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06 Avr

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« Unité et loyauté » : l’appel des 100

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A l’initiative du Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, un appel à « l’unité et à la loyauté » a été lancé ce jeudi 6 avril.

Retrouvez ci-dessous le texte de cet appel, ainsi que les 100 premiers signataires :

 

Unité et loyauté !

Socialistes, nous refusons la panique démocratique qui atteint de plein fouet notre pays. Les confusions qu’elle engendre minent tout à la fois ce que nous sommes mais aussi celles et ceux que nous représentons.

Par la primaire citoyenne, ce sont plus de deux millions de nos concitoyens qui se sont prononcés pour désigner le candidat de la gauche et des écologistes, Benoît Hamon. Cette légitimité qui dépasse le Parti socialiste, nul ne peut la nier ni la renier. C’est une légitimité démocratique qui impose la loyauté. Et qui nous engage tous.

Socialistes, nous sommes forts de nos réalisations pour la France et dans les territoires. Nous en incarnons la cohérence, celle d’une gauche qui gouverne et qui transforme.

Le Parti socialiste est au cœur de cette gauche, et cette gauche est au cœur de la démocratie représentative. Celle-là même qui est aujourd’hui traversée par le péril des tentations populistes et nationalistes et par le risque d’une révolution néolibérale. Notre pays ne se renouvellera pas en brisant toutes formes de représentation.

Pour surmonter la fragmentation française, le Parti socialiste est indispensable. Il lui faut de la loyauté, de l’unité et une puissante rénovation.

 

Liste des 100 signataires:

Jean-Christophe Cambadélis et…

… Rym Abdou, Louisa Achouri, José Alsat, Noëlle André, Marie-Ange Amico, Eric Andrieu, Alain Anziani, Nathalie Appéré, Florence Augier, Guillaume Bachelay, Yves Barboussat, Jacques Bascou, Gabriel Bassot, Eric Battier, Damien Béchard, Jean-Christophe Béjannin, Monika Belala, Gilles-Maurice Bellaïche, Jean-Louis Belliard, Tony Ben Lahoucine, Jean-Pierre Bequet, Frédéric Beret, Alain Bergounioux, Stéphane Bizeau, Florence Blatrix, Philippe Blet, Patrick Bloche, Nicolas Bodin, François Bonneau, Jean-Christophe Bonrepaux, Christophe Borgel, Karim Bouamrane, Hussein Bourgi, Christophe Bouvier, Jean-Paul Briand, Jean Brunel, Yann Capet, Philippe Car, Luc Carvounas, Laurent Cathala, Bertrand Cavalerie, Bruno Cédolin, Jean-Benoit Cérino, Gaël Chabert, André Chapaveire, Marie-Anne Chapdelaine, Cyril Chappet, Jean-Marc Ciabrini, Maude Clavequin, Marie-Françoise Clergeau, Marc Coatanea, Stéphane Coillard, Chantal Colombatto, Lysiane Combes, Hélène Conway-Mouret, Stéphane Cordier, Emmanuel Couet, François Cuillandre, Seybah Dagoma, Pierre Danel, Jean Denat, Jacques Dorent, Emmanuelle De Gentili, Marie-Pierre De La Gontrie, Jean-François Debat, Monique Delessard, Carole Delga, Françoise Descamps-Crosnier, Julien Dray, Philippe Dubourg, Pascal Duforestel, Dominique Dumontet, Patrick Durot, Laurent Dutheil, Laurent El Ghozi, Martine Even, Laurent Fabre, Boris Faure, Georges Février, Philippe Finiels, Martine Filleul, Cyril Fonrose, Christophe Fouillère, Xavier Garcia, Jean-Marc Gaudefroy, Annie Gérardin, Bernard Giner, Jeanine Gippa, Aleksander Glogowski, Emmanuel Grégoire, Maxime Grudenik, Cédric Grunenwald, Selim Guemazi, Dominique Guilcher, Razzy Hammadi, Renaud Hardy, Daniel Hocq, Xavier Iacovelli, Stéphane Ibarra, Guy Jacquemart, Marc-Antoine Jamet, Chantal Jeoffroy, Yannig Joubrel, Anne Juhel-Orlac’h, Pierre Kanuty, Jonathan Kienzlen, Philippe Komorowski, Jean-Jacques Labrousse, Sandrine Laffore, Marie-Sygne Leca, Jean-Marc Leculier, Laurence Lenoir, Fréderic Leveillé, Jean-Pierre Liouville, Marie-Christine Lopez, Antonio Lo Pinto, Lucette Lousteau, Jérôme Lucchini, Victorin Lurel, Rita Maalouf, Marc Mancel, Arnaud Mac Farlane, Denis Maréchal, Brigitte Marciniak, Jean-René Marsac, Sandrine Mazetier, Stéphane Meriau, Abdou Ali Mlanao, Pierre Moal, Claudine Mourier, Corinne Narassiguin, Michel Neugnot, Nathalie Nieson, Maud Olivier, Simon Olivier, Cédric Onoo, Nawel Oumer, Luce Pane, Germinal Peiro, Michèle Pham-Baranne, Maxime Picard, Marie-Line Pichery, Christine Pirès-Beaune, Sébastien Podevyn, Alain Poënsin, Olivia Polski, Gérard Raiser, Marie-José Raymond-Rossi, Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, Pernelle Richardot, Eduardo Rihan-Cypel, Sylvie Robert, Marcel Rogemont, Johanna Rolland, Nicolas Rouly, Fabrice Roussel, Frédéric Saconnet, Roselyne Sarkissian, Isabelle Sarréa, Patrick Sarréa, Pascale Cléo Schweitzer, Christine Simonis, Olivier Smadja, Rachid Temal, Jean-Jacques Thomas, Benoit Tirant, Slimane Tirera, Nelly Tocqueville, Yannick Trigance, Thierry Trijoulet, Paola Valenti, Michel Vauzelle, François Véron, Vincent Véron, Luc de Visme, Michèle Vitrac-Pouzoulet, Georges Voirnesson, Valery Vuong, Henri Weber, Pierre-Alain Weill, Romain Wolf…

