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06 Avr

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« Unité et loyauté » : l’appel des 100

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A l’initiative du Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, un appel à « l’unité et à la loyauté » a été lancé ce jeudi 6 avril.

Retrouvez ci-dessous le texte de cet appel, ainsi que les 100 premiers signataires :

 

Unité et loyauté !

Socialistes, nous refusons la panique démocratique qui atteint de plein fouet notre pays. Les confusions qu’elle engendre minent tout à la fois ce que nous sommes mais aussi celles et ceux que nous représentons.

Par la primaire citoyenne, ce sont plus de deux millions de nos concitoyens qui se sont prononcés pour désigner le candidat de la gauche et des écologistes, Benoît Hamon. Cette légitimité qui dépasse le Parti socialiste, nul ne peut la nier ni la renier. C’est une légitimité démocratique qui impose la loyauté. Et qui nous engage tous.

Socialistes, nous sommes forts de nos réalisations pour la France et dans les territoires. Nous en incarnons la cohérence, celle d’une gauche qui gouverne et qui transforme.

Le Parti socialiste est au cœur de cette gauche, et cette gauche est au cœur de la démocratie représentative. Celle-là même qui est aujourd’hui traversée par le péril des tentations populistes et nationalistes et par le risque d’une révolution néolibérale. Notre pays ne se renouvellera pas en brisant toutes formes de représentation.

Pour surmonter la fragmentation française, le Parti socialiste est indispensable. Il lui faut de la loyauté, de l’unité et une puissante rénovation.

 

Liste des 100 signataires:

Jean-Christophe Cambadélis et…

… Rym Abdou, Louisa Achouri, José Alsat, Noëlle André, Marie-Ange Amico, Eric Andrieu, Alain Anziani, Nathalie Appéré, Florence Augier, Guillaume Bachelay, Yves Barboussat, Jacques Bascou, Gabriel Bassot, Eric Battier, Damien Béchard, Jean-Christophe Béjannin, Monika Belala, Gilles-Maurice Bellaïche, Jean-Louis Belliard, Tony Ben Lahoucine, Jean-Pierre Bequet, Frédéric Beret, Alain Bergounioux, Stéphane Bizeau, Florence Blatrix, Philippe Blet, Patrick Bloche, Nicolas Bodin, François Bonneau, Jean-Christophe Bonrepaux, Christophe Borgel, Karim Bouamrane, Hussein Bourgi, Christophe Bouvier, Jean-Paul Briand, Jean Brunel, Yann Capet, Philippe Car, Luc Carvounas, Laurent Cathala, Bertrand Cavalerie, Bruno Cédolin, Jean-Benoit Cérino, Gaël Chabert, André Chapaveire, Marie-Anne Chapdelaine, Cyril Chappet, Jean-Marc Ciabrini, Maude Clavequin, Marie-Françoise Clergeau, Marc Coatanea, Stéphane Coillard, Chantal Colombatto, Lysiane Combes, Hélène Conway-Mouret, Stéphane Cordier, Emmanuel Couet, François Cuillandre, Seybah Dagoma, Pierre Danel, Jean Denat, Jacques Dorent, Emmanuelle De Gentili, Marie-Pierre De La Gontrie, Jean-François Debat, Monique Delessard, Carole Delga, Françoise Descamps-Crosnier, Julien Dray, Philippe Dubourg, Pascal Duforestel, Dominique Dumontet, Patrick Durot, Laurent Dutheil, Laurent El Ghozi, Martine Even, Laurent Fabre, Boris Faure, Georges Février, Philippe Finiels, Martine Filleul, Cyril Fonrose, Christophe Fouillère, Xavier Garcia, Jean-Marc Gaudefroy, Annie Gérardin, Bernard Giner, Jeanine Gippa, Aleksander Glogowski, Emmanuel Grégoire, Maxime Grudenik, Cédric Grunenwald, Selim Guemazi, Dominique Guilcher, Razzy Hammadi, Renaud Hardy, Daniel Hocq, Xavier Iacovelli, Stéphane Ibarra, Guy Jacquemart, Marc-Antoine Jamet, Chantal Jeoffroy, Yannig Joubrel, Anne Juhel-Orlac’h, Pierre Kanuty, Jonathan Kienzlen, Philippe Komorowski, Jean-Jacques Labrousse, Sandrine Laffore, Marie-Sygne Leca, Jean-Marc Leculier, Laurence Lenoir, Fréderic Leveillé, Jean-Pierre Liouville, Marie-Christine Lopez, Antonio Lo Pinto, Lucette Lousteau, Jérôme Lucchini, Victorin Lurel, Rita Maalouf, Marc Mancel, Arnaud Mac Farlane, Denis Maréchal, Brigitte Marciniak, Jean-René Marsac, Sandrine Mazetier, Stéphane Meriau, Abdou Ali Mlanao, Pierre Moal, Claudine Mourier, Corinne Narassiguin, Michel Neugnot, Nathalie Nieson, Maud Olivier, Simon Olivier, Cédric Onoo, Nawel Oumer, Luce Pane, Germinal Peiro, Michèle Pham-Baranne, Maxime Picard, Marie-Line Pichery, Christine Pirès-Beaune, Sébastien Podevyn, Alain Poënsin, Olivia Polski, Gérard Raiser, Marie-José Raymond-Rossi, Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Pernelle Richardot, Eduardo Rihan-Cypel, Sylvie Robert, Marcel Rogemont, Johanna Rolland, Nicolas Rouly, Fabrice Roussel, Frédéric Saconnet, Roselyne Sarkissian, Isabelle Sarréa, Patrick Sarréa, Pascale Cléo Schweitzer, Christine Simonis, Olivier Smadja, Rachid Temal, Jean-Jacques Thomas, Benoit Tirant, Slimane Tirera, Nelly Tocqueville, Yannick Trigance, Thierry Trijoulet, Paola Valenti, Michel Vauzelle, François Véron, Vincent Véron, Luc de Visme, Michèle Vitrac-Pouzoulet, Georges Voirnesson, Valery Vuong, Henri Weber, Pierre-Alain Weill, Romain Wolf…

 

Rejoignez les signataires de l’appel en adressant un mail à contact@cambadelis.net

25 Jan

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Lettre de Jean-Christophe Cambadélis aux candidats à la primaire de la Belle alliance populaire

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Retrouvez ci-dessous la lettre de Jean-Christophe Cambadélis envoyée ce jour aux candidats à la primaire de la Belle alliance populaire :

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Paris, le 25 janvier 2017

 

 

 

A l’attention de Manuel Valls et Benoît Hamon

 

Mon cher Manuel, Mon cher Benoît,

Nul ne peut l’ignorer. Nous sommes confrontés à une offensive qui va au delà de l’élection présidentielle.

