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08 Juil

Commentaires fermés sur Conférence « Réfugiés: notre réponse progressiste », discours de clôture de Jean-Christophe Cambadelis – 8 juillet 2016

Conférence « Réfugiés: notre réponse progressiste », discours de clôture de Jean-Christophe Cambadelis – 8 juillet 2016

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Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Vice président du PSE

Réunion des dirigeants du PSE

Paris, le 8 juillet 2016

Seul le prononcé fait foi

 

 

Cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

Nous avons discuté d’un sujet essentiel à un moment essentiel de notre histoire. Un sujet grave se pose à nous à un moment où, pour l’Europe, pour la social-démocratie, oui, l’heure est grave.

Disons-le : La question des réfugiés est une question cruciale. La manière dont nous allons y répondre dira beaucoup sur ce que nous sommes vraiment, en tant qu’européens, en tant que sociaux-démocrates. Répondre au défi migratoire nous permettra de répondre à la question de notre propre identité, du sens de notre engagement politique, de notre rapport à l’histoire, mieux : de notre contribution à l’histoire.

Je suis fier et heureux de partager ce questionnement avec vous, ici, à Paris. Merci à vous d’avoir fait le déplacement, merci d’avoir consacré votre précieux temps à cette question, à ce défi, à notre avenir.

 

*           *           *

 

  1. Le monde est un volcan

 

Mes chers amis,

Oui, nous nous tenons à un moment essentiel. Le monde est devenu un immense volcan. On ne sait plus bien par quel bout prendre le réel. On craint de l’agripper, de peur d’ajouter du chaos à l’incertitude. Une formule résume bien cet état de fait : le monde est apolaire. Tout se conjugue et tout se brouille. C’est ainsi : L’espace se rétrécit et le temps s’accélère. De cette double équation fondamentale naissent les déséquilibres, les bouleversements et les guerres. La fin des empires marque le début de l’empire des inconnus : que penser et que faire ? Comment agir et interagir ?

Le monde subit de multiples crises : climatique, terroriste, diplomatique, géopolitique. Mais la crise la plus profonde est sans doute la crise de l’interprétation. L’oligarchie prolifère dans ce règne de l’inconnu et de l’éphémère, et si le siècle sera peut-être religieux, il est à coup sûr financiarisé. Dans ce siècle étrange, notre planète se meure et les Hommes s’entretuent. La planète menace de devenir une terre sans peuple et des peuples cherchent de nouvelles terres pour échapper à la guerre et à la misère. Dans ce monde-volcan, une question interpelle plus qu’une autre, c’est la question des réfugiés. Bien entendu que la question climatique est déterminante. Bien sûr que la question de la justice sociale est centrale.

Bien évidemment que la question des guerres est cruciale. Mais, quand nous parlons de la question des réfugiés nous parlons de l’essentiel, nous parlons des effets de ces crises multiples sur nos frères humains, nous parlons de l’humanité.

Voilà la réalité : Nous sommes entrés dans l’ère du nomadisme généralisé. Il n’y a pas que les marchandises, les devises et les mégaoctets des ordinateurs qui traversent le monde, les Hommes aussi. Les hommes, les femmes et les enfants. Il n’y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde depuis plus de soixante ans. Et la tendance s’accélère. Il s’agit d’un phénomène mondial, nord-sud mais aussi sud-sud et ouest-est. Sur tous les continents. Je ne veux pas vous assommer de chiffre mais tout de même : en 2005, on comptait 20 millions de réfugiés dans le monde. Dix ans plus tard, en 2015, environ 65 millions de personnes ont dû quitter leur foyer ou leur pays en raison des guerres et des persécutions.

17 millions de réfugiés peuplent les camps du monde entier. La grande reporter Anne Poiret y a consacré un documentaire. Elle a fait le calcul : Les camps, en population, composent virtuellement le soixantième pays du monde. Son nom ? Le réfugistan.

90 % de la population réfugiée dans le monde se trouve dans les pays du Sud, qui font déjà face à des difficultés de développement. En 2015, 1 million de réfugiés sont arrivés en Europe, dont 800.000 en Grèce. D’après le HCR, 211.000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la Méditerranée depuis le début de l’année 2016. 3000 se sont noyées ou ont été portées disparues. Oui, beaucoup ont perdu leur vie, beaucoup trop.

Les causes de ces migrations sont multiples, nous les connaissons. Au Moyen-Orient, la dérive sectaire de l’islam radical est le plus grand facteur de désordre provoquant ruines et désolation. La Syrie, l’Irak, la Libye, l’Afrique subsaharienne en paie le prix fort. Il y a bien entendu la famine, au cœur de l’Afrique. Et il y a aussi les réfugiés climatiques. On estime aujourd’hui que les inondations, les tempêtes et les sécheresses poussent chaque année 26 millions de personnes à quitter le territoire où elles vivent.

L’ampleur mondiale du phénomène et les causes profondes elles aussi mondialement réparties font que la communauté internationale est l’échelon des solutions. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a annoncé l’organisation d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la gestion des déplacements de réfugiés et de migrants, le 19 septembre prochain. Le parti socialiste et le parti socialiste européen s’en félicitent car ils avaient demandé une telle conférence.

 

  1. Dans un monde apolaire, l’Europe ne peut pas être amorphe

Mes chers camarades, le constat est là : Le monde est apolaire. Mais, il faut compléter ce constat : dans ce monde apolaire, l’Europe semble sans repères. Les Européens le sentent bien et doutent de la capacité du politique à produire des effets et même des récits, de la capacité de la démocratie à répondre aux défis, de la capacité de l’Europe à défendre nos intérêts. Voilà le drame et voilà le défi pour nous: dans ce monde apolaire, l’Europe ne peut pas être apolitique, amorphe et amorale.

Oui, l’Europe est sans repères. Le débat public est couvert par le bruit de l’euphorie des europhobes. L’Europe se cherche, on le constate doublement, dans les actions de l’Union européenne, qui agit toujours trop tard et toujours trop peu et au sein des États membres, qui agissent beaucoup trop seul. En Grande-Bretagne, les dirigeants politiques conservateurs semblent avoir perdu pied, dépassés par leurs propres calculs, avalés par les idées nationalistes qu’ils ont tenté d’instrumentaliser. Oui, notre ennemi est redoutable : inconséquent, incompétent mais violent et dangereux. Courage mon cher Jeremy, nous pensons à Jo Cox et nous sommes avec toi ! Nous sommes avec toi ! En Espagne, il n’y a toujours pas de gouvernement. En Autriche, les élections ont été annulées, il faudra revoter. Là encore, la xénophobie rôde. En Europe du nord, les pays modèles de la social-démocratie se tournent de plus en plus vers le mouvement national-populiste. En Europe centrale, l’interrogation nationale pave le chemin aux gouvernements nationalistes, en Pologne et en Hongrie. En Hongrie, où un autre référendum se tiendra le 2 octobre. La question sera la suivante : « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? ». Après l’Europe, après les immigrés, sur quoi portera donc le prochain référendum des conservateurs et des identitaires ? Sur l’interdiction de l’Islam ? Nous sommes vraiment entrés dans une forte zone de turbulences. En France aussi, bien évidemment, où l’extrême droite est aux portes du pouvoir. En Italie, la situation est incertaine. En Grèce, la situation reste complexe.

