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05 Juin

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L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur C News

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Jean-Christophe Cambadélis répondait ce lundi aux questions de Jean-Pierre Elkabbach sur C News.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


L’invité de Jean-Pierre Elkabbach du 05/06/2017 par CNEWS

Attentat de Londres

Toutes les démocraties sont touchées et j’appelle au renforcement de la coopération antiterroriste européenne. Dans ce contexte il faut sécuriser au maximum nos élections mais aussi nos autres événements. Il faut être vigilants, prudents et mobilisés.

Dans le domaine de la lutte contre le terrorisme nous sommes pour la task force mais nous avons aussi nos propres propositions. (…) S’il y centralisation au niveau de l’Elysée il doit y avoir à l’Assemblée une commission permanente qui traite du terrorisme.

Rupture entre l’Arabie Saoudite, ses alliés et le Qatar

Concernant la rupture entre l’Arabie Saoudite, Bahreïn avec le Qatar, j’y vois surtout la pression des États-Unis contre l’Iran.

Parti Socialiste

Ma part de responsabilité c’est de n’avoir pas réussi à maintenir l’unité des socialistes. Le Parti Socialiste a su un temps contenir ses divisions. Il n’en est plus capable aujourd’hui. Il faut construire une nouvelle maison. (…) Dans la reconstruction nécessaire, il faudra l’unité du PS mais aussi de l’ensemble de la gauche. Aujourd’hui comme demain, s’il n’y a pas l’unité de l’ensemble des socialistes et de la gauche ns ne redresserons pas.

Nous n’avons pas de dettes contrairement aux autres formations politiques.

Mounir Mahjoubi ne fait pas campagne sur son nom. Tout comme la candidate France Insoumise, il est caché derrière une effigie: Emmanuel Macron pour l’un et Jean-Luc Mélenchon pour l’autre.

Elections législatives

Les sondages actuels ne seront pas à l’image de ce qui sortira des urnes.

Code du travail : « Je demande que le Gouvernement nous dise vite où il souhaite aller avant le vote pour que les Français décident »

Il faut faire attention, une majorité absolue conduit souvent à l’absolutisme. Il existe en cela un déséquilibre dans notre démocratie, il n’est pas souhaitable que nous votions les lois au canon. Emmanuel Macron est un démocrate mais il peut avoir la tentation de l’exercice solitaire du pouvoir

Face à une France fragmentée c’est par le compromis que l’on peut avancer.

Je veux incarner si je suis réélu, une opposition raisonnable c’est-à-dire qui se détermine au cas par cas par rapport aux sujets présentés.

Jean-Luc Mélenchon / Bernard Cazeneuve

Jean-Luc Mélenchon ne s’emporte pas simplement à cause de Bernard Cazeneuve mais parce qu’il voit qu’il a beaucoup perdu dans les sondages.

 

12 Sep

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L’invité de Caroline Roux dans « Les 4 vérités » sur France 2

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Les 4 vérités 12092016

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce lundi 12 septembre 2016 l’invité de Caroline Roux dans « Les 4 vérités » sur France 2.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 


Actu – Les 4 vérités, Jean-Christophe Cambadelis par telematin

 

 

Primaire de toute la gauche

« En janvier, j’ai déjà dit que j’étais personnellement pour une primaire de Macron à Mélenchon. Entre temps, Emmanuel Macron est parti vers d’autres rivages, Jean-Luc Mélenchon a refusé, le parti communiste veut une primaire des anti-gouvernementaux, les écologistes ont fait leur propre primaire donc il reste au Parti socialiste à organiser une primaire de la gauche de gouvernement, c’est ce que nous faisons.

Je tends la main à toute la gauche. Si elle n’est pas unie, elle ne sera pas présente au second tour de l’élection présidentielle. Nous serons éliminés et ça durera longtemps. La gauche doit se rassembler.

Primaire de toute la gauche ? C’est un peu tard mais pas désespéré. Cela ne doit pas être une formule pour cacher la division des frondeurs.

Nous avons bataillé, on a perdu beaucoup de temps pour faire en sorte qu’une partie qu’il y ait une primaire de toute la gauche (…) mais une partie de la gauche estimait ne pas pouvoir faire de primaire avec une autre partie de la gauche.

Election présidentielle

Il ne faut pas se fixer sur les sondages : on ne connaît ni les candidats ni les programmes.

« Marine Le Pen paraît tellement apaisée qu’elle pourrait participer à la primaire des Républicains! Et pendant ce temps là Nicolas Sarkozy surfe sur les thèmes du Front national ».

Gauche

Je crois que la gauche a besoin de toutes ses voix y compris de celle de Christiane Taubira.

Il faut essayer de créer une convergence à l’élection présidentielle et aux législatives. Il faut barrer la route à une droite qui s’extrémise et à une extrême droite qui se banalise. Il ne faut pas désespérer. Il faut mener la bataille contre la droite.
C’est ce que nous allons faire au Parti socialiste à travers nos universités de l’engagement. Il faut dire ce qu’est le programme de la droite et se rassembler.

Quand on voit la minorité du PS s’émietter entre 4 candidats je dis « rassemblons nous »

Sécurité / Terrorisme

« Le gouvernement fait ce qu’il y a à faire. Je n’aime pas cette manière de stigmatiser l’action de nos forces de sécurité. Il faut raison garder. Nous sommes dans une société démocratique. L’action menée par nos forces de sécurité est efficace. Nous faisons tout ce qui est possible là bas et ici pour réduire les risques. Tout est perfectible mais nous avons les instruments pour lutter ».

 

29 Juil

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L’invité de Renaud Pila sur LCI

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JCC - Renaud Pila 29072016

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Renaud Pila sur LCI.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 

La fébrilité de notre classe politique n’est pas à la hauteur de la situation. Il faut changer de culture. Le débat français est minable. La primaire de la droite fausse l’ensemble du débat national

Contre cette violence qui nous est faite, il faut un débat serein. On focalise beaucoup  plus sur les erreurs que sur les réussites.
Nicolas Sarkozy fait de la politique sur un sujet où l’on devrait se rassembler. Ce n’est pas à la hauteur. On ne gagne pas une présidentielle en instrumentalisant la peur des Français.
Le problème n’est pas de jeter en pâture des juges pour qu’ils s’expliquent de leurs erreurs. Ce qu’il ne faut pas faire c’est la stratégie du coupable. Il faut s’améliorer, il faut être efficace, se rassembler.
Ce gouvernement est un gouvernement de rupture par rapport à ce que faisait les autres gouvernements face au jihadisme
L’objectif c’est de mailler le plus fin possible en sachant qu’il y en aura toujours qui passent au travers
Il faut être extrêmement ferme, prendre  des mesures et garder notre raison. Il faut combattre le daechisme et son projet avec une grande fermeté et une grande une efficacité  tout en respectant notre droit
Il est paradoxal de combattre pour nos valeurs là-bas et vouloir les remettre en cause ici.
La rétention sans juge c’est  les lettres de cachet. On a fait une révolution contre cela. La remise en cause de la présomption d’innocence c’est la remise en cause de notre habeas corpus. Peut on faire confiance voire élire un homme qui dit que la constitution est une argutie?
Nicolas Sarkozy est omniprésent et Alain Juppé évanescent.
Anonymat des terroristes? Il s’agit moins de ne pas nommer que de ne pas héroïser.
Trump plus Poutine plus Erdogan plus le Brexit ça fait quand même une période terrifiante

19 Juil

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« Ce n’est pas par la passion et la haine que l’on règlera le problème du terrorisme », interview à L’Opinion

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lopinion

L’Opinion publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

L’ « esprit du 11 janvier » qui avait prévalu après les attaques contre Charlie et l’Hyper Cacher,  et même en novembre dernier après le massacre du Bataclan, a volé en éclat. Le symbole, c’est Manuel Valls, copieusement hué à Nice pendant les cérémonies d’hommage aux victimes. Cela vous inquiète-t-il ?

