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02 Avr

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Interview: mon petit déjeuner avec…

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Jean-Christophe Cambadélis a répondu, sans détour, aux questions de Constance Vegara pour France-Soir.

« J’ai découvert très tard, en entrant au PS, la compétition effroyable qui règne au sein d’un parti politique »

FRANCE-SOIR Quel événement historique contemporain vous a le plus marqué ?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS. La chute du mur de Berlin. J’étais issu d’une histoire politique qui était celle des trotskistes : la chute du régime de Moscou me parlait donc beaucoup ! En 1989, je venais d’arriver au PS : c’était donc aussi, pour moi, une rupture.

F.-S. Quel événement vous a insufflé l’envie de vous lancer en politique ?

J.-C. C. L’assassinat de John Kennedy. En 1963, j’avais 12 ans. J’habitais Sarcelles. Je me souviens de la tête de mes parents, consternés par les images à la télé. Ces images en boucle d’un président des Etats-Unis assassiné…

F.-S. Comment est apparue votre dyslexie ?

J.-C. C. C’était une dyslexie très lourde, qui a surgi à cause d’un instituteur qui n’a pas accepté que je sois gaucher. Pendant toute l’année scolaire, il m’a attaché la main gauche dans le dos pour me forcer à écrire avec la main droite. J’ai régressé partout. Je ne savais plus écrire une addition ni lire. Il m’a fallu beaucoup d’années pour surmonter ce handicap. Et je suis devenu, du coup, très tchatcheur !

F.-S. La parole comme moyen de défense ?

J.-C. C. Oui. Le théâtre m’a aussi beaucoup aidé. D’ailleurs, pendant longtemps, j’ai voulu faire de la mise en scène. Ma mère me dit souvent que c’est exactement ce que je fais au PS (rire). Je montais des spectacles au collège. J’étais fasciné par Peter Brook.

F.-S. Pourquoi ne pas avoir persévéré ?

J.-C. C. Parce que je suis tombé dans la politique ! J’ai attrapé le virus en 1968. Là, on était les acteurs de l’événement. Je faisais le mur de mon internat, le soir, pour aller à la Sorbonne et y animer des débats. J’ai commencé à fréquenter des groupuscules comme Rouge et Noir. Puis je suis entré à ce qui était à l’époque l’Alliance des jeunes socialistes. A la fac, j’ai rencontré un historien qui est devenu mon meilleur ami : Benjamin Stora. Je suis devenu président de l’Association générale des étudiants de Nanterre, puis président de l’Unef.

F.-S. Quelles étaient alors vos ambitions ?

J.-C. C. je n’ai jamais souhaité faire carrière en politique : je voulais « faire » de la politique. J’ai la chance d’avoir commencé par l’extrême gauche : ça m’a sauvé de tout plan de carrière (rire) ! Pour moi, on pouvait à la fois travailler et faire de la politique, sans problème. J’ai donc été chargé de cours à la fac, chercheur, et j’ai travaillé dans une boîte de com.

F.-S. Vous n’avez pas un parcours classique. En avez-vous souffert ?

J.-C. C. Président de l’Unef, je faisais le tour de France en sillonnant toutes les régions. C’est le terrain qui m’a beaucoup aidé dans ma formation. Puis j’ai soutenu une thèse de doctorat en sociologie politique.

F.-S. En quoi vous sentiez-vous utile en politique ?

J.-C. C. Ce qui me passionnait, et c’est toujours vrai, c’est cette espèce de jeu de stratégie politique : avoir ce regard qui permet de saisir une situation, un moment clé. Et, bien sûr, le plaisir d’être conteur dans une AG. Je me suis aperçu que j’avais cette capacité. C’était plaisant.

F.-S. Et compter au sein du parti ?

J.-C. C. J’ai découvert très tard, en entrant au PS, la compétition effroyable qui règne au sein d’un parti politique, avec ses jalousies extrêmes et ses coups de couteau dans le dos.

