propre manifestation. Il s’agissait simplement de défendre la République.

Il y a deux voies possibles qui s’ouvrent à nous dans la période que nous traversons : le rassemblement ou la décomposition. Pour l’instant, rien n’est dénoué, la République est en jeu. Oui, dans cette année, il y eu ce premier événement, cette confrontation avec le terrorisme, avec la guerre asymétrique, menée aujourd’hui contre Daech, avec des conséquences dans tout le bassin méditerranéen. Et il y a eu le 13 novembre. Ce jour-là, des hommes ont tiré dans le tas, assassinant aux terrasses des cafés, dans des lieux où la jeunesse avaient pris ses quartiers pour s’amuser. Ce jour-là, les guerriers n’ont pas choisi une cible, ils ont choisi la France. À la suite de ce moment terrifiant, le moment du rassemblement fut le discours du Président de la République devant la représentation nationale réunie en Congrès, à Versailles. Dans ce lieu chargé d’histoire, reliant la royauté à la République. Dans ce moment, le Président a su trouver les mots, il a su nommer les choses, permettant d’incarner la Nation dans l’épreuve. Il a su rassembler tous les Français pour dire cette vérité, elle aussi historique : le peuple de France ne cèdera pas face à la barbarie.

Et si dans le bilan du Président qui nécessairement interviendra, il n’y avait qu’un seul geste qui devait résumer son époque, ce serait celui-là. L’année 2015 ne fut pas seulement l’année de la confrontation avec l’horreur. Elle a pris d’autres formes. Comme ces immenses cortèges qui se sont mis en mouvement, fuyant la Syrie et l’Irak, prenant la direction de l’Europe, avec l’aide consentante de la Turquie. Nous n’avions pas connu un tel exode depuis la deuxième guerre mondiale, avec des images fortes qui ont bouleversé l’humanité, celles de ces gens mourant en Méditerranée, marchant pour essayer de trouver un havre de paix, un bout de terre offrant une situation moins précaire que celle qu’ils connaissaient.

Ce mouvement, il faut le maîtriser, l’organiser et analyser ses conséquences. Elles sont doubles. Il y a d’un côté la solidarité, dont ont fait preuve des municipalités, souvent socialistes, et ce dès l’arrivée des premiers réfugiés. Oui, il y a la volonté de faire face à cette situation, de trouver une solution européenne, de détruire Daech pour réduire les flux. et puis, malheureusement, à côté de l’ouverture, il y a la fermeture, la haine de celui qui vient, la haine de celui qui n’est pas semblable, qui n’a pas la même couleur, qui n’a pas la même religion. Notre pays est confronté à cela. Non seulement, j’y reviendrai, à des problèmes économiques et sociaux, mais à cette question qui va être de plus en plus importante. Aujourd’hui, 34 hommes et femmes sont morts en passant de la Turquie à l’île de Lesbos. Mais, dès que le printemps va revenir, le mouvement va se remettre en marche. Et ceux qui font le commerce politique de la haine vont aussi se remettre en marche. Vous le savez ils sont très loin d’une France apaisée.

Vous savez, mes camarades, ce qui empêche la République de sombrer dans le désordre, c’est notre attitude. Celle que nous avons eue en répondant aux problèmes, en étant capables de faire face tout en gardant nos principes. Grâce à cette attitude, nous avons évité que se multiplie ce que nous avons malheureusement connu il y a quelques semaines à Ajaccio. Ayez en mémoire qu’à tout moment, tenaillés par la haine, confrontés aux difficultés et à la grande pauvreté, des individus peuvent être animés des pires idées, des pires volontés, d’un esprit de Ratonade ou de Pogroms. Il faut avoir conscience que tout cela peut très mal tourner, que la France est exposée à ce qui s’est passé cette semaine à Stockholm, où les fameux « démocrates suédois », c’est-à-dire l’extrême droite, ont ratonné tout ce qui était basané.