C’est évidemment regrettable ! Parce que l’union nationale est une arme contre le terrorisme, parce qu’on n’interrompt pas une minute de silence, même si on est en colère. Le recueillement, ce moment où les Français  sont côte à côte, se taisent et pleurent leurs morts, est un moment sacré. L’esprit du 11 janvier s’est dissous dans la politique politicienne.

Le Front national a demandé la démission de Bernard Cazeneuve, la droite a pointé un certain laxisme, que vous réfutez ?

J’ai été éberlué de voir Alain Juppé tenté de combler son léger retrait dans les sondages en déclarant que lui au pouvoir, l’affaire serait déjà réglée. Ce qui lui a valu évidemment une gifle publique de Nicolas Sarkozy, qui en a profité pour en rajouter une louche. A partir du moment où il y a une brèche dans la concorde nationale, les passions s’y engouffrent : ce n’est pas par la passion et la haine qu’on règlera le problème du terrorisme.

Vous comprenez les doutes des Français sur l’exécutif face à la répétition des attentats de masse ?

Une guerre n’est jamais une partie de plaisir. Une guerre, c’est les battre là-bas, en sachant qu’ils nous frapperont ici. La France a toujours été à la hauteur de ses idéaux républicains, ce qu’elle a déjà fait hier en résistant à la barbarie. Que les Français veulent être mieux protégés comment pourrait-on le repousser ? Mais douter tout à la fois dans nos forces de sécurité et dans un gouvernement qui fait tout pour les protéger, c’est s’affaiblir, car c’est précisément ce doute que cherche l’ennemi. Cela fait partie de leur stratégie. Ceux qui l’alimentent commettent une faute politique.

Là où François Hollande avait convaincu après les précédentes attaques, cette fois, son autorité s’effrite un peu plus ?

Le président de la République parlera à la Nation, quand il estimera que c’est nécessaire, mais il ne doit pas le faire au milieu des brouhahas, des lazzis, des anathèmes, alors qu’une procédure est engagée à l’Assemblée nationale sur l’état d’urgence. Son rôle n’est pas de rajouter à la confusion, mais de rassembler les énergies. Dans ce sens, il a parlé au cœur du drame, dans la nuit. Il parlera à nouveau, j’en suis certain, quand cela sera utile aux Français et à notre combat.

Aujourd’hui, en tant que premier secrétaire du Parti socialiste et député de la Nation, souhaitez-vous que l’on renforce le dispositif de lutte antiterroriste ?

Il faut s’adapter parce que les terroristes subissant des revers se sont adaptés. Ils perdent du terrain en Syrie et en Irak. Ces filières sont efficacement combattues dans l’ombre. Ils doivent donc avoir recours à des supplétifs, qui ont des conversions instantanées. Il faut faire monter notre niveau de vigilance à l’aune de ces nouveaux défis, tout en maintenant le dispositif par rapport aux attentats qui ont déjà eu lieu : Le Bataclan, le Stade de France, les terrasses, etc. Et précisément, quand le ministre de l’Intérieur en appelle à la réserve nationale – et j’ai invité les socialistes à s’engager – , il veut pouvoir concentrer le meilleur de nos troupes dans la détection de ces radicalisations éclairs.

Mais l’opposition réclame bien plus … Nous sommes déjà à plus de 250 morts en dix huit mois ?

Ce n’est pas par des gesticulations que l’on y arrivera, ce n’est pas par des propositions spectaculaires. C’est par le travail patient de maillages, de renseignements, d’actions sur le terrain et d’une société qui s’estime mobilisée. Si vous démobilisez les Français, en leur disant que rien n’est fait, qu’en fin de compte règne la toute puissance du terrorisme, vous les démoralisez et vous n’avez pas une société mobilisée pour la défense de la République ! C’est là où, au-delà du jeu classique, notre débat national est affligeant.

Ce débat du tout sécuritaire va être très présent dans la campagne des présidentielle, avec la question des migrants et plus largement de  cette Europe qui ne protège plus ?

La France choisira l’homme ou la femme politique dont elle estimera qu’il ou elle a le plus grand sang-froid, au moment « T » de l’élection. Qu’il soit capable de faire face aux événements, sans coup de menton ni main qui tremble, mais capable aussi de protéger la République telle qu’elle est, avec sa laïcité, sa fraternité, et sa liberté. Un homme de résistance aux agressions, aux passions, aux pressions.

Justement, cette unité, elle n’est pas toujours évidente au sein même du Parti socialiste que vous dirigez. Cela veut-il dire que dans la future primaire, vous demandez aux candidats une certaine tenue ?

On voit bien, la gravité de l’histoire, comme le disait François  Hollande lors de son intervention du 14 juillet, est là, devant nous. On ne s’improvise pas président de la République. Il faut avoir passé ce moment redoutable, incarner la Nation dans l’épreuve. Cela pèsera fortement sur nos primaires. Évidemment, l’unité est une nécessité. Nous ferons tout pour qu’elle soit effective. Les primaires sont un moyen au-delà de nos divergences, pour nous maintenir unis. C’est nécessaire pour la présidentielle mais au-delà, j’estime que le Parti socialiste, doit rester quoi qu’il en coûte en terme de sondages, voir d’élections, le parti du pacte républicain. C’est à la fois notre destin et notre honneur.

 

Propos recueillis par Stéphane Grand

15 Juin

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L’invité de Questions d’info sur LCP avec AFP, France Info et Le Monde

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QDI 15062016

 

Jean-Christophe Cambadélis était mercredi l’invité de Questions d’Info sur LCP, en partenariat avec AFP, France Info et Le Monde.

Il a répondu aux questions de Frédéric Haziza, François Fressoz, Frédéric Dumoulin et Yael Goosz.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

 

Magnanville / Terrorisme
Il ne faut pas instrumentaliser ce drame à des fins politiques. Le moment est gravissime.
Nous menons la bataille dans une coalition internationale pour en finir avec l’EI qui recule en Irak, en Syrie et en Libye.
La coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme porte ses fruits comme à Düsseldorf.
Ce recul sur le terrain, cette pression sur les terroristes conduit à d’autres formes d’attentats.
Ce qui est fait par le gouvernement en terme de sécurité est efficace. Mais la sécurité absolue est impossible.
Bernard Cazeneuve a les choses en main ce qui n’empêche pas des individus isolés de passer entre les mailles.
Si à chaque fois qu’il y a un attentat, il faut rajouter une mesure pour satisfaire lopinion je ne sais pas où l’on s’arrêtera.
Adapter, corriger, analyser des mesures oui. être dans le concours Lépine de mesures pour la sécurité non.
La principale qualité dans les moments que nous vivons c’est la compassion pour les victimes, le sang froid et la détermination.

Manifestation

Il y a beaucoup de violences dans notre pays. Mais je ne mets pas tout sur le même plan. Il y a la violence terroriste, la violence des hooligans et la violence à la fin des manifestations.

Je suis pour qu’il y ait une pause dans ces manifestations. Chaque manifestation s’est terminée dans la violence. Je suis pour que la CGT prenne ses responsabilités.
Je ne dis pas que la CGT est responsable de la violence. Je demande à la CGT une pause car ce n’est pas les manifestations qui changeront la loi travail.
Tout le monde a compris que la CGT était contre l’article 2 de la Loi travail et la CFDT pour.
Les militants de la CGT condamnent ces violences
La CGT s’enferme dans une position de refus.
Plus on arrive à la fin d’un mouvement, plus il y a de la violence et moins il y a de participants
Il faut que la CGT comprenne que des casseurs instrumentalisent ces manifestations.
Le projet de loi peut toujours évoluer mais ne doit pas être dénaturé. Il y a des avancées dans ce texte
La CGT est enfermée dans le retrait et ne veut pas d’un texte amélioré mais gagner sur le retrait ou dénaturer le texte
J’appelle tout le monde à comparer le texte de Mme El Khomri et le texte du Sénat.
Il faut respecter le calendrier et le compromis passé entre le Gouvernement et les syndicats réformistes.
La CGT demande à ne pas respecter ce compromis et ce n’est pas acceptable.