F.-S. … et vous êtes devenu vous-même un pro de la « petite phrase » ! Un « sniper », dit-on…

J.-C. C. (Rire) C’est vrai ! Ce que je déteste, c’est la lâcheté. Ces gens qui, dans leur petit coin, sont très violents et qui, en réunion, hochent la tête comme les petits chiens à l’arrière des voitures. J’ai tendance à dire clairement ce que je pense. Ce qui n’est pas une qualité car je me fais beaucoup d’ennemis. C’est ça le mauvais côté de la politique : un monde cruel où les gens assument rarement leurs désaccords.

F.-S. Pour qui avez-vous de la sympathie à droite ?

J.-C. C. Jean-Louis Borloo quand il appelle à ne pas voter pour le FN mais plutôt pour le PS, et qu’il assume ses choix. J’ai aussi de la sympathie pour Bayrou, avec son côté Don Quichotte.

F.-S. A gauche, quel est votre meilleur ennemi ?

J.-C. C. J’en ai tellement (rire) !

F.-S. On sait que vous soutenez DSK. Et si c’était François Hollande qui était élu ?

J.-C. C. François Hollande a beaucoup de talent. Il est un très bon orateur et un très bon analyste, mais il n’a pas que des qualités. Je trouve qu’il intervient trop tôt dans la présidentielle. Ce n’est pas parce qu’on est brillant qu’on est présidentiable. J’ai dit que c’est un talent qui mérite un destin, mais que ce n’est pas le moment.

F.-S. Vous, vous êtes bagarreur mais est-ce que DSK, lui, montera sur le ring ? N’attend-il pas qu’on lui déroule le tapis rouge ?

J.-C. C. Je ne sais pas s’il sera candidat mais ce n’est pas quelqu’un qui, dans le débat, est timide ! Qu’il ne souhaite pas être abîmé avant l’épreuve finale, ça me paraît normal. S’il prend sa décision, il saura l’assumer.

F.-S. Et s’il était élu, peut-être deviendriez-vous enfin ministre ?

J.-C. C. Je préférerais être le premier secrétaire du PS. Le terrain, les militants, la gauche, c’est ce qui me plairait ! Dans mon logiciel, il n’y a pas ministre.

F.-S. C’est la soixantaine qui vous assagit ?

J.-C. C. Peut-être un peu. Mais on m’a souvent traité d’aristocrate car je ne me suis jamais mis en compétition avec les autres. Devant ma glace, je n’ai jamais rêvé d’être ministre ! En revanche, je n’en connais pas beaucoup qui seraient capables d’assumer et de prendre les rênes du parti. Moi, si.

F.-S. Quels sont vos dérivatifs quand la coupe est pleine ?

J.-C. C. La lecture me fait beaucoup de bien, surtout quand j’ai une insomnie à cause d’une déconvenue politique. Je le lis deux heures, et je me rendors. Je m’occupe aussi de mes enfants qui ont 22, 17 et 3 ans. Ça demande quand même pas mal de temps.

F.-S. Vous avez connu des déboires judiciaires, à qui vous confiiez-vous à cette époque ?

J.-C. C. Je me suis fermé comme une coquille et j’ai attendu que ça se passe. C’est de la pudeur.

F.-S. Vous arrivez à vous extraire facilement du ring politique ?

J.-C. C. Quand je décide de suivre le Tour de France ou celui d’Italie, je ne suis plus dans la politique !

F.-S. Quelle est pour vous la meilleure soirée ?

J.-C. C. Une belle table d’amis drôles et cultivés, à qui je prépare un dîner. Je fais de la cuisine grecque, ou un bon poisson. Ce qui compte surtout pour moi, c’est de rire.

F.-S. Le théâtre vous intéresse-t-il toujours ?

J.-C. C. Plus que jamais. La direction d’acteurs plus particulièrement. J’ai d’ailleurs en tête l’écriture d’une pièce. Si la politique me laisse un peu de temps, j’aimerais m’y consacrer.

F.-S. Pourquoi ne pas arrêter tout de suite ?

J.-C. C. Je vais vous faire une confidence : je me suis dit qu’il faudrait que j’accompagne l’élection d’un ou d’une socialiste à la présidence de la République (Dominique ou Martine) – car je pense que je n’y serai pas pour rien – pour dire ensuite : c’est fini, j’arrête !