 

Les pays européens doutent de l’Europe et ils doutent surtout d’eux-mêmes. Pays du bloc occidental, ils sentent bien que l’histoire avance de plus en plus vite mais de moins en moins avec eux. Ils ont le sentiment d’être marginalisés par les blocs émergents, voire même qu’ils vont être remplacés dans l’organisation de la marche du monde. Qui plus est, les 30 Glorieuses et la croissance continue sont bien loin, la révolution de l’immatériel est riche en disruptions mais pauvres en emplois. Tout cela nourrit une menace immense : le péril du repli.

 

  • Les sociaux-démocrates au rendez-vous de l’histoire

 

Mes cher-es ami-es,

Les européens de cœur et de raison que nous sommes vivent une sorte de cauchemar éveillés. Mais, au même moment, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants veulent à tout prix participer au rêve européen, parfois au prix de leur vie. Il faut être à la hauteur de cet espoir car cet espoir est une chance pour l’Europe. En répondant à ce rêve, nous rayonnerons, nous créerons des alliés pour répondre aux défis futurs, nous créerons des solidarités aux quatre coins du monde, nous attirerons des talents et des savoir-faire. Oui, en relevant ce défi migratoire nous contribuerons à faire de l’Europe un continent-puissance, un continent-pivot.

C’est ainsi, les sociaux-démocrates ont une grande responsabilité. Pour défendre un modèle économique juste et viable, performant et écologique en appliquant un keynésianisme vert. Pour donner un nouveau sens et une nouvelle force à la démocratie dans leur pays respectif. Un mot ici sur la France. Dans mon pays, il n’y a pas que l’extrême droite qui souhaite en découdre, l’ultragauche a aussi la social-démocratie dans le viseur. Ils attaquent nos permanences et nos militants, ils nous empêchent de nous réunir. Voilà la réalité. Leurs partisans disent qu’ils ne voient pas d’alternative possible dans la démocratie. Les casseurs que vous voyez à la télévision, ils cassent des abris-bus mais ils veulent aussi casser la social-démocratie, ils veulent surtout casser la démocratie. C’est un défi supplémentaire pour nous.

La démocratie est en danger sur notre continent. L’Europe aussi. Les sociaux-démocrates doivent maintenir le lien précieux qu’est l’Europe. Dans ce monde apolaire, dans ce contexte contestataire, les forces centrifuges populistes, de droite comme de gauche, vont vouloir mettre en œuvre une véritable déconstruction européenne. Pour sauver l’Europe, mes camarades, il faut une nouvelle Europe. Oui, il faut recommencer l’Europe. En favorisant la modernisation de notre industrie, avec un new deal écologique, en se concentrant sur les sujets où la coopération est indispensable comme la défense. Et puis, puisque nous parlons de défense, il faudra aussi défendre nos intérêts commerciaux et aussi nos frontières. Oui, on peut à la fois protéger et les frontières et les droits humains. Mais, disons-le, nous sauverons l’Europe si nous répondons au défi migratoire.

Hier, lors du dîner des leaders, j’ai fait des propositions pour relancer l’Europe.

D’abord une méthode : passer de l’Europe des contenants à l’Europe des contenus. Nous pouvons avancer rapidement à traités constants. C’est une question de politique et de volonté.

Ensuite mettre au cœur quatre objectifs :

  • L’harmonisation fiscale et sociale
  • Un New Deal green et des nouvelles technologies
  • La sécurité
  • Défendre l’identité culturelle

Mais surtout mettre au centre la jeunesse avec un nouveau plan pour les jeunes, particulièrement les apprentis.

Cette question, c’est évident, on ne peut y répondre seul. La réponse ne peut être qu’une « réponse commune », « une réponse forte » comme le dit notre résolution. C’est une bonne résolution car elle prône la bonne approche : intégrée, cohérente et coordonnée. Elle prône un partage équitable des responsabilités et appelle au respect de nos obligations internationales en matière de droit d’asile. Elle insiste sur la nécessaire coopération avec les pays d’origine et de transit des migrants. Cette résolution est une prise de parole forte et disons-le attendue.

Bravo, mes chers camarades, d’avoir contribué à ce que la voix des sociaux-démocrates soit entendue. Dans un monde apolaire et une Europe affolée, la social-démocratie ne pouvait pas rester aphone et amorphe.

Je crois que notre position peut se résumer en 4 points :

  • Contenir
  • Soutenir
  • Répartir
  • Accueillir

Nous avons une feuille de route pour peser sur la conférence des Nations Unies et combattre les nationalistes xénophobes.

 

*           *           *

 

Mes chers camarades, Mes chers amis,

Un dernier mot pour conclure. J’ai commencé par un constat. Un constat dur, froid, réaliste. C’est ainsi que tout acte politique doit commencer, en disant ce qui est. Mais, je dois aller au bout de ce constat.

Je vous ai écouté, j’ai noté vos idées, j’ai ressenti la force de votre engagement pour nos valeurs. Mes chers camarades, j’ai vu le vrai visage de la social-démocratie. C’est ce que l’Europe peut offrir de plus fort, de plus beau : la fraternité, la solidarité. Je vous regarde et je constate : l’Europe c’est nous ! L’espoir c’est nous !

Mes chers amis, le monde a besoin de l’Europe. L’Europe a besoin de la social-démocratie. La social-démocratie a besoin de sociaux-démocrates. Le constat est évident : Sans nous, ce monde perdrait plus que des Européens ou des sociaux-démocrates, il perdrait en humanité. Alors, debout !

 

Vive l’Europe et vive la social-démocratie !

 

 

30 Nov

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Combattre le changement climatique, combattre l’injustice : notre cause commune

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À l’occasion du lancement de la COP21, Jean-Christophe Cambadélis, Gianni Pittella, président du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen, Sergeï Stanishev, président du Parti socialiste européen, Elio di Rupo, président du PS belge, et John Crombez, président du SPA. A ont publié  une tribune que vous pouvez retrouver dans le Huffington Post ou bien ci-dessous:

 

Combattre le changement climatique,

combattre l’injustice : notre cause commune

 

Les leaders sociaux-démocrates pour un accord sur le climat ambitieux

 

Si la social-démocratie représente la solidarité et la réduction des inégalités, alors la lutte contre le changement climatique doit désormais être au cœur de notre agenda politique pour les années à venir. Les plus fragiles d’entre nous – tels que les enfants, les précaires, les personnes porteuses de handicap et les personnes âgées – sont ceux qui souffrent le plus des effets du changement climatique. Ces changements mettent leurs logements, leur santé, les moyens de subsistance et leur alimentation en danger. Les personnes vulnérables et les communautés de tous les pays et de tous les niveaux de développement paient le prix fort de ces risques climatiques. Et les populations des pays en voie de développement, encore plus.

En tant que socialistes et démocrates européens, la solidarité est pour nous un élément vital. Nous luttons pour l’égalité entre les nations, entre les peuples, entre les sexes et entre les générations. Rien ne remet plus cet engagement en cause que le changement climatique. En tant que dirigeants socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes européens, nous avons fait et nous continuerons de faire de la politique climatique, une partie intégrante de notre lutte contre les injustices sociales en Europe et dans le monde entier. Nous croyons sincèrement que cela peut constituer un objectif ambitieux et une forte incitation à innover dans le domaine des politiques publiques. Il n’y a qu’à regarder les nombreuses initiatives prises sur le terrain à tous les niveaux qui montrent que nos citoyens sont prêts à relever le défi. Il ne faut pas les décevoir !