 

Rejoignez les signataires de l’appel en adressant un mail à contact@cambadelis.net

15 Jan

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Baptiste Boursier sur BFM TV

L’invité de Jean-Baptiste Boursier sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 15 janvier l’invité de Jean-Baptiste Boursier dans BFM Politique sur BFM TV.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

 

Primaire le débat sur BFM TV, I Télé et RMC

Ce soir, il faut que les candidats continuent à être sérieux mais qu’ils indiquent un peu plus ce qui les distingue.

Il y a des divergences mais de grandes convergences entre les candidats.
Oui j’ai un candidat préféré mais je ne peux pas le dire. Je respecte le choix des électeurs de gauche.

Le bilan du quinquennat est bon, nous avons redressé la barre. Il a fallut reconstruire notre appareil productif.

Il ne faut pas être électoraliste, il faut avoir un projet pour la France.

Il n y a pas de dynamique. Pour l’instant, ni Macron, ni le candidat putatif de la gauche, ni Mélenchon ne gagne la présidentielle. Donc, pour moi, c’est zéro. Et maintenant, parlons de la gauche. (…) Le jour où il y aura un candidat, tous ceux qui soutenaient un candidat à la primaire, ou une grande partie d’entre eux, seront derrière lui.

Je dis aux électeurs de gauche: ‘Vous avez en main la clé de la présidentielle. Si vous venez voter massivement à la primaire, pour quelque candidat que ce soit et que le candidat est désigné, massivement, nous réorganisons l’ensemble du paysage politique parce que ce sera Macron et Mélenchon qui devront se déterminer par rapport à ce candidat' »

Le vote utile c’est toujours le PS. Car il n’y a que nous qui pouvons rassembler. Macron ne rassemblera jamais Mélenchon, et nous nous gouvernons dans les régions avec les communistes. Et Mélenchon ne peut pas se rassembler avec Macron.
Au Parti Socialiste il y a un vrai projet de société, celui d’une société cohérente dans un monde qui ne l’est pas.

« Je crois que chaque candidat veut apporter sa pierre. Chacun peut improviser une nouvelle politique économique à partir du redressement.

A cette étape il n’y a pas de projet majoritaire en France.

Dans 48h, il va y avoir le vote de la présidence au Parlement Européen. Si c’est la droite qui l’emporte sur ce vote, c’est un évènement historique majeur. Je pose une question aux candidats : Quelles seront leurs propositions face au résultat du vote ?

Précariat
« On ne parle pas des gens qui sont passés de l’autre côté du bateau. Ça me semble être un projet nécessaire pour la gauche. »

Macron/ Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas que notre primaire soit une réussite car ça l’ennuie de ne pas en être.

On ne s’offusque pas que monsieur Macron décide tout seul qui seront les candidats dans les 577 circonscriptions. Et ça pose un problème.

N’est-ce pas aux adhérents de décider ? C’est toute la différence : nous, nous avons des primaires et ce sont nos militants qui décident qui sont les candidats aux élections législatives. Pour moi, le choix, la manière de faire, c’est aussi une indication de quel type de politique on veut faire.

Pour l’instant Emmanuel Macron est un problème pour Fillon.