Par Propos recueillis par Constance Vergara

11 Juin

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Biographie

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Jean-Christophe Cambadélis est né le 14 août 1951 à Neuilly sur Seine. Son père diamantaire d’origine grecque et sa mère picarde employée à la Banque de France sont rapidement partis chercher fortune au Canada. Le jeune Jean-Christophe tombera là-bas du 3ème étage de son immeuble et se relèvera sans une égratignure, obtenant au passage son premier papier dans la presse et sa première interview.

De retour en France avec sa soeur et sa mère, séparée de son mari. Il retrouve l’école à Bondy où on lui attache la main gauche dans le dos pour qu’il écrive avec sa main droite. Ce « gaucher contrarié » en gardera une profonde dyslexie qui l’handicapera longtemps. Mais la vocation était là, il sera à gauche. Dès l’adolescence il organisera des groupes de jeunes pour faire du théâtre, de l’expression corporelle, de la danse, mais aussi du basket, du rugby où il rencontrera Gérard Segura futur maire d’Aulnay Sous Bois, trois quart centre puis troisième ligne de rugby à l’A.S de Sarcelles, le week-end. Il suivait des cours de danse en semaine ou jouait Molière le jeudi après-midi. Mais la politique le guette dans ces années de radicalisation de la jeunesse. Il adhère à un groupuscule anarchisant mais l’esprit de synthèse est déjà là puisqu’il s’intitule « rouge et noir ».

Le 1er février 1969 lors d’un rassemblement au Bourget il adhère à l’AJS mais n’y milite pas. C’est avec son bac en poche qu’il rencontre à l’université de Nanterre l’historien Benjamin Stora. Ensemble, il se lance avec l’éditorialiste à Libération Pierre Marcelle et quelques autres dans la construction du cercle AJS Nanterre. Si Stora est le politique, « Camba » c’est ainsi qu’on l’appelle, devient le syndicaliste. L’UNEF vient d’éclater le 10 janvier 1971 suite au départ du PSU, laissant face à face communistes et trotskyste de l’AJS et dans cette nuit mémorable où les affrontements furent nombreux, Jean-Christophe Cambadélis recevra un fauteuil sur la tête le laissant groggy.

C’est l’époque où Guy Konopnicki se réclame de Angela Davis et les amis de « Camba » des travailleurs polonais qui ont donné le premier coup de boutoir à l’édifice communiste stalinien. Dans la salle, on reconnaîtra le futur journaliste de TF1 Jean-Luc Mano ou le futur dirigeant du PC Pierre Laurent.

Très rapidement l’Association Générale des Étudiants de Nanterre deviendra le fleuron de l’UNEF dite AJS, c’est-à-dire non communiste portée sur ses fonts baptismaux par la CFDT et la FEN, grâce à l’entremise d’André Bergeron le leader de la CGT-FO.

Mais ce syndicat étudiant est exsangue et pour tout dire marginalisé dans les mouvements étudiants, dirigés par la LCR de Henri Weber et Gérard Filoche, même si « Camba » et « Méluche »(Jean-Luc Mélenchon), lui même Président de l’AG de Besançon lui donnent quelques couleurs.

Mais dès 1973 Jean-Christophe Cambadélis devient l’un des porte-paroles du mouvement étudiant, pendant que Benjamin Stora pilote les jeunes lycéens de l’AJS qui seront la colonne vertébrale de la future UNEF.

Repéré par Pierre Lambert le « patron » des trotskystes lambertistes pour ses qualités d’orateur et d’organisateur. Il va devenir président de l’UNEF en 1977, après avoir été le vice-Président de Denis Sieffert, l’actuel rédacteur en chef de Politis. Il venait de sortir de la grève étudiante de 1976 où il fut l’un des trois porte-paroles avec Charles Najman et Julien Dray. Il affrontera d’ailleurs Madame Saunier Seïté, ministre de l’enseignement supérieur, dans une émission de télévision qui va tout à la fois le révéler et le consacrer « leader » étudiant. « Président », l’étudiant Nanterrois propose aux socialistes qui étaient membres de l’autre UNEF, celle des communistes, de rentrer dans l’UNEF-AJS ou Soufflot du nom du siège historique de l’UNEF. Ces derniers le feront timidement, puis sous l’égide de Jean-Marie Le Guen, Jean Loup Salzman et Patrick Menucci, ils s’engageront plus avant pour réaliser la réunification syndicale (unification de tous les syndicats étudiants non communistes) en mai 1980.