Il y a d’autres questions qui peuvent passer inaperçues et qui pourtant sont majeures. D’abord, le fait que l’Europe n’a pas été capable d’avoir une réponse commune au défi migratoire. Il y a les prises de position du gouvernement polonais, celles du gouvernement hongrois, fermant ses frontières, refusant de faire face et d’organiser la moindre solidarité. Celle de l’Allemagne généreuse sans retenue, mais aujourd’hui bien dépourvue.

L’année 2015 aura également été celle du débat, incroyable, inimaginable, concernant, et parfois exigeant, la sortie de la Grèce de la zone euro. Et là encore, si les socio-démocrates en général et le Parti socialiste en particulier, si le président de la République n’avaient pas été présents, la Grèce aurait été chassée de la zone euro. Le problème n’est toujours pas réglé et la grande question qui est posée en Europe et que nous posons à l’Europe depuis longtemps, demeure : à savoir la croissance durable et non pas l’austérité à perpétuité. Ces questions-là, comme d’autres, se poseront à nouveau en 2016.

Dans cette rétrospective, il faut évoquer un autre moment, un moment magnifique, un peu étouffé par les événements : la COP21. L’ensemble des nations du monde s’est rassemblé en France, parce que nous avions pris cette responsabilité, et a décidé d’assumer ensemble le destin de l’humanité. Nous avons pris des mesures fortes et historiques contre le réchauffement climatique. Disons-le, quand même, ce succès n’allait pas de soi. On le doit à la diplomatie française, au secrétariat général de l’ONU et à l’action du Président de la République.

Et enfin, nous avons été confrontés, nous socialistes, à une conjoncture politique particulière, qui n’a certes pas la gravité historique des évènements que nous venons d’évoquer – encore que… le souverainisme hante l’Europe – mais qui marque et matrice le moment politique que nous traversons. Ainsi, environ 30 % des électeurs ont fait le choix, dans les élections départementales puis régionales, de voter sans honte, en l’assumant, pour une organisation qui ne cache pas son souverainisme xénophobe. Ce moment-là, il est doublement historique. Tout d’abord, sur le plan électoral, parce qu’il marque l’émergence d’une force politique structurée, enracinée au cœur du champ politique, d’une organisation d’extrême droite, en passe d’être la plus puissante du continent. Il l’est aussi parce que, pour bloquer son arrivée aux responsabilités, pour freiner cette ascension, nous avons dû prendre des décisions radicales et douloureuses. Permettez-moi ici de saluer le courage et l’honneur de nos camarades du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, de la région PACA et de ceux qui, dans l’Est de la France, ont suivi le chemin de l’honneur.

 

Mes chers amis,

Si la toile de fond de cette nouvelle année sera le prolongement de celle que nous venons de vivre, 2016 sera aussi une année de transition, comme nous l’ont dit Christophe Borgel et Guillaume Bachelay. Une année de transition vers l’élection présidentielle qui me paraît être un élément déterminant. 2016 sera une année de transition plus profonde encore, car ce qui se jouera, c’est la restructuration du champ politique, c’est le visage de la France, c’est l’avenir de la République, telle que nous la concevons.