Ça va mieux ?
Tous les experts le reconnaissent : ça va mieux. Tous les indicateurs sont au vert. Les Français ne voient pas ou ne croient pas à ces résultats
Nous allons réussir économiquement et socialement mais la réussite ne conduit pas à l’adhésion.
Il faut continuer sur la politique économique, faire comprendre aux Français que la situation s’améliore, traiter les autres problèmes et juguler la violence

Primaire des Républicains
Nicolas Sarkozy se critique lui-même : il a été aux responsabilités (à l’Intérieur sous Jacques Chirac puis Président) pourquoi n’a t-il pas réussi?
Dans le débat face à Alain Juppé, Sarkozy emprunte les thèses du Front national: tu aimes la France où tu t’en vas.
Deux conceptions s’affrontent: celle du FN  sur l’assimilation et celle du PS et de la gauche sur l’intégration. La droite ne sait pas comment se situer.
Cette primaire est la manifestation de la crise de la droite. La droite ne sait pas au fond comment résoudre l’équation politique.
Il y a une crise durable de la droite: crise stratégique et crise d’identité.
Alain Juppé n’a pas tué le match. Il se balladurise. Il n’est pas l’expression de son camp mais de ce qu’il estime être la France
Nicolas Sarkozy se réinstalle dans le match.
J’attends avec impatience le centre de gravité du candidat: sera t-il dans la temporalité du FN ou celle du centre ?

Mauvais sondages pour François Hollande ?

Ces sondages manifestent une exaspération plurielle et contradictoire. Mais cette pluralité ne s’exprimera pas dans la présidentielle car ce sera le temps du choix.

Gauche / Primaires
Aujourd’hui la gauche se comporte comme si elle avait fait une croix sur la présidentielle. La présidentielle servirait à savoir qui de la gauche réformiste ou radicale serait majoritaire dans la gauche.
J’observe que tous les électeurs de gauche sont unitaires.
Je ne fais pas l’impasse sur l’élection présidentielle. Il y va de la nature de la France dans les années à venir.
J’appelle les communistes, les écologistes les socialistes à se rassembler, à faire en sorte de trouver un chemin ensemble.
La primaire, ce n’est pas pour départager la nature de la gauche ou pour sanctionner une loi ou pour avoir une attitude punitive par rapport à tel ou tel parti de la gauche, c’est pour faire en sorte qu’il y ait une offre politique globale à gauche, et qu’on reprenne l’espoir. Ce qui me frappe, c’est que l’éclatement du front de gauche, la scission de fait à l’intérieur des écologistes, la crise à l’intérieur du Parti socialiste, la violence d’un Jean-Luc Mélenchon, verbale, ou les cris sinistres à l’extrême gauche ont conduit le peuple de gauche à regarder sans espoir. Eh bien moi je veux faire renaître la flemme de l’espoir.

Nous discuterons des primaires samedi lors de notre conseil national.
Il y aura plusieurs possibilités: Soit une primaire de toute la gauche. Je suis pour. Je ne me résous pas à une réponse dilatoire du PCF ou des Verts.
Soit un changement de statut via un congrès extraordinaire.
Soit une primaire du seul PS. Soit aussi une désignation interne au PS. Tout est sur la table. Je ferais une proposition le 18 juin.

Ecologistes
Nicolas Hulot comme Jean-Vincent Placé, François de Rugy ou Emmanuelle Cosse sont pour moi des écologistes réalistes. Les autres sont gauchistes et sectaires. Ils sont complètement mélenchonisés

Déplacement de François Hollande à Colombey-les-Deux-Eglises

Quand on est Président, on n’est pas président de la gauche, on est président de tous les Français. Donc il faut respecter tous les Français et leurs symboles, ce qui crée d’ailleurs une contradiction, parce que le camp de gauche dit : « On n’est pas représenté » (…) Je pense que François Hollande est moins sectaire que Nicolas Sarkozy, il a été sur la tombe du Général de Gaulle, Nicolas Sarkozy n’a pas été sur la tombe de François Mitterrand.

 

27 Mar

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L’invité de Caroline Roux dans C Politique sur France 5

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C politique 27032016C politique bis 27032016

Jean-Christophe Cambadélis était dimanche 27 mars l’invité de Caroline Roux dans l’émission C Politique sur France 5.

 

Retrouvez la vidéo de l’émission ci-dessous ainsi que ses principales déclarations:

 

Attentats / Bruxelles

Sur la manifestation d’extrémistes à Bruxelles: « C’est ce que veulent les terroristes: la grande séparation. Par leur action ils veulent une réaction qui stigmatise tous les musulmans ».

« Je milite pour la concorde nationale. Faisons attention aujourd’hui à garder la dimension de concorde nationale.

Nous sommes une guerre asymétrique, au front mobile avec des attentats aveugles.

Les hommes et les femmes politiques ne devraient pas chercher à montrer que l’adversaire politique est laxiste. L’enjeu c’est l’efficacité, de trouver des mesures pour combattre le terrorisme.

Il y a une psychologie nationale à avoir: il faut savoir que nous sommes dans une situation où l’ennemi peut à frapper à tout moment.

Je suis pour la constitution d’un état major européen de lutte contre le terrorisme. Il faut plus de coordination. (…) Si colère il doit y avoir c’est contre les terroristes pas contre l’Europe. Les peuples ont répondu avec responsabilité, dignité. Il n’y a pas eu de cris accusant l’Europe. Ils ont cherché à faire bloc. »

Des Molenbeek en France ?

« La stratégie contre les terroristes ce n’est pas d’isoler les musulmans.

Il y a des problèmes, il ne faut pas les fuir. Il y a des poches, des rues, des immeubles. Mais ne parlons pas de « quartiers ».

Dans les quartiers il y a de la réussite, il y a de l’intégration, il y a des diplômés.
Je ne suis pas pour la stigmatisation des quartiers. Je préfère montrer ce qui réussit plutôt que de rejeter. Dans les quartiers en difficulté, il faut être en soutien des associations et des acteurs sociaux.

Les attentats c’est depuis un an, la radicalisation c’est depuis longtemps. Il faut parler, échanger pour bloquer et éviter que d’autres générations s’engagent dans ce même processus.
Je crois au langage de la raison, je crois qu’il faut considérer la personne pour pouvoir échanger. (…) Le pacte républicain ça veut dire un vivre ensemble.

Le soir des élections régionales j’ai dit qu’il fallait une inflexion sur le précariat.

Pour casser les ghettos sociaux il faut aussi que les villes riches acceptent aussi leur part de logement social. Les Républicains s’opposent à cela.
Ce qui s’est passé après le 13/11 a montré une volonté de mener la bataille contre des cristallisations sectaires. »

Chômage

« La France avec son filet social est un pays qui protège le mieux sa population.

Le PS a engagé plus que tout autre gouvernement un travail dans le sens de l’emploi: CICE, pacte de responsabilité,  loi El Khomri.

On n’interpelle jamais le Medef sur la croissance économique ou le chômage. Où sont passés les 40 milliards mis sur la table ? Les organisations syndicales patronales, c’est toujours moins pour les salariés et toujours plus pour l’entreprise.

Loi Travail: cette loi était déséquilibrée, maintenant elle est plus équilibrée, c’est un nouveau départ. Il faut toujours discuter et savoir enregistrer les évolutions positives. »

Politique du gouvernement / Election présidentielle

« Aujourd’hui nous sommes dans la contestation. Quand nous serons dans l’élection présidentielle nous serons dans la constatation.

L’absence de la gauche aux présidentielles serait le début de la fin: la marginalisation totale de la gauche.

Si on se divise, si on se fragmente à gauche, nous disparaîtrons d’un certain nombre de territoires.

