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30 Nov

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Combattre le changement climatique, combattre l’injustice : notre cause commune

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À l’occasion du lancement de la COP21, Jean-Christophe Cambadélis, Gianni Pittella, président du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen, Sergeï Stanishev, président du Parti socialiste européen, Elio di Rupo, président du PS belge, et John Crombez, président du SPA. A ont publié  une tribune que vous pouvez retrouver dans le Huffington Post ou bien ci-dessous:

 

Combattre le changement climatique,

combattre l’injustice : notre cause commune

 

Les leaders sociaux-démocrates pour un accord sur le climat ambitieux

 

Si la social-démocratie représente la solidarité et la réduction des inégalités, alors la lutte contre le changement climatique doit désormais être au cœur de notre agenda politique pour les années à venir. Les plus fragiles d’entre nous – tels que les enfants, les précaires, les personnes porteuses de handicap et les personnes âgées – sont ceux qui souffrent le plus des effets du changement climatique. Ces changements mettent leurs logements, leur santé, les moyens de subsistance et leur alimentation en danger. Les personnes vulnérables et les communautés de tous les pays et de tous les niveaux de développement paient le prix fort de ces risques climatiques. Et les populations des pays en voie de développement, encore plus.

En tant que socialistes et démocrates européens, la solidarité est pour nous un élément vital. Nous luttons pour l’égalité entre les nations, entre les peuples, entre les sexes et entre les générations. Rien ne remet plus cet engagement en cause que le changement climatique. En tant que dirigeants socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes européens, nous avons fait et nous continuerons de faire de la politique climatique, une partie intégrante de notre lutte contre les injustices sociales en Europe et dans le monde entier. Nous croyons sincèrement que cela peut constituer un objectif ambitieux et une forte incitation à innover dans le domaine des politiques publiques. Il n’y a qu’à regarder les nombreuses initiatives prises sur le terrain à tous les niveaux qui montrent que nos citoyens sont prêts à relever le défi. Il ne faut pas les décevoir !

En décembre, tous les yeux du monde seront tournés vers Paris. Diplomates, dirigeants politiques, ONG, institutions internationales, industries, citoyens engagés et beaucoup d’autres arriveront pour la réunion «COP 21» où les grands de ce monde devraient aboutir à un accord pour lutter contre le changement climatique mondial. Le sommet est organisé par le Président français, François Hollande. A Paris, à l’invitation du Premier ministre français, Manuel Valls, nous avons montré notre volonté de parvenir à un accord universel, juridiquement contraignant, ambitieux et dynamique, qui limite le réchauffement climatique à deux degrés au maximum. Nous croyons fermement que cette rencontre des chefs d’Etats et de gouvernements verra l’adoption de mesures appropriés et applicables à tous les pays.

Seul un accord solide montrera l’urgence de la crise climatique et pourra avoir un impact sur nos populations. Notre combat politique veut privilégier des emplois tout en assurant des systèmes de protection sociale solides.

Dans la transition vers une économie pauvre en carbone, la plupart des nouveaux emplois seront créés dans le secteur du bâtiment – pour ne citer qu’un exemple – un des secteurs les plus touchés par la crise économique. La rénovation de l’ensemble des bâtiments en Europe s’étendrait sur au moins trente ans et créerait des emplois, principalement pour les PME. Ils permettraient de rendre les bâtiments, notamment les écoles et les hôpitaux, plus économes en énergie et, ce faisant, réduiraient la consommation d’énergie des citoyens et allégeraient les factures de courant et les émissions de CO2 dans le secteur public. Il existe de nombreux autres secteurs d’activité pouvant bénéficier de cette transition si nous sommes assez courageux pour surmonter les considérations à court terme et pour miser sur une approche globale.

Les retombées seront positives: une meilleure santé pour tous et particulièrement pour les personnes âgées et les enfants souvent plus exposés aux difficultés respiratoires et aux températures extrêmes ; une amélioration de l’environnement, des possibilités de progrès social et réduction des inégalités.

Nous avons profité de l’industrialisation et du développement intensif en carbone. Mais cela n’a pas été sans conséquence pour la planète. Nous n’avons qu’une seule planète et nous ne pouvons pas nous permettre de la dégrader en continuant sur la même voie. Pendant que nous étions les premiers à bénéficier des progrès technologiques, les effets se faisaient sentir pour les pays en voie de développement. En conséquence, il est maintenant temps que nous reconnaissions ce déséquilibre et que nous offrions les capacités technologiques et financières pour leur permettre de s’adapter au changement climatique et de poursuivre sur la voie des faibles émissions de carbone.

Partout dans le monde, nous devons investir dans les technologies vertes, éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles et mettre un prix approprié sur le carbone. En échelonnant et de manière prévisible de nouveaux financements internationaux sur le climat, c’est-à-dire en mettant la main au portefeuille, nous pourrons joindre le geste à la parole. Des progrès tangibles en vue des négociations de Paris COP21 restent à faire sur ce plan du financement. Nous savons tous que cela constituera une condition sine qua non pour parvenir à un accord. Comme les outils, la volonté politique pour y arriver est toute aussi importe. L’Europe doit rester un leader mondial pour assurer la conclusion d’un accord et elle doit pousser ses partenaires à prendre des mesures ambitieuses sur le climat. Les récents pourparlers entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les programmes présentés par plus de 150 pays montrent jusqu’à présent une dynamique grandissante dans ce sens. Mais il reste beaucoup à faire si nous voulons maintenir la hausse de la température moyenne mondiale en dessous de deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels.