Ce qui est en jeu ce n’est pas seulement le Parti socialiste. C’est la gauche que l’on veut fractionner, pour mieux fracturer le modèle social. Voire pire, imposer le national populisme fort du précédent Donald Trump.

Le premier tour de la primaire fut un succès, ce qui a évidemment contrarié ceux qui s’attendaient ou attendaient une déroute en terme de participation.

Le déchaînement qui s’en est suivi, indique les difficultés qui attendent l’un d’entre vous.

Dans ce moment incertain, l’unité est notre bien. Benoît tu as déclaré que « tu ne te trompais pas d’ennemis : François Fillon et Marine Le Pen ». Manuel, tu as déclaré que « tu n’avais pas d’ennemis dans ta famille politique ».

Je n’ignore rien de ce qui se dit sur les réseaux sociaux au sujet de Manuel ou ce qui fut dit ici ou là pour Benoît. Mais je veux retenir votre double attitude qui, si elle est ferme sur les idées, n’oublie pas qu’il y aura un lendemain.

Le Parti socialiste se tiendra au côté du vainqueur qui aura la lourde charge de conduire la bataille présidentielle.

Le Parti socialiste sera facteur d’unité en toute occasion. Nous ferons tout pour rassembler. Nous ferons tout pour battre la droite et l’extrême droite.

Nous ferons tout collectivement pour que notre histoire, notre culture, nos succès gouvernementaux depuis un siècle soient source de victoires et de combats renouvelés.

Voilà pourquoi après avoir été officiellement saisi, je voulais vous présenter des mots d’apaisement. Même si je perçois un débat de fond qui est loin d’être médiocre sur l’Europe, le travail, la laïcité et bien d’autres choses.

Je n’ai jamais cru à l’impossibilité de l’unité – au regard des enjeux – dans cette élection présidentielle. La gauche est plurielle. La difficulté du redressement de la France après le bilan catastrophique de la droite a aiguisé les divergences. La dureté du monde qui vient où le national populisme a sa dynamique nécessite sang-froid et homme d’Etat. Les crises de la société où la précarité galope obligent à penser différemment. Je ne doute pas que vous serez à la hauteur de ces enjeux.

Voilà pourquoi je vous souhaite tout à la fois un bon débat et un grand rassemblement.

Amitiés socialistes,

 

Jean-Christophe Cambadélis

 

24 Jan

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Votons dimanche prochain pour faire gagner la gauche !

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J’appelle les électeurs socialistes, écologistes, radicaux et démocrates à voter massivement dimanche prochain lors du second tour de la primaire de la Belle alliance populaire.

Le premier tour fut un succès en termes de participation. Et ce simple fait a déchaîné les passions de tous ceux qui avaient parié sur l’échec du scrutin.

Une participation massive au second tour est utile pour désigner notre candidat pour gagner l’élection présidentielle. Car c’est de cela dont il s’agit et c’est possible. Pour cela notre candidat doit être au second tour. Notre candidat doit pouvoir battre François Fillon et Marine Le Pen. Il faut donc lui donner de la force et la plus grande légitimité dimanche prochain.

22 Jan

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – 1er tour des primaires citoyennes

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis par PartiSocialiste

 

Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis

Dimanche 22 janvier 2017

Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames, Messieurs, Cher-es ami-es de gauche,

 

Un grand merci !

 

Vous êtes venus par centaines de milliers participer à la primaire de la Belle Alliance Populaire.

Vous êtes venus malgré la campagne incroyable, inlassable contre le scrutin.

Vous êtes venus malgré l’idée distillée que c’était inutile.

Vous êtes venus malgré les discours des concurrents pour vous dire que la solution c’était eux, en tout cas, pas la Belle Alliance.

Vous êtes non seulement venus mais plusieurs dizaines de milliers, voire 150 000 d’entre vous non adhérents, ont décidé d’aller plus loin en se déclarant partenaires de la Belle Alliance Populaire.

 

Merci pour votre résistance à l’air du temps.

Merci pour votre enthousiasme, pour ce nouveau temps.

Merci aux bénévoles de la primaire qui non seulement ont tenu bon, mais ont tenu les bureaux de vote. Sans vous, rien n’aurait été possible.

 

Je salue tous les candidats qui ont fait honneur à la primaire en défendant leurs idées avec sincérité et respect. Nous avons réussi ce premier tour de la primaire.

Les résultats seront annoncés par la Haute Autorité mais ils sont dans l’épure que nous avons fixé.

 

Dans ce monde fait d’incertitudes et de danger, les forces de gauche démocrates, radicales, écologistes, socialistes, citoyennes, syndicales ou associatives forment un ensemble stable et durable dans une Belle Alliance. C’est le sens de ce premier tour.

 

Face à la droite de Monsieur Fillon, empêtrée dans sa révolution conservatrice qui veut mettre à terre notre modèle social.

Face à une extrême droite que la classe médiatique sous-estime et qui progresse dans l’ombre, encouragée par le Brexit et la victoire de Donald Trump.

Face à la fragmentation, aux rancœurs et à la tentation du fatalisme, ensemble, nous démontrons une voie possible pour l’avenir et réussir la France de demain.