Au fond, rappeler notre responsabilité évidente et partagée vis-à-vis de notre expérience au pouvoir, c’est rappeler notre responsabilité par rapport aux événements que nous venons de vivre. Vous savez, dans les années 1970, François Mitterrand était parti avec une petite cohorte de militants pionniers, ayant en tête qu’ils ne pouvaient pas accepter le Général de Gaulle et les institutions de la Ve République. Il avait parfaitement compris que dans le système tel qu’il était organisé, c’est-à-dire des élections à scrutin majoritaire, uninominal à deux tours, la seule possibilité pour que la gauche accède au pouvoir, c’était le rassemblement de la gauche au deuxième tour. Mais il fallait pour cela que la gauche ne soit pas inféodée à l’extrême gauche de l’époque, c’est-à-dire au parti communiste. Donc, il a bâti une stratégie pour faire en sorte que se construise un grand Parti socialiste qui soit capable au premier tour de dominer le parti communiste électoralement, et peut-être même politiquement, et pour permettre par l’alliance, au second tour, de gagner des élections locales puis nationales. Ce sont donc les élections municipales de 1977 qui ont ouvert le cycle que nous avons connu jusqu’aux dernières élections municipales. Ce cycle est bel et bien achevé. Pourquoi ? Parce que nous avons bien sûr perdu de nombreuses villes, et que le parti a été touché dans ses fondations, dans son socialisme municipal. Mais pas simplement. C’est aussi parce nous sommes définitivement entrés dans le tripartisme avec : l’extrême droite, le Parti Les Républicains, qui s’allient avec l’UDI et le Parti socialiste qui s’allie parfois, et pas assez souvent, avec d’autres formations politiques de gauche. Au final, la question qui est posée, ce n’est pas l’alliance au second tour, c’est d’être au second tour.

Ce n’est pas une question simplement électorale pour nous, où le but de notre combat serait simplement d’empiler les victoires électorales et les conquêtes de collectivités locales. Encore que ! Nous sommes en train d’en faire l’expérience, quand la gauche gère les collectivités locales, les gens sont plus protégés que quand la droite dirige. Le combat que nous avons à mener aujourd’hui dans l’espace public français n’est pas neutre. Il ne se limite pas à nos querelles internes. Il n’est pas exclusivement articulé sur ce que pense ou ne pense pas le Parti socialiste. Dans le moment politique présent, il y a non seulement le Front national qui est en dynamique, mais il y a aussi, face ou à côté de cette extrême droite, une droite extrême qui se constitue. Regardez bien le débat qui est en train d’être mené à l’intérieur des Républicains pour leurs primaires. Il n’y a pas de divergences. Ils sont d’accord sur ce qu’il faut faire. Là où, non sans difficultés, nous voulons réformer et rendre efficace notre modèle social, ils veulent purement et simplement le liquider. Et ne nous trompons pas, le bloc réactionnaire n’est pas seul : nombreuses sont les forces sociales et économiques qui sont derrière la droite et l’extrême droite, nombreuses sont ces forces qui considèrent que le Parti socialiste ainsi que l’ensemble de la gauche les gênent et qu’il serait donc bon qu’ils dégagent du chemin.

Une période politique épouvantable peut s’ouvrir, la gauche n’ayant pas pu assurer son rassemblement. La gauche n’ayant pas su organiser la conjonction de ses forces dès le premier tour. La gauche serait marginalisée non pas dans une élection, mais dans toutes les élections. Ainsi, s’installerait un nouveau bipartisme, à l’américaine, à l’anglo-saxonne, entre une extrême droite recentrée dans les mots et une droite décentrée dans les faits. Un nouvel espace public dans lequel notre rôle se limiterait à protester, à combattre par le mouvement social. La gauche serait toujours là ! Mais elle ne serait plus en capacité de gouverner pour peser sur les événements. Elle ne serait plus en mesure de changer concrètement notre société. Elle ne serait plus un acteur central de la vie politique et elle dépérirait.

Voilà, le contexte politique et le risque politique. Pour ma part, je ne m’y résous pas. Je ne me résous pas à voir la droite arriver au pouvoir. Non, je ne fais pas l’impasse sur l’élection présidentielle. Ceci au nom d’un calcul politique pour une hypothétique recomposition demain. Cette élection, je crois qu’il est nécessaire de la gagner. A la fois pour nous, évidemment, mais surtout pour toutes celles et tous ceux dont nous venons de parler, dont nous avons évoqués les souffrances et les espérances. Si j’ai cette analyse, si je regarde le champ stratégique, je me dis qu’il faut que le Parti socialiste soit en capacité d’être dans toutes les élections au second tour. Et donc j’essaie de rassembler et de dépasser le Parti socialiste. C’est le sens de l’Alliance populaire.

