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13 Déc

Commentaires fermés sur Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

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Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris et Premier secrétaire du Parti socialiste

Déclaration de politique générale et vote sur cette déclaration

Assemblée nationale, Paris

Mardi 13 décembre 2016

Seul le prononcé fait foi

 

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues,

Un propos liminaire si vous le permettez avant d’aborder le débat qui nous rassemble aujourd’hui. Un propos personnel, mais partagé sans doute par beaucoup.

Monsieur le Premier ministre, vous avez la chance rare, produit de votre talent, d’être apprécié sur tous ces bancs. Cela tient tout autant à votre caractère qu’à vos compétences, à votre discours qu’à votre parcours. Dans ce quinquennat, vous avez mis votre efficacité au service de la France. Avant de devenir Premier ministre vous avez été de nombreuses fois en première ligne. En première ligne pour réorienter l’Europe, en tant que Ministre des Affaires Européennes. En première ligne pour redresser les comptes de notre pays, en tant que Ministre du budget. En première ligne face à la barbarie terroriste, en tant que Ministre de l’Intérieur.

Vous voici Premier ministre aujourd’hui. Vous n’avez rien demandé par voie de presse, vous n’avez rien fomenté par échos de buzz. Le choix s’est imposé naturellement pour succéder à Jean-Marc Ayrault et à Manuel Valls.

Servir l’intérêt général, avec écoute et discernement : voilà la formule qui résume ce que vous incarnez et qui fonde le respect que vous inspirez.

Certains disent que vous n’aurez pas le temps de gouverner. C’est mal connaître les devoirs que votre fonction impose et les pouvoirs qu’elle met à la disposition de la volonté.

Vous avez cinq mois devant vous, Monsieur le Premier ministre.

L’histoire a montré qu’en peu de temps, on pouvait faire de grandes choses : il n’aura fallu que 7 mois à Pierre Mendès-France pour marquer la France et nos mémoires à jamais. Léon Blum n’en a eu que 18 pour transformer notre pays comme jamais.

Vous avez cinq mois devant vous, mais les jours comptent triple quand on a, comme vous, la passion de la chose publique et le sens de l’État. Au fond, cela doit dépendre du tempérament de celui qui gouverne – je crois avoir fait l’éloge du vôtre.

Cela dépend de la vision qui le guide dans la conduite de la politique de la nation – nous venons de l’entendre.

Cela dépend des circonstances dans lequel il est appelé à gouverner.

Or elles sont exceptionnelles aujourd’hui.

*          *          *

Nous en sommes toutes et tous ici conscients, vous le savez car vous êtes au fait des défis de la France et tout d’abord du terrorisme, qui a frappé à de nombreuses reprises notre pays et peut frapper à nouveau à tout instant.

Le terrorisme, il se combat totalement. Sans état d’âme et sans porter atteinte à l’État de droit. Encore un équilibre que vous incarnez et que vous mettez en œuvre au quotidien.

La période est d’autant plus à risque que Daech est aujourd’hui acculé. Par tous les moyens, Daech essayera de marquer les esprits, lui qui perd précisément chaque jour du terrain. Daech recule car nous le combattons. Ainsi, la bataille de Mossoul fait rage et nous y contribuons dans le cadre de l’opération Chammal. Cette opération mobilise actuellement 4 000 de nos soldats. Aux côtés de la coalition, nous frappons l’organisation terroriste avec nos moyens aériens et assurons la formation et le conseil des militaires irakiens. Il faut ici rendre un hommage à nos soldats qui, partout dans nos rues et dans le monde, sont le bouclier de nos valeurs et de nos vies.

Puisque nous évoquons les évènements du Levant, il nous faut parler d’une situation plus que dramatique, d’une situation humanitaire qui interpelle le sens même de notre commune humanité. Permettez-moi, monsieur le Premier ministre, d’appeler solennellement la France à redoubler d’effort pour sauver la population civile d’Alep. Il faut mettre non seulement un terme aux bombardements de l’aviation russe et de l’armée syrienne mais sauver ! Des milliers d’habitants sont encore présents dans les quartiers tenus par les insurgés. Nous avons vu hier sur les réseaux sociaux l’horreur des massacres à l’arme blanche. Il faut mettre un terme au carnage. Il faut mettre un terme au martyr. Le Président de la République a parlé de Guernica. Oui, après Nankin, Oradour ou Srebrenica. Oui, Alep se meure. J’ai rencontré son maire la semaine dernière et son récit est glaçant. Nous ne pouvons que manifester notre indignation au veto opposé par la Russie à la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour une trêve humanitaire. C’est le sixième depuis le début du conflit, venant d’un pays dont nul n’ignore ici la responsabilité dans cette tragédie. La Russie est notre interlocuteur. Elle peut être parfois, dans certaines circonstances, notre allié. Mais nous ne saurions nous aligner sur une vision du monde qui n’est pas la nôtre. La France n’est pas pour la politique du fait accompli. En Syrie comme ailleurs, la France ne considérera jamais que « charbonnier est maître chez soi » et que tout dirigeant peut disposer de son peuple comme il l’entend. Et c’est le devoir de la France de le dire et de défendre les droits de l’Homme chaque fois que la dignité humaine est bafouée, chaque fois que des populations sont massacrées.

 

L’Europe avec l’Afrique – vous préparez le 27e sommet Afrique-France – l’Europe sera un des terrains d’action essentiels de votre gouvernement. Oui, l’Europe, dans ce monde et ce moment incertains, constitue une grande partie de la solution pour faire face aux défis. Un Conseil européen se tiendra jeudi. Des questions essentielles y seront traitées, à commencer par celle du Brexit. L’immigration sera au cœur des discussions, avec notamment la réforme du droit d’asile européen et l’accord à juste raison controversé Europe-Turquie. On parlera du renforcement de la coopération en matière de sécurité et de défense. On y évoquera enfin les relations extérieures de notre continent. A cette occasion, l’Union européenne devrait reconduire les sanctions contre la Russie pour 6 mois. Ce serait logique tant la mise en œuvre des accords de paix de Minsk piétine. La France et l’Allemagne sont sur ce point, comme sur tant d’autres, alignés. Il le faut, car la victoire de monsieur Trump aux Etats-Unis laisse présager un désengagement brouillon. Combiné avec le Brexit, il met l’Europe devant ses propres responsabilités. La France doit assumer les siennes et se placer en tête des efforts pour faire de l’Europe un acteur majeur du nouveau monde qui se dessine sous nos yeux.