Dans ce congrès mythique où Jean-Christophe Cambadélis sortira président de l’UNEF réunifiée, on retrouve toute une génération politique: Julien Dray, Harlem Désir, Roby Morder, Laurence Rossignol, Laurent Zappi, Jean-Marie Le Guen, Patrick Menucci, Pascal Beau, Alain Bauer, Stéphane Fouks, Benjamin Stora, Marc Rozenblat, Philippe Darriulat, Jean Loup Salzman, Gilles Casanova, Philippe Plantagenest et beaucoup d’autres aujourd’hui leaders du Parti socialiste en province.

Dans la foulée, « Camba » lance l’Association internationale des étudiants réussissant en quelques années à « damner le pion » à la puissante Union Internationale des étudiants dirigée par le Parti Communiste d’union soviétique. Avec quelques amis intrépides, ils montent des réseaux de soutien aux étudiants d’Europe de l’Est, leur fournissant clandestinement matériel d’imprimerie dans des voitures à double-fond ou passant en retour à l’ouest documents et proclamations. Il multiplie textes, manifestes et tribunes qui font de lui « Le » représentant des étudiants pour les organisations syndicales, y compris pour la CGT qui soutient à bout de bras ce qu’on appelle dorénavant l’UNEF PC. André Henry, le leader de la FEN, à l’époque syndicat unitaire des enseignants soutient son action. Il est l’interlocuteur de Pierre Bérégovoy, chargé des relations extérieures du PS de François Mitterrand.

En 1981, il organise avec Paul Quilès et Olivier Spithakis le rassemblement de la Bastille prenant la parole entre Gaston Deferre et Lionel Jospin, appelant à la « dissolution de l’Assemblée Nationale et à un gouvernement PS-PCF ».

Il quitte l’UNEF en 1983, après avoir gagné les élections universitaires battant enfin l’autre UNEF qui ne s’en relèvera jamais. Marc Rozenblat lui succédera. Il aura auparavant aidé ses amis socialistes à s’emparer de la mutuelle étudiante (MNEF) et se sera emparé du syndicalisme étudiant en résidence universitaire, lancera une éphémère fédération dans les grandes écoles et « régnera » sur une organisation étudiante implantée dans toutes les villes universitaires.

Pierre Lambert propulsera immédiatement le déjà médiatique « Camba » au bureau politique du PCI où l’on parlera de lui comme le n°2 du groupuscule trotskyste. Mais c’est à Force Ouvrière – ce que l’on sait moins – qu’il va poursuivre son parcours. André Bergeron lui demande de « monter des listes » pour les élections professionnelles dans la fonction publique, chez les enseignants. Il fait alors le tour des Unions Départementales du syndicat de l’avenue du Maine, trouve des femmes de syndicalistes FO institutrices, constitue des listes à coups de porte-à-porte, fonde des sections universitaires du syndicat de l’enseignement supérieur avec le sociologue Gérard Namer et l’historien Ladurie et finit par créer la surprise, FO faisant des scores dans tous les collèges.

Fort de ce succès, la direction de Force Ouvrière « l’embauche » pour les élections à la Sécurité Sociale où le syndicat triomphe contre toute attente.

En 1985, un désaccord intervient entre le chef du groupuscule trotskyste et son lieutenant à propos de François Mitterrand. « Camba » pointe la menace Le Pen alors que le chef trotskyste ne veut voir que la « trahison » de Mitterrand avec le tournant de la rigueur.