En décembre, tous les yeux du monde seront tournés vers Paris. Diplomates, dirigeants politiques, ONG, institutions internationales, industries, citoyens engagés et beaucoup d’autres arriveront pour la réunion «COP 21» où les grands de ce monde devraient aboutir à un accord pour lutter contre le changement climatique mondial. Le sommet est organisé par le Président français, François Hollande. A Paris, à l’invitation du Premier ministre français, Manuel Valls, nous avons montré notre volonté de parvenir à un accord universel, juridiquement contraignant, ambitieux et dynamique, qui limite le réchauffement climatique à deux degrés au maximum. Nous croyons fermement que cette rencontre des chefs d’Etats et de gouvernements verra l’adoption de mesures appropriés et applicables à tous les pays.

Seul un accord solide montrera l’urgence de la crise climatique et pourra avoir un impact sur nos populations. Notre combat politique veut privilégier des emplois tout en assurant des systèmes de protection sociale solides.

Dans la transition vers une économie pauvre en carbone, la plupart des nouveaux emplois seront créés dans le secteur du bâtiment – pour ne citer qu’un exemple – un des secteurs les plus touchés par la crise économique. La rénovation de l’ensemble des bâtiments en Europe s’étendrait sur au moins trente ans et créerait des emplois, principalement pour les PME. Ils permettraient de rendre les bâtiments, notamment les écoles et les hôpitaux, plus économes en énergie et, ce faisant, réduiraient la consommation d’énergie des citoyens et allégeraient les factures de courant et les émissions de CO2 dans le secteur public. Il existe de nombreux autres secteurs d’activité pouvant bénéficier de cette transition si nous sommes assez courageux pour surmonter les considérations à court terme et pour miser sur une approche globale.

Les retombées seront positives: une meilleure santé pour tous et particulièrement pour les personnes âgées et les enfants souvent plus exposés aux difficultés respiratoires et aux températures extrêmes ; une amélioration de l’environnement, des possibilités de progrès social et réduction des inégalités.

Nous avons profité de l’industrialisation et du développement intensif en carbone. Mais cela n’a pas été sans conséquence pour la planète. Nous n’avons qu’une seule planète et nous ne pouvons pas nous permettre de la dégrader en continuant sur la même voie. Pendant que nous étions les premiers à bénéficier des progrès technologiques, les effets se faisaient sentir pour les pays en voie de développement. En conséquence, il est maintenant temps que nous reconnaissions ce déséquilibre et que nous offrions les capacités technologiques et financières pour leur permettre de s’adapter au changement climatique et de poursuivre sur la voie des faibles émissions de carbone.

Partout dans le monde, nous devons investir dans les technologies vertes, éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles et mettre un prix approprié sur le carbone. En échelonnant et de manière prévisible de nouveaux financements internationaux sur le climat, c’est-à-dire en mettant la main au portefeuille, nous pourrons joindre le geste à la parole. Des progrès tangibles en vue des négociations de Paris COP21 restent à faire sur ce plan du financement. Nous savons tous que cela constituera une condition sine qua non pour parvenir à un accord. Comme les outils, la volonté politique pour y arriver est toute aussi importe. L’Europe doit rester un leader mondial pour assurer la conclusion d’un accord et elle doit pousser ses partenaires à prendre des mesures ambitieuses sur le climat. Les récents pourparlers entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les programmes présentés par plus de 150 pays montrent jusqu’à présent une dynamique grandissante dans ce sens. Mais il reste beaucoup à faire si nous voulons maintenir la hausse de la température moyenne mondiale en dessous de deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels.

Le 21 octobre 2015, nous, dirigeants socialistes et démocrates européens avons fait 21 propositions pour réussir la COP21, pour que l’action internationale pour le climat soit sur la bonne voie et pour faire de l’Europe un acteur majeur en la matière. Cette volonté accompagne notre combat permanent contre les inégalités sociales. Nous invitons chacun à venir nous rejoindre, pour stopper le réchauffement climatique et éliminer les injustices qu’il provoque.

 

 

13 Juil

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Accord en Grèce: réaction de Jean-Christophe Cambadélis

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logops160

Le Parti socialiste et au-delà toute la gauche et les écologistes qui ont fait bloc au parlement et dans le pays contre le Grexit, verront dans cette sortie de crise l’aboutissement de leurs efforts communs.

La France par la voix du président de la République a joué un rôle central avec sagesse et détermination.

Le peuple grec n’est pas au bout de ses souffrances mais il a maintenant un avenir. Et cet avenir est en Europe. L’Europe a su rester fiable tout en étant solidaire.

Cela appelle d’autres avancées dans la construction européenne.

Le Parti socialiste, qui remercie les socialistes européens pour leurs prises de position, au final communes, entend jouer tout son rôle pour que l’Europe fasse un nouveau pas politique vers plus de coordination et d’harmonisation.

13 Juin

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Jean-Christophe Cambadélis réélu Premier vice-président du PSE lors du congrès de Budapest

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Le Premier secrétaire du Parti socialiste qui assiste au 10e congrès du Parti socialiste européen, a été reconduit comme Premier vice-président du PSE.

Dans son discours à la tribune du Congrès, il a plaidé pour un PSE « ouvert et curieux » qui incarne moins l’institution et plus la société.

Le congrès du PSE se tient à Budapest et une trentaine de français y représentent le Parti socialiste.

15 Sep

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Interview dans El País : « Je crois que toute la gauche européenne saura s’unir pour qu’Angela Merkel fasse marche arrière »

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JCC ITW EL Pais 15092014

Le quotidien espagnol El País a publié une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire en français ci-dessous:

El País : Qu’est-ce qu’être socialiste aujourd’hui ? Vous-mêmes vous vous êtes appelés «sociaux-démocrates», «sociaux-libéraux», «socialistes» tout court…

Jean-Christophe Cambadélis : Nous sommes en train de définir ce qu’est le socialisme moderne, ce qu’est notre carte d’identité face à la mondialisation, au nouveau modèle économique, à la situation internationale complexe et à la montée d’un Front national en France qui se prépare à accéder au pouvoir. Nous devons définir le nouveau progressisme.

Manuel Valls a déclaré que la gauche pouvait disparaître. Pensez-vous également qu’elle peut se dissoudre ?

Toutes les gauches européennes ont perdu le combat culturel. Auparavant, l’égalité était le point focal du débat. Comment l’élargir ? Comment la renforcer ? Désormais, c’est l’identité qui est passée au premier plan. L’identité de « mon peuple », de « ma région », « mon pays » … Tout cela contre l’Europe, la mondialisation, la nation. Ce qui se passe en Catalogne ou au Pays Basque sont des exemples. La grande difficulté pour les partis progressistes européens consiste à se recentrer sur la question de l’égalité, alors que les circonstances rendent la redistribution difficile.

Redistribution de la richesse alors que nous sommes dans une période de récession où l’économie stagne…

En effet, afin de distribuer, il faut d’abord pouvoir produire.

Et sur la base de ce principe vous proclamez :  » Réinventons-nous ! « .