*          *          *

Cette politique, vous l’avez dépeinte de manière claire et précise, mais aussi engageante. Ses piliers permettront de faire avancer notre pays encore sur le chemin du redressement et de travailler au rassemblement de nos compatriotes autour des valeurs de la république.

En vous désignant, le Président de la République considère, à juste titre, que vous permettrez de réaliser encore un peu plus, et chaque jour un peu plus, les objectifs de ce quinquennat. Permettez-moi ici de rendre hommage au chef de l’Etat.

Il faut aimer la France par dessus tout, il faut être doté d’une force morale sans commune mesure, pour prendre la décision qu’il a prise. Oui, François Hollande a sacrifié son destin personnel sur l’autel du redressement et du rassemblement de la France. Pour les socialistes, ce geste les oblige au rassemblement mais aussi à la responsabilité.

 

Vous arrivez aux responsabilités, Monsieur le Premier ministre, alors que la situation s’améliore. Dans notre pays, les inégalités diminuent : le niveau de vie de nos compatriotes les plus modestes est en progression. C’est un renversement complet par rapport à la décennie précédente : entre 2002 et 2012 leur revenu baissait, alors que celui des plus aisés augmentait.

Dans notre pays, on crée à nouveau des emplois : 178 000 de plus dans le secteur marchand. Du jamais vu depuis 2008.

Dans notre pays, on est désormais à l’abri des caprices des marchés : la dette de l’Etat est maîtrisée. En 2017, le déficit public sera stabilisé autour de 3%. Du jamais vu depuis 2001. La France a retrouvé sa souveraineté.

Dans notre pays, on n’a jamais été aussi bien protégé par l’Assurance maladie : 95% des Français peuvent désormais bénéficier d’une complémentaire santé. On le sera toujours à l’avenir : les comptes du régime général de la Sécurité sociale seront quasiment à l’équilibre l’an prochain. Du jamais vu depuis 2001.

Vous aurez, monsieur le Premier ministre, les moyens de poursuivre cette politique. Le budget pour 2017 que nous allons bientôt adopter s’y inscrit tout naturellement. C’est un budget ambitieux qui permet de soutenir le redressement. Nos priorités sont financées : plus 2 milliards sur l’éducation, plus 2 milliards sur le travail et l’emploi, plus 4,4% pour la justice et plus 3,5% pour la sécurité, plus 1,9% pour la défense, plus 6,7% pour la Culture. Une baisse d’impôts sur les sociétés pour les PME et les ETI est engagée, la fiscalité du diesel et celle de l’essence convergent.

Sur certains bancs, on considère toujours que la gauche n’est pas légitime pour gouverner. Eh bien, force est de reconnaître, une fois de plus, que non seulement la gauche est légitime mais qu’en plus elle est efficace.

Sur ces mêmes bancs, on s’empressera de dire que la gauche n’y est bien entendu pour rien dans ce redressement. On invoquera doctement le miracle du marché.

L’honnêteté commande de reconnaître que la situation économique mondiale, et notamment la baisse du prix du pétrole, ont contribué au redressement de la situation économique et sociale de la France.

Mais l’honnêteté commande aussi de reconnaître le chemin qui a été parcouru : avec le concours de la majorité, sous la conduite du Président de la République, les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls ont beaucoup agi pour protéger et progresser.

Oui l’honnêteté commande de reconnaître que nos résultats sont encore contrastés, que les chiffres ne rendent jamais compte des expériences vécues, des situations de chômage et de précarité que beaucoup de nos concitoyens ont encore à subir. Il reste du chemin à parcourir.

Mais l’honnêteté commande aussi de rappeler ce que la droite nous a légué après dix années de pouvoir : un déficit public, abyssal. Un déficit commercial, abyssal. Un déficit de modernisation de l’appareil productif, abyssal. Un déficit de la sécurité sociale, abyssal. Un déficit de justice sociale, abyssal. Au-dessus des abysses, seule la rente surnageait.

Sans notre politique économique, les entreprises n’auraient pas retrouvé les marges de manœuvre dont elles avaient besoin pour innover, exporter, embaucher et parfois, même si c’est très insuffisant, redistribuer : avec un taux de marge inégalé depuis les années 1980, grâce au CICE et au pacte de responsabilité, avec un accompagnement de qualité à l’international, avec une politique industrielle misant sur le futur, en particulier sur le numérique et la robotique, nous avons été aux côtés de ceux qui créent et de ceux qui produisent.

Sans notre politique sociale et fiscale, l’égalité n’aurait pas progressé. C’est la gauche qui a revalorisé les minimas sociaux de 10%, baissé l’impôt sur le revenu des classes moyennes et des classes populaires, supprimé la dernière tranche d’imposition et créé une nouvelle, à 45%, pour les plus aisés. C’est la gauche qui a fait de la lutte contre l’évasion fiscale une priorité, ce qui a permis de recouvrer plus de 12 milliards d’euros en 2015. C’est la gauche qui a rendu notre politique familiale plus juste et fait du sort des familles monoparentales un sujet de préoccupation majeure, en adoptant par exemple la garantie contre les impayés de pension alimentaire. C’est la gauche qui a mis en place les droits rechargeables à l’assurance chômage, la retraite à 60 ans pour les carrières longues, ou le compte pénibilité.