Jean-Christophe Cambadélis dont le pseudonyme était « Kostas » claquera la porte emmenant avec lui 400 militants pour fonder « convergence socialiste ». On retrouve là le metteur en scène Bernard Murat, l’historien Benjamin Stora, le philosophe Pierre Dardau, Jean grosset le futur secrétaire général adjoint de l’UNSA ou Luc Bérille secrétaire général du SE-UNSA jusqu’en 2009, Jacques Dupont responsable CGT, le communiquant Khaled Melhaa, l’économiste Liem Hoang Ngoc, les anciens de l’UNEF, Frédéric Decazes, Bernard Rayard, Marc Rozenblat, Michel Assoun, François Belen, Gérard Obadia, Christophe Borgel, le futur président de la fédération des parents d’élèves Jean-Jacques Hazan ou le mathématicien Pierre Broué, les journalistes Gérard Desportes, Laurent Mauduit, Frédéric Augendre, Dominique Paganelli etc. qui mèneront chacun leur chemin.

Il rencontre François Mitterrand qui l’encourage à maintenir sa structure alors qu’il veut rentrer au Parti socialiste. En 1986, il pilote discrètement avec Philippe Darriulat, David Assouline et Julien Dray le mouvement de grève des étudiants et des lycéens qui permet à François Mitterrand de se rétablir dans la cohabitation avec Jacques Chirac. Puis il rentre au PS dans la foulée rejoignant sa majorité. Mais il fonde dans le même temps le Manifeste contre le Front National où se retrouvent de jeunes intellectuels comme Pap N’Diaye, Eric Osmond, Philippe Ducat ou Géraldine Muhlmann. Jean-Christophe Cambadélis lance le « harcèlement démocratique » et très rapidement ce mouvement va s’implanter dans toute la France.

Membre de l’équipe de campagne de François Mitterrand lors de sa réélection, il devient député, avec Julien Dray, Jean-Marie Le Guen, François Hollande et Ségolène Royal. Ils seront les benjamins de l’Assemblée Nationale.

Ses relations avec le président socialiste se détériorent en 1989 car il participe à la campagne contre le « sommet des riches ».

Parce qu’il refuse la remise en cause des allocations chômage, il aura démissionné auparavant de son poste de conseiller de Pierre Mauroy qu’il a aidé à faire élire contre Laurent Fabius.

Rapporteur pour avis du budget de l’enseignement supérieur, il est battu en 1993 de 70 voix dans le 19ème arrondissement.

Michel Rocard, Premier secrétaire le nomme quand même secrétaire national aux relations extérieures. Il porte les fonts baptismaux des « Assises de la transformation sociale » permettant de nouer l’alliance entre les écologistes, les communistes, les chevènementistes et les radicaux. Puis anime les conventions avec Lionel Jospin.

Après la défaite aux élections européennes de Michel Rocard, il fonde avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn les « rénovateurs », présente le texte de ces derniers au Conseil national puis défend en leur sein la candidature de Lionel Jospin qui sera désigné par les militants contre Henri Emmanuelli pour les élections présidentielles de 1995.

Elu au Conseil de Paris comme Vice-président du Conseil Général, il sera chargé des relations avec la presse pendant la campagne de Lionel Jospin qui arrivera en tête au premier tour puis sera battu par Jacques Chirac.

Lionel Jospin redevenu Premier secrétaire du PS, il sera chargé par ce dernier des relations extérieures, quand la dissolution de l’Assemblée Nationale lui permet de retrouver son siège de député en 1997.

Lionel Jospin ne le choisira pas comme Premier secrétaire alors que beaucoup le donnait certain à ce poste. Mais il sera le numéro 2 du Parti socialiste en charge des fédérations et des relations extérieures.

Il organise pour la majorité le congrès de Brest qui verra François Hollande réélu à plus de 90%, contre son vieux copain Jean-Luc Mélenchon qui le traitera de « charcutier » !

Coup sur coup deux « affaires » viennent entraver cette ascension. Il est accusé d’emploi fictif le même jour qu’Harlem Désir. Les deux responsables seront condamnés à des peines légères. Puis il est l’objet d’une violente campagne de presse conduisant à sa mise en examen et à la démission de Dominique Strauss-Kahn de son poste de ministre. Campagne organisée par le secrétaire général de l’Elysée, Dominique de Villepin, dans le cadre de la cohabitation Chirac – Jospin – comme le dit Lionel Jospin dans ses mémoires. Il démissionne de ses responsabilités dans le PS et sera condamné pour « défaut de contrat de travail » et relaxé de tous les autres chefs d’accusation.