Dans les années 1970, François Mitterrand fonda la rénovation socialiste sur une rupture avec le système capitaliste. Maintenant, il n’y a pas un socialiste en faveur de cette rupture. Bien sûr, il y a une critique du système, mais nous savons que nous devons agir dans ce cadre du capitalisme pour une plus grande justice.

Le courant critique dans le PS « Vive la gauche » – reproche aux réformes gouvernementales de donner 41 mille millions d’euros d’aides aux entreprises et seulement 5 000 aux ménages…

Nous sommes en face d’un désaccord majeur car le PS est au pouvoir. Mais jamais les désaccords n’ont été si faibles. Avec François Mitterrand et Michel Rocard ils portaient sur la nature du socialisme dans sa totalité : renforcer la société civile, les nationalisations, porter la République jusqu’au bout… C’étaient des désaccords politiques et idéologiques majeurs. Maintenant le débat porte sur ce que nous donnons aux entreprises et aux ménages. Ce désaccord entre l’offre et la demande prend une dimension très importante parce que nous sommes au pouvoir. Et parce qu’il est dit que le gouvernement pourrait tomber à cause de ce désaccord.

Certains députés socialistes pourraient voter contre le gouvernement dans la motion de censure le 16 septembre prochain ?

Je ne le pense pas. Voter « contre » signifierait que ceux-ci doivent quitter le PS.

Les rebelles, comme de nombreux militants affirment que François Hollande n’a pas rempli ses engagements électoraux…

Nous nous sommes adaptés au déficit public, qui était beaucoup plus élevé que nous le pensions, à la régression de la production industrielle, qui a coulé, au ralentissement de la croissance … Mais le gouvernement s’est adapté en évitant les risques. Nous n’avons pas d’Indignés en France. Et nous n’en avons pas parce que nous avons maintenu le lien social. Nous ne sommes pas si pauvres. Oui, nous avons 3,5 millions de chômeurs, mais ils reçoivent tous les mois – pendant 10 mois – 80% du salaire qu’ils avaient, puis cela diminue. Nous réformons sans confrontation sociale.

  1. N’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter un peu à propos de la relation entre Paris et Berlin ?

C’est vrai.  La relation entre François Hollande et Angela Merkel est correcte mais il est vrai qu’il y a une double irritation. D’une part, on nous dit que nous devons faire des réformes et de l’autre, on s’oppose à des politiques visant à relancer l’économie. Je demande à la droite allemande de ne pas dire du mal de la France et qu’elle ne se comporte pas de mauvaise manière à notre égard. Ils ne peuvent pas dire que nous ne faisons pas de vraies réformes. Si on avait l’impression que l’Allemagne nous oblige à faire des réformes, cela susciterait des sentiments négatifs chez les Français contre l’Allemagne. Il faut être plus prudent.

Vous faites référence aux mots d’Angela Merkel appellant la France à poursuivre les réformes ?

Ils n’ont pas eu de commentaires sympathiques. Ils ont créé des frictions.

Y a-t-il un accord entre les dirigeants socialistes européens à mettre un terme à la politique d’austérité ?

Oui. Jean-Claude Juncker s’est engagé à agir. Angela Merkel, cependant, reste très prudente. Je pense que toute la gauche européenne saura s’unir pour que Madame Merkel fasse marche arrière.

Manuel Valls a déclaré que le Front national « est aux portes du pouvoir… »

Ce serait le chaos. Une catastrophe. L’élection présidentielle est à deux tours. Il y a trois forces concurrentes : l’extrême droite avec le FN, la droite avec l’UMP (Union pour un mouvement populaire) et le PS. Selon tous les sondages, le candidat socialiste serait éliminé au premier tour. Avec la tension croissante entre l’UMP et le PS, il serait impossible que les socialistes soutiennent l’UMP si elle faisait face au FN au second tour. Mais si l’on parvenait au second tour, l’UMP hésiterait aussi à soutenir notre candidat. Alors imaginez : nous sommes en 2017 et, Marine Le Pen face à François Hollande ou face à Nicolas Sarkozy l’emporte et devient présidente de la France. Ce serait une catastrophe pour la France, pour l’Europe … et, ça la jamais la gauche ne l’acceptera.

Quelle est la différence entre le FN des années 1990 avec Jean-Marie Le Pen et celui de sa fille aujourd’hui ?

Le FN d’avant était un front de contestation solitaire, sans aucune chance de remporter le pouvoir. Aujourd’hui il veut le pouvoir. Et il rassemble bien sûr de nombreux malheureux et des xénophobes. Marine Le Pen a dit que « l’immigration était un problème de sécurité sanitaire ». On a dit la même chose durant la Seconde Guerre mondiale sur les Juifs. Mais Marine Le Pen exploite également le souverainisme qui veut restaurer les frontières et le franc – et capte de nombreuses critiques de Europe. Ils ne sont pas seulement eurosceptiques, ils sont europhobes. Maintenant, il y a 30% des Français qui disent qu’ils veulent quitter l’Europe et dont elle recueille le soutien.

Mais dispose-t-elle d’une équipe pour former un gouvernement ? Ou un programme de gouvernement ?

Non, son père l’a reconnu, mais elle dit qu’elle est prête à prendre le pouvoir. C’est une forme d’aventure, une forme de péronisme. C’est du national-populisme.

Pour compléter ce panorama complexe, il y a des leaders qui ont appelé à la dissolution de l’Assemblée. D’autres, à la démission de François Hollande. Certains parlent de «crise de régime». D’autres, de la nécessité d’aller vers une VIème République

La dissolution de l’Assemblée n’apportera pas la reprise économique, mais elle apportera le chaos. Des députés FN y entreront. Peut-être même trouveront-ils une majorité. La démission du président ? Ceux qui le demandent sont irresponsables car ils savent que la droite n’est pas prête et que la gauche est divisée. Autant donner les clés du pouvoir au Front national.

Par conséquent, la seule solution pour vous est de faire des réformes et de gagner la confiance qui donneront des résultats positifs ?

Exactement.

23 Mai

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Mon discours au grand meeting européen de Lyon – vendredi 23 mai 2014

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photoRetrouvez ci-dessous le discours de Jean-Christophe Cambadélis prononcé lors du grand meeting européen de Lyon vendredi 23 mai 2014.

 

Seul le prononcé fait foi

 

Chers amis, chers camarades,

 

Quel plaisir de me retrouver avec vous tous, ici, chez mon ami Jean-Paul Bret à Villeurbanne, dans cette commune voisine de Lyon dont je salue le maire, un autre ami: Gérard Collomb.Lyon énergique, Lyon dynamique.

Ces qualificatifs je les reprends sans hésiter pour désigner la superbe campagne que vous menez tous dans cette circonscription. Il faut dire que vous avez deux têtes de listes qui n’ont jamais été avares d’énergie et n’ont jamais manqué d’entrain. Bravo à vous Vincent Peillon et Sylvie Guillaume Zaiki Laïdi! Bravo, et merci à Virginie Rozière du PRG. Merci pour vos interventions remarquables de ce soir.