Sans notre politique éducative, les inégalités sociales auraient continué de peser sur les résultats scolaires de nos enfants, à un niveau quasiment inégalé en Europe : c’est la gauche qui a inversé la tendance en créant 60 000 postes dans l’éducation pour remettre des professeurs dans les classes et les former convenablement à leur métier. C’est la gauche qui a engagé la Refondation de l’école, donné la priorité à la maternelle et au primaire, mis en œuvre la réforme du collège, réformé la carte de l’éducation prioritaire. C’est la gauche qui a reçu un satisfecit de la part des équipes qui conduisent les enquêtes PISA. C’est la gauche qui a amélioré les conditions de vie des étudiants, leur a donné un meilleur accès au logement, les a accompagnés dans leurs premiers pas dans l’emploi. C’est la gauche qui a mis en place une politique ambitieuse de lutte contre le décrochage, passé cette année sous la barre symbolique des 100 000 jeunes. C’est la gauche qui a renforcé l’accès à la formation des chômeurs et des travailleurs, avec le plan 500 000 et le compte personnel de formation.

Sans notre politique de santé, un quart de la population française aurait continué à renoncer aux soins : c’est nous qui avons rendu obligatoire la complémentaire santé d’entreprise, élargi le nombre de bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS, remboursé à 100% certains actes médicaux comme l’interruption volontaire de grossesse, refusé les déremboursements.

Sans notre politique de sécurité, les Français, et notamment les plus vulnérables, seraient moins protégés : c’est la gauche qui a créé 9000 postes dans les forces de police et de gendarmerie, quand la droite en avait supprimé 13 000. La gauche encore qui a mis en place plus de 80 zones de sécurité prioritaires, adopté trois lois antiterroristes, réformé le renseignement, le tout sans jamais remettre en cause l’Etat de droit. A ce titre, votre gouvernement a décidé d’avancer sur le sujet sensible mais essentiel de la légitime défense des forces de l’ordre. Un projet de loi sera donc présenté le 21 décembre en Conseil des ministres. Le principe d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité demeurera notre boussole, comme le veut la Convention européenne des droits de l’homme.

Sans notre politique écologique et climatique, les Français n’auraient aucune raison d’espérer une vie meilleure pour eux et leurs enfants : la loi de transition énergétique, c’est la gauche. Le succès mondiale et historique de la COP 21, n’est plus à démontrer. La transition vers l’agro-écologie est un succès pour tous ceux qui se réclament de l’écologie comme la fin progressive de la subvention au diesel pour lutter contre les pollutions atmosphériques. Ces derniers jours l’ont amplement démontré : c’est un défi essentiel à relever. Comment ne pas s’indigner que certains en fassent un sujet secondaire, et veuillent laisser faire le marché, parce qu’il y aurait « trop de normes », à l’heure où la persistance du pic de pollution oblige de nombreuses familles à se rendre aux urgences pédiatriques parce que leurs enfants ont des difficultés respiratoires ?

Dans notre domaine de prédilection, la lutte contre les inégalités, nous avons créé beaucoup de dispositifs nouveaux, pour faire reculer les précarités, pour renforcer les solidarités : création d’une banque publique d’investissement, création de la Garantie jeunes, création de la Prime d’activité, création du Tiers Payant, créations de postes dans l’Éducation, la Justice et la Police, création du contrat de génération ou encore création des emplois d’avenir…

« Création », le mot revient souvent dans ce bilan, tout autant que le mot de « suppression » dans la bouche de nos opposants. La droite s’est presque toujours opposée à ces nouveaux dispositifs, s’appuyant parfois sur la rue, comme au moment de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre, vous arrivez aux responsabilités à un moment où tout est possible pour notre pays.

La France s’interroge. Sur le monde qui l’entoure. Sur son modèle social. Sur sa cohésion sociale. Sur son avenir. Ces dernières décennies, la France a dû affronter les chocs du chômage de masse et de la désindustrialisation rampante, nourrissant une profonde crise de confiance dans la puissance même de la France. Ces dernières années, la France a dû faire face aux effets disruptifs des révolutions numériques, de l’immatériel et de la robotique, exacerbant la crise des repères dans le monde de l’industrie, des services mais aussi de notre vie démocratique. Ces dernières années, la France a dû affronter les soubresauts d’un monde géopolitique nouveau, fait de péril écologique, de guerres et de migrations, venant intensifier cette profonde crise de l’agir politique. Ces dernières années, la France a dû faire face au choc terrible du terrorisme, mettant encore plus à l’épreuve notre cohésion nationale. Les Françaises et les Français s’interrogent légitimement sur la capacité de l’État à faire face non seulement à ces crises, mais aussi à leur durée et à leur combinaison. Les Françaises et les Français regardent avec crainte ces lendemains qui chantent faux et qui dessinent un avenir bien incertain.

Face à ces crises, la droite pense que son moment est venu. Elle pense que cette crise de sens va dans son sens. La droite, désormais décomplexée, propose un programme décomplexé : pour être efficace, il faut que l’État s’efface. Disons les choses là aussi : Jamais, depuis 1945, la droite n’a autant pris pour cible et remis en cause les piliers de notre république sociale. Au point que certains gaullistes s’en émeuvent. Le programme de son nouveau champion laisse sans voix. Il a dit qu’il ne changerait pas un iota à ce programme qui changerait la France du tout au tout. J’ai compris que dans son propre camp on lui demande d’y réfléchir à deux fois. J’ai compris qu’il amendait une petite partie de son projet. Mais qui croire ? Le François Fillon de la primaire ou celui de la présidentielle ? Mais, après tout qu’ils assument. Sa désignation, il ne l’a pas volé, loin de là. Il l’a remporté haut la main. Cette victoire ne vient pas de nulle part. Ce programme ne vient pas de nulle part. Cette droite dure c’est la droite chimiquement pure.

Face à cette France qui s’interroge, face à cette crise généralisée de sens, l’extrême-droite pense elle aussi que son heure a sonné. Elle campe sur les frontières de la République et toise nos fortifications du haut de ses 30%. Le Front national peut s’appuyer sur une vague mondiale, une vague qui vient de loin. Partout, le national-populisme plus ou moins xénophobe s’est hissé au pouvoir ou s’en approche. Ils sont légions sur les réseaux sociaux et leur emprise sur les esprits n’est plus à démontrer. Ces hérauts de l’anti-système ont développé un système de prise de pouvoir redoutable. Les victoires de Trump et du Brexit sont autant de coups de massue sur le plafond de verre qui bloque encore timidement leur progression électorale.