Les Français ne vont pas répondre à la question « est-ce que vous appréciez la politique menée » mais qui allez vous prendre comme Président  de la République? Les Français vont chercher l’homme qui pourra affronter ce type de période, quelqu’un qui peut faire le job.

Qui peut dans la gauche gagner une élection présidentielle ? Celui qui est en situation.  Je suis pour l’homme qui aura incarné la France dans l’épreuve pour conduire la France.

Je suis conscient que les français sont plus qu’interrogatifs par rapport à ce que nous faisons.

Le PS a fait un choix, celui de la lutte contre le chômage. Il était nécessaire de reconstruire l’appareil productif pour ensuite redistribuer.

Je dis à tout le monde: il ne faut pas essayer de se distinguer mais de se qualifier. Il faut être unis et prendre ce qu’il y a de mieux dans chacun. »

25 Mar

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L’invité de Parlement Hebdo sur Public Sénat et LCP

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Parlement Hebdo 25032016

 

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Parlement Hebdo sur Public Sénat et LCP.

Il a répondu aux questions de Mickaël Szames et Kathia Gilder.

 

Retrouvez ci-dessous des extraits vidéos de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

Attentats :

« Il s’agit par des actions aveugles de créer les conditions de terreur en France et de séparation entre les Français.

Contre le terrorisme dans notre pays, il faut la concorde nationale qui est là, et l’union sacrée au Parlement qui n’est pas encore là.
François Hollande fait ce que doit faire un chef d’Etat et reconnaissons qu’il le fait bien.

La France est la seule à faire un effort de défense pour l’ensemble de l’Europe. Quand la France dit qu’il faut se préoccuper de la situation libyenne, l’Europe détourne les yeux.

Il y a une nécessité pour les Européens de se ressaisir pour faire face au terrorisme : politique diplomatique et politique de défense commune.

Nous sommes dans une guerre asymétrique avec un front qui n’est pas fixe.

Ces fauteurs de guerre ont une stratégie: la grande séparation. C’est ce que nous devons combattre. »

Propos tenus sur Molenbeek : « Il ne faut pas avoir de formules globalisantes et blessantes. «

Sur les propos tenus par Michel Sapin et Bruno Le Roux : « Les hommes politiques dans le moment présent doivent être économes de leurs mots. Ils se sont tous les deux excusés et ils ont eu raison.

Il y a des personnes qui agissent dans les foyers de pauvreté ou autour des frères musulmans. Nous devons les combattre. Ce n’est pas en stigmatisant ces quartiers que nous aurons de l’efficacité.

En guerre on fait attention à ses mots, ses phrases et ses propositions. J’appelle tout le monde à la prudence y compris dans mon parti. »

Opération de police à Argenteuil: « Cela nous inquiète et nous rassure à la fois : Il y a des cellules dormantes qui veulent passer à l’acte mais le système mis en place, les mesures prises démontrent une efficacité.

Bernard Cazeneuve est un exemple: il est économe de ses mots, il agit et a des résultats. »

Etat d’urgence : « Le débat dans la classe politique ne doit pas être celui qui vise à stigmatiser le laxisme de l’adversaire mais à débattre sur des propositions. »

Euro 2016 : « Il faut maintenir la fête et s’habituer à cette menace. Nous sommes en guerre et l’ennemi est lâche, il frappe à l’aveugle. Il faut prendre toutes les mesures de sécurité. »
Passenger Name Record (PNR) : « Manuel Valls a raison de dire qu’il faudra ajouter cet outil. Mais il en faut d’autres.

Un sommet européen spécialement dédié au terrorisme serait utile. Il faudra plus de coordination de nos services, la création d’une agence européenne de sécurité ou d’un état major européen.

Si nous disons que l’Europe est en guerre il faut une coordination européenne pour lutter. »

Révision constitutionnelle :

« Le Sénat, la droite sénatoriale, a commis une faute politique. Ils ont déployé un arsenal pour organiser le blocage de la révision constitutionnelle.

Nous avions fait un compromis quasiment historique à l’Assemblée nationale entre la droite et la gauche. Ça avait couté très cher à la gauche de le faire, très cher, en termes de débat sur les valeurs. Mais nous estimions, globalement aux deux tiers de l’Assemblée nationale, que cela était nécessaire pour avoir la réforme constitutionnelle

Ce débat ne procède pas de ce qui serait nécessaire pour ce pays mais de la volonté de se distancier du vote émis à l’Assemblée qui avait le soutien de Nicolas Sarkozy. Je ne trouve pas ça raisonnable. Je trouve que le Sénat, et je le dis au président du Sénat, à la Chambre haute, qu’ils ont commis une erreur politique par ce blocage.

Le compromis que Monsieur Jacob a accepté et voté est remis en cause par la droite sénatoriale, on marche sur la tête. Comment voulez-vous que les Français puissent comprendre ?
Je crois qu’il est nécessaire que la droite sénatoriale éclaire le tapis: sont-ils pour aller au Congrès?

Si Gérard Larcher est pour aller au Congrès alors il doit peser de tout son poids et mettre son mandat en jeu pour que ses troupes votent le texte. On ne peut pas biaiser sur ces questions, on ne peut pas jouer, faire de la politique politicienne. Il faut être à la hauteur de l’événement

Il faut arrêter de jouer et dire s’ils veulent aller au Congrès ou non, s’ils ne veulent pas, l’affaire va se terminer. Le texte de l’Assemblée est déjà un compromis. »

Perpétuité Réelle :

« Ce qui est bizarre c’est que nous avons déjà voté cette mesure le 8 mars à l’Assemblée et elle est l’objet d’une polémique.

Encore une fois soyons économes de nos mots. Nos propositions ne doivent pas avoir pour but de démasquer le prétendu laxisme de l’adversaire mais de chercher l’efficacité dans la lutte contre le terrorisme. »

Loi travail:

« La contestation a eu lieu avant le dépôt du texte au Conseil des ministres et le Gouvernement l’a pris en compte. Chacun a pu s’exprimer, négocier, le texte est maintenant déposé et à l’Assemblée il y aura un débat.

La pétition #loitravailnonmerci était une manifestation sur le net. Le Gouvernement a eu raison de prendre le taureau par les cornes et de présenter un nouveau départ pour ce texte.

Ce texte a profondément été rééquilibré et il y a des avancées très positives. On pourrait au moins reconnaitre cela. »

Affaire des écoutes / Nicolas Sarkozy
:

« Ces écoutes ne se sont pas faites au hasard : Il y a un pseudo… tout cela pose problème.

La procédure qui suit son cours ne facilite pas sa candidature.

Nicolas Sarkozy sait très bien que ceci va faire buzz et provoquer dans l’électorat de droite la question de sa candidature. »


Primaires à gauche :

« Le Parti socialiste a déjà dit lors de son dernier Conseil national qu’il était pour la primaire. Une commission a été constituée à cet effet.

La primaire n’est pas le seul moyen pour obtenir l’unité des forces de gauche.

Le 14 avril  nous lancerons l’alliance populaire. Nous installerons dans tous les départements des collectifs de l’alliance populaire qui convergeront le 3 décembre dans une grande convention.

L’alliance populaire c’est un regroupement qui vise à dépasser le Parti socialiste avec la volonté de se tourner vers les citoyens, les associations citoyennes, les syndicalistes

Le problème n’est pas de s’unir au second tour mais d’être au second tour.

Le PS aura à décider de sa forme de participation. »

19 Fév

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Entretien avec L’Observateur du Maroc et d’Afrique

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L’Observateur du Maroc et d’Afrique publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en intégralité ci-dessous:

 

D’abord cette question d’actualité, êtes-vous satisfait de l’élargissement à gauche du nouveau gouvernement?

C’est un élargissement de l’assise gouvernementale qui permet de s’approcher de ce que fut le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault avec des socialistes, des écologistes et des radicaux. C’est un gouvernement arc-en-ciel. Ce remaniement élargit donc la base gouvernementale et nous en avions besoin.

