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30 Sep

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Attention à la bulle sondagière

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Laissons de coté les sondages personne n’y croit plus. A part quelques journalistes par facilité de langage, ce qui créé un halo virtuel préjudiciable à la compétition. La grande force de François ne réside que dans l’autoréférentialité médiatique qui, comme pour Ségolène hier, lui promet le succès (ses efforts pour ne pas choquer la doxa médiatique l’aident en cela).

Mais comme pour la pauvre Ségolène, aussitôt désigné, le flux médiatique s’inversera. En faisant un candidat moins fort qu’on ne le croit. Il y a même un autre piège à cette position virtuelle de leader. C’est que pour s’y maintenir, François raille les propositions-promesses de Martine et campe sur une posture on ne pourra pas tout changer ! Indépendamment du fait que l’on a rarement vu un candidat gagner en proposant sur l’essentiel de ne pas changer. Cela nous rappelle furieusement notre ami Lionel Jospin qui avait fait -sur la base des mêmes sondages- de la nécessité de chasser Chirac la clé de voûte de sa campagne. Et au premier tour, si on est pas identifié constant et cohérent on est grignoté par tous les bouts. On ne gagne pas sur un rejet, mais un projet, un espoir d’autre chose autrement.

Alors attention danger !

29 Sep

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Primaire: le premier tour se précise, le second s’annonce !

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Le débat fut de qualité et le clivage est en train de s’affirmer. Même si, Martine Aubry et François Hollande ont pris soin de ne pas se laisser enfermer dans un camp tentant tour à tour d’occuper une position centrale. Une gauche ambitieuse s’oppose à fleuret moucheté à une gauche réaliste. Ce n’est pas nouveau Mitterrand, Rocard ou Jospin, Emmanuelli ont déjà occupé ces espaces. Si les deux sont condamnées à s’entendre, elles ne pèsent pas le même poids en vue du second tour. Hollande, Valls, Baylet et Aubry, Royal, Montebourg ont marqué leurs différences et ce n’est pas indifférent dans le vote utile au premier tour et dans la perspective du second. Où sera le centre de gravité de la gauche pour la présidentielle ? Voilà l’enjeu au-delà des personnalités. Dans cet exercice, Martine Aubry a été la plus précise, la plus volontaire, la plus rassembleuse.

– La plus précise dans les solutions: loin des généralités, elle a fait preuve de clarté. Le sérieux plutôt que le verbeux, c’est la marque Aubry. Sur les licenciements, elle propose une action avant qu’il ne soit trop tard. Sur la stratégie de sortie de crise, elle trace un chemin pour lutter contre les déficits financiers et de croissance. Sur les allocations familiales, elle dit que l’aide de l’Etat (allocations familiales et quotient familial) doit être la même pour chaque enfant : 250 € par mois, 3000 € par an, alors qu’actuellement, cela va de 0 à 5000 € pour les plus riches. Sur le recrutement des policiers et des gendarmes, elle s’engage sur 10 000 postes sur 5 ans pour un coût de 300 millions d’euros par an.

– La plus volontaire aussi dans les engagements: quand certains sont fatalistes, elle fait preuve d’ambition. Sur l’emploi des jeunes, elle veut rendre possible la première expérience professionnelle pour 300 000 jeunes plutôt qu’un cadeau de 8 milliards d’euros aux entreprises et surtout aux plus grandes sans garantie d’embauches durables. Sur le SMIC, elle prend un double engagement: un coup de pouce chaque année pour qu’il augmente autant que les salaires et le rattrapage du retard pris depuis 2007, soit un demi-mois de salaire en plus (500€ nets).

– La plus rassembleuse de la diversité des positions: Martine Aubry se veut centrale à gauche. Tout en rassemblant les gauches sur le commerce mondial, entre l’autarcie et le libre-échange sans règles, elle propose le juste échange et la réciprocité commerciale. Sur le pouvoir d’achat, elle propose d’agir pour la croissance et le SMIC, mais aussi pour réduire les dépenses du quotidien (encadrement des loyers, tarifs essentiels pour électricité et gaz). Sur la sécurité, elle propose des réponses justes et proportionnées dès le premier acte de délinquance. Sur l’immigration, elle propose une politique ferme et humaine.

– Enfin, dès la première minute du débat, elle est la seule à se projeter le 7 mai, au lendemain de son élection: pour engager le plan anti-crise en France, pour rencontrer la chancelière allemande dès le premier jour du quinquennat pour réorienter l’Europe. Avec pour la première fois une affirmation net pour le juste échange.