« Camba » moralement touché ne recommence pas moins à agir. Il fonde avec Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici et les amis de Michel Rocard « socialisme et démocratie » qui s’affirme lors du congrès de Grenoble autour d’une contribution (2000). Ce qui leur attire les foudres de Lionel Jospin et l’inimitié durable de François Hollande.

Ce qui n’empêche pas le Premier ministre de gauche de l’intégrer dans son équipe de campagne durant la campagne présidentielle de 2002 où il s’occupe des relations extérieures.

Jospin battu au premier tour, Jean-Christophe Cambadélis est en tête de la manifestation du 1er mai avec Jean-Luc Mélenchon et Claude Bartolone et sera réélu quelques semaines plus tard député de Paris.

On le retrouve aux côtés de DSK lors du débat interne qui verra Ségolène Royal désignée candidate à la présidentielle. Et « Camba » fonde au lendemain de la nouvelle défaite de la gauche à l’élection présidentielle « les reconstructeurs » avec Claude Bartolone, François Lamy et Arnaud Montebourg, rejoint par Martine Aubry, Laurent Fabius et le puissant responsable de la fédération du Pas-de-Calais Daniel Percheron. Il rompt avec Pierre Moscovici qui refuse cette alliance, préférant sa propre candidature au poste de Premier secrétaire du PS où il échouera. C’est le courant des « reconstructeurs » qui impose Martine Aubry à la tête du PS en décembre 2008. Devenu secrétaire national aux relations internationales et à l’Europe de Martine Aubry, il reste l’un des proches de Dominique Strauss-Kahn plaidant pour la « stratégie de velours »: « reconstruire l’offre politique du PS, mettre le candidat du PS hors d’atteinte de la division par les primaires, tenter la candidature commune de toute la gauche ». Pour le PS, il plaide avec ses amis pour que le candidat le mieux placé de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn s’impose à l’autre. Jean-Christophe Cambadélis est aujourd’hui considéré par les sites spécialistes de veille parlementaire comme un parlementaire généraliste intervenant sur les questions politiques (que ce soit sur la laïcité où il sera l’orateur du groupe socialiste à l’Assemblée, ou sur le Moyen-Orient par exemple). Patrick Jarreau, alors éditorialiste au Monde, dit de lui «il fait partie des quatre meilleurs analystes à gauche avec Laurent Fabius, DSK et Lionel Jospin ». Directeur de la campagne calamiteuse des élections européennes de 2008, il propose et obtient du congrès du PSE que les prochaines élections voient un candidat commun à tous les socialistes européens et l’ébauche d’une déclaration de principe du Parti Socialiste Européen. Le secrétaire national conduit avec la socialiste allemande, Angelica Schwall-Düren un groupe de travail franco-allemand qui débouche sur la déclaration commune entre Martine Aubry et Sigmar Gabriel.

Il anime avec Laurent Fabius la 3ème convention du PS sur l’international et l’Europe. Il a déclaré dès 2012 son intérêt pour le poste de Premier secrétaire, mais c’est Harlem Désir qui lui est préféré. En avril 2014, il succède à Harlem Désir après l’entrée au gouvernement de ce dernier et son élection (avec plus de 70% des voix) est confirmée par le congrès de Poitiers en juin 2015. Par ailleurs, depuis 2012, Jean-Christophe Cambadélis est le 1er Vice-Président du Parti Socialiste Européen (PSE).

Fidèle à sa stratégie d’unité de la gauche, il a lancé en avril 2016, la Belle Alliance Populaire avec des dirigeants socialistes, écologistes, radicaux ainsi que des dirigeants associatifs et syndicaux.

Jean-Christophe Cambadélis est marié et père de quatre enfants.

Voir la bibliographie de Jean-Christophe Cambadélis