Que répondez-vous aux critiques notamment à gauche qui estiment que ce remaniement est finalement un calcul politicien visant clairement à préparer les prochaines élections?

Dans une époque où le « jamais content » l’emporte sur tout autre chose, cela n’est pas étonnant. La sortie de la ministre de la Justice conduisit à la critique d’un gouvernement à base réduite. L’élargissement aux écologistes fut tout autant critiqué… Ainsi va la France

Plusieurs personnalités de gauche réclament une primaire pour 2017. Vous y êtes favorable ?

En rencontrant les responsables de cet appel, j’ai affirmé « nous avons un regard bienveillant sur les primaires ». D’ailleurs, deux responsables ont été désignés pour le comité d’organisation de cette échéance. Nous sommes en faveur d’un candidat de toute la gauche, et que l’ensemble de la gauche puisse désigner un candidat unique. C’est la raison pour laquelle nous avons accepté des participations aux débats qui vont être organisés avant les primaires.

François Hollande n’est donc plus candidat naturel du PS. Pourrait-il y avoir d’autres candidats, notamment parmi les frondeurs ?

C’est un débat que nous n’avons pas encore eu et qui n’est pas tranché. Je ne pense pas que le PS puisse se permettre de présenter plusieurs candidats à la primaire. Cela amènerait à sa destruction et à l’affaiblissement de notre candidat final. Il faudra réfléchir à la présentation maitrisée des candidats PS s’il y en a. Ceci dit, ma position, à titre personnel, c’est qu’il y ait un seul candidat PS dans ce type de primaire.

Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature à la Présidentielle, cela compromet de facto votre volonté d’une primaire de toute la gauche.

Jean-Luc Mélenchon fait son choix. C’est classique et en accord avec ce qu’il pense. Il estime que la présidentielle c’est la rencontre d’un Homme avec un pays. C’est une vieille vision gaulliste et c’est sa vision de la Vème République même s’il défend la VIème République. Déjà lorsqu’il était au PS, il n’aimait pas la primaire. Il n’y a pas de raison qu’il y soit favorable maintenant qu’il n’est plus membre du parti. D’autant qu’il a tiré un trait sur ce qu’il appelle « les vieilles représentations politiques ».

L’alliance populaire constitue votre nouvelle bataille. Pourtant la gauche est divisée, y compris au PS. Croyez-vous toujours à cette alliance ?

Cette Alliance est une construction originale visant à rassembler, au-delà du PS, principalement le réseau associatif et des personnalités qui partagent avec le PS l’idée de répondre au défi de notre époque. Le problème, aujourd’hui, n’est plus de rassembler la gauche au second tour, c’est d’être au second tour! Si l’Alliance populaire commence à se mettre en mouvement, si les gens encartés sont minoritaires par rapport aux citoyens dans cet appel… Bref, si l’Alliance populaire déclinée sur le territoire est un succès, nous allons peser sur nos partenaires verts et communistes afin de construire une alliance beaucoup plus grande.

Le projet de loi de la «Protection de la nation » a été approuvé par les députés. Le texte ne fera pas référence aux binationaux. Finalement c’est « la déchéance pour tous » au risque de permettre la création d’apatrides ?

Par ma voix, le Parti Socialiste (PS) a demandé à ce que le terme «binationaux» ne soit pas inscrit dans le marbre de la constitution. Nous étions en faveur d’une mesure de «flétrissure» de ceux qui avaient pris les armes contre la nation. Nous voulions aussi sauvegarder l’union nationale et cela nous a obligé à utiliser des «expressions»que la droite pouvait voter. Pour l’apatridie, nous étions contre. Au final, le PS a été satisfait des corrections apportées au final au texte…même si beaucoup y sont toujours opposés.

Le président du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains) a annoncé sa volonté de revenir à la version initiale du projet de François Hollande, qui visait à étendre la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France. Le projet constitutionnel risque-t-il de faire l’objet d’une réécriture au Sénat?

Pour cela il faut une majorité, or le Sénat est composite et la droite divisée. Les élus Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale ont voté le texte sans le terme «binational». Il n’y a pas de raison pour que les sénateurs du même camp votent différemment. Le Parti Socialiste ne suivra évidemment pas l’appel de monsieur Larcher, le Parti Communiste sera globalement contre et les écologistes aussi. Les centristes, eux, demandaient «la déchéance pour tous». Au final, monsieur Larcher n’a pas la majorité de sa posture.

Mais dans les faits, seuls les binationaux sont « expulsables » du territoire français en cas de déchéance. Seraient-ils les seuls visés au risque de créer deux catégories de citoyens ?

D’abord, nous parlons de terroristes ayant commis des crimes de sang. Ensuite, c’est déjà le cas parce que nous avons la déchéance et l’expulsion possibles. Enfin les expulsables non expulsés restent

Pourtant la gauche comme la droite s’accordent à dire que cette mesure est inefficace dans la lutte contre le terrorisme. Pourquoi la maintenir ? Pourquoi ne pas s’en tenir à la loi sur l’indignité nationale ?

Parce qu’il fallait l’unité nationale! J’aurais préféré des formules «plus socialistes», mais nous n’aurions pas eu les votes de la droite. Il n’y aurait donc pas eu de constitutionnalisation de la procédure d’urgence. La difficulté est de réunir les 3/5èmes et pour cela il faut satisfaire tout le monde. Nous aurions pu faire une loi simple puisque nous avons une majorité à l’Assemblée nationale. Mais nous avons décidé de constitutionnaliser certaines mesures. Et pour cela il faut les 3/5èmes.

Le quart de l’hémicycle était présent pour voter le premier article du projet de loi de révision constitutionnelle. L’abstentionnisme des électeurs additionné à l’absentéisme des députés ne créent-ils pas un vrai problème de représentation et de légitimité?

Les parlementaires ne sont pas astreints à une présence pour tous les sujets. Ce n’est pas une tradition et d’ailleurs il ne l’est dans aucun parlement. Et les amendements sont moins importants. En revanche, pour le vote sur la constitutionnalisation de l’état d’urgence, par exemple, tout le monde a voté, et quand il y a eu débat sur l’article 2, les parlementaires étaient présents.

La présence n’est pas obligatoire mais le sujet divise. Est-ce responsable de ne pas voter ?

Au moment du vote, il y avait la commission des affaires étrangères qui traitait du bombardement d’Alep. Il y avait au moins 40 parlementaires. Le travail parlementaire ne se fait pas seulement dans l’hémicycle. Il se fait en commission et sur le terrain. Le paradoxe c’est que quand je suis dans l’hémicycle, mes électeurs me reprochent de ne pas être présent en circonscription. Et quand je suis en circonscription, on me reproche de ne pas être dans l’hémicycle.

Emmanuel Macron s’est opposé à Manuel Valls sur la déchéance de la nationalité, s’attirant ainsi la sympathie des frondeurs. Christiane Taubira a même claqué la porte. Au départ, vous aviez vous-même dit que ce n’était «pas une idée de gauche», vous le pensez toujours ?

Bien sûr que ce n’est pas une idée de gauche! Le dire est une tautologie. Nous n’avions pas voté cette proposition dans nos congrès, ce n’était pas dans notre programme. Mais pour modifier la constitution, il faut les 3/5èmes du parlement. L’union nationale est indispensable. Pour la gauche, il ne faillait pas faire mention aux binationaux mais il fallait également prendre en compte la sensibilité de la droite. Ce n’est certes pas une idée de gauche, mais la déchéance de nationalité était déjà pratiquée, le Code Civil la permettait et le Conseil Constitutionnel avait indiqué qu’il n’était pas défavorable à cette pratique via une question prioritaire de constitutionnalité. Encore une fois, c’était pratiqué auparavant mais ce n’était pas constitutionnalisé. Maintenant, la déchéance sera constitutionnalisée et pratiquée. Honnêtement, même si ce n’est pas une idée de gauche dans les faits, cela ne change pas grand chose.