Un mot ici sur un contre-sens, qu’il faut lever. Quand on parle de l’Alliance populaire, on a l’impression que l’on parle de la gauche plurielle, de l’union de la gauche, du front populaire. L’Alliance populaire, ce n’est pas cela. Il s’agit de la proposition faite à des formations politiques mais aussi à des responsables associatifs, à des syndicalistes, à des acteurs de terrain, à nos sympathisants et qui consiste à dire : ensemble, relevons le défi de cette époque historique. Nous avons besoin de vous, le Parti socialiste sans vous, sans votre intelligence, vos capacités, votre volonté, ne peut pas y arriver. Nous ne voulons pas de la droite et de l’extrême droite dans notre pays. Nous voulons relever ensemble les crises de notre époque pour les surmonter. C’est possible si nous le faisons ensemble. Et nous vous disons : faisons chemin ensemble ! La constitution de l’Alliance populaire se fera très simplement : Un texte discuté, adopté par ceux qui veulent le porter, décliné dans l’ensemble des départements, dans des comités pour l’Alliance populaire, et puis un grand rassemblement au mois d’octobre ou de novembre. Tiens, pourquoi pas le jour même du deuxième tour de la primaire de la droite ! Et comme ça, nous serons face à face.

Ça n’épuise pas, évidemment, le débat sur l’alliance de la gauche avec l’ensemble de nos partenaires, nous ne sommes jamais satisfaits quand des amis nous quittent ou se mettent de côté dans le combat politique que l’on mène. Et à mon tour, je voudrais faire un petit signe à Christiane Taubira. Mes chers camarades, quel exemple, Christiane Taubira ! Elle part en souriant sur un désaccord politique et revient en colère en disant qu’elle restera fidèle au président. Quel exemple !

 

Mes chers amis, mes chers camarades,

Oui, évidemment, il faut rassembler l’ensemble de la gauche et ce dès le premier tour, cela vaudrait mieux. Dans cette perspective, un nouveau sujet s’est invité dans nos discussions. Et quand les sujets arrivent au Parti socialiste, ils sont immédiatement sujets à la polémique, on aime tellement ça. Mais là, j’ai beau me gratter, j’ai beau réfléchir, j’ai beau chercher dans les formulations des uns et des autres, je suis très ennuyé. Je vous le dis. Je suis très embêté. Je ne vois pas de désaccord. J’ai dit aux camarades : cherchez-moi le désaccord. Non, il n’y a pas de désaccord. Car tout le monde est d’accord pour une primaire de toute la gauche. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’une primaire de toute la gauche permettrait à celle-ci de se réunir derrière celui qui l’emporterait, et la gauche unie est devant la droite et l’extrême droite, alors que chaque parti de la gauche, seul, n’est pas au deuxième tour. Tout le monde est d’accord. Moi qui ai travaillé avec Lionel Jospin pour permettre la gauche plurielle, je vais reprendre mon bâton de pèlerin, pour essayer de convaincre, avec François Lamy, Julien Dray, et quelques autres. A ce titre, j’appelle d’ailleurs ceux qui ont d’autres relations que moi avec Jean-Luc Mélenchon, à essayer de le convaincre aussi. N’hésitez pas, camarades. Essayez de le convaincre. Et aussi de convaincre Pierre Laurent du Parti communiste, qui dans son rapport introductif pour leur prochain congrès, a indiqué qu’il était pour une primaire mais qu’il ne pouvait pas y avoir de socialistes, encore moins le Président de la République.