Le monde est incertain. Quand vous avez face à face Trump et Poutine, il va falloir tenir la barre durant les 5 ans à venir.

Sur la santé

« Notre intérêt pour les services de santé ne s’est jamais démenti. Nous avons redressé les comptes de la sécurité sociale, nous devons continuer dans ce sens.

Débat face à Bruno Gaccio : le PS est-il mort ?

Le Parti socialiste est une réalité. C’est les militants, les gens qui vont sur le terrain. Nous avons gagné la présidentielle grâce à ces militants et ces adhérents. Si le Parti socialiste n’existait plus, la gauche ne serait plus en capacité de se rassembler. Nous avons une seule voie pour être au second tour, c’est de réussir les Primaires Citoyennes.

18 Juin

Commentaires fermés sur « Pour une primaire loyale et représentative », interview à Libération

« Pour une primaire loyale et représentative », interview à Libération

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libe

Libération publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Le PS organisera-t-il une primaire?

J’ai décidé de soumettre au conseil national du Parti socialiste une primaire ouverte à la Belle Alliance Populaire si la primaire de toute la gauche est impossible.

Quand?

Nous en discuterons ensemble ce samedi. Si la primaire de toute la gauche est possible, nous garderons les dates évoquées, soit les deux premières semaines de décembre. Si elle était impossible, nous organiserons ces primaires les deux derniers week-ends de janvier.

Quelles seront les conditions?

Nous allons en discuter. Mais elles ne devraient pas aller au-delà de celles de 2011.

Les socialistes sont donc libres, sous condition de parrainage, de s’y présenter.

Si c’est la primaire de toute la gauche, on posera la question de qui représente le PS. Si c’est la primaire dans l’espace de la Belle Alliance Populaire (PS, Radicaux de gauche, certains écologistes, ndlr), les candidatures seront évidemment libres. Une commission de suivi de la primaire est en place. Elle fera des propositions pour septembre.

Pourquoi avoir évoqué cette semaine un «congrès extraordinaire» pour modifier les statuts du PS et ne pas faire de primaire?

C’était une des options sur la table. Mais la presse ne voit que celle qui permet de faire le buzz.

Vous dites «si la primaire de toute la gauche n’est pas possible». Pouvez-vous préciser?

Dès le 6 février, le PS a pris position pour la primaire de toute la gauche. Il l’a réaffirmé unanimement dans une adresse le 9 avril. Nous avons attendu les congrès du PCF et des Verts. Ces derniers ont fermé la porte à toute alliance et toute primaire à gauche. Les communistes ont repoussé leur décision au mois de novembre mais indiqué qu’il y avait un «mur infranchissable» entre la gauche qu’ils défendent et la gauche de gouvernement. Je le regrette profondément. Ils mésestiment la situation politique et ce que la droite a dans ses cartons. Je ne fais pas l’impasse sur la présidentielle de 2017. C’est une des élections les plus importantes de ces vingt dernières années. Il s’y jouera le destin de la France, tant du point de vue social que des principes républicains. Faire l’impasse pour spéculer sur une recomposition politique suite à une défaite programmée et parfois, pour certains, organisée, est une faute politique devant l’histoire et la gauche. Cessons la fragmentation et engageons un processus de recomposition. La primaire de toute la gauche pouvait le permettre. On nous a claqué la porte au nez, sans autre considération qu’une volonté punitive du Parti socialiste.

En même temps, on doute que vous y ayez cru à cette «primaire de toute la gauche»

Je prends les gens aux mots. Quand le PCF et les Verts ont condamné la sécession de Jean-Luc Mélenchon, je ne pouvais pas croire qu’il s’agissait d’un règlement de compte entre eux. Je ne peux pas croire non plus que les écologistes et les communistes aient fait une croix sur leur représentation nationale au Parlement au prétexte qu’ils sont en désaccord avec la politique menée. Nos amis font une erreur stratégique. Il n’est jamais bon de tourner le dos à la gauche et à son unité lorsque les menaces s’amoncellent à droite.

Vous leur proposez un accord législatif en échange d’une unité à la présidentielle?

A cette étape, je ne leur propose rien. La seule chose que je propose, c’est une primaire de toute la gauche où ils s’engagent à respecter le verdict du vote. On ne peut pas faire plus simple! Je constate seulement qu’ils n’ont pas envie. Je ne veux pas attendre que leurs tergiversations conduisent à ce que le PS ne puisse plus le faire.

François Hollande est au courant?

Je l’ai tenu au courant.

Qu’en dit-il?

Que le Parti socialiste se détermine comme il le souhaite.

Donc, cela veut dire que si François Hollande est candidat, il passera par la case primaire ?

