Tag UE

12 Mar

Commentaires fermés sur A global approach to terrorism, interview à Queries

A global approach to terrorism, interview à Queries

par

Queries

 

Le magazine Queries a publié une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous dans sa version française:

 

Alors que se dessine la feuille de route du Parlement européen en vue d’une résolution pour lutter contre le terrorisme, l’accent est principalement mis sur les moyens existants, leur évaluation et la pleine exploitation de leur potentiel. Est-ce à dire que les moyens mis à la disposition des Etats étaient suffisants mais mal exploités ? N’est-ce pas une autre façon de dire que les attentats ne changeront rien à la manière dont l’UE gère la lutte contre le terrorisme ?

Le terrorisme en Europe n’est pas un phénomène nouveau. Il a été un mode d’action de groupes anarchistes au XIXe siècle, de groupes d’extrême droite et d’extrême gauche en France, en Italie, en Allemagne. Des groupes indépendantistes comme l’ETA ou l’IRA aussi ont leur cortège de victimes. Cette époque est terminée. C’était les années de plomb, la stratégie de la tension, le dévoiement par des éléments marginaux de doctrines révolutionnaires mal lues. Moralement ils ont été condamnés et surtout, politiquement, ils ont échoué car les solutions démocratiques a produit des résultats plus décisifs que les attentats.
Aujourd’hui nous affrontons un terrorisme international qui dévoie la religion musulmane. Je crois que tout cela est bien évalué. Mais parce que la menace est internationale, la réponse doit être globale. C’est pour cela qu’il faut une coordination européenne.

Ne nous trompons pas. Beaucoup d’attaques ont été déjouées, plusieurs réseaux ont été démantelés, mais à l’évidence, pas tous. C’est pourquoi il faut augmenter le niveau de contrôle et de sécurité sans remettre en cause nos libertés publiques. Après les attentats de Paris et de Copenhague, qui interviennent une dizaine d’années après ceux de Madrid et de Londres, le dispositif européen va se mettre à la hauteur des enjeux et comme aucun Etat ne peut agir seul, ce sera une réponse continentale à une menace globale.

L’Europe s’est construite sur la paix. Les Etats d’Europe ne se font plus la guerre, mais l’ex Yougoslavie il y a vingt ans, la Géorgie et l’Ukraine sont des exemples de la possibilité de conflits « classiques » aux frontières de l’Union européenne. Le terrorisme international, nourri par le fanatisme est une menace pour l’Europe toute entière. Nous affrontons un ennemi invisible qui se veut « au milieu des masses comme un poisson dans l’eau », or ce qu’il faut, c’est un pacte démocratique plutôt qu’un Patriot Act. C’est-à-dire, comme le disait Jens Stoltenberg après les attentats en Norvège, plus de démocratie. Pas « plus de sécurité sans démocratie », pas moins de libertés au nom de la sûreté. Là dessus, la gauche et la droite n’ont pas la même approche. Il ne s’agit pas de lutter contre une religion au nom d’un prétendu conflit de civilisations réactivé par les conservateurs américains après le 11 septembre 2001, mais de parer aux menaces des extrémistes, de les isoler, tout en continuant à bâtir une société de progrès, de justice et d’égalité.

Quelles sont les réformes concrètes que doivent proposer la France et l’Union européenne pour agir contre le terrorisme et la radicalisation religieuse ? Les différentes approches des pays européens, entre ceux qui fonctionnent sur un modèle d’assimilation ou d’intégration, pourront-ils un jour réellement s’accorder sur ces questions ?

D’abord, il faut réussir l’intégration et l’inclusion sociale, économique et culturelle de populations qui sont les premières victimes de la crise et des crispations identitaires. Mais c’est un travail sur le long terme. Il faut, outre les politiques sécuritaires coordonnées, travailler à la surveillance des réseaux radicaux. Ce qui a été voté en Autriche ou ce qui est en chantier en France va dans ce sens : la formation des responsables religieux, le financement de la construction des lieux de culte, voilà des sujets importants que l’on peut traiter avec les responsables religieux qui savent que les musulmans sont aussi victimes de l’islamisme puisqu’ils souffrent des amalgames et des stigmatisations. Les gouvernements doivent affirmer leur détermination à défendre une société démocratique et pluraliste car, certes il faut lutter contre le terrorisme et les intégrismes religieux, mais il y a aussi d’autres radicalisations politiques qui profitent idéologiquement puis électoralement de ces moments de peurs et de tensions, je veux parler bien sûr de l’extrême droite.