La vraie nature de ce parti ne doit pas être mise sous silence. Oui, le national-populisme est plus ou moins xénophobe et en France il l’est plus que moins. C’est aussi un parti contre les pauvres. Il est pauvrophobe. Il suffit là encore de regarder ce qui se passe dans les municipalités frontistes. Oui, les faits sont têtus. Moins bruyant que les frontistes mais plus têtus.

Le Front national parle d’un monde qui n’existe plus et rêve d’une France qui n’a jamais existé. Les problèmes qui sont les nôtres sont des problèmes que la France seule ne peut régler. Le terrorisme, le péril terroriste, les innovations, les migrations, tout cela se joue au niveau des États-continents ou de la planète. Ce rejet des instances supranationales est absurde et inefficace, dangereux surtout pour notre pays. Leur programme anti-euro et anti-européen c’est prendre le tapis roulant de l’Histoire à l’envers. Bien sûr qu’il faut résoudre les problèmes actuels de l’Europe mais il ne faut pas la dissoudre. Cette remise en cause de l’Europe, c’est la remise en cause de la France.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre,

Nous croyons dans la force du débat, nous prenons les idées au sérieux. Nous croyons en l’avenir. Nous regardons de près les critiques et les programmes. Nous allons réengager le débat sur le fond car il oppose une certaine idée de la France à une certaine idée de la droite.

L’avenir ne se construit pas avec des peurs ou en commettant les mêmes erreurs. L’avenir se construit sur l’espoir et sur les effets d’une politique juste et efficace. Nous croyons à l’État et aux fonctionnaires sur lesquels repose cet État. La gauche ne veut pas plus d’État en soi, elle veut plus de protections et plus de régulations. Nous ne sommes pas allergiques au marché, nous ne voulons simplement pas qu’il contamine tous les pores de notre société.

La gauche n’entretient aucune mystique du pouvoir. Le pouvoir, elle l’exerce, c’est tout. Elle l’exerce modérément mais complètement. Le pouvoir, elle en prend soin car il est donné par le peuple. Il est d’abord cet honneur de servir les intérêts supérieurs de la nation. Il est aussi cette occasion d’orienter le réel dans le sens de nos valeurs de Justice et de Progrès.

En cinq ans, avec la gauche, la France a progressivement relevé la tête. Elle a assuré l’avenir de son modèle social – celui dont elle est si fière, celui qui fait sa force, son histoire, j’allais dire sa nature. Elle a retrouvé la dignité qu’elle avait perdue, parce qu’elle a renoué avec l’égalité.

Nous discuterons en janvier d’un très beau texte qui fait sens de notre action : l’égalité réelle pour les ultramarins. Réduire les inégalités entre la métropole et ces régions, et à l’intérieur de ces régions : n’est-ce pas résumer le sens de notre action ?

Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, vous pourrez vous appuyer sur les avancées qui ont été faites. Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, nous comptons sur vous, et vous pouvez compter sur nous, pour combler les retards et pour continuer d’avancer.

Ces cinq mois, nous le savons, vous les exploiterez au maximum de leur potentialité. Vous vous investirez sans relâche, avec votre sens de l’éthique, votre sens de l’État. Pour cela, et au nom du Groupe Socialiste, écologiste et républicain, vous avez tout notre respect, tout notre soutien et donc toute notre confiance.

 

Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris

Premier secrétaire du Parti socialiste.

Lien vers la vidéo de l’intervention: http://bit.ly/2hiR1dJ (1’59’00)

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Crédit photos: Mathieu Delmestre

01 Sep

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Saccage de la Fédération de Paris : les socialistes agressés, la démocratie piétinée

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Il n’y a donc pas de limite chez ces groupuscules d’ultra-gauche qui depuis des mois, cassent, saccagent, détruisent les locaux du Parti socialiste. Avec pour seul but, la violence.

Ce jeudi 1er septembre, c’est la fédération de Paris – ma fédération – qui a été la cible d’une action concertée d’une cinquantaine de personnes armées de barres de fer. Les locaux ont été saccagés, des salariés ont été menacés.

Je condamne ces actes inacceptables avec la plus grande fermeté. J’appelle, une fois encore, l’ensemble des responsables publics à prendre la mesure de la gravité de ces attaques. C’est la démocratie qui est en jeu.

J’adresse, au nom de tous les socialistes, notre soutien et notre solidarité au Premier fédéral, Emmanuel Grégoire, aux salariés de la fédération ainsi qu’aux militants parisiens.

28 Août

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Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – Séminaire de rentrée des socialistes – Dimanche 28 août 2016

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2016-08-28 - Séminaire de rentrée des socialistes-32

Retrouvez le discours de Jean-Christophe à l’occasion du séminaire de rentrée des socialistes.


Discours de clôture de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

Crédit photo: Mathieu Delmestre

02 Mai

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis et Bruno Le Roux – Lundi 2 mai 2016

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2016-05-02 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis- Bruno Le Roux-20 2016-05-02 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis- Bruno Le Roux-4 2016-05-02 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis- Bruno Le Roux-11

 

Jean-Christophe Cambadélis et Bruno Le Roux, Président du groupe SRC à l’Assemblée nationale ont lancé ce lundi 2 mai leur grande campagne d’explication avec les Français sur le sens et la cohérence de la législature 2012-2017.