Quel plaisir d’être à Lyon disais-je. J’ajouterai : quel plaisir d’être à Lyon aussi bien entouré. Merci au Premier ministre d’être présent ce soir. « Gracias » cher Manuel comme tu dis si bien en espagnol ! Merci à toi, Premier ministre de la France, qui assainis les comptes, investis dans l’avenir et veut rendre à la justice sociale son efficacité. Toi, qui disais, dans ton ouvrage intitulé  Pouvoir , « qu’il fallait réveiller la gauche pessimiste, victime du syndrome Fort Alamo ». Tu n’as pas hésité à te lancer dans la bataille des européennes, sachant les sombres pronostics que les médias en faisaient. Tu as montré le chemin d’une Gauche qui ne baisse pas les bras et qui redresse la tête. Pour tout cela, cher Manuel, merci.

Je salue également Martin Schulz. Cher Martin, ceux qui n’ont pas encore eu la chance de t’entendre vont se rendre compte que tu es non seulement le candidat idéal mais également un orateur magistral.

Je veux enfin saluer chaleureusement les membres du Gouvernement qui sont parmi nous ce soir: Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Harlem Désir, Geneviève Fioraso, André Vallini et Thierry Braillard. Merci pour votre engagement exemplaire dans cette bataille essentielle pour la France et pour l’Europe.

Oui, cette bataille est essentielle. Elle est cruciale même. En effet, l’Europe est comme au confluent de deux fleuves. Elle se trouve face à une alternative entre 2 visions qui s’affrontent diamétralement, entre 2 avenirs qui s’opposent radicalement. Ce dimanche, le choix se fera entre la croissance ou l’austérité, entre le destin ou la fatalité, l’espoir ou l’échec.

Oui, cette bataille est essentielle. Elle est vitale même. Elle est vitale car l’Europe est dans une spirale mortifère. Oui, je le dis solennellement : l’Europe est en danger.

L’Europe est en danger :

Grèce : 27% de chômage.

L’Europe est en danger. Espagne : 25% de chômage.

L’Europe est en danger. Croatie : 18% de chômage.

L’Europe est en danger. Allemagne : 8 millions de travailleurs pauvres.

L’Europe est en danger. Un quart des jeunes sont sans emploi.

L’Europe est en danger. La pauvreté guette plus de 125 millions de personnes.

L’Europe est en danger.

L’Europe est abîmée.

L’Europe est au bord de l’abîme. Et, elle ne s’y est pas rendue d’elle-même. Les Conservateurs l’ont aidé à s’y presser. Depuis dix ans la Droite a mené une véritable politique de déconstruction européenne. Une politique avec l’austérité pour seul objectif et la précarité pour seul résultat. Au final, ils ont fait de Bruxelles l’homme malade de l’Europe. Voilà leur bilan ! Mais, ce bilan ne s’arrête pas à la montée des inégalités. Il faut y ajouter un autre mal : la montée de l’euroscepticisme. Depuis 10 ans, l’Europe n’a cessé de s’éloigner des Européens, creusant ce fossé dans lequel elle risque aujourd’hui de s’engloutir. Pour une proportion croissante des Européens, l’Europe est même devenue synonyme de menace. Dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens, en matière d’emploi et en matière de droits c’est ainsi.

La déception s’est muée en suspicion et la suspicion en dénonciation. Ce sentiment de colère vis-à-vis de l’idée et du projet européens c’est à la droite européenne qu’on le doit.

Mais, non content d’abîmer l’idée d’Europe, les Conservateurs refusent ce qui pourrait pourtant réconcilier les Européens avec la construction européenne. En effet, les Conservateurs refusent le tournant démocratique que représente l’élection historique de ce dimanche. Ils ne veulent pas voir son ampleur et refusent d’accepter toutes ses implications. C’est en effet la première fois que, par notre vote pour élire nos députés européens, nous pouvons désigner le prochain Président de la commission européenne ! Déjà les conciliabules se multiplient à Droite, où l’on s’interroge pour savoir comment contourner le résultat du vote si ce dernier venait à lesdécevoir. C’est d’ailleurs un des enjeux de la participation de ce dimanche, car plus il y aura de votants pour notre candidat Martin Schulz, moins « ils » pourront revenir sur le vote.

Comme toujours, la Droite européenne veut limiter l’Europe à sa portion congrue, c’est-à-dire à un simple espace marchand. La Droite européenne n’a, au fond, jamais accepté l’idée même d’Europe politique. Cette élection historique, cette élection continentale ils n’en veulent pas !

Ils ne veulent pas de ce progrès démocratique car, finalement, ils redoutent le procès démocratique que le peuple européen s’apprête à leur faire.

En France, les Conservateurs sortants de l’UMP n’ont pas voulu participer à ce formidable débat européen. On le comprend, vu leur passif. Ils veulent à tout prix rester dans une campagne franco-française. Ils veulent tout ramener à Paris, ils veulent à tout prix détourner l’attention de Bruxelles et de Strasbourg, où ils ont la majorité, où ils sont aux responsabilités.

Ils essayent de cacher un bilan lamentable derrière le slogan pitoyable d’une « autre Europe ». Mais, leur Europe c’est leur bilan. Tout cela prend une tournure un peu surréaliste. La semaine dernière, je suis tombé sur les propos proprement ahurissants de Monsieur Lamassoure, tête de liste UMP en Ile-de-France. Vous ne connaissez pas Monsieur Lamassoure ? Mais si… Vous savez… Celui pour lequel Monsieur Guaino de l’UMP ne votera pas. A ne pas confondre avec la situation dans l’Est, où la tête de liste, Madame Morano, la madame sans gêne de l’UMP, ne pourra pas, elle, compter sur les suffrages de deux députés UMP de Moselle. Oui, je suis désolé… C’est un peu compliqué à l’UMP, il faut suivre. Donc, je suis tombé sur ces propos ahurissants de Monsieur Lamassoure, en particulier sur une phrase magnifique que je vous livre.

Je cite : « Le pouvoir est à prendre en Europe, le 25 mai »

C’est incroyable non ?

Personne ne lui a dit?

Monsieur Lamassoure, le pouvoir, vous l’avez. Vous dirigez le Parlement européen depuis 10 ans. La Présidence de la Commission européenne est entre les mains des Conservateurs depuis 1995, une Commission où ne siègent aujourd’hui que 5 sociaux-démocrates. Il n’y a que 7 chefs d’État sociaux-démocrates sur 28 en Europe…

Mais Monsieur Lamassoure n’est pas le seul à souffrir d’amnésie. Monsieur Sarkozy dans sa tribune sévère mais juste contre 10 ans de politique de droite publiée hier, nous a offert une sortie tout aussi délicieuse, sans doute la perle de cette campagne. Je cite : « L’Europe souffre aujourd’hui de graves erreurs qui furent commises au nom d’une pensée unique de plus en plus insupportable. »

Mais qui gère l’Europe depuis 10 ans ? Qui a administré l’Europe sous l’étendard du Merkozy ? Qui a voté pour Barroso à la Présidence de la Commission ? Qui a imposé l’hyperaustérité avec sa logique punitive pour les peuples qui veulent conserver la cohésion sociale ? Qui a imposé une lecture hémiplégique des traités, où la stabilité s’est transformée en austérité et d’où la croissance est absente ? C’est vous Monsieur Sarkozy ! Et vous avez raison : c’est « insupportable ».

Face à cette amnésie généralisée, je pense qu’il faut en appeler directement au Président de l’UMP. Qu’il se saisisse du peu d’autorité qui lui reste et qu’il fasse appel à ses amis communicants, pour une prestation sans doute un peu chère mais effective cette fois.