Ce que nous appelons la laïcité ne doit pas séparer mais rassembler l’ensemble des communautés des croyants et des non-croyants. C’est un travail d’intégration et de cohésion républicaine.
L’extrême droite a toujours surfé sur un racisme latent. Et ce n’est pas parce que Marine le Pen a voulu faire taire l’antisémitisme de son père pour mieux faire prospérer son arabophobie, qu’il ne faut pas comprendre que derrière l’offensive contre les Arabes et contre l’Islam, c’est une offensive contre tous ceux qui ne vivent pas comme les « Européens de souche » comme elle dit. Et ça se retournera un jour ou l’autre contre la communauté juive.

Nous avons proposé au Parti socialiste européen de travailler autour de trois volets : la coordination au sein de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, la coopération internationale (politique étrangère et de sécurité commune), et l’Europe du vivre-ensemble d’autre part. Il s’agit de s’interroger sur la manière de porter les valeurs européennes (par la lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie, le renforcement de la démocratie européenne contre les discours populistes, la défense de la liberté de circulation et de la liberté de la presse).
Contrairement à ce que pense la droite, l’application de toutes les dispositions de Schengen permet de mieux sécuriser les frontières de l’Union européenne et de mieux partager les ressources en matière d’information sans remettre en cause la libre circulation, qui est un acquis de l’Union européenne.
Nous pensons également qu’il faut mieux coordonner les services de renseignements, leur donner plus de moyens pour que les forces de police, les acteurs de la justice et du contre-terrorisme soient plus efficaces. Les dispositifs existent déjà, il s’agit de les renforcer. Anticiper est aussi déterminant. Le « fichage » des voyageurs est en débat, mais on peut l’activer tout en respectant les droits fondamentaux des citoyens européens. On sait que des ressortissants de l’Union partis s’entraîner et combattre dans les rangs d’Al Qaeda et Daech se comptent par milliers et qu’ils reviennent en Europe.
Bref, il faut renforcer la coopération policière, judiciaire et financière en Europe et apporter des réponses claires à la question de la défense européenne.

Le temps est venu aussi de se pencher sur une salutaire régulation des réseaux sociaux. Pour que la lutte soit efficace, les acteurs des réseaux sociaux et de l’internet ne peuvent rester neutres.

Existe-t-il réellement une corrélation entre radicalisation et inégalités sociales ? Le terrorisme peut-il être considéré comme le fruit du communautarisme et de problèmes d’intégration ? Si oui, quelles mesures prendre en ce sens pour enrayer cette dérive ? Y aura-t-il des mesures à caractère social prévues en réponse aux événements de janvier ?

Parler des origines du mal demande du discernement. Expliquer ce n’est ni excuser ni stigmatiser. Mais il faut se rendre compte que le racisme, l’antisémitisme ou l’islamophobie sont les plaies du siècle qui commence. A côté de cela, qui nourrit l’extrême droite, qui fait de l’étranger ou du « non chrétien » un ennemi de « la civilisation », nous devons restaurer la primauté de l’égalité sur l’identité.

Le repli identitaire donne soit l’extrême droite, soit le communautarisme, soit la radicalisation religieuse. La crise économique durable, le chômage de masse, la relégation ou le déclassement sont aussi des ferments de cette radicalisation pour une jeunesse qui ne trouve pas sa place dans le Récit national.

Avant, pour changer le monde, on s’engageait en politique. Aujourd’hui on renonce à changer le monde, alors on chercher à le purifier, en réalité cela mène à la destruction de milliers de vies.

Plus l’inclusion sociale et l’intégration économique profiteront au plus grand nombre, plus il sera facile pour ces populations de prendre toute leur part dans la construction de la société européenne. Ce n’est pas pour rien que les sociaux-démocrates combattent l’hystérie de l’austérité et veulent une politique de croissance car le chômage de masse conduit au naufrage des masses. Et c’est ainsi que les laissés-pour-compte écoutent les sirènes du populisme et du fanatisme.

Le dialogue interreligieux ou intercommunautaire est essentiel, mais il faut aussi que les militants politiques retournent dans les quartiers et les cages d’escalier et qu’ils y restent, c’est-à-dire en dehors des périodes électorales. Les partis sociaux-démocrates – trop souvent assimilés désormais au « Système » doivent retrouver leur vocation de mouvements – on dirait aujourd’hui « réseaux » d’éducation populaire et politique.

Voilà le défi de civilisation qui nous attend, mais on voit bien que cela passe aussi par la solution durable des conflits au Proche-Orient. Donc, pour tout dire, la réponse passe par « plus d’Europe, plus de démocratie » et un développement solidaire sur les deux rives de la Méditerranée.

06 Mar

Commentaires fermés sur Un pas vers l’Europe sociale des travailleurs

Un pas vers l’Europe sociale des travailleurs

par

logops160Les Etats membres de l’Union européenne ont approuvé hier mercredi 5 mars à une très large majorité, l’accord obtenu par la France et ses partenaires au conseil des ministres du travail de l’Union européenne du 9 décembre dernier à Bruxelles sur la réglementation du détachement des travailleurs dans l’Union.