A cette occasion ils ont présenté la campagne « Du progrès en plus » #duprogresenplus ainsi que les « Fiches de la réussite« #1jour1réussite

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la conférence de presse:


Revivez l’intégralité de la conférence de… par PartiSocialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre

04 Juin

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Interview à L’Obs

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Obs

L’Obs publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Depuis trois ans, la gauche au pouvoir a baissé les charges des entreprises, réduit les dépenses publiques, augmenté le budget de la défense, serré la main de dictateurs, vendu des armes à l’étranger, voté des lois jugées liberticides, expulsé des sans-papiers… Le PS serait-il devenu de droite ?
Poser les choses comme cela n’a pas de sens, car la question gauche-droite a évolué depuis deux siècles. La grande différence avec nos aînés, c’est qu’ils ont toujours eu à traiter une question centrale : ce fut la République, puis la question sociale sous le Front populaire, puis la Résistance, puis la décolonisation… Alors que nous, nous sommes confrontés à des crises conjointes : la montée du terrorisme, la pression migratoire, la panne européenne, la compétitivité, la montée de l’extrême droite… Mais reprenons l’ensemble de vos points. Sur la compétitivité, la droite n’avait rien fait…

C’est vrai qu’elle n’avait jamais autant baissé les charges des entreprises…

Quand nous sommes arrivés au pouvoir, nous avions en tête les déficits financiers, mais pas totalement la question de la compétitivité. Nous étions pris à la gorge. Nous avons donc pris des mesures pour relancer notre modèle productif qui s’était effondré. Nous n’avions pas d’autres moyens pour retrouver des marges de manœuvre. Alors, c’est vrai que ça choque la gauche, parce que d’habitude elle arrive au pouvoir avec l’idée de redistribuer. Mais là, il n’y avait rien à redistribuer ! Il fallait d’abord reconstruire notre économie en mixant une politique.

Mais vous avez mixé la baisse des charges avec quoi ?
Avec la baisse des impôts qui arrive dès septembre. Désormais, nous allons avoir une politique de juste répartition de la croissance qui vient.

La gauche aurait pu faire un autre choix que de réduire les dépenses publiques si elle avait tenté de renégocier le dogme des 3% de déficit. Elle ne l’a pas fait…
Ce débat a été tranché par les électeurs lors de la primaire socialiste en 2011. Il y avait une autre option à gauche, souvenez-vous, celle de Martine Aubry. Mais les électeurs ont tranché en faveur de François Hollande. Nous avons donc choisi cette position. Mais l’objectif reste le même, c’est d’avoir une société plus juste à l’arrivée.

Une société plus juste, c’est traquer davantage les faux chômeurs, comme le préconise le ministre du travail François Rebsamen ?
Ce n’est pas dans ma motion.

Rebsamen a donc tort ?
Bien sûr, mais je ne suis pas là pour faire la police de la pensée. Je suis là pour fixer l’axe politique du Parti socialiste. J’essaye de faire fonctionner un parti majoritaire dans une situation où l’on est au gouvernement. La règle est simple : discuter autant que possible, renverser jamais. Nous sommes sous la Ve République, pas sous la IVe.

D’habitude la gauche au pouvoir marque son empreinte avec une grande réforme sociale (les congés payés, le RMI, les 35 heures…). Depuis trois ans, on la cherche…
Nous allons faire la sécurisation des parcours professionnels. Ce sera un des grands marqueurs de gauche à la fin du quinquennat.

Il n’y a donc pas eu, à vos yeux, de grande réforme sociale pour l’instant ?
Non, mais elle est enclenchée.

A l’inverse, des mesures sociales comme l’encadrement des loyers ont été détricotées…

La loi a été détricotée parce qu’on est en pleine crise du logement. Une mesure de gauche, ce n’est pas un totem. On essaye de voir pourquoi ça n’a pas fonctionné. Je remarque qu’à partir du moment où on la modifie, comme par hasard, ça redémarre. Peut-être que la mesure n’avait pas été assez bien calibrée.

Et les mesures qui ne coûtent rien, comme le récépissé contre le délit de faciès, le CV anonyme, le droit de vote des étrangers, ça aurait pu être des marqueurs de gauche ?
Quand j’ai voulu relancer le droit de vote des étrangers en créant un comité national, mes partenaires de gauche n’étaient pas aussi allants que je le pensais. Beaucoup estimaient que ce n’est pas le moment. Moi, je continue à penser que c’est un combat politique et un combat idéologique. Le PS est un grand parti de débat, mais plus un parti de combat. Il doit le redevenir. Quant au CV anonyme, j’ai protesté mais je comprends que le gouvernement préfère avoir recours à l’action de groupe.

Donc, le rôle du PS, c’est d’affirmer des principes et… de reculer devant le gouvernement ?
Parfois on gagne, parfois on perd. Il n’y a pas de courroie de transmission. Ce que je ne veux pas, c’est que le PS se mutile. Si nous pensons que c’est juste, nous le disons.

La politique est aussi affaire de symboles. Aller serrer la main d’un dictateur, à Cuba ou en Arabie Saoudite, c’est de gauche ?
Je ne suis pas en désaccord. C’est l’expérience que nous avons tiré de l’effondrement de l’Union soviétique. Il fallait continuer à commercer avec eux, à y aller et à être reçu par Brejnev. Et en même temps, il fallait faire pression, ce que faisait François Mitterrand.

Autre symbole, la nomination d’un roi de la retraite-chapeau à la tête d’Areva…
Vous ne m’avez pas vu me rouler par terre en disant que c’était la décision la plus formidable jamais vue…

Ce n’est pas très « Bourget »…

Le discours du Bourget était très équilibré. Il y avait toute une partie du discours qui disait que les socialistes sont modérés et ne vont pas redistribuer avant de produire. Et puis, une autre qui fustigeait le monde de la finance. On a voulu faire de cette seconde partie le seul marqueur de la politique de Hollande. C’est une erreur.

Mais vous comprenez le désarroi de l’électeur de gauche ?
Oui, parce que je pense qu’il y a un retournement du rapport de force idéologique. On n’est plus dans les années 60, 70, ou 80. Aujourd’hui, l’identité a pris le pas sur l’égalité. La gauche ne maîtrise plus les débats politiques, elle est sur la défensive.

Il y a une droitisation des esprits et de la société française ?
Il y a un bloc réactionnaire majoritaire qui nous fait reculer. Il faut repartir à l’offensive.

Dans le discours décliniste dominant, la gauche semble incapable d’incarner une part de d’espérance. La faute à qui ?
La faute à la gauche. Le combat s’est émoussé.