Je dis « un peu chère », en fait je ne fais que me référer aux propos du directeur de Cabinet de Monsieur Copé, Monsieur Lavrilleux lui-même candidat UMP dans l’eurorégion Nord-Ouest. Voilà ce qu’il dit: « L’UMP peut administrer ses comptes comme bon lui semble. Si l’on veut payer 4 à 5 fois le prix, rien en nous empêche ».

« Payer plus pour moins de travail » : tel est le nouveau slogan de l’UMP. Et après, étonnez-vous qu’ils nous aient laissé une dette colossale !

A l’UMP, la division est devenu un art de diversion. Mais, ne nous laissons pas avoir. Leur ligne européenne, mes chers amis, on la connaît par cœur : une politique austéritaire aux effets sociaux délétères sur lesquels les populistes prospèrent.

Ils font semblant de ne pas l’assumer pendant cette campagne, mais la vérité c’est que cette politique, ils l’appliquent depuis 10 ans et surtout c’est qu’ils veulent à nouveau l’appliquer aussi en France. Il suffit de regarder le programme de l’UMP.

130 milliards de coupes sombres en plus. Un million de fonctionnaires en moins. Tu vois, c’est ça l’austérité, Manuel !

A l’UMP ils sont dans le refoulé complet. Ils fuient le débat, parce qu’ils ont honte de leur bilan, honte de leur Europe. Ils ont même honte de leur candidat, Jean-Claude Juncker. Pauvre Monsieur Juncker… Monsieur Wauquiez veut le priver d’Europe, puisqu’il propose, une « Europe des 6 » sans le Luxembourg. Monsieur Sarkozy, dans son pamphlet anti-merkozyste, oublie tout bonnement de le citer. Quant à Madame Merkel, elle l’a tout simplement fait disparaître de ses affiches de campagne. Monsieur Juncker, l’homme du paradis fiscal, vit avec ses amis conservateurs du PPE un véritable enfer. Mais  ne versons pas trop de larmes sur Monsieur Juncker, lui qui a tant versé aux banques.

Oui, mes chers amis cet échec de la droite il va falloir le rappeler très clairement ce dimanche et il va falloir le sanctionner très fortement. Le bulletin de la sanction porte un nom : c’est le bulletin PSE, le bulletin des socialistes et des radicaux ! Mes chers camarades, la droite sortante ne doit pas s’en sortir dimanche. La droite sortante, il faut la sortir !

 

Mais, il ne faut pas pour autant faire entrer les populistes. Arrêtons nous un instant sur le Front national puisque nous l’évoquons. Le Front national, comme à son habitude, veut récupérer la révolte de nos concitoyens pour en faire sa récolte. Le Front National, n’est que le réceptacle stérile de cette colère légitime. Car, le Front National ne fera rien de cette colère. Il ne peut rien résoudre, il ne veut que dissoudre. Le Front national dont on connaît le programme réel : le chacun pour soi et le pire pour tous ! Ce Front National la n’est jamais dans le registre des solutions, mais toujours à la recherche de boucs émissaires. Il faut dire que les boucs émissaires, chez les Le Pen, cela ne manque pas: les musulmans, les immigrés, les intellectuels, les noirs, les élites, les États-Unis, les journalistes, l’Allemagne, les socialistes, les européistes, les Polonais, les artistes, les roumains, les syndicalistes, les bulgares, les francs maçons, les voisins du Nord, ceux du Sud que sais-je encore…

En dehors de la famille Le Pen, point de salut au Front National. Les Le Pen drapent leur extrême droite dans le drapeau des patriotes. Ils ne sont pas patriotes, ils sont nationalistes ! Oui, ils sont nationalistes et d’extrême droite. Ils ne veulent pas l’entendre. Ils ne veulent pas qu’on le dise. Alors, je le répète : ils sont nationalistes et d’extrême droite. Et j’ajoute : islamophobes.

Après avoir défini leur ennemi de l’intérieur – l’Islam- ils ont trouvé en l’Europe leur « ennemi de l’extérieur ». Avec eux l’ennemi est partout. Cohérente, Madame Le Pen dit donc non à Bruxelles. D’ailleurs, elle n’y siège pas. Elle dit non à Bruxelles ? Soit. Mais, elle a toujours dit « oui » aux indemnités de Bruxelles !

Oui, mes chers amis, le Front National garde son ADN de haine! A tel point que Monsieur Farage l’eurosceptique anglais a refusé toute alliance. Plus le vote approche, plus le masque tombe. Depuis quelques jours, ces obsédés des frontières dépassent les bornes de l’immonde et de l’abject. Les propos de Monsieur Le Pen qui en appelle au virus Ébola pour « régler » l’immigration en témoignent. Propos scandaleux mais aussi symptomatiques : oui, le FN est fébrile. Fébrile, car il sent que son électorat ne répondra pas forcément présent, que son électorat potentiel n’est pas sûr de son choix. D’ailleurs Marine Le Pen ne s’y est pas trompée, elle qui a scandé lors de son meeting du 1er mai : « Ne me décevez pas ! ».

Mais chers amis, les suffrages prennent un malin plaisir à faire mentir les sondages. Le populiste des Pays-Bas – on ne va pas l’appeler « Hollandais »… – Monsieur Wilders en sait quelque chose depuis hier soir. Il sait surtout que l’alliance annoncée avec le Front National a effrayé ses propres électeurs. Sa défaite, Monsieur Wilders la doit à Madame Le Pen. On le pronostiquait à 21%, il fait 12%.

Oui, ils sont fébriles car les Français sont en train de réaliser que le vote FN à cette élection est un vote stérile, car il n’a ni candidat pour la Commission, ni programme. Un vote stérile car ce ne sont pas la poignée de députés frontistes qui vont pouvoir dissoudre l’Europe. Ce vote est stérile mais pas neutre : le vote FN est le vote utile… de l’UMP. Mieux encore : le vote FN est le vote béquille de l’UMP et du PPE.

Voter FN c’est en effet empêcher la sanction des Conservateurs sortants. Voter FN c’est empêcher la réorientation de l’Europe. Voter FN c’est donc empêcher l’Europe de la croissance et de la transition écologique.

Le FN qui se targue de vouloir bouleverser la donne en Europe est en fait la garantie absolue que rien ne changera. Rien ne changera… Enfin, pas tout à fait : si le FN arrivait par malheur en tête ce dimanche cela nuirait fortement à l’image de la France. En Europe et dans le monde. Je ne sais pas combien de temps il nous faudrait pour soigner cette blessure faite à l’Europe, pour laver cette injure faite à la France.

Cela, mes chers amis, nous ne pouvons tout simplement pas l’accepter. Nous ne pouvons pas le tolérer. Pourquoi ? Mais, parce que perdre l’Europe ce serait tout d’abord perdre la paix. Et ceux qui pensent qu’elle est acquise n’ont qu’à réécouter ce qui s’est dit au moment de la crise en Grèce : dans la bouche des Grecs à propos des Allemands et inversement. Nous ne pouvons pas perdre l’Europe, parce que ce serait nous perdre nous même. L’Europe a fait de nous ce que nous sommes. L’Europe c’est ce qu’on en fait. L’Europe est constitutive de notre identité. L’Europe est bien plus qu’un simple continent. L’Europe, c’est cette partie du monde qui a fait du monde un grand tout, avec ses idées folles d’universalisme et d’humanisme. L’Europe, c’est cette géographie gonflée d’espoir et gorgée d’histoire. L’Europe, c’est l’espoir de paix absolue et de progrès continu. L’Europe a tourné le dos aux guerres atroces mais qui a gardé au coeur les luttes sociales magnifiques. Oui, l’Europe est le berceau des luttes sociales et le bastion des droits. L’Europe, c’est ce territoire chargé d’espoir mais également chargé d’esprit. L’Europe c’est le continent où l’on croit encore que la culture n’est pas une marchandise. L’Europe c’est LE continent où la liberté guide les pas de l’humanité. L’Europe, c’est cette terre où sont nées tant de belles idées. L’Europe, c’est ce continent où tous les espoirs continuent de se tourner quand il est question de liberté.