Je le souhaite.

Beaucoup de ses proches, comme du Premier ministre, sont pourtant contre l’idée de primaire. Pour eux, le Président est légitime à se représenter.

Je respecte cette position. Je pense, comme eux, que le président de la République sortant n’est pas n’importe quel compétiteur. Il a de grandes chances d’être le candidat de la gauche. Et – c’est une position personnelle – c’est peut-être lui qui est le seul capable, à cette étape à gauche, de gagner la présidentielle. Ce qui m’afflige, c’est que la gauche soit aujourd’hui dans un combat pour départager la gauche de gouvernement avec la gauche de contestation. Ce n’est pas à la hauteur des défis qui nous sont posés.

En 2011, vous aviez eu besoin d’une bonne année pour organiser la primaire. Est-ce encore possible, d’organiser une telle désignation ouverte en six mois?

Nous avons conscience que le temps est compté. Que la situation est complexe. Mais il faudra se donner les moyens pour que cette primaire soit loyale et représentative.

Fin janvier, tout le monde aura un candidat, sauf vous. Ce n’est pas trop tard?

C’est une question que la commission pourra étudier. Mais si nous le faisons en décembre, on nous reprochera de ne pas laisser de temps au débat.

La primaire est une façon de rassembler une gauche aujourd’hui très divisée?

Oui. C’est un moyen de rassembler. C’est aussi un moyen de mesurer les nuances, interrogations, divergences… Et de convaincre! Puisque nous sommes confrontés au fait que «ça va mieux» économiquement et sur le front du chômage mais que les Français ne le perçoivent pas, ce sera aussi l’occasion de le faire savoir et de le faire comprendre.

Le lien semble pourtant coupé entre la gauche de gouvernement et son électorat non?

Je ne crois pas. Il y a un profond sentiment d’unité. L’électeur de gauche distingue son appréciation de telle mesure gouvernementale de la nécessité de se rassembler pour faire barrage à l’extrême droite et battre la droite. Il y a une distorsion entre les appareils et l’électorat. Les uns sont radicalisés. Les autres sont attentifs. Nous sommes dans une phase de fragmentation des représentations politiques. La présidentielle sera un vecteur de recomposition.

Et en même temps, Jean-Luc Mélenchon fait aujourd’hui jeu égal avec François Hollande.

Je ne confonds pas un moment de désaccord entre les gauches sur la démarche à suivre sur la loi Travail et le rapport de forces réel dans le pays. Ces sondages auraient dû s’affirmer dans les urnes. Or ce n’est pas le cas.

Pour vous, Jean-Luc Mélenchon n’est pas une menace ?

A cette étape je ne mesure pas son axe de campagne. D’un côté, il y a un front populaire de combat que nous avions déjà vu lors de la précédente présidentielle. Mais il a aussi des accents à la Beppe Grillo que je ne lui connaissais pas : sortie des traités européens, salut aux assignés à résidence, l’idée que la droite serait moins pire que la gauche… A-t-il choisi un axe de débordement ou une nouvelle offre politique?

Comment le PS peut-il éviter la fracture sur la loi travail ?

L’expression de nos députés est libre mais la remise en cause de la solidarité en déposant une motion de censure n’est pas acceptable au regard de nos statuts. C’est une ligne rouge. Si certains d’entre nous vont jusque là, il y aura des sanctions.

Comment observez-vous les violences dans les manifestations?

Il y a beaucoup de violence dans la société française et européenne. Aujourd’hui on peut à nouveau tuer pour des idées en Europe ou bien au nom d’une foi dévoyée. On peut brandir le masque de la haine contre les réfugiés. La démocratie est un bien précieux. Il faut conserver cette possibilité de dialogue, d’échanger et d’être en désaccord. J’ai demandé à la CGT de faire une pause car les manifestations sont instrumentalisées par des personnes qui veulent la violence pour la violence. Il ne s’agit pas pour ces derniers de stimuler le mouvement social mais d’imposer la stratégie du chaos. Qui en sortirait vainqueur ? L’extrême droite. Le Président est donc totalement dans son rôle lorsqu’il rappelle la loi.

En même temps lorsque le gouvernement ne bouge pas face à une réforme impopulaire dans l’opinion et qu’il brandit le 49-3 car il n’a pas de majorité à l’assemblée nationale…

(Il coupe) J’avais, lors de la première version de la loi travail, dit que je trouvais le texte déséquilibré et qu’il n’était pas votable en l’état. Ce n’était pas anodin venant d’un premier secrétaire d’un parti au pouvoir. Le gouvernement a bougé. Il a reculé. Il a suspendu le texte, réuni tous les syndicats et bâti avec intelligence un compromis. Dans ce texte, les éléments les plus critiques ont été retirés et ceux souhaités par le PS – garantie jeune, première marche vers une sécurité sociale professionnelle – ont été augmentés. Un compromis a été trouvé. Puis des syndicats ont manifesté leur désaccord total et une minorité de socialistes s’est alliée avec des députés communistes et verts pour créer une minorité de blocage qui a conduit le gouvernement au 49-3 pour faire respecter ce compromis.