Les autres attendent de voir. Je crois qu’ils sont nombreux, ceux qui attendent de voir. Pour ma part, je ne veux pas jouer à ce petit jeu-là. Il faut être clair et dire que les partis, les intellectuels, les organisations, doivent s’engager ensemble dans une primaire loyale, celle de toute la gauche. Au bout, je suis sûr du succès de la primaire et du candidat que nous socialistes, nous sélectionnerons. Mais, j’entends déjà des camarades faire leur inventaire dans les personnalités intéressantes, mais qui ne sont pas au Parti socialiste. C’est un peu bizarre de choisir un candidat même critique, à l’extérieur du Parti socialiste. C’est à la fois vouloir un candidat de témoignage et avoir peu de foi dans les socialistes même s’ils sont critiqués. Non… S’il y a une primaire de toute la gauche, il y a un forcément un représentant qui sera soutenu par le Parti socialiste ou l’Alliance populaire. Et dans ce cas-là, la primaire est un levier pour rassembler la gauche. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi faire preuve de pugnacité sur le contenu, certains n’en manquent pas. La primaire, c’est la sélection d’une personnalité, certes, mais c’est aussi la question de l’orientation. Il faut discuter sur ce que va être le prochain quinquennat. Qu’est-ce qu’il va être ? Nous disons, nous – et les éléments qui indiquent que la croissance revient nous le démontrent – nous disons que nous avons commencé à assainir la France. Et donc la question qui doit être posée lors de la prochaine présidentielle, c’est : quelle est cette France après l’assainissement, quelle Europe aussi après l’austérité ? La question qui doit guider l’orientation est simple : Qu’est-ce que la nouvelle France ? Qu’est-ce qu’elle doit être ? Comment doit-elle répondre à l’ensemble des défis ?

L’orientation doit nous guider. C’est la raison pour laquelle, avec Guillaume Bachelay, nous avons lancé les Cahiers de la présidentielle. Les cahiers de la présidentielle, ce n’est pas un programme achevé pour un candidat qui ne le lira pas. Vous nous connaissez ! Les socialistes ont ce chic à chaque élection. Nous sortons un document, écrit à chaque fois par à peu près les mêmes. Nous passons des heures dans nos sections à nous empailler, des mots d’oiseaux fusent ; en plus, nous sommes à l’heure du buzz, donc je ne vous dis pas… Nous faisons une Convention où nous terminons au petit matin en ayant changé deux mots et trois virgules, et tout le monde crie « victoire ». Nous remettons ce document la main tremblante au candidat à l’élection présidentielle qui nous fait un grand sourire et le classe verticalement pour appliquer le sien. Donc, je ne crois pas que ce soit la bonne méthode. La bonne méthode, c’est d’éclairer les enjeux, de donner du sens, des repères, d’être capable de dire là où nous voulons aller, pas simplement dans l’élection présidentielle, mais demain et après-demain, où nous voulons guider notre pays. Quelles sont les questions essentielles auxquelles nous voulons répondre, non pas avec les idées d’hier, mais avec celles d’aujourd’hui ? Et oui, Jérôme, toujours avec les mêmes valeurs, parce qu’à gauche, tout commence par les valeurs.

Oui, mes amis, nous allons travailler, sur le fond. Et je terminerai en rappelant que lors des élections régionales, j’ai demandé une inflexion sur le précariat. Regardez comment nous en avons discuté, toute la journée. Je sais, ce n’est pas très amusant pour nos amis journalistes, qui ont cherché toute la journée à nous faire prononcer des phrases ou à nous arracher quelques mots sur les primaires. Mais comme nous sommes d’accord, les journalistes vont être obligés – enfin je l’espère – de parler de notre réunion et de dire que les socialistes se sont penchés sur la très grande pauvreté, sur la question du logement, de l’insertion, se sont tournés vers les exclus, vers les salariés pauvres, vers les étudiants qui ne peuvent pas suivre leurs études, vers les femmes seules avec enfants. Sur le terrain, nous sommes confrontés au quotidien à toutes ces situations précaires. Mais, dans le débat politique, petit à petit, élection après élection, polémique après polémique, la France s’est focalisée sur les couches moyennes, et généralement des couches moyennes supérieures, sur des problèmes extrêmement importants. Pour autant, nous avons eu tendance à ne pas débattre de la situation des 14 millions de Français qui sont les invisibles de la République. Alors, oui, le Parti socialiste doit débattre des solutions à apporter. En faisant de la question de la précarité, sa priorité, le Parti socialiste est fidèle à sa source.