Je suis persuadé que l’exercice démocratique de ce jour tiendra la gauche debout.

Je suis persuadé qu’un nouvel alliage est en train de naître, scellé par le vote du jour.  Et je suis persuadé que l’élection présidentielle n’est jouée pour personne.

La France doute. Les Français regardent. Ils n’ont pas encore fait leur choix.

Dans ce moment du monde, de l’Europe et de la France, la gauche est l’avenir.

Je vous invite, toutes et tous à participer massivement au deuxième tour de la primaire.

Merci.

22 Jan

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« On sonne le glas du PS trop tôt », mon interview au Parisien

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Le Parisien publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

On a dit que la primaire de la Belle Alliance avait été calibrée sur mesure pour François Hollande. Ne regrettez-vous pas, maintenant qu’il a renoncé, de l’avoir organisée ?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS : « Je regrette que Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, le Parti communiste et les écologistes aient refusé d’y participer. On a donc fait une primaire de la Belle Alliance Populaire (BAP).

Après le renoncement de François Hollande, n’aurait-il pas été préférable de retarder son calendrier?

Non. Cette primaire a été bâtie pour l’unité, pas pour François Hollande. En août dernier, Arnaud Montebourg s’interrogeait s’il passerait par la primaire. La gauche du PS faisait elle valoir que s’il n’y avait pas un tel scrutin, elle réunirait cinq cents parrainages pour présenter son candidat. Emmanuel Macron venait de prendre son envol. Jean-Luc Mélenchon était déjà parti. Des écologistes faisaient de même. En l’absence de primaire, les socialistes se seraient trouvés privés de tout levier pour rassembler et battre la droite ou l’extrême droite Finalement, ce scrutin arrive au bon moment, alors que le pays hésite. Et ceux qui sont partis tôt s’essoufflent.

Que pensez-vous du fait que François Hollande ait décidé de ne pas prendre parti dès le premier tour ?

A partir du moment où il n’est pas candidat, il est normal que le président ne se mêle pas des jeux subalternes des partis politiques.

Le fera-t-il à l’issue du second tour ?

C’est à lui de choisir son moment. Mais je serai très étonné, compte-tenu des dangers qu’il a pointés lors de ses vœux, que le président n’intervienne pas dans les débats qui vont concerner la France.

Dimanche dernier, le chef de l’Etat était au théâtre au moment où les candidats débattaient. Cela vous-a-t-il choqué ?

Le président a le droit d’aller au théâtre ! Je ne suis pas persuadé qu’il ait besoin des débats pour se faire une opinion sur des candidats qui, pour la plupart d’entre-eux, étaient ses ministres ou son Premier ministre.

A partir de quel niveau de participation cette primaire sera-t-elle réussie ?

J’estime qu’entre 1,5 et 2 millions nous aurons atteint notre objectif.

Dans les rangs même de votre parti certains doutent que des gens qui n’ont pas réussi à travailler ensemble au gouvernement puissent se ranger derrière le vainqueur…

Les enjeux de cette présidentielle vont transcender les clivages de personnalités. Pendant que la classe médiatique n’a d’yeux que pour Emmanuel Macron, le malheur arrive par Marine Le Pen. Car ce qu’on ne veut pas voir, c’est qu’elle a repris sa marche. On ne veut voir qu’un Macron meilleur troisième. Alors qu’elle est en tête, forte du précédent Trump, du Brexit et du soutien à peine voilé de Poutine.  J’ai de grandes inquiétudes quant à la suite. Si elle n’est pas éliminée au premier tour, je crains tout au second.

Des partisans de certaines écuries disent déjà qu’ils ne s’imaginent pas faire campagne pour le représentant d’une ligne très à gauche. Comment allez vous les gérer ?

J’ai entendu ce type de réaction à chaque primaire, depuis celle entre Lionel Jospin et Henri Emmanuelli en 1995. Il est évident que le gagnant devra faire des gestes pour rassembler et ne pas s’inspirer de ce qu’à fait Fillon qui a littéralement éliminé et les juppéistes et les sarkozystes.

Une dynamique semble pourtant porter Emmanuel Macron…

Il est coincé. Il ne veut pas des socialistes pour conserver des soutiens à droite. Or il ne peut pas accéder au second tour sans la gauche, et sans les socialistes. Pour lui, comme hier François Bayrou, il est plus difficile de passer à 25% que de 15% à 18%. Le candidat désigné par la primaire va lui engager sa dynamique, il rassemblera. Je note chez Emmanuel Macron une certaine fébrilité face à la primaire. Sa volonté de fermer la porte à tout accord avec le PS me semble être une grosse faute. Il divise les progressistes qu’il dit vouloir rassembler. Enfin, il a compris que sa déclaration de vouloir désigner lui-même les 577 candidats faisait un peu Berlusconi.  On voit bien que pour lui au delà du sucre des sondages les difficultés commencent.

Vous en avez parlé avec lui ?

Il y a très longtemps. Je lui ai toujours dit qu’il pouvait être un élément complémentaire voire décisif pour faire gagner la gauche, mais qu’il ne pouvait pas se substituer à elle. On ne se substitue pas à la gauche avec les voix de la droite.

Les socialistes qui vont le rallier seront-ils sanctionnés ?

Ceux qui veulent faire battre le PS ne peuvent se réclamer de lui. On ne peut pas être dans l’équipe du PSG et jouer pour Monaco !

Seront-ils exclus ?

Ils ne pourront plus représenter le parti dans les élections à venir s’ils donnent leur signature ou s’ils font campagne pour une autre formation.

Mais si le soutien de personnalités du parti se confirmait, comme Ségolène Royal par exemple, que ferez-vous ?

Il n’y aura pas de sanctions pour les petits et pas pour les grands ! Cela s’appliquera à tout le monde.

Vous retireriez la carte du parti de Ségolène Royal par exemple?