Vous pensez qu’il est possible d’éviter un nouveau 49.3 au retour du texte à l’Assemblée début juillet?

Vu l’hostilité, je ne vois pas les parlementaires minoritaires opposés au texte revenir sur leur position. Certes, ils ne sont plus dans le retrait mais dans l’amélioration du texte. Mais leurs conditions sont telles que cela dénaturerait le compromis trouvé par le gouvernement. Le chemin n’est pas fermé, mais il est très étroit.

 

Propos recueillis par Rachid Laïreche et Lilian Alemagna.

09 Juin

Commentaires fermés sur Meeting « Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social  » – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mercredi 8 juin 2016

Meeting « Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social  » – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mercredi 8 juin 2016

par

Meeting 08062016 Paris

Retrouvez ci-dessous le discours de Jean-Christophe Cambadélis lors du grand meeting parisien du 8 juin 2016:

 


Intervention de Jean-Christophe Cambadélis lors… par PartiSocialiste

Discours de Jean-Christophe CAMBADELIS

Meeting de Paris
« Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social »
Mercredi 8 juin 2016

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Premier ministre, cher Manuel,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, cher Claude,
Monsieur le Porte-parole du Gouvernement, cher Stéphane,
Madame la Ministre, ma chère Myriam,
Mesdames et messieurs les Ministres,

Cher-es ami-es, cher-es camarades,

La France se cherche. Elle ne sait pas par quel bout prendre le réel. La France est en crise, avant tout en crise de description. La France n’a plus de grand récit pour affronter les grands défis.

La France se cherche et cela se voit au nombre de paradoxes qui l’agitent. Il y a de très nombreux paradoxes dans la situation politique française.

Le premier paradoxe pourrait être résumé ainsi : La France va mieux dans les chiffres mais elle ne va pas encore mieux dans les têtes.

La France va mieux et chaque jour un peu mieux. Et vous le savez, les faits sont têtus :
– Le chômage a baissé pour la deuxième fois consécutive, ce qui n’était pas arrivé depuis 5 ans
– La confiance des ménages s’est nettement améliorée en France pour atteindre son plus haut niveau depuis octobre 2007
– L’investissement des entreprises repart à la hausse, la plus forte depuis la fin 2011
– En 2015, le déficit commercial s’est contracté de 22 % et repasse sous la barre des 50 milliards d’euros, c’est la première fois depuis 2009
– La croissance progresse aussi et même le FMI prévoit 1,5% de croissance pour cette année alors qu’il ne prévoyait que 1,1% en mars, là aussi la plus forte progression depuis 2011.

Et à un moment, le décalage horaire entre les courbes des statistiques et le quotidien des Français va se résorber.

Le second paradoxe est le suivant: On voit la paille dans l’œil de la gauche mais pas la poutre dans l’œil de la France.

Le problème de la France c’est la droite. Une droite qui n’est pas au rendez-vous des défis. Une droite trop libérale et pas assez sociale. Quant à l’extrême gauche, elle rêve d’un printemps politique, mais on ferme les yeux sur l’hiver social que prépare la droite.

D’ailleurs, à l’extrême gauche on ne dit rien sur la primaire de la droite. Alors même que ce n’est pas une primaire, c’est un véritable concours Lépine des mesures libérales et un véritable concours Le Pen des questions identitaires. Nicolas Sarkozy à Lille va en donner une nouvelle illustration : c’est le retour du discours de Grenoble. Pour lui conquérir les couches populaires, c’est les enfermer dans l’identité.
Quel mépris pour le peuple, pour les couches populaires que de penser qu’en agitant la haine de l’autre, on peut recueillir des voix. Ce ne pas ce que fait, ce que dit, ce que pense la gauche et c’est une grande différence.

Le troisième paradoxe c’est qu’on critique la loi El Khomri n°2 mais on exempte la droite de toute critique sur cette même loi. On a donc l’indignation sélective, l’opposition élective, l’indignation à la carte.

Or, il faut parler de la droite, de ce qu’elle dit, de ce qu’elle fait, notamment au Sénat, ou plutôt de ce qu’elle défait au Sénat.

Comparaison n’est pas raison, mais ce n’est pas un tort dans la période de regarder ce que veut la droite.