Si elle est précise pour le premier tour et rassembleuse pour le second, c’est que maintenant tout le monde a compris: Il y aura deux tours et cela va se nouer entre Hollande et Aubry.

19 Sep

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La querelle de substitution

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Au lendemain de l’intervention de DSK, une polémique monte: DSK aurait gêné Martine Aubry. Franchement, qu’il est difficile d’installer un vrai débat sur le problème de la France et des Français ! Et ceux qui propulsent ce débat font vraiment du mal au débat. Alors ! En parlant de « pacte », DSK aurait induit que Martine était une candidate de substitution ? Je ne sais pas s’il y a eu un pacte à Marrakech, je ne connais que celui des « Reconstructeurs » en juin 2008. Mais admettons ! S’il y a un pacte c’est donc que DSK et Martine auraient été d’accord sur le fait que l’un et l’autre avaient les qualités pour candidater à l’élection présidentielle. S’il a eu lieu à Marrakech c’est qu’il s’est noué avant le congrès de Reims, et donc avant même le dernier congrès, Martine Aubry était candidate et Dominique Strauss-Kahn pensait qu’elle pouvait y prétendre au point de s’effacer si les conditions étaient réunies.

Cet argument est totalement idiot et se retourne contre ceux qui le déploient. je comprends que l’on puisse être contrit que DSK manifeste son amitié pour Martine Aubry ou que l’on remarque que les deux partagent la même thèse « la lutte contre la dette sans récession ». Mais de grâce, sortons de la cour de récréation « j’ai été candidat avant toi » et revenons aux préoccupations des Français.

28 Août

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Nouvelles de La Rochelle. Fin.

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La compétition sans division c’est ce que je demandais et ce fut le cas. L’université d’été avait été bâtie pour être émolliente, un évitement collectif de peur de la division. Le risque était dans la période des crises qui s’ouvre, que le PS apparaisse mièvre, sans passion, seulement préoccupé par la gestion, pariant sur le rejet de Nicolas Sarkozy. On ne gonfle pas les voiles de l’espoir en les affalants. Les marins de La Rochelle le savent.

Le reste chacun a obtenu ce qu’il était venu chercher. Martine Aubry s’impose comme la candidate du sérieux, du changement, unitaire et volontaire. Ségolène Royal se veut le héraut des sans voix, la foi dans son destin. François hollande, enfin candidat « normal », il voulait confirmer qu’il faisait la course en tête. Les militants ont été impeccables. Si les applaudissements n’ont pas manqué pour les candidats, et l’ovation pour Martine Aubry fut impressionnante lors du dîner de clôture, aucune faute de goût, aucun anathème envers les concurrents. Ce qui augure de vraies primaires maîtrisées. Quant aux sondages, aucun sondeur ne connaît le corps électoral faute de précédents Alors gare aux surprises… C’est la campagne qui détermine l’issue de la campagne.

27 Avr

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Il n’y a pas de problème Hollande mais un problème de timing

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Personne n’a envie ni besoin de déclencher un fatwa contre François. Il est candidat aux primaires, très bien. Il mène son bonhomme de chemin, parfait. Et les petites phrases amicalement vacharde de Bernard Poignant nous laissent de marbre, lui « il aime la France », « il a cette capacité à rassembler la gauche ce que d’autres n’ont pas » ou « il a une capacité a capter le centre sans courir après lui » etc… Il n’y a pas, il n’y aura pas de match DSK-Hollande, après le match DSK-Aubry et avant le match DSK-Royal. Le problème est ailleurs. C’est le match contre Sarkozy et Madame Le Pen. Pour cela le PS a besoin d’attractivité et d’unité. Cela passe par crédibiliser le projet pendant ce mois de mai et non par se disperser. Il faut respecter les temps en politique. C’est plus grave qu’en conjugaison. Après que chacun prenne ses responsabilités et que le meilleur gagne.

11 Jan

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«La solution pour la gauche, c’est DSK ou Martine Aubry»

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Vous trouverez ci-dessous, une interview de Jean-Christophe Cambadélis, publiée dans l’édition du jour de Libération:

Député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis est un proche de Dominique Strauss-Kahn. Au PS, il est chargé des questions internationales.

MARTINE AUBRY RÉUNIT CE MATIN LES TÉNORS DU PARTI POUR LEUR LIVRER SA FEUILLE DE ROUTE POUR 2011. COMMENT ABORDER CETTE ANNÉE ?