Je n’y crois pas. Elle votera à la primaire pourtant redoutée par Emmanuel Macron.

Est-ce que le PS et Macron sont irréconciliables ?

Si Macron est de gauche, non. S’il est de droite, assurément !

Vous avez des craintes pour l’avenir du PS ?

Le PS existera après la présidentielle. Ce n’est pas un score électoral qui fait l’avenir définitif d’un parti. Sinon nous aurions disparu en 2002. Cela peut l’handicaper. Cela peut même lui permettre de se renouveler. Et comme je crois qu’il y a une possibilité d’emporter cette présidentielle ou de bien y figurer, je ne suis pas inquiet.

Mais les adhésions sont en berne…

Dans la campagne, les adhésions au projet de la BAP seront massives. Faire adhérer comme le fait Macron, c’est-à-dire un clic égal à une adhésion, c’est à notre portée ! Je trouve qu’on sonne le glas du PS trop tôt. Un parti ne disparaît pas comme cela. Il peut se disloquer. Mais s’il reste uni, il a toujours des chances de se ressourcer.

Comment ?

Je suis pour la métamorphose du PS. Il faut qu’il soit plus inclusif : impliquer beaucoup plus les adhérents, les électeurs d’un jour. Et puis à l’époque du tripartisme, le problème n’est pas de rassembler la gauche au second tour, mais d’y être. Il faut créer les conditions d’une fédération des gauches pour le faire.

D’après vous, François Hollande a-t-il été plus gêné par Macron que par Valls ?

Nous n’en avons pas parlé ensemble. Si je juge politiquement, celui qui lui a compliqué le plus la tâche est celui qui a cherché son impeachment, c’est-à-dire Emmanuel Macron. Cette échappée, dont je ne sais pas si elle sera belle, a dû le contrarier. Mais  il a dû être très peiné de voir Arnaud Montebourg quitter le gouvernement avec Benoît Hamon, Christiane Taubira plus tard. Sans parler des députés qui l’ont attaqué avec une rare violence. Chacun a peut-être mis sa pierre dans son jardin des supplices.

Propos recueillis par Ava Djamshidi et Philippe Martinat

 

 

05 Jan

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L’invité de Fabien Namias sur Europe 1

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité politique de Fabien Namias sur Europe 1.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Dérapage de Vincent Peillon, primaire de la… par Europe1fr

Election présidentielle / Primaires citoyennes

« Nous sommes les derniers à nous organiser pour la présidentielle et nous serons la clé de celle-ci.

Aujourd’hui tout le monde est bloqué. Monsieur Fillon ne sait pas s’il est radical ou pas radical, s’il doit aller chercher le centre ou rester à droite. Marine Le Pen est embêtée dans sa polémique avec Marion Maréchal-Le Pen, Emmanuel Macron n’a pas d’alliés, Mélenchon est dans l’hostilité totale vis-à-vis du parti socialiste », détaille-t-il. « Personne ne gagne aujourd’hui. Il n’y a pas de désir majoritaire.

Une élection présidentielle ça se construit dans la dernière ligne droite. Pas un an avant.

La primaire intéresse les Français. On va le voir de plus en plus.

On a décidé de concentrer les bureaux de vote là où il y a forts votants de gauche.

On confond la sociologie politique de l’intention électorale. Les fonctionnaires n’ont pas encore totalement perçu le projet de François Fillon, ils ne voteront pas la réduction du nombre de fonctionnaires. »

Sur les propos de Vincent Peillon : « On fait un mauvais procès à Vincent Peillon qui est revenu sur ses propos. »

Sur la non participation d’Emmanuel Macron à la primaire de la gauche

« Emmanuel Macron s’est dérobé à une procédure démocratique. Pourquoi n’est-il pas venu ? S’il pensait être le meilleur, il l’aurait emporté et on se serait retrouvé dans une situation où tout le monde se serait regroupé autour de lui. Je ne pense pas qu’il aurait gagné, mais il aurait pu le tenter. Il en a peur, il a peur du vote des citoyens. Quelle est l’explication qui l’amène a ne pas se présenter ? D’autant qu’aujourd’hui il ne plie pas le jeu politique !

Macron, PS, Mélenchon : « Nous sommes tous les trois, Jean-Luc Mélenchon, les socialistes de la Belle Alliance populaire et Emmanuel Macron, de la même famille. C’est pour cela que j’étais favorable à une primaire qui aille de Macron à Mélenchon. Je regrette cette division. Quelle est l’explication qui les amène à ne pas se présenter à la primaire ? «

Projet de François Fillon

« Le projet de Fillon fait peur car il s’attaque à notre modèle social.

C’est sur cette orientation que François Fillon a gagné sa primaire. Il est obligé d’être fidèle au vote de la primaire. Mais il sait qu’il est trop à droite et ne peut capter le centre.

Disparition du Parti socialiste ?

« Le PS ce n’est pas un chiffre électoral ou un sondage. C’est une réalité humaine. C’est 200 villes de plus de 10 000 habitant ».

Exécutions ciblées au nom de la raison d’Etat 

« Nous sommes en guerre et la guerre nécessite parfois des actions extrêmes. (…) Le PS ne présente jamais sa deuxième joue…A partir du moment où on tue, nous sommes aujourd’hui dans un anniversaire de ce qu’il s’est passé à Charlie Hebdo, à l’Hyper Cacher et de nos policiers qui ont été assassinés, je trouve que nous sommes dans la légitime défense qui est reconnue par les Nations Unies ».