Elle a trop utilisé les mots de la droite, comme l’a dit Christiane Taubira dans « L’Obs » ?
La gauche s’est laissée contaminée par l’idéologie dominante : l’idéologie anti-républicaine. L’égalité est devenue l’égalitarisme. La liberté, sous-entendu le consumérisme individuel, est placée plus haut que la liberté collective, le droit de vivre ensemble. La fraternité est remise en cause par le fait que l’ennemi, c’est le voisin de palier, le maghrébin, le musulman ou le juif. Tout cela conduit à des reculs considérables. Comme en plus, nous vivons une crise économique majeure, une révolution de l’immatériel, et subissons l’avènement de l’enjeu écologique, la gauche est assaillie. Elle n’arrive plus à sortir la tête de l’eau et à réarticuler un discours.

Dans d’autres pays, cette gauche institutionnelle est concurrencée par une gauche plus citoyenne ou plus radicale. C’est aussi un danger pour le PS ?

Je propose d’aller vers le dépassement du Parti socialiste pour bâtir une alliance populaire qui s’articule sur des collectifs départementaux de citoyens, pas sur des alliances d’appareils, pour créer un grand mouvement populaire qui défende les valeurs de la République et de la gauche contemporaine.

C’est quoi la gauche contemporaine ?

L’objectif, c’est la société décente. Il faut que nous soyons capables de fixer sur chaque question ce qu’est une vie décente pour l’ensemble des concitoyens. La première condition, c’est l’égalité réelle, c’est-à-dire la concentration des moyens de l’Etat là où il y a réellement des inégalités. Cela fait encore polémique à gauche où on avait l’habitude que l’Etat fasse des petites parts et donne à tout le monde. Deuxième principe, c’est la liberté ordonnée. Issue de 68, la gauche a longtemps défendue la thèse de la liberté individuelle, quasiment désordonnée et sans limite. On voit bien aujourd’hui qu’il y a des revendications justes pour une partie de la population et qui ne sont pas supportables par l’ensemble de la société. La liberté ordonnée, c’est donc le fait que cette liberté doit être ordonnée par tous. C’est une variante de l’ordre juste. Enfin, troisième et dernière chose, c’est la fraternité laïque.

Liberté, égalité, fraternité… c’est tout simplement la devise républicaine ?

C’est la devise républicaine, mais qualifiée à l’aune du moment. La laïcité, si vous ne prenez que la loi de 1905, c’est seulement la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Aujourd’hui, pourquoi je parle de fraternité laïque ? Parce qu’il faut intégrer l’islam sans que cette religion soit normative pour le reste de la société.

Dans votre motion, vous écrivez que « l’avenir n’est pas le social-libéralisme». C’est le danger qui menace le PS ?

Non, le danger pour le PS, c’est la dissolution, l’absence de toute référence. C’est un pragmatisme invertébré.

Dans « l’Obs », Manuel Valls définissait sa gauche comme étant « pragmatique, réformiste et républicaine. »
Elle est donc vertébrée.

Pour vous, c’est une bonne définition de la gauche aujourd’hui ?
Je ne mettrais pas le pragmatisme en premier. C’est la différence historique entre Clémenceau et Jaurès. Ce que je mettrai en premier, c’est l’esprit de justice.

Valls dit lui-même que sa gauche n’est pas socialiste…

Il faut définir le socialisme. Ce n’est plus la première gauche qui pensait que l’émancipation arriverait soit par la grève générale soit par un « grand soir » et qu’il suffirait de prendre le pouvoir pour modifier les conditions d’existence des hommes. Ce n’est pas non plus la deuxième gauche, qui pensait que l’irruption de la société civile face à un Etat tout-puissant suffirait à tout changer. Non, c’est autre chose, une troisième gauche à construire qui soit une clé pour aborder tous les problèmes contemporains.

Comment expliquez-vous qu’il n’y ait plus beaucoup d’intellectuels de gauche qui soutiennent le gouvernement ?
Il n’y a plus d’intellectuels organiques qui plaident pour la ligne du parti. Les choses ont changé. Auparavant, il y avait des intellectuels tout-terrain, qui avaient une approche globale. Aujourd’hui, il y a des spécialistes, tous très pointus dans leur domaine, passionnants, mais limités à tel ou tel sujet étroit. L’éclatement de la pensée intellectuelle rend difficile l’émergence de ses compagnons de route.

Qu’auriez-vous envie de dire à Michel Onfray ? Pourquoi avoir refusé de débattre avec lui ?
Je lui dirais que ses livres sont généralement beaucoup plus nuancés que ses interviews. Onfray a une thèse qui est précisément celle à laquelle nous voulons répondre. Il dit qu’il manque le grand récit républicain contemporain. Ce n’est pas faux. Mais je ne veux pas aiguiser les divergences. Il est plus libertaire que socialiste, il a une vision qui est une vision conflictuelle de la société. Je veux qu’on commence à travailler et qu’il puisse alors y participer à sa manière, même en nous critiquant. Mais je ne veux pas me mettre en situation de face-à-face. Le paysage intellectuel, politique, social, syndical est tellement éclaté qu’il faut une stratégie de rassemblement, de renflouement de la gauche. Il faut qu’elle se parle, pas qu’elle s’affronte.

De renflouement ? La gauche a donc fait naufrage ?

Bien sûr. Et le problème n’est pas qu’électoral. La faillite électorale est la conséquence d’un cycle long où depuis vingt ans nous reculons constamment.

Depuis vingt ans ? Cela veut dire que la victoire de François Hollande était une anomalie ?
Il l’a emporté parce que c’était un modéré parmi les anti-sarkozystes.

Donc par défaut ?

Non, il y a eu un vrai débat d’orientation pendant la primaire qui a été tranché par trois millions d’électeurs de gauche. Les électeurs avaient en tête que pour battre Sarkozy, il ne fallait pas aller à gauche mais plus vers le centre-gauche. Quand il est arrivé au pouvoir, François Hollande a essayé d’éviter deux risques. Le premier était d’être thatchérien, d’imposer une véritable austérité, une purge, ce qui aurait provoqué une déflagration sociale. Le deuxième était de rester immobile et là nous aurions été sanctionnés par les marchés financiers. François Hollande a choisi d’avancer par petits pas pour essayer de relancer le pays. Il l’a fait avec une certaine détermination.