La lutte contre le terrorisme est aussi un sujet qui divise. Manuel Valls estime qu’«expliquer le jihadisme, c’est déjà vouloir un peu excuser» quand Emmanuel Macron parle de «terreau» favorable. Quelle est votre position ?

Il n’y a aucune justification mais il peut y avoir des explications. Évidemment que les actes terroristes sont injustifiables, mais il faut réfléchir aux causes pour pouvoir les combattre. Il est important de connaitre les raisons qui ont poussé certains jeunes français à se radicaliser et qui les ont poussés à prendre les armes contre d’autres Français. C’est une polémique qui a été médiatiquement grossie. Le Premier ministre n’est pas contre l’explication, il est contre la justification.

La France est très en retard en comparaison avec ses voisins européens sur la déradicalisation. Pourquoi ce retard alors que le problème n’est pas nouveau, et comment le rattraper?

La première raison est que nous avons laissé une grande partie du travail sur le terrain aux associations qui font, je le souligne, un travail extraordinaire. Notre système qui a ses faiblesses et ses qualités, à savoir «l’intégration à la française», implique qu’il n’y ait pas d’actions spécifiques pour une population spécifique. En Angleterre, par exemple, c’est un système communautaire. C’est donc la communauté qui prend en charge sa propre communauté. En France, si nous avions engagé une action en direction d’une partie spécifique de la population, certains auraient parlé de ségrégation. Nous sommes un peu prisonnier de notre modèle d’intégration à la française, c’est pour cela que nous avons pris du retard. Nous ne pensions pas que la France pourrait être un jour frappée par des Français! A l’époque du GIA, nous avons connu des attaques sur le territoire français, mais ils étaient commis par des Algériens radicalisés. C’était donc le fait de ressortissants de pays étrangers. Concernant les actes les plus récents, il était sidérant de voir des Français s’attaquer à la France. Cela nous a ouvert les yeux sur le nombre important de départs vers la Syrie. Les lois sur les départs vers ce pays sont finalement arrivées bien tardivement même s’il y avait des alertes, il y a déjà longtemps, avec Khaled Kelkal et d’autres. Mais, nous n’avions pas conscience de l’ampleur du phénomène.

Pour lutter contre le terrorisme, au Maroc, la formation des imams a été institutionnalisée. De nombreux imams français sont d’ailleurs formés à l’Institut Mohammed VI de Rabat. Faut-il améliorer cette coopération pour lutter contre le discours radical?

Tout ce qui permet d’éviter la radicalisation et d’élever la connaissance des imams me semble positif. Au Maroc, il y a une tradition presque séculaire, il n’est pas anormal que les imams français s’en inspirent. Je ne considère pas l’islam et les musulmans comme un bloc. Comme toutes les religions et les cultures, l’islam est traversé par des courants contradictoires. Mais tout ce qui permet d’apaiser me semble bienvenu.

Toujours dans le domaine de la lutte antiterroriste, comment les services de renseignements français et marocains peuvent-ils améliorer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme?

Je les crois déjà très bons. Le président de la République a remercié publiquement le Maroc pour son concours lors de l’agression de la France.

L’une des causes de la radicalisation et donc du terrorisme est qu’il y a, dans les quartiers populaires en France, un sentiment d’abandon et parallèlement, le discours radical, notamment salafiste, gagne du terrain depuis une trentaine d’années. Qu’est-ce qu’a fait la gauche pour les banlieues qui ont massivement voté pour François Hollande en 2012?

Il y a 400 quartiers en zone prioritaire. L’Etat verse énormément d’argent dans les quartiers populaires. Ce ne sont pas des zones de non-droit, même si il y a parfois des dérapages à condamner. La percée du salafisme en France a été progressive, contrairement à l’Angleterre où des mosquées, au nom du communautarisme, ont été d’emblée dirigées par des gens en sympathie avec Al-Qaida. Il a fallu beaucoup de temps pour que ce pays expulse ces ressortissants qui avaient pignon sur rue pour défendre Al-Qaida. En France, cela s’est fait par entrisme et pas en pleine lumière pour le salafisme et jamais Al-Qaida n’a eu pignon sur rue. Un mouvement piétiste s’est radicalisé et a commencé à déployer et à développer l’idée de la séparation de la communauté musulmane de la République. Avant que ce problème ne prenne une ampleur de masse, il s’est passé du temps.

Pourquoi n’y a-t-il pas l’émergence d’un islam de France ?

L’islam est récent dans l’histoire de la France. Il y a un processus original à construire qui ne peut pas être celui de 1905, avec la séparation de l’église et de l’Etat ou celui de l’adhésion à la République des juifs avec «le serment à la France». La République française c’est le droit de croire ou de ne pas croire. Ce n’est pas vivre selon les lois de sa religion, voire de son interprétation. C’est cet espace en France qu’il faut construire dans le respect de l’islam.

Qu’en est-il du vote des étrangers, promesse de François Hollande, est-il définitivement enterré ?

Je ne comprends pas pourquoi le débat a disparu de l’Assemblée nationale. Je ne partage pas l’idée, majoritaire à gauche, qui veut qu’à cause de la montée du nationalisme en France, nous devons mettre ce sujet de côté. Ce n’est pas ma conception de la politique. Dans ce cas, nous ne parlons plus de rien pour ne fâcher personne.

De nombreux problèmes en France sont liés aux difficultés économiques. Le dernier rapport de la Cour des comptes (10 février) nous apprend que sur les 500.000 contrats de génération fixé par François Hollande d’ici à 2017, seuls 40.300 avaient été signés fin juillet 2015 (il aurait dû y en avoir 220.000). Le dispositif est jugé «complexe et peu lisible par les entreprises». Le contrat de génération est-il un échec?

C’est un revers, ce n’est pas ce que nous voulions. Le dispositif était compliqué, sur une idée intéressante qui a été portée par le Président de la République. Malheureusement, on n’a pas trouvé le moyen pour la simplifier afin qu’elle puisse prospérer.

Mais le chômage en France reste aux alentours de 10 %, alors même qu’il baisse dans le reste des pays de l’OCDE. L’inversion de la courbe du chômage, promesse de campagne de François Hollande, vous semble t-elle possible ?

Il faut faire attention aux comparaisons avec les autres pays. Par exemple, pour l’Angleterre il y a eu la création de 77.000 emplois. En France nous en avons créé 46.000. Notre problème est que nous avons besoin de créer 150.000, compte tenu de notre démographie et des départs à la retraite. Le déficit est très important c’est pour cela qu’il nous faut une politique pour le diminuer. Contrairement à d’autres pays, la France ne produit pas de mini-jobs, mais des emplois. La législation allemande et anglaise permettent, dans une mesure plus importante, la création de «travailleurs pauvres»avec des salaires épouvantables. Les mini-jobs sortent de leurs statiques chômages, mais en France nous ne faisons pas cela. Notre pays a un avantage et un inconvénient c’est qu’en période de crise, son filet social protège les citoyens, malgré ses déficits. Mais en période de reprise de la croissance, c’est un obstacle à sa compétitivité. Il faut donc trouver le bon moyen pour continuer à protéger nos concitoyens tout en permettant la compétitivité. Concernant l’inversion de la courbe du chômage, je pense que c’est possible. La croissance s’améliore. J’espère juste que cela arrivera avant la présidentielle de 2017.

Si cela n’arrivait pas, c’est la droite qui pourrait en profiter. Que pensez-vous du retour de Nicolas Sarkozy ?

Je pense que son retour est difficile. Il a été Président. Il a été battu. Et maintenant il s’inquiète.

Alain Juppé est en tête des sondages. Finalement n’est-il pas un candidat plus «redoutable »pour François Hollande que Nicolas Sarkozy puisqu’il rassemble au-delà de son parti, notamment chez les sympathisants PS ?