Pour mener ce débat, pour trouver ces réponses, il faut de l’imagination, de l’intelligence, du dévouement, de la solidarité aussi avec tous les acteurs qui sont au contact au quotidien avec ces multiples fractures sociales. D’un certain point de vue, cela doit être aussi le débouché de l’Alliance populaire. Je n’oppose pas ceux qui galèrent tout en étant inclus à ceux qui sont précaires tout en étant exclus. Il faut se battre ensemble, dans une alliance commune. Cette alliance est nécessaire pour défendre notre conception d’une République solidaire et d’une France nouvelle surmontant sa crise essentielle. Oui, pendant une journée, vous avez fait la démonstration que la question essentielle n’était pas la question de l’identité, mais celle de la solidarité, de l’égalité. Dans cette journée, vous avez repris le combat idéologique contre ce qui domine en ce moment notre société et la taraude. Oui, défendre la solidarité ne veut pas dire ne pas être efficace sur le plan économique. Mais pour nous, socialistes, l’un ne va pas sans l’autre. L’efficacité économique est nécessaire à la vraie solidarité et la richesse économique n’a pas de sens sans solidarité. Alors nous continuons, nous n’allons pas nous arrêter là, nous allons publier les actes de cette journée, car ce qui s’est dit, a été fort intéressant, très éclairant et donc très utile, pour agir.

Voilà mes chers camarades, l’Alliance populaire, les cahiers de la présidentielle et la lutte contre la précarité. Cela n’exclut pas d’autres problèmes, ils sont présents dans nos consciences, ils devront être traités, qu’il s’agisse de la réforme constitutionnelle ou du débat sur notre action au gouvernement. Nous allons aborder tout cela dans l’ordre, avec une seule idée : surmonter les problèmes, offrir des solutions, rassembler les socialistes pour rassembler la gauche. Parce que nous le disons haut et fort : les socialistes ne font pas l’impasse sur la présidentielle ! Ils veulent la gagner ! Ils vont la gagner !

14 Déc

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

par

JCC Europe 1 14122015

Jean-Christophe Cambadélis était ce lundi 14 décembre l’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Régionales, Front national et front républicain… par Europe1fr

 

Sur la demande au gouvernement d’une inflexion contre la précarité

« L’inflexion est dans la lutte contre le précariat.

Il ne s’agit pas de changer de politique économique, il s’agit de concentrer nos efforts sur la précarité telle qu’elle se développe dans les quartiers, dans les banlieues, dans des zones de désindustrialisation ou chez les paysans. (…)  Si nous le faisons, c’est-à-dire la sécurité sociale professionnelle, un apprentissage plus développé et des choses aussi simples que le haut débit et le numérique partout en France, bref si nous travaillons vraiment sur la précarité, je pense que nous assécherons l’abstention et par ailleurs le vote Front national.

Ce n’est pas l’exécutif qui décide de la politique du Parti socialiste mais le Parti socialiste lui-même. Toutes les décisions ont été prises rue de Solférino.

Front national
« Je pense que Manuel Valls a totalement raison, le Front national n’est pas écarté, il est en situation, il est en dynamique …La politique proposée par le Front national (souverainisme xénophobe, chasse aux musulmans…) conduit à une guerre des mots, à une guerre civique et donc à une guerre demain civile parce que le FN au pouvoir ce serait la fragmentation de la société française, ce serait l’insécurité nationale.

L’augmentation de la participation ne profite pas totalement au FN.

Je pense qu’hier il s’est passé quelque chose qui n’a pas été assez souligné: le fait que le Front national a devant lui 60% à 70% des Français qui refusent sa victoire. Il faut regarder cette France multiple qui ne veut pas du Front national. (…)

Ceci se terminera par un bipartisme au deuxième tour de la présidentielle, j’espère entre un candidat socialiste et un candidat des Républicains.