2011 est l’année décisive. En 2012, il sera trop tard. Face à un président qui nous fait le coup de l’ardoise magique pour faire oublier son ardoise politique, le PS doit rendre l’alternative irrésistible. En quatre temps : nous devons poursuivre notre marche électorale en gagnant cantonales et sénatoriales, réussir la primaire, rassembler la gauche pour rassembler la France et enfin maîtriser notre projet en dépassant le débat entre les deux gauches.

LE DÉBAT JUSTEMENT, AVEC LA SORTIE DE MANUEL VALLS SUR LES 35 HEURES, NE PREND-IL PAS UN TOUR DANGEREUX ?

Manuel voulait faire le buzz à gauche : il a mis le Bronx à droite ! Copé, soutenu par Juppé, s’oppose à Bertrand, soutenu par Fillon. Et Sarkozy ne sait comment arbitrer. Alors que le PS a fait bloc, de Collomb à la gauche du parti, sur le fait que la remise en cause des 35 heures n’est pas le sujet. J’espère que tous nos débats se concluront ainsi…

MAIS S’ILS SONT TOUS AUSSI MUSCLÉS, CELA PEUT TOUT DE MÊME FAIRE DES DÉGÂTS…

On ne peut pas réclamer des primaires et les bâillonner. Il doit y avoir débat. Il peut même être tonitruant. Mais il doit être responsable, surmonté et maîtrisé. Et surtout tourner vers l’avenir et les Français. C’est cela la méthode Aubry, l’alternative à petits pas.

AUTRE CHANTIER DÉCISIF, L’ORGANISATION DE LA PRIMAIRE, QUI A DÉJÀ PAS MAL DE RETARD…

La réussite de la primaire ne se réduit pas au casting des candidats, mais au nombre de participants. C’est pourquoi le travail essentiel, c’est la mise en place technique de la primaire. Plutôt que pour l’instant se focaliser sur les acteurs, il serait temps que tous les socialistes travaillent à sa réussite, en termes de participation.

LE CASTING, POURTANT, A AUSSI SON IMPORTANCE. N’EST-CE PAS LA PRINCIPALE QUESTION ?

L’équation gagnante pour moi, c’est DSK ou Martine Aubry, Martine Aubry ou DSK, voire DSK et Martine Aubry. C’est là que se joue la solution pour la gauche.

QUE FAITES-VOUS DE SÉGOLÈNE ROYAL, QUI ENTEND SUCCÉDER À MITTERRAND ?

En 2007, Ségolène avait tout : l’aura, la surprise, l’irrésistible popularité, l’engouement des quartiers, la fin du cycle Chirac. Elle ne l’a pas emporté. Aujourd’hui, ces conditions ne sont plus réunies. La volonté ne peut pas tout.

ET HOLLANDE, QUI A PRIS SA DÉCISION ? ET VALLS, MONTEBOURG ET LES AUTRES ?

Peuvent-ils battre Sarkozy ? François est un talent qui mérite de rencontrer un destin, mais il n’est pas encore en situation. Quant aux deux autres, il n’y a pas à rougir de leurs candidatures. Mais enfin où est leur majorité, alors qu’ils clivent leur camp pour se faire repérer ?

AU-DELÀ DU PS, LE CLIMAT À GAUCHE NE SEMBLE PAS PROPICE AU RASSEMBLEMENT…

J’ai quelques inquiétudes. Si le paysage à gauche, ce sont des écologistes dans le «ni droite ni gauche», comme semble l’indiquer la candidature d’Eva Joly, et si Mélenchon reste dans l’antisocialisme, on ne prend pas le bon chemin. Il faut répondre aux demandes des Français, fixer un code de bonne conduite permettant à chacun de s’exprimer avant le premier tour, mais aussi de préserver les conditions d’un rassemblement au deuxième.

LA VIRULENCE DE MÉLENCHON VOUS INQUIÈTE-T-ELLE ?

Les socialistes étaient déjà des «affameurs du peuple». Désormais ce sont des assassins, comme vient de le suggérer Mélenchon lors de son hommage à Rosa Luxemburg à Berlin. Où cela va-t-il se terminer ? Jean-Luc file un mauvais coton. On ne peut s’acharner à faire battre les socialistes à la présidentielle puis exiger leurs voix pour les législatives ! Ça ne marchera pas et, au bout, ce sera Nicolas Sarkozy.