La droite n’a pas d’idée neuve. Elle est forte que du rejet de la gauche. Elle est tout autant frappée que d’autres par la déconstruction de l’espace public auquel nous assistons. La primaire de la droite ne réglera pas son problème stratégique. Si c’est Nicolas Sarkozy qui l’emporte, il est presque certain que François Bayrou sera candidat. Si c’est Alain Juppé qui l’emporte, je pense que nous allons voir émerger une droite dure, bonapartiste, décomplexée. Nous l’avons constaté lors des élections régionales, le positionnement de la droite est compliqué à cause de la montée du FN. Je ne suis pas certain qu’Alain Juppé soit en mesure de faire face à cette équation. La droite en France c’est des solutions du passé portées par des hommes dépassés.

Vous évoquez la montée du FN, à quel point cela vous inquiète?

Je combats le FN depuis 1983. J’ai animé différents réseaux pour dire que ce mouvement avait vocation à prospérer car il s’appuie sur une faille qui est le nationalisme et le souverainisme xénophobes. Et là, tous les ingrédients sont réunis. D’un côté, il y a la mondialisation et de l’autre, l’échec européen, le chômage, les réfugiés et bien sur l’islam. Le FN a un espace pour évoluer et présenter une explication fruste aux difficultés quotidiennes que rencontrent les Français. Front national, Les Républicains-UDI, le Parti socialiste et ses alliés, j’ai appelé cela le tripartisme du paysage politique et c’est très inquiétant. Il n’y a évidemment pas 50% de Français qui partagent les idées du FN, mais avec une droite divisée et une gauche émiettée, les 30% du FN pourraient l’emporter.

Il y a eu la première manifestation du mouvement Pegida à Calais dimanche 7 février et l’islamophobie continue de faire débat en France. Quelle est votre position ?

J’ai pris position en disant que le refus du terme «islamophobie» me faisait rire! Il n’y a peut-être pas d’islamophobie mais il y a des islamophobes. En réalité, il y a deux mouvements qui se font face : il y a un mouvement identitaire en France qui estime que l’islam va dominer dans le pays, c’est la théorie du grand remplacement .Ce mouvement veut défendre une identité française qui selon ses membres est «blanche, catholique, apostolique et romaine» et ils veulent se séparer des musulmans, voire parfois les renvoyer «chez eux». Parallèlement, de l’autre côté de l’échiquier, il y a un mouvement radical salafiste, plusieurs nuances existent, mais dans l’ensemble ses membres estiment que la République ne peut pas décider de leur vie quotidienne et qu’ils doivent vivre comme le dit, d’après eux, le coran. Un mouvement nourrit l’autre. Les premiers pensent qu’on veut imposer un certain mode de vie à la République et les seconds pensent que la République veut leur interdire de vivre leur religion. C’est très dangereux et nous sommes juste au début. Je suis très choqué de ce qui s’est passé à Ajaccio et de ce que j’ai entendu à Calais, même si la situation des calaisiens est épouvantable. Cela donne une patine, une indication de la situation en France. Et pour finir mon raisonnement, je suis aussi très inquiet de ce que je lis sur les réseaux sociaux, c’est aussi épouvantable. Il y a une espèce de guerre civile et elle peut à tout moment s’exprimer dans la rue.

La gestion du problème migratoire ne fait pas non plus l’unanimité. L’accueil réservé par la France aux réfugiés vous semble-t-il à la hauteur de leur drame humanitaire?

La situation des réfugiés est terrible. C’est un problème européen. Je suis en faveur d’une conférence internationale sur les réfugiés. Nous avons besoin d’une position solidaire et commune de l’Europe. Je suis pour le traitement politique de la question des réfugiés qui combine une solution là-bas, militaire ou pas, le financement de l’accueil dans les pays limitrophes, la mise en place de « hot spots » dans les pays de la deuxième zone d’accueil. Et une solution solidaire – excusez ce terme épouvantable – pour le solde.

Dans leur grande majorité, les réfugiés ne veulent pas venir en France ou y rester notamment ceux de Calais. Comment l’expliquez-vous ?

C’est parce qu’ils ont des liens qui datent de la colonisation anglaise. Ils ont souvent des proches là-bas. Ils constatent aussi que la situation économique n’est pas bonne et que le FN est à 30%. Le paradoxe c’est que le Front national dit que la France attire les réfugiés pour ses minimas sociaux alors que ce n’est pas vrai. Ils ne veulent pas rester ou venir en France. Après, nous accueillons les réfugiés en fonction des quotas fixés. Il faut que l’Europe fasse plus mais il faut surtout que la guerre s’arrête.

Vous le rappelez, la situation des réfugiés est directement liée au conflit syrien. Laurent Fabius quitte son poste de ministre des Affaires Étrangères pour le Conseil Constitutionnel alors que la situation en Syrie est chaotique, notamment à Alep où le régime de Bachar al-Assad avec l’aide des Russes est entrain de reconquérir la ville. Est-ce un choix responsable ?

Premièrement, il faut lancer un cri d’alerte sur ce qui se passe à Alep. La ville est bombardée, les populations sont dans des situations épouvantables et elles fuient ici. Vladimir Poutine et Bachar al-Assad bombardent et les populations viennent chez nous. Ce n’est pas tolérable et il faut le dénoncer. Je suis étonné de voir que la seule formation politique en France à avoir protesté contre cette situation est le PS. Concernant le départ de Laurent Fabius, certes c’est un homme intelligent, précis et efficace, mais il y a un Quai d’Orsay qui mène une politique. Laurent Fabius était ministre de Jean-Marc Ayrault. Ce dernier était donc informé et en phase avec son ministre. Il n’y aura pas de rupture de continuité.

Toujours concernant le dossier syrien, l’Arabie Saoudite se dit prête à envoyer des troupes au sol si la coalition le décide. Quelle est votre position ?

Tout ce qui permet de régler le conflit le plus rapidement possible doit être étudié. Le retour du printemps m’inquiète, les gens vont recommencer à marcher, il y a urgence ! La Grèce n’est pas en situation de gérer le problème, les turcs sont ambivalents, la Bulgarie ne peut pas faire face. La situation humanitaire va être dramatique. Je suis donc d’accord pour que l’on étudie sérieusement cette possibilité. Mais il faut être prudent. La tension est maximale entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Il ne faut donc pas se précipiter sur une solution qui conduise à un conflit régional.

Autre région touchée par le terrorisme, le Sahel, dans cette zone le caractère transfrontalier de la menace terroriste a exigé une approche régionale. C’est dans cet esprit que l’opération Barkhane est lancée le 1er août 2014. Pourtant, les groupes terroristes prolifèrent et multiplient les actions. Comment la France combat-elle ce terrorisme qui devient une menace pour l’Hexagone et l’Europe?

La France a évité au Mali la constitution d’un Etat terroriste aux portes de l’Europe, même si c’est de l’autre côté du Sahel. Mais le conflit aurait pu se métastaser dans le reste de la région. Notre pays n’a jamais prétendu que son intervention militaire et que sa volonté d’aider à la reconstruction d’un état malien géré par les maliens mettait une fin définitive à la prolifération du terrorisme. Il y a des petites structures réfugiées dans le Sahel ou le sud de la Libye qui peuvent faire des incursions, mais elles ne peuvent pas prétendre gérer un Etat. La présence de la France est indispensable, mais il y a également toute une série de décisions et d’actions à entreprendre comme les élections démocratiques, la construction d’un Etat, la formation d’une armée et la mise en place d’institutions au Mali et dans l’ensemble des pays concernés.

Les groupes terroristes donc Daesh gagnent du terrain en Libye, êtes-vous en faveur d’une action en Libye ?

Je pense que pour mener une action en Libye, il faut réunir deux conditions : la première est que le Conseil de Sécurité de l’ONU prenne une positon en faveur d’une intervention. La deuxième condition, il faut un début de consensus en Libye. Il ne faut pas frapper les terroristes s’il y a un désordre dans l’ensemble du pays. La prise de conscience commence chez les Libyens. Même si la situation est chaotique, ils savent qu’ils doivent quitter l’ère Kadhafi tribale pour constituer l’embryon d’un Etat national. Si ces deux conditions sont réunies. Les Libyens pourront faire appel à la communauté internationale pour participer à une action de reconquête de leur territoire. Il ne faut pas être dans une « attitude » coloniale, il faut répondre à des gens qui veulent combattre le terrorisme.