Le 21 octobre 2015, nous, dirigeants socialistes et démocrates européens avons fait 21 propositions pour réussir la COP21, pour que l’action internationale pour le climat soit sur la bonne voie et pour faire de l’Europe un acteur majeur en la matière. Cette volonté accompagne notre combat permanent contre les inégalités sociales. Nous invitons chacun à venir nous rejoindre, pour stopper le réchauffement climatique et éliminer les injustices qu’il provoque.

 

 

08 Nov

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Un mouvement pour le mouvement ou contre un mouvement

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Un mouvement pour le mouvement ou contre un mouvement

J’ai lu le texte appelant à lancer un Mouvement Commun. Le premier mot de l’appel est République. Tout comme la révolution de 1789 dans la lignée de laquelle elle s’inscrit, la République est inachevée et donc encore porteuse d’espoir. C’est tout l’objet de cet appel : redonner du mouvement à une France en panne d’espérance, mais pas en panne d’idées, ni en manque de forces vives que le Mouvement Commun veut attirer et rassembler.

Pour ce faire, le texte prône une « autre parole politique ». Ainsi, « il est temps de dire « nous ». Le « nous » de l’égalité, sans aucune distinction entre les citoyennes et les citoyens. »

Le pronom personnel à la première personne du pluriel vient scander le texte de l’appel et se fait même anaphore :

« Le « nous » des causes communes », pour dire qu’il ne faut pas désespérer, que les citoyennes et les citoyens épaulés par les sciences et les connaissances peuvent s’offrir un monde meilleur, un « avenir heureux ».

« Le « nous » des audaces démocratiques, sociales et écologiques », pour s’inspirer des exemples concrets partout dans le monde où un modèle alternatif de développement se cherche, contre les dominants, les possédants, les dirigeants.

« Ce « nous », seul capable d’enrayer la machine infernale qui met la France en guerre contre elle-même, en inventant des boucs émissaires », pour dénoncer les divisions et en appeler à des « causes communes » qui redonneront espérance.

« Ce « nous » qui fera enfin barrière aux divisions à travers lesquelles se perpétuent la domination d’une minorité et la dépossession de la majorité », pour dénoncer aussi les inégalités et les atteintes à l’environnement.

Et, cet appel dans l’appel : « Nous refusons la relation restrictive, aussi pauvre que dangereuse, de gouvernants à gouvernés et appelons à remettre la démocratie à l’endroit, les citoyens au centre. »

Ce texte est dans l’ensemble plutôt constructif, positif, à une exception près, et elle est de taille, limpide, dirigée contre les membres actuels de l’exécutif : « Nous n’acceptons plus la désinvolture, le mensonge et le cynisme de ceux qui s’affranchissent de leur propre parole, négligeant ainsi le vote des citoyennes et des citoyens. »

Inévitablement, le Mouvement commun se situe dans l’entre-deux, il se veut politique mais non-électoral, et pourtant, le texte évoque un „nouveau projet politique, pour une France d’après“, un programme donc. Rassurons-nous, le MC s’inscrit dans „la délibération collective, plutôt que dans l’aventure personnelle“.

Que dire de ce texte ? Pouria Amirshahi a sans doute lu mon dernier livre qui finit sur ces quelques lignes : « Regardons la réalité en face : sans progressistes, pas de progrès. Oui, cela ne tient qu’à nous. « Nous »… Quel joli mot, ce pronom personnel au pluriel, identifiant et engageant, à la fois collectif et inclusif. C’est notre programme pour une belle France et pour notre avenir. C’est le mot idéal pour achever ce court périple au pays de nos valeurs. Oui, à gauche, les valeurs décident de tout. Et, tout dépend de nous. »

Que dire de cette démarche ? Elle est à saluer. Courageuse, car le succès est loin d’être assuré, car oui, la désespérance sociale est forte, le désengagement politique est profond. Courageuse et ambitieuse car il s’agira de ne pas commettre à nouveau les erreurs passées : le Front de Gauche, simple cartel pris dans des querelles partidaires ou encore Nouvelle donne, trop obnubilée par la revanche de ses dirigeants envers leurs anciens partis.

Le texte a déjà 1600 signataires, dont certains à souligner : Pierre Laurent, Benoît Hamon, Cécile Duflot, Aurélie Filippetti, Marie-Noëlle Lienemann, Laurent Baumel, Pascal Cherki, Laurent Grandguillaume, Julien Bayou, Sergio Coronado, Noël Mamère.

Vais-je signer cet appel ? Il y a quand même cette phrase clairement dirigée contre l’exécutif. Mais, sur le fond, le Mouvement Commun est l’exemple type d’initiative qui peut s’agréger au sein de l’alliance populaire que nous proposons. Avec ce petit bémol : l’idée est de faire un nouvel Épinay pas un nouvel ATTAC.