Cet accord montre qu’il est possible, contre tous les pessimismes européens, d’avancer vers une Europe sociale respectueuse du droit des travailleurs et renforçant l’intégration du marché unique européen.

La France avait d’ailleurs anticipé et validé cet accord, par le vote à l’Assemblée nationale de la proposition de loi Savary sur la sous-traitance et la lutte contre le dumping social et la concurrence déloyale.

Cette loi introduira dans le droit français la responsabilité conjointe et solidaire des donneurs d’ordre avec les sous-traitants qui frauderaient, et ce dans tous les secteurs (non plus seulement le bâtiment), ainsi que l’extension de l’obligation de vigilance de l’entreprise à l’exécution du contrat conclu avec un prestataire de services établi hors de France.

Une « liste noire » des entreprises et des prestataires de services condamnés à au moins 15 000 euros d’amende pour des infractions constitutives de travail illégal sera créée. Une nouvelle peine complémentaire à l’encontre d’une personne morale condamnée pour travail dissimulé ou emplois d’étrangers sans titre de travail sera créée. Elle consistera en une interdiction de percevoir toute aide publique sur une période pouvant aller jusqu’à 5 ans. En outre, les entreprises de transport routier, qui ont largement recours aux travailleurs détachés, seront obligées de loger leur chauffeur pendant le temps de repos hebdomadaire ou à le remplacer, sous peine de sanctions. Enfin, les associations, les syndicats professionnels et les syndicats de salariés de branche pourront se constituer partie civile en cas de travail illégal de nature à fausser la concurrence.

La France est à la pointe de la lutte contre le travail illégal et le dumping social. La social-démocratie européenne a un rôle primordial à jouer en Europe, c’est le message que la Parti socialiste entend envoyer aux citoyens français qui auront à se prononcer fin mai lors des élections européennes.

Le projet de directive doit désormais être adopté par le Parlement européen lors de la session d’avril. Le Parti socialiste français, aux côtés du Parti socialiste européen et du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen, pèsera de tout son poids afin de traduire dans les faits cette avancée politique majeure.

 

19 Fév

Commentaires fermés sur Ukraine : le Parti socialiste appelle à un engagement plus ferme de l’Union européenne

Ukraine : le Parti socialiste appelle à un engagement plus ferme de l’Union européenne

par

logops160L’assaut donné par les forces de l’ordre ukrainiennes sur la place de l’Indépendance de Kiev pour y déloger les manifestants a causé cette nuit la mort d’au moins 25 personnes, dont un journaliste et neuf policiers, et blessé près de 250 autres.

Le Parti socialiste condamne fermement la violence disproportionnée exercée par le pouvoir tout autant que les violences commises par les factions radicales de l’opposition ukrainienne.

Le Parti socialiste appelle à la reprise immédiate du dialogue entre le pouvoir et les représentants de l’opposition démocratique et pacifique. Il réclame de l’Union européenne une pleine implication pour soutenir les revendications démocratiques légitimes de la majorité du peuple ukrainien, pour rappeler le pouvoir ukrainien à ses promesses de concessions et pour dialoguer avec la Russie, afin que Moscou contribue aussi à apaiser définitivement les tensions.

 

 

20 Déc

1 Comment

L’union bancaire : un pas à gauche

par

drapeaueurope160Les contribuables ne payeront plus pour les crises bancaires. Voilà un engagement de François Hollande qui vient d’être honoré.

Depuis 18 mois la France socialiste bataillait ferme pour une supervision bancaire permettant de maitriser la spéculation financière. Si les mesures sont complexes, la philosophie est simple. Le capitalisme financier, l’argent fou, l’économie casino, les capitaux fictifs voir flottants doivent être régulés. C’est maintenant fait en Europe.

Ce qu’on appelle la résolution dans ce texte, permet même de casser les banques qui vont hors du chemin. Cela veut dire que celles-ci vont retrouver leur vocation principale à savoir financer l’économie réelle.

Ce pas dans la régulation est à l’image de la promesse du climat nouveau qui règne en Europe. La bonne gestion n’est pas une fin en soi. Elle s’accompagne de mesures structurelles pour maîtriser le capitalisme financier. Elle doit aussi déboucher sur des mesures de soutien à l’emploi comme l’aide à la jeunesse obtenu par François Hollande au sommet de Paris. Mais aussi de mesures concrètes de soutien à la croissance.

C’est un paquet réorientation qui change la donne en Europe. C’est un pas à gauche régulateur qui contredit la caractérisation sociale-libérale.