A la Chambre Haute, c’est bas les masques pour la droite. Fidèle à elle-même, elle fait dans la régression sociale sans retenue, sans fard. La loi Travail n°3, elle est de droite. Cela se voit à deux niveaux : Elle purge la loi Travail n°2 de ses mesures de progrès social et elle ajoute des mesures de régression sociale.

Au Sénat, la droite supprime toute mesure de progrès :
– Exit les 35 heures
– Exit aussi les 24 heures minimum de temps partiel
– Exit le compte engagement citoyen du Compte Personnel d’Activité, qui permettait aux personnes d’intervenir dans des associations
– Exit le compte pénibilité
– Exit la généralisation de la garantie jeune

Au fond, avec la droite c’est exit le progrès. La droite est pour le progrexit.

Au Sénat, la droite ajoute des mesures de régression :
– Licenciements économiques simplifiés
– Introduction de la possibilité dans les entreprises de moins de 50 salariés dépourvues de délégué syndical, de passer un accord avec le délégué du personnel ou le comité d’entreprise, non mandatés
– Suppression de la représentativité syndicale dans les réseaux de franchisés
– Plafonnement des indemnités accordées par le juge prud’homal
– Doublement des seuils sociaux en passant de 11 à 20 et de 50 à 100
Voici donc la loi Travail n°3, la loi de la droite, la loi « visant à instituer de nouvelles précarités et de nouvelles régressions pour les entreprises et les actifs ». Cette loi présentée par la droite n’est qu’un exemple, un court extrait du film d’horreur qui se déploierait si la droite venait à l’emporter. Pour l’instant, la droite dure cherche encore son champion.

Si l’on en croit les résultats des sondages, l’ancien Premier ministre Alain Juppé semble avoir de bonnes chances de jouer un rôle important lors des primaires de la droite en novembre prochain, et donc au moment de l’élection présidentielle de 2017.

Quelle alternative de politique économique propose-t-il ? On en a une idée précise grâce à la publication récente d’un livre où le candidat affiche la couleur.

Lui président, le contrat à durée indéterminée (CDI) est conservé, mais les motifs de rupture en seront prédéterminés à l’avance et, en cas de conflit, les indemnités prud’homales seront plafonnées. Le référendum d’entreprise sera généralisé et rendu possible dès que le chef d’entreprise et un seul syndicat représentatif en seront d’accord. Les obligations sociales liées aux seuils de passage à un nombre supérieur de salariés seront gelées pendant cinq ans.

Lui président, côté secteur public, les dépenses seront réduites à 50 % du produit intérieur brut (PIB), contre 57 % aujourd’hui, une énorme ponction sur la demande intérieure. Comme « l’Etat ne sait pas être un bon actionnaire », les privatisations seront à l’ordre du jour. Les effectifs de la fonction publique seront réduits de 200 000 à 250 000 personnes.

Lui président, le message est clair : il faudra travailler plus. La durée légale de 35 heures sera supprimée grâce à un passage possible pour toutes les entreprises qui le souhaitent à 39 heures. Il faudra travailler plus et plus longtemps avec un report de l’âge de la retraite. Les fonctionnaires devront aussi travailler plus longtemps. Pour le candidat aux primaires de la droite, le progrès, c’est travailler plus pour gagner moins.

Lui président, avec une réduction des impôts sur les revenus du capital et la suppression de l’impôt sur la fortune. L’impôt sur les sociétés sera ramené progressivement vers 22 %. Le quotient familial sera relevé de manière importante. Les salariés devront passer plus de temps à travailler et les riches pourront mieux profiter de leurs rentes, ce qui permettra aux plus riches de payer moins d’impôts.

Voilà, le programme de Monsieur Juppé, la casse sociale mais, avec le sourire, l’austérité heureuse en somme.
Le plus grave sans doute, c’est que Monsieur Juppé passe pour être un des plus « soft » dans la primaire de la droite.

Alors, s’il force sa nature en essayant d’être humble, vous allez voir, le naturel va revenir au galop. En voie de balladurisation, le champion de la casse sociale va se faire cassant contre ses adversaires de la primaire et puis contre les Français qui ne reconnaitront pas son génie.

* * *

Nous avons commencé en évoquant les paradoxes qui agitent la politique française. Ce serait peut-être le dernier paradoxe à évoquer mais à éviter : Savoir ce que la droite ferait demain mais ne pas le dénoncer aujourd’hui.

Oui, « Au secours la droite revient », mais en plus aujourd’hui, elle prévient. Au Sénat on nous en donne l’expression la plus claire.