 

05 Jan

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L’invité de Questions d’info sur LCP en partenariat avec France Info, Le Monde et l’AFP

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Mercredi 4 janvier 2017, Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de Frédéric Haziza, Yaël Goosz, Françoise Fressoz et Frédéric Dumoulin dans Questions d’info sur LCP.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

 

Primaires citoyennes

La primaire va déverrouiller la présidentielle : Monsieur Fillon est prisonnier dans un vote de droite extrême. Marine Le Pen est prisonnière de l’extrême droite. Monsieur Macron est prisonnier de sa ligne politique, « ni de droite, ni de gauche ». M.Mélenchon est prisonnier de son offensive anti-PS avec qui il ne veut pas s’allier. Pour moi la primaire va déverrouiller la présidentielle. Je n’ai jamais vu une élection présidentielle qui soit à ce point bloquée du point de vue politique.(…) Toutes les formations politiques, tous les candidats à l’élection présidentielle sont aujourd’hui bloqués dans leur couloir.

La primaire de la gauche est une primaire pour qualifier au 2e tour de la présidentielle. Cette primaire va déverrouiller l’espace politique.

Sur les candidats à la primaire : « En tant que premier secrétaire du Parti socialiste je ne choisirai pas. J’ai décidé de garder cette position unitaire pour pouvoir rassembler l’ensemble de la gauche au lendemain de la primaire

Sur la visite de François Fillon à Emmaüs

« Vu les difficultés dans lesquelles il était sur sa politique sociale. Monsieur Fillon a décidé de manière urgente de poser le problème de la pauvreté. Il y a un désir à droite de voir François Fillon président, mais il n’y a pas de désir dans le pays, surtout qu’on vient d’apprendre que M. Fillon était maintenant un châtelain, et qu’il avait caché ceci lors du débat interne de la droite, ce qui montre la nature même de ce candidat. C’est un peu cruel que le jour où vous allez chez Emmaüs on publie dans la presse que vous avez un château caché qui vous donne une dimension de châtelain. C’est le châtelain….

Fillon, c’est simple: soit il dévisse, soit il glisse. Soit il est parjure à ce qu’il a dit lors de la primaire, en amendant son projet (…) sur la santé et auquel cas il dévisse parce que son électorat ne se reconnaît pas dans ce qu’il dit, soit il ne le fait pas et il va glisser dans les sondages, parce qu’il va libérer un espace au centre. »

Election présidentielle

Le pays s’améliore sur le plan économique, même s’il est dans le flou sur le plan politique. Dans ce flou, la gauche a toutes ses chances.

Nous sommes la seule formation à avoir zéro dette : Finances saines, bien gérées, et à l’équilibre.

Pourquoi faut-il qu’au point de départ ce soit le candidat socialiste qui soit pris en sandwich entre deux offres politiques ? Pourquoi on ne demande pas à M. Mélenchon et M.Macron de choisir entre faire perdre la gauche ou s’unir avec le candidat ?

J’observe que les candidats à la primaire ont pioché allégrement dans nos cahiers de la présidentielle ce qui est une réussite pour le PS

La même détermination que nous avons mise dans le redressement économique, il faut le mettre aujourd’hui dans le domaine du précariat.

François hollande en renonçant à se présenter à la présidentielle a fait un choix courageux et politique. Ce faisant, il a fait tomber le Hollande-bashing, et a permis à la France de regarder en face son bilan.

Tout le monde est conscient des enjeux. Il y a une prise de conscience, de l’urgence. L’urgence c’est la primaire et de créer de la dynamique autour de notre candidat-e au 2e tour de la présidentielle. C’est le meilleur moyen d’éliminer Marine Le Pen.

Nous demanderons à l’ensemble des candidats aux législatives de soutenir le candidat issu des primaires.

Face à l’orientation de la droite et les risques de l’extrême droite, ns devons rassembler le centre gauche et la gauche de la gauche pour gagner.

Je ne fais pas une croix sur la présidentielle. On peut se battre et on peut l’emporter. Rien n’est fait. Ceux qui sont dans l’après sont déjà dans la capitulation. Moi je suis dans le moment. Et j’encourage tout le monde à se rassembler à mener ce combat.

04 Jan

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Voeux à la presse – Mercredi 4 janvier 2017

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Ce mercredi 4 janvier 2017, Jean-Christophe Cambadélis présentait ses voeux à la presse que vous pouvez retrouver en intégralité ci-dessous :


Vœux à la presse 2017 de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre

Vœux à la presse de Jean-Christophe Cambadélis

4 janvier 2017

(seul le prononcé fait foi)

 

L’année 2017 sera politique. Pas simplement parce que c’est le centenaire de la révolution russe, mais parce que c’est une situation très politique, tant à l’échelle internationale qu’au niveau national.

Au niveau international, nous allons vivre une époque toute nouvelle. D’abord, avec l’expansionnisme russe, qui est à l’œuvre dans de nombreux pays et qui s’exprime de nombreuses façons ; les dernières polémiques ont été à ce niveau très impressionnantes. Une nouvelle époque aussi avec le nouveau président des états-Unis, un isolationnisme américain s’exprime sur le plan économique, avec les mises en demeure au secteur de l’automobile, renationaliser le développement économique, la volonté de protéger le marché américain. Et puis, malheureusement, une année qui va être encore celle de l’immobilisme européen, dû tout à la fois aux difficultés économiques de la zone euro, aux difficultés économiques de l’ensemble de l’Europe, au fait qu’on ne sache pas encore à cette étape la manière dont le Brexit va s’opérer, et puis surtout parce que nous allons vivre une époque d’élections : Pays-Bas, évidemment, France, Allemagne, peut-être Italie, tout en sachant que la situation est instable en Espagne, en Autriche et dans la plupart des pays d’Europe centrale.

Enfin, ce qui marque la situation de l’année 2017, c’est la montée dans l’ensemble du monde occidental du national populisme. C’est maintenant une donnée incontournable à laquelle l’ensemble des représentants politiques, et particulièrement de la gauche, est confronté. Le combat sera frontal entre cette forme de régression, qui est due à la hantise du métissage, à la hantise de la situation faite au monde occidental dans ce nouveau partage international, où sa position dominante est remise en cause. Et ceci a des conséquences, tant au niveau social, économique, que, évidemment, au niveau électoral. Nous en reparlerons.