Mais ça ne marche pas… Le chômage atteint un record historique !
Mais si ça marche, vous allez voir ! Aujourd’hui les résultats sont dans le nombre d’entreprises que l’on sauve, que l’on redresse, que l’on crée. La croissance commence à revenir… Vu d’où l’on vient, ce n’est pas en claquant des doigts que l’on allait redresser la France.

Ca fait déjà trois ans !
Ce n’est pas suffisant. Pour redresser le pays, pour qu’il retrouve la première place en Europe, il faudra dix ans.

Seuls 70 000 militants ont voté pour le congrès. Le PS est devenu un groupuscule ?

Les formations politiques reculent dans le moment présent, c’est vrai. Mais le PS n’est pas un vaisseau fantôme et ses salariés travaillent à plein temps ! Nous avons bâti une majorité confortable. Le Parti va dialoguer avec le gouvernement. Sur des sujets majeurs, nous aurons gain de cause, sur d’autres, ce sera plus difficile. Mais tout sera engagé, y compris la réforme fiscale à partir de l’impôt à la source.

Le PS peut-il faire reculer des ministres ?
Oui. C’est un rapport de force, y compris avec les administrations. Il y a des administrations qui vont apprendre ce que c’est que Solférino !

La fronde est-elle finie ?
Dans les formes où elle a existé, oui. Mais il y aura toujours des éléments de la fronde, sur la loi Macron notamment.

Macron dit qu’il faut que les jeunes Français doivent avoir « envie de devenir milliardaires ».

Je m’élève contre cette phrase. L’avenir de la jeunesse, ce n’est pas l’argent. On ne fait pas tenir une société par l’argent.

Emmanuel Macron est-il socialiste ?
Non.

Propos recueillis par Matthieu Croissandeau, Renaud Dély et Julien Martin

15 Sep

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Les primaires commencent ce soir !

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Contraints à changer de braquet suite à la mise hors jeux de DSK, les candidats à l’investiture socialiste ont mis quelque temps à trouver leur tempo. L’opinion sollicitée par des événements de toutes sortes, interloquée voir fascinée par le « sofitel gate », inquiète de la crise économique et financière et préoccupée par la rentrée.

L’opinion française se tourne donc doucement vers la primaire socialiste. On confond toujours l’hyper-information des « happy few » et le mouvement lent de l’opinion. Le narcissisme du monde mediatico-politique est tel que l’on a déjà consommé une information alors que les français n’en n’ont pas encore pris connaissance. La fracture informative est une des donnes de la démocratie moderne. Les sondages reflétant des pronostics plutôt que des choix qui restent évolutifs et ne se cristalisent définitivement que dans la dernière ligne droite.

Voilà pourquoi le prime time de France 2 va commencer à fixer les esprits. Qui ? pour quoi faire ? Les français habitués aux candidats octroyés vont maintenant comparer. Pas sur que le truisme vaguement condescendant pour le peuple soit juste: il se préoccupera seulement de qui peut battre le champion. Personne n’a oublié la précédente présidentielle. Les trois débats vont être un véritable « crash test » pour les candidats. Je crois que les français évolueront autour d’une potentialité, d’une esquisse de sortie de crise et d’un caractère pour le faire !

12 Mai

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Cambadélis sur le terrain pour le projet… et pour DSK

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Le Figaro publie un article racontant le déplacement de Jean-Christophe Cambadélis à Trappes dans les Yvelines dans le cadre des rencontres pour présenter le projet des socialistes pour 2012:

Lundi soir, Cambadélis était dans les Yvelines, là où le porte-parole du PS a décidé de s’implanter, pour présenter aux militants le projet du PS pour 2012. Il fait le job à la place de DSK, tenu au silence jusqu’en juin.

Ils l’ont envoyé chez Benoît Hamon, autant dire chez les «gauchistes». Ça fait sourire Jean-Christophe Cambadélis, qui en a vu beaucoup d’autres. «Je ne sais pas combien j’en ai fait des réunions comme celle-là!» glisse-t-il. Le bras droit de Dominique Strauss-Kahn, symbole de la gauche sociale-démocrate, si ce n’est sociale-libérale, est rodé à tous les terrains.

Lundi soir, pour présenter aux militants le projet du PS pour 2012, il était à Trappes, dans les Yvelines, là où le porte-parole du PS a décidé de s’implanter. Près de 150 réunions similaires sont prévues dans toute la France avec les dirigeants du parti. Jean-Christophe Cambadélis fait le job à la place de son champion, tenu au silence jusqu’en juin.

«Je fais confiance»

Direction la «maison des familles» dans le quartier Jean Macé, la zone la plus défavorisée de Trappes. Benoît Hamon, souffrant, est excusé. La salle se remplit plus que prévu. On rajoute des chaises. Près de 130 militants sont là: on repère quelques membres du MJS (les jeunes socialistes), «avec leurs slogans tirés du NPA», sourit-on dans la salle, où quelques élus locaux, font le tour des poignées de main.

Le projet, imprimé en version courte, est distribué en paquet. La plupart des militants l’ont déjà lu. Sauf Jean-François: «Je fais confiance», dit-il, puisque le texte a été adopté par tous les ténors. D’autres sont venus avec des questions en tête. «Ce sont celles que les gens leur posent au quotidien», explique Estelle Rodes, la première fédérale des Yvelines.

Pendant près d’une heure, Jean-Christophe Cambadélis présente les points forts du texte, sans jamais citer le nom d’aucun prétendant à l’Élysée. Seule Martine Aubry est évoquée, en tant que première secrétaire. «Les candidats, on n’en parlera pas», prévient-il d’emblée. La salle n’y reviendra pas.

«On a déjà donné»

Mais Cambadélis pose des jalons. Dans l’analyse de la conjoncture, il fait la part belle aux enjeux internationaux. Avantage DSK. Ensuite, il insiste sur les sujets lourds: logement, quartiers difficiles, santé, politique industrielle. Il teste des formules: «Il faut affirmer un nouveau chemin», «il faut changer de logique». Ça peut servir. Il ajoute une mise en garde: «Nous ne pourrons pas faire tout ce que nous disons en un jour.» Les militants demandent des précisions: montée du FN, politique de la jeunesse, enjeu européen, place de la culture… Sur ce point, il reconnaît que le texte «n’est pas à la hauteur»: «C’est dommage, parce que c’est le péché mignon de Martine.»