Oui, c’est le nom de l’Europe que les manifestants de Kiev scandaient dans leur dernier cri.

Oui, c’est le nom de l’Europe que les échoués de Lampedusa, les empalés sur les fils barbelés de Ceuta prononcent dans leur dernier souffle.

Ce nom d’Europe il faut le protéger et le défendre, car le monde a besoin de l’Europe. L’Europe, ce n’est pas dissoudre la République française, c’est lui donner une arène à la hauteur de son génie !

 

Mes chers amis, il existe une alternative aux eaux glacées de l’austérité et au feu brûlant de la haine. Entre ces deux fléaux, il y a notre Europe.

L’UMP dit : « il n’y a pas d’alternative, notre avenir c’est notre présent ». Le FN dit : «  Il n’y a qu’une alternative, notre avenir c’est le passé ». Nous devons dire : « Nous sommes l’alternative, notre avenir c’est l’Europe de progrès ».

L’Europe, je le dis, a besoin des euroréformistes que nous sommes. L’Europe a besoin d’être réorientée, de se libérer de l’austérité et de faire de la croissance sa priorité.

Mais, cette nouvelle croissance ne doit pas se faire avec des modèles de production dépassés, elle ne doit pas se faire au détriment de l’écosystème de notre planète et aux dépens de notre santé. Notre nouveau modèle de croissance doit faire de l’Europe un éco-continent. Car, au fond, il ne peut en aller autrement: l’Europe sera sociale-écologique ou ne sera pas. C’est cela qu’il nous faut : une Europe qui protège et qui nous projette dans l’avenir, une Europe qui fait le choix des nouvelles sources d’énergie et de l’écoconception des produits dans notre industrie. Et cette approche n’est pas qu’une contribution indispensable pour préserver à long terme notre environnement, elle est inévitable si l’on veut créer des emplois nouveaux et durables. L’Europe a besoin de cette transition écologique qui est aussi, il faut le dire, une transition économique. De manière générale, l’Europe a besoin de se recentrer sur l’essentiel : un smic européen ! Un traité social vite ! Une garantie jeunesse ! Un traité énergétique ! Une Europe de la défense ! Voilà ce dont l’Europe a besoin, et voilà, surtout, ce que nous sommes les seuls à pouvoir lui offrir !

 

Mes camarades, l’Europe a besoin de tout cela, mais nous avons besoin, pour ce faire, de lui donner une nouvelle majorité. Il nous reste deux jours pour rendre cette majorité possible. Cette majorité qui est à portée de voix et qui tient à 3 sièges. Nous devons y arriver. Et je vous le dis : nous pouvons y arriver. Je sens, depuis quelques temps, comme un frémissement. Les indices s’accumulent : nos meetings sont très fréquentés, nous en sommes la preuve vivante ce soir. Nos tracts font parler sur les marchés. Nos propositions font toujours mouche dans les débats. Les réseaux sociaux résonnent sans cesse de nos messages. Et même les sondages montrent un frémissement.

 

Mes chers amis, toutes les élections européennes ont accouché d’une surprise. Eh bien, faisons en sorte que ce dimanche, la surprise ce soit nous !

Dimanche, créons la surprise en Europe !

Dimanche, créons les conditions de la victoire des sociaux-démocrates en Europe !

Dimanche, faisons gagner l’espoir en Europe !

Je vous remercie.

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

18 Mar

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Pour choisir notre Europe

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Choisir notre Europe 160x160J’ai ouvert la session des 28 directeurs de campagne à Bruxelles. C’est parti!

Une campagne déclinée dans 28 pays. Martin Schulz lancera sa campagne officielle à Paris le 17 avril, puis à Berlin, Maastricht, Bruxelles et Florence, déjà 4 débats continentaux prévus. Il y en aura d’autres.

Le Manifesto a été traduit en 8 langues. Un nouveau site européen, la coordination des activistes, la liaison avec les syndicats, un maitre mot: lutter contre l’indifférenciation voulu par le PPE.

Nous sommes la seule alternative pour une autre Europe que celle de la droite. Il est impressionnant de voir chaque parti du PSE indiquer leur campagne européenne. Partout on souligne la différence : en Espagne contre la remise en cause de l’IVG, en Grande Bretagne où Ed Miliband vient de déclarer: « Il est vital pour la Grande Bretagne d’être en Europe », en Hongrie pour souligner qui est le représentant local du PPE : le sinistre Orban, en Allemagne sur le smig etc.

Nous sommes submergés par les demandes des ONG qui ont vu que le PSE faisait la course en tête.

03 Mar

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Les européennes c’est parti !

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jcc conférence de presse européennes 03032014Pendant que Jean-François Copé faisait des ronds dans l’eau lors de sa conférence de presse  aggravant le malaise dans sa formation politique, le Parti socialiste lançait sa campagne pour les européennes.

Des listes bouclées, un candidat à la présidence de la commission désigné, un manifeste commun adopté, un slogan de campagne présenté.  Les socialistes des 28 partis socialistes européens sont prêts. La campagne sera citoyenne, interactive et européenne.

La campagne municipale occupant l’espace et laissant peu de temps, le PS a décidé de mener campagne sur le net. D’abord autour de Martin Schulz, candidat des sociaux démocrates. Ensuite avec un projet progressiste pour changer l’Europe autour de 3 thèmes : une Europe qui protège, une Europe performante, une Europe qui progresse. Nous voulons la simplification européenne, plus de solidarité, et plus de cohésion.

Enfin une plate-forme interactive (http://www.choisirnotreeurope.fr/elections) répondant concrètement aux questions que se posent les citoyens et en proposant qu’un million de sympathisants (c’est-à-dire 1 tiers de ceux qui ont participé aux primaires) s’adressent à Martin Schulz pour dire ce qu’ils veulent faire de la présidence européenne.

Au lendemain des municipales, premier grand meeting à Paris le 17 avril puis un dans chaque circonscription.

Les premiers sondages mettent les sociaux démocrates en tête. Rien n’est fait mais la dynamique est là, entre leur Europe, celle des sortants et la nôtre. C’est parti !

20 Fév

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Elections européennes : une victoire socialiste en Europe est à portée de main

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logopseUn sondage ne fait pas une élection, mais il donne toujours une indication. Il est l’expression d’une intention à un moment donné.

Ainsi, les récents sondages, depuis celui publié par El Pais en novembre dernier à celui de Pollwatch publié aujourd’hui, indiquent une majorité sociale-démocrate au Parlement européen.