Deuxièmement, la marque de l’année 2017 sera malheureusement aussi celle du terrorisme. Nous avons vu comment, en Allemagne, celui-ci a frappé. Nous avons vu comment, en Turquie le terrorisme a une nouvelle fois tué. Si l’EI recule là-bas, il frappe ici. Je crois, sans faire de pronostics macabres, que plus les défaites seront fortes, plus les répliques seront fortes. Le président de la République, présent courageusement sur le terrain, en a donné une indication puisqu’il nous a dit avant l’été : « Mossoul pourrait être repris ». Il est évident que, pour tenter de desserrer l’étau de cette pression de l’ensemble de la coalition, il y a pour l’EI nécessité de frapper l’ensemble des démocraties européennes.

Il faut y ajouter la situation syrienne, qui est source d’inquiétudes et de malheurs. Alep fut une tragédie. Mais il est illusoire de croire qu’une paix russo-Bachar peut s’imposer. L’Iran vient de se rappeler aux bons souvenirs des russes. Pourquoi c’est important au-delà des morts, des bombardés, et des enfants devenus orphelins ? C’est que cela crée les conditions à nouveau d’un flux de réfugiés au niveau de l’Europe. La pression migratoire d’une manière générale, sera une des données que nous allons vivre dans l’année 2017.

Enfin, sur le plan économique, je ne vais pas m’y attarder, mais il faut avoir ceci en tête. Nous pouvons dire que le cycle de la baisse des taux qui a permis de soutenir les économies européennes va s’arrêter et s’inverser. Ce qui va, je crois, amener à de nouvelles difficultés pour l’Europe, et peut-être même des situations contraintes pour les politiques économiques en France. Et cela me permet une agréable transition sur la situation politique française.

La France va économiquement mieux, mais politiquement mal. Nous avons, nous la gauche, avec le président de la République François Hollande et les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls, défendu le modèle social. Nous l’avons préservé, nous l’avons affiné, donc nous l’avons affirmé. Et je crois que ce modèle social est consubstantiel à la nature de la France. La France n’est plus la France si elle remet en cause son modèle social. Je dirai à Monsieur François Fillon que ce n’est pas le modèle social qui est responsable de la précarité, ce n’est pas en le liquidant que l’on fera reculer la précarité. Monsieur Fillon s’est rendu hier chez Emmaüs. Je partage le diagnostic d’Emmaüs : le projet de Monsieur Fillon est une attaque extrêmement violente contre notre modèle social. Sa remise en cause part d’un préjugé idéologique : la responsabilité de la situation de crise sociale est due, non pas à l’absence de croissance mais est due principalement à notre modèle social. Ce que nous avait déjà vendu Nicolas Sarkozy lors de sa première campagne présidentielle, ce n’est pas étonnant puisque Monsieur Fillon était déjà à l’œuvre comme directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. La responsabilité de tous les maux de la société française serait donc notre modèle social. Je pense que ce modèle social doit être affiné. Il doit permettre de répondre à ce pour quoi il a été constitué, à savoir un filet de protection sociale. Mais ce n’est pas lui qui est responsable de la situation telle que nous la connaissons. C’est l’absence de croissance. Et l’absence de croissance est due à des politiques économiques menées en Europe et à des déficits publics laissés par la droite. Monsieur Fillon a décidé de mener campagne sur ce thème. Il l’a réaffirmé hier soir sur une chaîne de télévision à 20 heures. Il a indiqué qu’il restait sur son programme de rupture avec notre modèle social. Ce qui gêne Monsieur Fillon dans le modèle social français, c’est plus le social que le modèle. Nous sommes donc face à une attaque frontale contre ce qui nous constitue, contre ce qui constitue la France. Le modèle social est la base de notre conception de la République. Nous avons là un combat central.

Voilà sur la situation politique française. J’évoquerai maintenant mon troisième point, la question des primaires, qui nous occupe et vous préoccupe. Ce qui va se passer pour la gauche est décisif, et pour longtemps. Ce qui se joue pour la France est historique. Nous sommes à un moment où le destin de la gauche et le destin de la France ne font qu’un. La situation présidentielle est verrouillée, et seule la primaire de la gauche peut déverrouiller la situation présidentielle. Monsieur Fillon est prisonnier du vote de droite lors des élections primaires de la droite, et il est enfermé dans un vote de droite extrême. Monsieur Emmanuel Macron est prisonnier de son « ni droite ni gauche ». Jean-Luc Mélenchon est prisonnier de son refus de toute alliance avec le Parti socialiste, et Marine Le Pen est prisonnière de sa logique d’extrême droite. Si vous regardez les candidats actuels à l’élection présidentielle, personne ne peut dire qui peut l’emporter. Il n’y a pas de désir majoritaire dans cette première étape de la présidentielle. Donc, cela veut dire que la primaire de la gauche, par sa puissance, je le souhaite, par sa force, je le crois, peut dénouer cette situation et créer un nouveau choc dans l’opinion, qui permettra une nouvelle donne dans la présidentielle.

Si je reprends : Monsieur Fillon, soit il dévisse, soit il glisse. Soit il est parjure aux propositions, aux mesures, à la ligne, à l’orientation qu’il a déployées lors de la primaire, et évidemment, l’électorat de droite qui l’a plébiscité se dérobera à lui et peut rejoindre Marine Le Pen. Soit il reste sur la même orientation, et cela semble être ce qu’il a dit hier. Et les centristes se trouveront dans la plus grande difficulté. Il suffit d’écouter ce que dit Monsieur Jean-Christophe Lagarde, ou d’autres acteurs centristes, voire Monsieur Bayrou qui reproche l’extrême violence sociale du projet Fillon. Donc, d’un certain point de vue, Monsieur Fillon n’entraîne pas la France, il n’entraîne qu’une partie de la droite, et il est prisonnier du couloir dans lequel il s’est mis.