22 Juin

Commentaires fermés sur Au Conseil de l’Internationale socialiste

Au Conseil de l’Internationale socialiste

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Le Conseil de l’Internationale socialiste s’est tenu aux Nations unies à New York. A la veille du sommet du G20 à Toronto, il y avait la question économique et financière à l’ordre du jour. De nombreuses interventions à la suite de celle de Papandreou ont salué la déclaration de Barack Obama demandant certes des gestions rigoureuses, mais surtout des initiatives de croissance. Ségolène Royal intervient en ce sens, proposant six pistes pour sortir de la crise et Poul Nyrup Rasmussen développe les solutions du PSE en particulier une taxation sur les échanges financiers.

Un second débat sur la crise au Moyen-Orient, captivant l’auditoire où le Parti travailliste israélien était représenté par Ehud Barak et le Fatah dont l’orateur a lu une déclaration de Nabil Shahat, le représentant palestinien dans les négociations indirectes. Je suis intervenu pour dire en substance que le problème n’était plus le but, la sécurité d’Israël et un Etat palestinien, mais les moyens d’y parvenir. Lire la suite…

01 Juin

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Dans la Matinale de Canal +

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J’étais l’invité de la Matinale de Canal Plus ce matin. En voici quelques extraits :

Sur l’attaque de la marine israélienne contre la flottille pour Gaza :

Il faut que le Conseil de sécurité se prononce et qu’on engage un vrai processus de paix, sinon, cela recommencera dans quelques temps. Barack Obama a modifié un peu la politique américaine. La pression est très forte sur le gouvernement Netanyahu.

Sur l’absence du PS dans les manifs :

Il faut condamner l’attaque et en appeler au Conseil de sécurité, mais il ne faut pas mettre d’huile sur le feu.

Sur les primaires :

Nous espérons avoir un million de votants. Il faut essayer de sélectionner notre champion et ne pas l’handicaper. Je pense qu’il faut une campagne des primaires le plus tard possible et la plus courte possible. Le calendrier proposé permet de gagner. Si DSK, le souhaitait, il pourrait s’immiscer dans ce calendrier.

J’appelais à un mouvement de velours et un rassemblement. Laurent Fabius et Bertrand Delanoë on déclaré qu’ils n’étaient pas en situation, Ségolène Royal a déclaré qu’elle ne faisait pas de sa candidature un préalable… Il est en train de se mettre en place petit à petit autour d’une équation gagnante. Martine Aubry est une candidate non seulement capable de mobiliser l’appareil du PS, mais aussi de représenter les Français et de définir un dessein pour la France.

Sur la Convention internationale : Lire la suite…

25 Mai

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Interview dans Libération

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logo LibérationLibération publie aujourd’hui une interview que je vous propose de retrouver ci-dessous:

Libération: L’entente cordiale DSK-Aubry, c’est fini?

J.C Cambadélis: Prenons un peu de hauteur. La France, comme l’Europe, vit une crise économique et politique. Seule la gauche est en situation de créer le choc de confiance qui nous permettrait de nous en sortir. Voilà pourquoi, au PS, nous sommes condamnés à nous entendre. On est en train de nous refaire le coup qui avait été fait à Ségolène Royal: on a un leader plébiscité par les sondages, mais qui diviserait la gauche, et un leader adoubé par le parti, mais qui diviserait le pays! Si on rentre dans cette mécanique, à l’arrivée, ce sera Sarkozy.

L’éthique de responsabilité va donc pour une fois l’emporter au parti socialiste?

« C’est une nécessité absolue. Il vaut mieux se concentrer sur le projet, l’alternative, la sortie de crise plutôt que sur des supputations autour de candidats qui n’ont d’ailleurs pas encore décidé s’ils l’étaient ou pas. Il faut faire de cette situation, où nous avons deux personnalités qui battent Sarkzoy dans les sondages, un atout, plutôt qu’un obstacle. »

Entre les deux, le pacte de non agression tient donc encore?

« Cela tombe sous le sens. C’est Nicolas Sarkozy qui sera le champion de la droite. Et même si les Français sont en colère, exaspérés par sa politique, notre victoire n’est pas mécanique. Il faudra être tous ensemble. Le moindre caillou dans la chaussure  de la gauche serait un handicap pour le sprint final. »

En évoquant le « dogme » de l’âge légal de la retraite à 60 ans, DSK a pourtant pris l’exact contrepied de la position édictée 48 heures plus tôt par le parti et sa première secrétaire. Un petit caillou dans la chaussure de Martine Aubry? Lire la suite…