Alors voilà ! Vous vous posez la question : Pourquoi ? Alors que la France va mieux ? Pourquoi ? Alors que l’ultra gauche est dans la violence réelle ? Pourquoi ? Alors que la droite est dans la violence symbolique d’un programme ultra libéral ? Pourquoi ? Alors que l’extrême droite xénophobe se fait discrète pour mieux surgir ? Pourquoi une telle violence quotidienne et récidivante contre le Parti socialiste, le Gouvernement et le Président ?

Tout simplement parce que l’oligarchie, l’aristocratie, le système – appelez cela comme vous voulez – ont choisi le casting des années à venir : le face-à-face entre Marine Le Pen, Alain Juppé et une gauche écologiste mélenchonisée.

Les petits marquis médiatiques, les gros bonnets de l’oligarchie ne veulent pas du juste équilibre. Une droite ultra libérale et un front national et une extrême gauche dans la rue.

Eh bien nous ne nous laisserons pas faire ! Parce que laisser la droite et l’extrême droite face-à-face c’est la certitude de les retrouver demain coude-à-coude. Laisser mélenchoniser la gauche ? C’est la condamner à la marginalité.

Il y a un chemin entre ceux qui veulent tout défaire et ceux qui ne veulent rien faire : C’est la gauche constructive !
Cette gauche qui défend un modèle équilibré pour la France.
Cette gauche qui veut l’égalité réelle.
Cette gauche qui veut la liberté ordonnée !
Cette gauche qui veut la fraternité laïque !
Une gauche social écologique qui donne sens à la République.

Il n’y a pas de République sans équilibre.

Le programme de la droite veut semer la fin de notre modèle social. Il récoltera la violence.

Le programme de l’extrême droite veut rêver la fin de l’Europe, la fin de la République ? L’extrême droite veut détruire. Nous voulons construire.

Il y a un chemin pour autre chose que celui que l’oligarchie a dessiné pour notre pays.

Nous devons nous rassembler et rassembler tous ceux qui refusent la violence des projets des uns et la violence sans projets des autres.
Nous voulons rassembler tous ceux qui refusent la société de marché mais comprennent l’économie de marché. Tous ceux voulant affronter avec des valeurs de gauche la révolution de l’immatériel, les défis climatiques, la nouvelle donne géopolitique, le terrorisme, les préjugés, les réfugiés, la crise européenne.

Devant les crises, certains ont des réflexes d’escargot : ils rentrent dans leur coquille. Nous voulons, nous, socialistes, écologistes, militants démocratiques, républicains, affronter la crise pour pouvoir la maîtriser. C’est ce qui nous distingue de tous les autres.

Nous le faisons alors dans la Belle Alliance Populaire où socialistes, radicaux, écologistes, démocrates, syndicalistes, associatifs construisent une fédération pour affronter les défis nouveaux, mais aussi le redressement de la France que nous ne voulons pas voir dilapidée par l’immobilisme des uns et l’activisme libéral des autres. Parce que ce redressement c’est aux efforts des Français qu’on le doit.

Ce meeting était nécessaire pour souligner combien le chemin de « la gauche constructive » différait de la « droite destructive ».

Ce meeting était nécessaire pour souligner combien la loi Travail n°2 différait de la loi Travail numéro n°1, et combien elle était opposée à la loi Travail n°3, issue de la droite sénatoriale.

Ce meeting était nécessaire pour dire que le temps de la contre offensive est lancée.
Dire aux Français que cela va mieux.
Dire aux Français que notre chemin, celui du juste équilibre, est le seul praticable.
Dire aux Français que nous ne baissons pas les bras devant les défis.
Dire aux Français que nous voulons rassembler tous ceux qui veulent avancer ! Qui veulent défendre un réalisme social écologique !
Qui veulent un nouveau souffle européen porté par une République nouvelle !

Parce que nous refusons que la France ait le destin des feuilles mortes, nous nous rassemblons aujourd’hui pour combattre.

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre

04 Juin

Commentaires fermés sur « Cambadélis appelle au rassemblement », interview dans l’Yonne Républicaine

« Cambadélis appelle au rassemblement », interview dans l’Yonne Républicaine

par

ITW Cambadélis - Yonne Républicaine

 

L’Yonne Républicaine publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

 

Ces dernières semaines, vous avez parfois parlé du « désamour socialiste ». Comment susciter de nouveau l’adhésion de l’ensemble de votre famille politique ?

Tout d’abord, j’ai une pensée pour les personnes en grande difficulté en raison des intempéries. Il faut relativiser nos problèmes politiques. Mais oui, nous sommes devant un étrange paradoxe. Tous les indicateurs sont passés au vert, le redressement du chômage, les capacités des entreprises, la consommation des ménages… Il y a là des faits qui marquent un mieux pour la France. Mais de l’autre côté, nous ressentons une amertume, une colère, une incompréhension. Nous sommes dans cette situation entre réussite et contestation.

