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06 Nov

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La gauche adopte une politique de l’offre

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« La France est mal placée dans la compétition mondiale ». Ce n’est pas le MEDEF qui le dit mais deux tiers des français, selon un sondage de l’IFOP publié ce week-end par Ouest-France.

Comme pour la dette, une prise de conscience s’est opérée dans l’opinion. La compétitivité est désormais considérée comme un sujet majeur par une large majorité de l’opinion qui n’aurait pas compris que François Hollande et Jean-Marc Ayrault restent dans l’ambiguïté.

Le constat fait consensus. L’industrie française atteint aujourd’hui un seuil critique au-delà duquel elle est, selon Louis Gallois, « menacée de destruction ». Elle est « prise en étau » avec d’un côté des pays « haut de gamme » comme l’Allemagne, qui « ont su se différencier par l’innovation, la qualité, le service, la marque » et, de l’autre côté, « des pays émergents mais aussi certains pays d’Europe du sud ou de l’est qui bénéficient de coûts de production plus faibles ». L’analyse est juste et ne souffre d’aucune contestation.

L’exécutif devait donner un cap. Il le fait avec courage et détermination.

Au-delà des mesures saluées par tous comme un « small business act » à la française pour les PME, le doublement des contrats en alternance, le renforcement des filières, les nouvelles priorités industrielles centrées sur les technologies génériques, la santé et la transition énergétique ou l’aide à l’export, il propose :

– D’une part une nouvelle réduction de 10 milliards d’euros des dépenses publiques à étaler sur 2013 et 2014 qui s’ajoute à celles déjà programmées sur la législature, à laquelle les collectivités locales seront appelées à concourir,

– d’autre part, de financer 20 milliards d’euros de baisse des prélèvements sur les entreprises sous forme de crédits d’impôts par une augmentation modérée du taux normal de TVA qui passerait de 19.6 à 20 %, un relèvement plus conséquent du taux intermédiaire qui passerait de 7 à 10 ou 12 %, mais une diminution de 5,5 à 5 % pour les produits de première nécessité

Exit donc une augmentation de la CSG. La gauche a satisfaction sur ce point.

Comme le disent les organisations internationales, tel le FMI, ou la droite allemande épaulée par l’ancien chancelier Schröder, « c’est au tour de la France d’agir ».

La France n’a-t-elle donc d’autre choix que de s’engager dans la stratégie allemande d’une course-poursuite à la compétitivité, sachant que celle-ci n’a guère produit d’effets positifs au niveau de la zone euro ?

Faut-il réduire encore la dépense publique, alors que de nombreux économistes tels J. Stiglitz ou Paul Krugman, prix Nobel, mais aussi Daniel Cohen ou Philippe Aghion, peu suspects de laxisme, considèrent que la faiblesse des économies occidentales et la stagnation en Europe sont largement dues à la rétractation de la demande ?

Pourquoi les entreprises appelées à investir davantage le feraient-elles si le marché intérieur est atone et que le marché européen n’offre pas suffisamment de débouchés ?

Est-il bien certain que la baisse des prélèvements sur les entreprises sera bien orientée vers la relance de l’investissement productif et la création d’emplois plutôt que sur une augmentation, même partielle, des dividendes des actionnaires ?

Doit-on imposer une cure d’amaigrissement aux collectivités locales par des réductions de dotations d’Etat alors que ces dernières tirent l’investissement national et contribuent ainsi à éviter la récession qui guette ?

Notre pays est-il condamné et pour combien d’années à la modération salariale dans le privé et au gel des rémunérations dans la fonction publique ?

Gageons que ces hypothèques seront progressivement levées pour retrouver le chemin de la compétitivité, de la croissance et de l’emploi.

Pour l’instant le gouvernement refuse la voie préconisée par le grand patronat, mais accepte d’aider les entreprises tout en repoussant à 2014 une hausse de la TVA sous une forme lissée et réformée. C’est équilibré et astucieux. Mais évidemment cela provoque des réactions qui ne sont que des postures. La feuille de route est trop déséquilibrée vis-à-vis des salariés et pas assez boostant pour les entreprises pour d’autres. Pour autant c’est ce chemin de crête qui permet d’avancer de façon équilibrée. L’économie doit être traitée dans des conditions telles que le consensus social ne soit pas ébranlé. Il y a là des mesures transitoires qui, sans faire consensus, sont praticables et marquent un tournant.

13 Sep

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Création des emplois d’avenir : l’Assemblée adopte le texte

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L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi du gouvernement de François Hollande portant sur la création des emplois d’avenir.