Parti socialiste

Je ne suis pas le numéro 1 des frondeurs mais le numéro 1 du Parti socialiste. Dans le PS, il y a des militants majoritaires pour le soutien au Gouvernement, d’autres plus ou moins critiques. Moi je rassemble tout le monde. »

PACA / Nord – Pas-de-Calais – Picardie
« Xavier Bertrand et Christian Estrosi : « Leur victoire, grâce à la gauche, les engage. Nous ne voulons plus entendre des discours de proximité avec le Front national. J’espère que nous n’entendrons plus ce que nous avons entendu avant l’élection régionale et que maintenant Monsieur Estrosi comme Monsieur Bertrand prendront leurs réelles avec le Front national. »

Victoire de Valérie Pécresse en Ile-de-France

« Mme Pécresse gagne car le FN s’effondre et c’est le vieux Front national, celui qui vote pour la droite au deuxième tour. S’il n’y avait pas eu ce mouvement là, Claude Bartolone avec la dynamique de la gauche gagnait.

Je souhaite que Claude Bartolone reste président de l’assemblée nationale et je le dirai mardi lors de la réunion du groupe. »

24 Nov

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L’invité de Bruce Toussaint sur I télé

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JCC Itélé 24112014

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Bruce Toussaint dans la matinale d’i>Télé.

 

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’émission ci-dessous:

 

09 Août

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Grande-Bretagne: après les indignés, les enragés

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Partout en Europe gronde la colère contre un système qui privilégie la rente du capital sur le travail. Le modèle anglo-saxon qui a crée une croissance autant vertigineuse qu’artificielle, à coups de capitaux fictifs et flottants, bâtit sur la spéculation sans contrepartie productive. Ce système privilégie le profit à court terme, indépendamment de toute référence humaine. Le système libéral spéculatif va à la catastrophe, exigeant chaque jour son lot de résultats à deux chiffres, imposant aux états une rentabilité hors norme, après que ces derniers les eu sauvés. Mais les conséquences sont épouvantables sur le globe : famine, chômage, précarité, société dual, nationalisme, séparatisme, racisme, etc… Sans oublier les explosions sociales, déjà le sud arabo-musulman s’est mis en mouvement. Hier c’étaient les « indignés », mais lassés de faire du lèche-vitrine devant une prospérité réservée à d’autres, ce sont maintenant les « enragés » de Grande-Bretagne… Et les marchés exigent encore un tour de vis pour leurs bénéfices…

15 Mar

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Fin de la trêve hivernale

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Dimanche 15 mars sonnera le glas ! La fin de la trêve hivernale et de sursis pour tous les locataires sous le coup du jugement d’expulsion.

A la fin de ce week-end, bon nombre d’expulsions vont être prononcées et il est fort à parier que les recours à la force publique vont avoir des conséquences désastreuses pour bon nombre de famille.

En réponse aux interrogations et aux peurs qu’elles suscitent, Madame Christine Boutin, Ministre du Logement promet qu’il n’y aura pas d’expulsions sans « solution de remplacement »…

Cette promesse me laisse perplexe et m’inquiète beaucoup. Pourquoi ?

Elle propose le relogement par les Préfectures. On sait que depuis la mise en place de DALO, les délais de dépôt, de passage en commission de médiation et, depuis quelques temps, de recours sont de plus en plus longs. Les propositions de logement par les Préfectures dépendent du parc locatif de l’ile de France et surtout Paris. Et elles sont, en dépit des efforts entrepris par certaines municipalités, encore insuffisantes;

Quant aux Propositions d’hébergements d’urgence elles vont, si on ne trouve pas de solutions, laisser des familles entières dans des situations de précarité.

Enfin, les propositions de substitutions, locations par des bailleurs sociaux et des associations aux bénéfices des familles alors qu’elles n’ont aucune assurance d’être réellement locataires des logements occupés.

Je reçois des administrés du 19ème qui sont dans ces situations alors de qui se moque Madame Boutin ?