Sans hostilité, certains sont quand même méfiants dans la salle: «Quelle assurance a-t-on que le candidat appliquera notre projet?» interroge Jean-Claude. «On a déjà donné dans le passé.» Et sur le droit à partir en retraite à 60 ans: «Est-ce qu’on est certain que tous les camarades retiendront cette ligne?» Les socialistes sont sortis traumatisés des expériences de 2002 et 2007.

«Est-ce qu’il faut passer nos candidats au détecteur d’orthodoxie?» interroge Jean-Christophe Cambadélis, qui a sa réponse toute prête: «Je conseillerai au candidat désigné de défendre le programme du PS.» Mais il ajoute: «Mais nous ne sommes pas seuls. Le PS ne fait pas 51%. Ce programme est un socle qui devra s’ouvrir à d’autres.» Les militants écoutent. Il est «subtil», juge l’un d’eux.

Par Nicolas Barotte

28 Jan

Commentaires fermés sur [Parti Socialiste] Egypte

[Parti Socialiste] Egypte

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Le Parti socialiste est extrêmement préoccupé par l’évolution de la situation en Égypte. Il dénonce fermement la répression et la violence contre les manifestants et la suppression des libertés, notamment la liberté d’information et l’accès à internet.

Le pouvoir égyptien ne peut pas répondre à l’aspiration profonde de la population à la démocratie, à la justice et à la liberté par des moyens de répression policiers ou pire encore militaires.

Le Parti socialiste soutient les revendications légitimes du peuple égyptien et se sent solidaire avec les forces démocratiques, laïques et progressistes en Égypte. Il appelle toutes les forces démocratiques en Europe, au Moyen-Orient et dans le monde à se mobiliser pour soutenir le mouvement pour la démocratie et la réforme en Égypte.

27 Déc

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90ème anniversaire du Congrès de Tours

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S’il n’est ni de sauveur suprême, ni dieu, ni César ni tribun, la semaine de Noël 1920 a pourtant vu naître le parti de ceux qui attendirent avec foi l’avènement du communiste avec la scission du congrès de Tours au cours duquel les trois quart des délégués socialistes décidèrent de suivre Cachin et Frossard et d’adhérer à la IIIe Internationale pour fonder quelques temps plus tard le Parti communiste français.

1920, ce fut le temps de l’espoir. La faillite de la IIe Internationale devant la guerre avait été réparée par les soviets et bientôt, la révolution serait sans patrie ni frontière car elle serait mondiale et que rien ne s’opposait à ce qu’elle déferle des rives de la Moscova jusqu’aux bords de la Loire en ce mois de décembre.

Mais le phénomène stalinien plaqué sur la culture du syndicalisme révolutionnaire et anarchiste français provoqua surtout une vague de froid. 1936 c’est le Front populaire, mais ce sont aussi les procès de Moscou contre les trotskystes ou tous ceux qui s’opposaient sans oublier le goulag décrit plus tard par Soljenitsyne, ingrédients du stalinisme que le PC français s’obstina longtemps à soutenir. Mais tous les camarades n’applaudirent pas au pacte avec Hitler, ils voulaient certes défendre l’URSS, mais ils n’hésitèrent jamais à mourir pour la France comme des milliers et des milliers de soldats sont morts dans les rangs de l’Armée rouge notamment à Stalingrad. Ce fut le « Parti des fusillés », mais auréolé de cette gloire, il participa activement à la reconstruction de la France, en contribuant avec les socialistes et les gaullistes à construire ce « modèle social » que la droite aujourd’hui démantèle pierre par pierre.

Cependant, le Parti communiste participa activement à la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie après avoir soutenu les massacres de Sétif.

Le PCF fut aveugle à la déstalinisation, il approuva Budapest. Le couple Thorez pétrifia la « culture ouvrière » dans une société bloquée et une France qui finit par s’ennuyer. Le PCF prêchait la révolution mondiale, mais pratiquait la realpolitik. Religion de masse pour des générations entières, mouvement d’éducation populaire, le communisme français fut longtemps la colonne vertébrale de la gauche, mais lui-même fut tétraplégique, incapable de condamner la répression dans l’Empire soviétique.

Il entra dans sa troisième période, après l’espoir et la glaciation, ce fut le temps de la dégénérescence alors que la gauche était justement en train de se rajeunir et qu’elle se préparait à changer la vie. De Prague à Kaboul, le bilan était « globalement positif » alors que longtemps après que Blum, Luxemburg et Kautsky eurent prophétisé l’avenir de cette illusion, le grand public découvrait les dissidents et les crimes de masse.

Je veux en profiter pour saluer ici ceux du PCF avec lesquels nous avons travaillé à l’unité de la gauche, certains sont partis, d’autres sont restés. Tous restent de grands militants de gauche. Robert Hue, Pierre Blotin, Patrick Braouezec, Jean-Claude Gayssot, Marie-George Buffet…

Le parti de la faucille et du marteau est devenu une étoile morte, fauché par l’Histoire, mais l’idéal des fondateurs, l’esprit de justice sociale reste une idée qu’il faut continuer de marteler dans la mondialisation.

13 Déc

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A la rencontre du SPD à Berlin

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Jean-Christophe Cambadélis a conduit une délégation à Berlin avec entre autres Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute Provence, Christian Paul, député de la Nièvre, secrétaire national du Parti socialiste, Henri Weber, député Européen, à Berlin où ils rencontraient la direction du SPD. Le débat a porté sur la crise et pour un autre axe franco-allemand, la taxation financière, le gouvernement économique européen. A cette occasion Jean-Christophe Cambadélis a déploré « le déséquilibre de l’axe actuel franco-allemand. Nicolas Sarkozy semble impuissant à contredire la merkelisation de l’Europe. Il est temps de reconstruire un vrai couple franco-allemand, avec un vrai projet pour tous les peuples d’Europe ». Les deux partis qui avaient adopté une déclaration commune en juillet dernier, ont prévu de se rencontrer à nouveau au printemps 2011 sur des projets communs concrets.