Monsieur Macron, qui a fait une percée remarquable et remarquée au centre de l’échiquier politique, l’a faite sur le thème du « ni droite ni gauche ». Mais il indique par là même au pays qu’il n’a pas d’alliance majoritaire, ni à droite ni à gauche. Il est aujourd’hui enfermé dans cette logique. Il ne peut, à lui tout seul, réorganiser l’ensemble du champ politique. Il est donc dans une situation d’une non-cristallisation politique intermédiaire entre la droite et la gauche, sans pour autant être un vecteur de recomposition politique.

Jean-Luc Mélenchon a choisi lui une tout autre orientation, encore que, dans ses propos, on le sent hésitant, soit pour se substituer au Parti socialiste et devenir la nouvelle force de gauche, soit pour entonner les chants de Beppe Grillo contre la classe politique et pour défendre la France insoumise.

En tout état de cause, même si je respecte ses propos, il est dans un splendide isolement. Personne ne peut croire que la France peut se réorganiser, la gauche s’organiser autour de son propos.

Donc, nous sommes dans une situation tout à fait nouvelle qui est due aux conséquences du tripartisme, où chacun est dans son couloir : Personne ne l’emporte. C’est le « Match point » : la balle ne dit pas encore de quel côté elle va tomber, pour les admirateurs de Woody Allen.

Et si, comme je le pense, les primaires intéressent, si, comme je le souhaite, elles seront massives, début février, comme nous l’avions prévu, c’est donc une nouvelle époque qui commence. Parce que c’est à partir de cette nouvelle donne que les uns et les autres auront à se déterminer.

La primaire, encore une fois, déverrouille une présidentielle qui, à cette étape, n’a pas trouvé son chemin.

Il ne faut pas juger la présidentielle à l’aune de la réalité telle qu’elle est posée : une offre multiple. Et dans cette situation, quel que soit ce que l’on pense du Parti socialiste, de son avenir, de sa situation. L’élection présidentielle est tout à fait jouable pour un candidat ou une candidate propulsé par une primaire réussie. Parce que c’est le nouvel « effet » dans la présidentielle.

Il faut, pour cela, que la primaire soit une réussite en termes de votants, évidemment, mais aussi en termes de qualité d’interventions et de propositions.

Nous vivons une nouvelle phase de la présidentielle. L’intervention du président de la République aura été décisive. Se dérobant au « Hollande bashing », il a permis que l’on mesure justement le bilan du gouvernement et des gouvernements. Il a fait tomber ce qui était, quelque part, le prétexte à ne pas vouloir analyser réellement ce qui avait été fait.

Ce faisant, il a redonné des chances à la France et à la gauche. Nous n’aurions pas été dans la même situation si le président de la République avait été candidat à la primaire. Tout le débat se serait concentré sur sa personnalité, et on n’aurait même pas discuté du bilan. Regardez aujourd’hui comment les candidats à la primaire de la gauche sont aujourd’hui complètement orientés vers l’avenir et pas vers le passé. Nous aurions été défensifs. Nous sommes offensifs.

La phase précédente s’est arrêtée le 1er décembre, quand le président de la République a décidé de ne pas se présenter. Nous sommes maintenant rentrés dans une toute nouvelle phase.

Autre chose, une nouvelle génération se présente à vous, une nouvelle génération politique, ce qui fait sens, ce qui fait distinction de la droite. A droite, ils avaient tous été. A gauche, ils peuvent tous être. A gauche, c’est un nouveau paysage politique, c’est une nouvelle image, de nouveaux visages qui sont en train de s’affirmer. Donc, le renouveau de la gauche est dans la primaire.

Le peuple de gauche va intervenir pour donner du sens et faire en sorte que nous envoyions directement notre candidat ou notre candidate au deuxième tour de la présidentielle. Par la force de son investissement dans la primaire, le peuple de gauche déverrouille cette présidentielle et propulse son candidat ou sa candidate directement au deuxième tour de la présidentielle et, par là même, élimine le Front national. C’est vous dire que la primaire a une importance à la fois politique et stratégique.

J’observe avec contentement, Guillaume Bachelay aussi, je suppose, que l’ensemble des candidats à la primaire ont pioché allégrement dans les Cahiers de la présidentielle. Ils ont fait leur marché pour le programme qu’ils vont présenter à l’ensemble des électeurs. Voilà qui montre que notre travail, discret, il faut bien le reconnaître, n’a pas été vain. Il a été repéré par les candidats, et c’est une grande réussite pour le Parti socialiste.

Avec une primaire en passe d’être réussie, et je remercie Christophe Borgel et Rachid Temal, et des Cahiers de la présidentielle utilisés, je crois que le Parti socialiste a joué modestement son rôle dans la situation politique. Mais je continue… Le président de la République et les primaires déverrouillent une nouvelle offre générationnelle… il nous faut intégrer aussi le fait que le Premier ministre a sa part dans cette situation nouvelle où le Président s’élève et le Premier ministre apaise.

Vous avez remarqué que l’ensemble des socialistes a voté la confiance au gouvernement Cazeneuve. Personne ne s’est prononcé contre le Premier ministre. Et je crois que c’est un des effets non soulignés de la primaire.

Et à tous ceux qui spéculent sur le Parti socialiste, son histoire, je voudrais leur dire que la primaire réussie va clore le débat sur ses scissions, ses divisions, etc. Pourquoi ? Parce que le candidat ou la candidate qui va sortir de la primaire aura l’onction non pas d’un congrès mais du peuple de gauche. Ce ne sera pas telle ou telle orientation qui sera jugée. Le fait que le peuple de gauche aura choisi Ce candidat, donc Cette orientation s’imposera à tous.

Et ceci fait tomber tous les arguments que nous avons jusque-là connus. Un président qui se représidentialise, un Parti socialiste qui débat sans combat, un Parti socialiste et des candidats à l’élection de la primaire au-delà du Parti socialiste, comme les écologistes ou le parti radical ou l’UDE de Monsieur Bennahmias, donc toutes les nuances de la gauche. Tout cela me semble de bon augure pour 2017.