Ce projet de loi prévoit la création de 100 000 emplois d’une durée de 3 ans en 2013 et 150 000 en 2014 en faveur des jeunes âgés de 16 à 25 ans avec ou sans diplôme ou encore en difficulté d’insertion, principalement dans le secteur non marchand et dans des activités ayant une utilité sociale avérée et des perspectives de recrutement durables notamment dans les collectivités locales, les associations et l’enseignement public ou privé ( filières numériques, secteur social, aide à la personne, animation et loisirs,….) .

Ces emplois d’avenir, largement financés par l’Etat à hauteur de 1.5 milliard d’euros par an, seront offerts aux jeunes résidant notamment dans des zones urbaines ou rurales marquées par un fort taux de chômage, ou en outremer, ainsi qu’aux personnes handicapées peu qualifiées de moins de 30 ans.

De même, sur un modèle assez comparable, des emplois d’avenir pour les professeur sont crées d’içi 2015, pour quelques 18 000 étudiants boursiers, d’un niveau compris entre la seconde année de licence et la première année de master, issues de zones géographique défavorisées en poste dans des établissements scolaires publics et privés.

 

09 Déc

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Le sens d’un deuxième mandat Sarkozy

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Nicolas Sarkozy est prêt à faire « deux mandats, pas plus ». Mais un mandat de plus serait un mandat de trop pour le pays et pour les salariés car voici un premier élément de « programme » concernant les salariés migrants.

En effet, la députée européenne UMP-PPE, Véronique Mathieu propose une directive pour un permis unique de séjour et de travail pour les salariés migrants qui s’aligne sur une position du Conseil européen qui comprend donc la majorité des chefs d’Etats et de gouvernements conservateurs d’Europe.

Si cette directive est votée, elle privera de droits sociaux des dizaines de milliers de travailleurs migrants.

Alors que l’Union européenne compte aujourd’hui, en raison de la crise, 23 millions de chômeurs, ce projet va inciter à fabriquer un marché du travail fondé sur l’origine. En clair, cela va accroître les tendances xénophobes et d’exacerber les tensions sociales déjà très fortes dans toute l’Europe.

C’est ni plus ni moins le retour du principe du pays d’origine que toute la gauche avait combattu dans la directive Bolkestein.

C’est une aberration économique et démographique car nos pays ont besoin d’une main d’œuvre immigrée. C’est aussi une régression sociale car face à la crise, les économies ont besoin de plus de croissance et les peuples ont besoin de plus de droits sociaux.

10 Sep

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Rencontre avec les syndicats

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CGT, CFDT, UNSA, CFTC et CFE-CGC au niveau local ou départemental ont accepté mon invitation pour discuter de la situation. Si l’analyse était convergente sur les salaires, le chômage, le logement, les travailleurs sans papiers et bien sûr les retraites, chacun s’accordant à reconnaître que le tract du PS a été bien reçu dans la manifestation et que la position du Parti socialiste est un point d’appui pour le mouvement social. Mais ils ont surtout insisté de manière convergente sur l’immense ras-le-bol qui secoue la France « d’en bas » devant la difficulté de faire face financièrement. Chacun estimant que la situation était très tendue. Un débat instructif sur l’état réel de l’opinion.

17 Nov

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Parrainages républicains

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arrdt_19.gifCe soir est organisé par Roger Madec, Sénateur-Maire du 19ème arrondissement, et les élus d’arrondissement, la 17ème cérémonie de parrainages républicains à la Mairie du 19ème pour les enfants scolarisés dans nos écoles.

Ce sont plus de 30 enfants qui, accompagnés de leur parrains et marraines, vont reçevoir un certificat de parrainage leur garantissant aide et protection dans leur volonté de vivre et d’étudier en France.

Ces initiatives, organisées avec le Réseau Education Sans Frontière (RESF) sont un élément marquant et engagé de la part d’une municipalité à l’égard de ses administrés, face à la politique mise en place par Nicolas Sarkozy, et son Ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Monsieur Eric Besson.

Chaque semaine, lors de mes permanences, ce sont autant de situations difficiles que je rencontre, de familles qui, malgré leur ancienneté de vie en France, leurs multiples démarches, leurs preuves d’intégration par l’école, leur formation, leur travail sont encore et toujours dans l’attente de régularisation de leur situation administrative. Il est de mon rôle d’élu de la République de les soutenir et de les accompagner dans leurs démarches chaque fois qu’il est nécessaire.

26 Sep

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Le débat sur le RSA

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A écouter le débat dans l’hémicycle, où les parlementaires étaient peu présents, on se demande si la représentation nationale a bien pris la mesure de l’urgence.

En 2008, en France, près de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. L’idée même, après le RMI, de pouvoir cumuler allocations et travail afin d’enrayer la spirale de l’exclusion, ne peut être combattue en soi.

Les modalités et la pérennisation du financement ne sont pourtant pas à la hauteur de l’enjeu. D’autant que la crise financière et économique a réduit la marge de manœuvre et jette dans la misère de nombreux français.