Pollwatch compile des sondages fait dans tous les Etats-membres et cela donne l’image d’une majorité de gauche à portée de main au Parlement européen. Le PPE passerait des 271 actuels à 202 sièges et le PSE lui passerait devant en gagnant 31 sièges pour atteindre 221 députés.

Vers une bipolarisation parlementaire ? C’est la confirmation d’une tendance que l’on observe à travers plusieurs signes.

D’abord, le choix de Martin Schulz pour incarner les propositions des sociaux-démocrates européens a donné un visage à un projet. Cela donne chair à l’idée que l’Europe peut changer. Voilà pourquoi Angela Merkel traîne des pieds et pourquoi elle rechigne à laisser le PPE se donner un candidat car elle sait que pour les conservateurs la bipolarisation serait fatale. Leur bilan sera un boulet et alors qu’ils avaient tous les pouvoirs – étant majoritaires dans toutes les instances européennes, y compris les gouvernements – ils n’ont fait qu’aggraver la crise et durcir le divorce entre les Européens et l’Europe.

C’en est fini depuis longtemps du « compromis historique » entre démocratie-chrétienne et social-démocratie. Le temps est venu d’assumer une bipolarisation jusqu’au sein du Parlement européen et un affrontement démocratique entre un projet de droite et un projet de gauche.

Il faut aussi s’attendre à une percée de la gauche radicale qui ne pourra rien faire seule. Les centristes et les écologistes font les frais de cette bipolarisation du champ européen qui voit s’affronter la gauche et la droite.

Quant aux europhobes  qu’il faut cesser de qualifier d’eurosceptiques, voter pour eux est un acte stérile. Ils ne peuvent ni bloquer, ni empêcher, ni même détruire l’outil européen.

La campagne ne bat pas encore son plein, mais en se mobilisant sans relâche, avec une détermination sans faille et une motivation sans limite, nous pouvons convaincre les électeurs que l’Europe peut changer et que nous pouvons la changer avec une nouvelle majorité.

C’est manifeste, le PSE a le vent en poupe car il capte ceux qui croient en une alternative crédible à l’austérité. Et François Hollande en est le point d’appui. Voilà ce que personne ne vous dira. Une majorité de gauche en Europe est possible.

04 Fév

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Mon interview au JDD.fr: « Jamais un gouvernement impopulaire n’a gagné les élections intermédiaires »

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JDD 04022014Vous pouvez retrouver l’interview sur le site du JDD.fr en cliquant ici.

 

INTERVIEW – Alors que le PS vient juste de lancer sa campagne pour les Européennes, samedi à la Mutualité, Jean-Christophe Cambadélis, directeur de cette campagne, revient sur les enjeux du scrutin. Et évoque aussi les municipales avec un discours nettement moins optimiste que celui d’Harlem Désir.

Faites-vous partie de ceux qui à gauche regrettent le recul sur la loi Famille?
Nous sommes dans la grossesse nerveuse. On veut voir dans l’abandon du projet de loi Famille, une reculade du gouvernement. Mais sur quoi? La PMA et la GPA n’étaient pas, avant la manifestation de la droite catholique, dans la loi. C’est typique de notre débat national qui s’enflamme sur des symboles et des rumeurs.  Les choses sont claires : notre priorité c’est la croissance. Les problèmes de société seront traités mais en temps et en heure. Ils ne peuvent se substituer à l’urgence du moment : remettre sur pied le pays.

Pour les municipales, le PS ne cesse de répéter qu’il craint l’abstention. Le pacte de responsabilité et le recul sur la loi famille et la PMA vont-ils aider les socialistes à se mobiliser?
Les élections municipales sont des élections locales. Hors, le bilan des socialistes dans les municipalités est excellent. Les Français comprennent parfaitement que l’attention du gouvernement doit porter avant tout sur le redressement économique et social de la France.

«Les problèmes de société seront traités mais en temps et en heure.»

Harlem Désir évoque des municipales de « conquêtes ». Partagez-vous un tel enthousiasme?
C’est évidemment un discours de mobilisation mais nous savons que la situation sera difficile. Jamais un gouvernement impopulaire n’a gagné les élections intermédiaires sous la Ve République. Il faut donc se mobiliser. Nous aurons des gains et des pertes. La partie sera rude. Si deux tiers des Français voteront sur des enjeux locaux, un tiers des Français le fera à partir des évènements nationaux et de leur lecture de la politique gouvernementale. On peut craindre un abstentionnisme de masse, surtout à gauche.

Vous parlez aussi de scénario gris et de scénario noir…
Vous avez un scénario noir qui serait une défaite des socialistes sans gains significatifs aux municipales et aux européennes. Un scénario gris serait une absence de vague bleue, pas de vague noire – c’est-à-dire pas de vague Front national -, pas de vague rouge, mais des pertes et des gains et au final une confirmation pour les socialistes des positions acquises depuis de nombreux scrutins. Ce scénario est le plus probable mais il dépendra de l’abstention au premier tour.

S’agissant des élections européennes, on a l’impression que les socialistes prônent la relance en Europe et la rigueur en France. N’est-ce pas contradictoire?
Pas du tout. On ne peut  pas s’en sortir uniquement avec une politique rigoureuse en France. Cette politique est supportée difficilement par les Français. Cela se fait dans la douleur avec un peuple qui souffre. Donc c’est maintenant à l’Europe de faire sa part du travail avec une relance économique. Lors des  prochaines élections, il y a la possibilité d’une majorité progressiste emmenée par Martin Schulz. Pour la première fois, c’est cette majorité d’eurodéputés  qui pourra désigner son candidat à la tête de la Commission.

«L’électorat de Marine Le Pen ne se déplace pas aux élections européennes.»

Quel est l’objectif du PS pour ces élections. Être devant le FN?
Il est simple : faire plus que la dernière fois où nous avions 14 députés et faire en sorte que les sociaux-démocrates en Europe arrivent en tête. Aujourd’hui, Marine Le Pen fanfaronne sur les sondages mais chacun sait que son électorat ne se déplace pas aux élections européennes.

Êtes-vous favorable à une grande manifestation de gauche contre l’extrémisme de droite?
Nous ne sommes pas dans les années trente. S’il y a des résurgences fascistes, ils n’ont pas l’organisation et la puissance des ligues entre les deux guerres. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne soit pas nécessaire de les combattre.  Cela peut se faire par des manifestations mais pour cela il faut qu’elles soient d’ampleur, qu’elles réunissent toutes les gauches, et défendent la République. Ce n’est pas au Parti socialiste de l’organiser.

Samedi, Edouard Martin a clairement critiqué le pacte de responsabilité, disant qu’il fallait en faire plus pour la demande et moins pour l’offre. Le PS peut-il avoir sa tête de liste la plus emblématique qui critique l’action gouvernementale?
Ce n’est pas un problème, c’est sa position. Il défend encore la position de la CFDT. Ce n’est pas un militant socialiste. C’est un militant de la réorientation européenne  qui défendra le moment venu  le programme qui sera celui de tous.

Après cette séquence électorale, est-ce un nouveau temps du quinquennat qui doit s’ouvrir?
Ce temps nouveau a commencé le 31 décembre et le 14 janvier. Le président de la République a accéléré sa politique. Mais il n’est pas impossible qu’il y ait un temps nouveau au Parti socialiste.

Arthur Nazaret – Le Journal du Dimanche

mardi 04 février 2014