Nous avons là une situation pour le moins positive.

Alors, je terminerai en vous parlant du Parti socialiste. Le Parti socialiste peut perdre l’élection présidentielle, avoir un revers aux élections législatives. Il peut aussi les gagner, les deux. Car la situation électorale n’est pas à l’aune de la situation sondagière. C’est beaucoup plus complexe. Je vous ai fait la démonstration sur l’élection présidentielle. On pourrait le faire sur l’élection législative, où la multiplication des candidatures, en tous les cas, le fait que les trois grandes formations politiques aient leur propre candidat, conduira à des situations que l’on n’a pas obligatoirement prévues.

Mais ce n’est pas le sens de mon propos. Mon propos est de dire que, quel que soit le résultat des élections présidentielles et législatives, le Parti socialiste sera là et bien là. Il continuera sa stratégie de rassemblement, au-delà de ce qu’il est lui-même, à savoir 113 635 adhésions. Je répète : 113 635 adhésions. Il ne s’agit pas d’un clic sur une mailing liste mais d’adhésions. Deux cent soixante-douze députés, 11 députés européens, 110 sénateurs, ce qui fait 393 parlementaires, qui président cinq régions. Il a 28 présidents de département, 982 Conseillers départementaux. Et administre 200 villes de plus de 10 000 habitants. C’est une force. Et ce n’est pas parce que quelques sondages sont mauvais que cette force disparaît.

La primaire va faire taire les scissions. L’existence du Parti socialiste, et sa stratégie de dépassement, perdurera quel que soit le résultat, positif ou négatif, de l’élection présidentielle.

J’ajoute que le Parti socialiste a zéro dette, Les Républicains en ont 40 millions, et le Front national cherche quelques subsides dans des banques de l’Est. Donc, nos finances sont saines. Notre budget est exactement le même qu’en 2010, et à l’époque, on ne parlait pas de la faillite du Parti socialiste, comme j’ai pu le lire dans quelques journaux.

Nous donnerons 8 millions d’euros à notre candidat au premier tour et 4 millions d’euros au deuxième tour. C’est-à-dire que nous avons, du point de vue du Parti socialiste, 12 millions d’euros à offrir à notre candidat à la présidentielle. Je fais remarquer que Monsieur Macron vient d’emprunter 8 millions d’euros car il a épuisé déjà ses soutiens financiers.

Et ceci a été possible parce que notre parti est bien administré, parce que nous avons réduit la voilure, parce que les fédérations du Parti socialiste ont fait un effort parce que notre encadrement de Premiers fédéraux fait un travail considérable de structuration du Parti socialiste. Enfin, nous avons des militants remarquables, fidèles, enthousiastes et conscients des enjeux. Cela me permet de vous dire que le Parti socialiste est en état de marche pour mener la bataille de la présidentielle et des législatives, et pour peser de manière significative dans le débat, maintenant et demain.

Je vous remercie.

 

 

31 Déc

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Voeux 2017 de Jean-Christophe Cambadélis

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Cette année 2017 sera une année historique, une année importante pour notre bien commun c’est-à-dire la République sociale et bien commun c’est-à-dire la République tout court. Bonne année à vous !

 


« 2017 doit être pour la gauche, l’année de son… par PartiSocialiste

07 Déc

Commentaires fermés sur L’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV

L’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous ainsi que ses principales déclarations:

 

Le président de la République a pris une décision courageuse et sage.

La primaire n’est pas un congrès du Parti socialiste.

J’ai entendu Marie-Noëlle Lienemann, il y a 48 heures, dire tout le mal qu’elle pensait de Manuel Valls. Je voudrais faire une mise au point auprès de Marie-Noëlle Lienemann. On ne peut pas reprocher à Manuel Valls, et dire qu’il était disqualifié parce qu’il a dit que les deux gauches étaient irréconciliables et dire que la gauche ne peut pas se réconcilier avec Manuel Valls. Il faut choisir son discours. Soit elles sont irréconciliables, soit on peut les réconcilier et on va les réconcilier grâce à la primaire.

C’est aux Français de gauche de décider quel sera leur représentant.

Cette primaire permettra de propulser le candidat de gauche au 2e tour de la présidentielle

Vincent Peillon ne peut pas être présenté comme le représentant de l’appareil central du Parti socialiste.

Je crois qu’il faut un code de bonne conduite. Je pense que je vais travailler sur cette question de façon à ce qu’on soit plus respectueux les uns des autres. Je n’ai pas l’impression que ça peut déraper parce que je connais tous les participants et je sais qu’ils sont soucieux de la réussite de la primaire, ils y ont intérêt d’un certain point de vue. Mais quand même, ça va mieux en le disant. Ça va mieux en faisant en sorte que chacun sache où il doit aller.

Toutes les nuances de la gauche sont représentées dans cette primaire de la Belle Alliance Populaire.

Le casting de la primaire c’est une nouvelle génération qui émerge contrairement à la droite.

Demain j’écrirai à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron pour leur proposer de rejoindre la primaire

Si nous étions tous ensemble de Macron à Mélenchon ce serait une primaire ultra massive, nous serions au 2e tour et nous gagnerions cette présidentielle !

Cette primaire commence à intéresser et une dynamique va se mettre en place.

Il y aura beaucoup de votants et ça sera une bonne chose pour le candidat qui sera désigné.

À droite il y a un désir d’alternance et à gauche un désir de résistance contre le programme de François Fillon et de Marine le Pen.

Ne le sous-estimez pas! C’est ce qui va créer de la dynamique.

Le PS n’est pas une formation à la rue! Nous avons fait 24% aux dernières régionales

François Fillon n’est pas dans une stratégie d’union nationale mais de confrontation nationale.

Si duel François Fillon vs Marine Le Pen, j’appellerai à voter Fillon, comme Sarkozy avait dit vouloir voter Hollande.