La réponse sécuritaire est-elle suffisante en Afrique où persiste un problème de gouvernance dans certains pays et de démocratie dans d’autres ?

C’est injuste parce que la croissance africaine va finir par faire pâlir l’Europe riche. Par ailleurs, plus le temps passe, plus les générations sont démocratiques, formées, éduquées. Elles sont d’ailleurs de plus en plus critiques avec les gouvernances monopolisant le pouvoir. Cette génération est soutenue par la France et l’ensemble des pays démocratiques. Cela exerce une pression sur les États pour aller vers une transition démocratique. C’est un processus lent et long. Evidemment, la réponse sécuritaire ne suffit pas. J’ai appelé à une conférence internationale sur les réfugiés pour avoir une vision d’ensemble avec à la fois les pays qui accueillent et ceux qui «envoient». Il faudrait également la présence des pays qui peuvent aider avec des fonds pour sédentariser les populations. Si nous n’adoptons pas une politique globale et totale, nous allons en permanence avoir les mêmes problèmes.

Le roi Mohammed VI a plusieurs fois appelé les Africains à prendre leur destin en main en plaidant pour le co-développement et pour les investissements triangulaires. Que pensez-vous de cette stratégie et comment l’Afrique peut-elle s’émanciper des pays riches?

Toute une série de leaders des années 1960 ont professé cette idée, de voir l’Afrique s’émanciper des gouvernements coloniaux et puis face à la manière coloniale dont la décolonisation s’était faite. Je pense que c’est nécessaire, vu la situation économique des pays européens. Nous investissons beaucoup d’argent dans la présence militaire dans des pays africains alors que nous sommes nous-mêmes en difficulté. De plus, nous avons besoin du développement africain car plus ce continent gigantesque se développe, plus une classe moyenne va consommer. Comme cela s’est passé avec la Chine. Par conséquent, c’est là un facteur de développement pour l’Europe. Le bassin méditerranéen, qui est aujourd’hui à feu et à sang, peut redevenir le poumon de l’humanité et cela grâce aux civilisations qui le traversent et de l’inventivité qui s’y exerce. Les cultures peuvent être beaucoup plus proches que nous voulons le reconnaître. Et l’effet paradoxal de la colonisation réside dans une détestation latente mais dans une reconnaissance constante.

Le Roi du Maroc rencontre François Hollande mercredi, au menu des discussions figure la Cop 22. Comment la France et le Maroc peuvent-ils collaborer dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préparation de la prochaine COP de Marrakech?

D’abord par la réussite de la COP22. La France préside, le Maroc organise. La collaboration est nécessaire. Ensuite, en réalisant les objectifs maitrisables de la COP21. Enfin, en explorant la question de la solidarité mondiale avec les pays émergents dans la transition écologique.


Propos recueillis par Noufissa Charaï

 

25 Jan

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L’invité de Roland Sicard dans Les 4 Vérités sur France 2

par

JCC Les4vérités 25012016 bis

Jean-Christophe Cambadélis était ce lundi 25 janvier l’invité de Roland Sicard sur France 2.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Les 4 vérités par telematin

Vidéo Daesh

« François Hollande a très bien réagi. La France ne se laissera pas terroriser, impressionner, bousculer, quelle que soit l’horreur des vidéos qui sont présentées ».

État d’urgence
« Tout le monde comprend que le risque est important et qu’il faut prendre des mesures pour protéger les Français, sans pour autant porter atteinte aux libertés publiques, c’est un équilibre qu’il faut respecter, mais en même temps cette vidéo confirme que le risque est majeur.
Nous sommes dans l’exception. Il faut répondre d’une manière adaptée.
Je ne vois pas de responsables socialistes voter contre l’état d’urgence ».

Livre de Nicolas Sarkozy
« Si on ne voyait pas que c’est un premier pas vers une candidature, c’est qu’on ne verrait rien.

On va voir quelles seront les propositions qui seront les siennes, mais je vois que dans ce qui est amorcé, on est très à droite, tant sur le plan des questions de société que surtout sur les questions économiques et sociales. On se dit que c’est l’austérité renforcée et le saccage social.

Avec tant de mea culpa on se dit qu’on a bien fait de ne pas l’élire, qu’on a bien fait de ne pas faire en sorte qu’il se succède à lui-même. Il le dit, qu’il avait fait tant d’erreurs qu’il ne méritait pas ce poste.

Primaire à gauche
« Je suis favorable à une primaire de toute la gauche mais elle est difficile à organiser.
Jean-Luc Mélenchon n’en veut pas et Cécile Duflot et Pierre Laurent veulent d’une primaire sans le PS. S’il y avait toute la gauche nous pourrions organiser cela.
Ce n’est pas parce que les Républicains ont mis 1 an à le faire que nous ne sommes pas en mesure de le faire. »

Déchéance de nationalité
« Le président de la République essaie de trouver les voies et les moyens nécessaires à l’union nationale pour lutter contre le terrorisme mais les partis politiques ont des positions très tranchées.
Le PS ne veut pas voir gravée dans le marbre de la constitution la déchéance pour les binationaux.
Je vois des solutions mais je ne suis pas certains que les solutions développées par le PS soit acceptées par la droite ».

06 Jan

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

par

JCC europe 1 06012015

Jean-Christophe Cambadélis était ce mercredi 6 janvier 2016 l’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Sécurité et déchéance de nationalité : Jean… par Europe1fr

Projet de loi sur la sécurité : 

« C’est un débat bizarroïde : Un texte tronqué, pas encore examiné par le Conseil d’Etat, au conseil des ministres en février, au Parlement après et on nous dit déjà que nous sommes dans l’état policier !
Je l’ai dit lundi au Bureau national : Il faut être vigilant. Le respect des libertés et la sécurité ne sont pas incompatibles.
On ne peut pas vivre constamment dans l’état d’urgence.  La fin de l’état d’urgence ne veut pas dire la fin de la sécurité. La sécurité ne veut pas dire tout le pouvoir à la justice administrative
Nous sommes en guerre contre le terrorisme. Notre rôle c’est de faire de la sécurité pour les Français sans porter atteinte aux libertés.

On s’emballe sur des débats qui ne sont pas encore stabilisés parce qu’on est dans la polémique permanente ! Ça suffit ! »

Déchéance de la nationalité :

« Le feuilleton doit cesser. Il faut prendre une décision.
Faut-il l’union nationale contre le terrorisme? Réponse: oui. Faut-il mettre dans la constitution l’état d’urgence? Réponse: oui. Faut-il dénier le droit d’être Français aux terroristes qui nous dénient le droit d’être Français? Réponse: oui. Faut-il qu’il y ait des discriminations entre Français? Réponse: non, pas de discrimination entre les Français. Faut-il qu’il y ait des apatrides ? Réponse: non. Avec ces cinq items, on fait un texte de trois lignes et on se met d’accord à l’Assemblée nationale et au Sénat pour se débarrasser de cette question parce qu’il faut qu’il y ait l’état d’urgence dans la Constitution. »
Les parlementaires doivent prendre leurs responsabilités sur un texte stabilisé. On va arrêter le concours Lépine sur ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire.

Nous avons eu un premier débat au Bureau national. Nous en aurons d’autres mais une fois que nous aurons pris une décision, il faudra s’y tenir »
Réforme constitutionnelle :

« Je crois qu’il faut arrêter de finasser à droite, il faut arrêter les arguties. »

 Corée du Nord :

« Je suis très inquiet vu la nature du régime. (…) Il faut que l’ensemble de la communauté internationale soit d’accord sur le fait que c’est dangereux, ensuite, il faut trouver le moyen de « casser le bras », si je puis dire, à ce dictateur. »