D’ici à la présidentielle, il vous reste un an pour souligner la réussite et apaiser la contestation, qui émane aussi de votre propre camp…

Oui, il faut le dire et l’indiquer. Il faut démontrer que le pays se redresse tout en écoutant ce que les Français nous disent.

La difficulté de ce quinquennat ne tient-elle pas dans un manque d’explications, de pédagogie ? Le gouvernement a-t-il vraiment su construire son propre récit ?

Effectivement. Le problème n’est pas le déficit d’explications mais le déficit de récit. Nous n’avons pas expliqué où nous en étions en arrivant et nous n’avons pas suffisamment souligné nos priorités. Cela a pu donner l’image d’un coup par coup. S’il y a un taux de satisfaction sur les actions du gouvernement, c’est le sens de l’ensemble qui pêche.

Mais comment mettre ce sens en lumière ?

En se déployant, y compris dans des territoires où les socialistes ne sont pas en situation dominante. La bonne parole doit être portée partout.

François Hollande est-il le candidat naturel de la gauche pour 2017 ?

Chacun sait que si François Hollande n’était pas candidat, la gauche se heurterait au trop­plein de candidatures. Et dans ce moment difficile, cela risquerait d’achever la gauche pour la présidentielle. Je travaille au rassemblement de l’ensemble de la gauche par une primaire de toute la gauche ou par une belle alliance pour essayer de faire le meilleur score possible au premier tour. Hier, il fallait se ras­ sembler au deuxième tour, aujourd’hui, il faut y être.

L’idée d’une primaire PS n’est pas abandonnée ?

Non. Nous en discutons. Les congrès Verts et PCF passés, on se rendra peut­ être compte de la nécessaire unité.

Que dites-vous aux députés frondeurs, qui considèrent précisément que l’esprit de la gauche a été bafoué ?

Je n’ai jamais considéré que le désaccord économique était un désaccord essentiel. Oui, il y a des désaccords, mais il y en a eu d’autres.

L’un des points de tension du moment est la loi Travail. Faut-il négocier sur l’article2?

Si on regarde ce que propose la droite sénatoriale, on mesure que la loi Travail numéro deux, c’est du pur socialisme. Il faut écouter les préventions. Il y aura le débat à l’Assemblée nationale mais la philosophie et l’architecture de la loi n’ont pas vocation à être modifiées.

 

Propos recueillis par Stéphane Vergeade

 

01 Mai

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Rassemblement annuel d’hommage à Léon Blum – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – 1er mai 2016

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Discours JCC 1er mai 2016

Retrouvez ci-dessous le discours de Jean-Christophe Cambadélis lors du rassemblement annuel d’hommage à Léon Blum et des 80 ans du Front populaire:

 


Discours de Jean-Christophe Cambadélis en… par PartiSocialiste

21 Nov

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Détermination ! Sang-froid ! Rassemblement dans la dignité !

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Capture d’écran 2015-11-21 à 17.49.02

Jean-Christophe Cambadélis a adressé une lettre aux militants socialistes que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Paris, le 19 novembre 2015

                                                    

Cher-es ami-es,

Chers compagnons de l’unité,

Cher-es camarades,

La Marseillaise a retenti, lundi 16 novembre 2015, dans la salle du Congrès au Palais de Versailles, chantée par toutes les représentantes et représentants de la nation. Elle a fait écho au discours du Président de la République qui incarnait la France dans l’épreuve.

Ce fut là, la Concorde nationale pour la défense de la République, ses valeurs, sa laïcité, son vivre ensemble.

La France est rentrée en résistance face à une armée terroriste se réclamant d’une vision fanatisée de l’Islam.

La France, fidèle à son message des Lumières, a dans un même élan décidé :

Ils ne passeront pas !

L’assassinat de masse perpétué le vendredi 13 novembre annonce un combat vital pour ce que nous sommes. Il annonce des années de sang, des années de guerre. Nul n’en doute maintenant.

Comme l’a réaffirmé le Président de la République, le but de la guerre n’est pas le conflit de civilisations, mais la destruction de Daech, pour que vive la coexistence pacifique des civilisations.

La France a été durement frappée dans sa chair et dans ses valeurs. La France se doit de répondre avec ampleur.

La représentation nationale réunie en Congrès a fait bloc. Le Président de la République, conformément à notre constitution, a délivré son message à la nation.

Cher-es ami-es,

Il nous faut d’abord être auprès des familles endeuillées et accompagner les blessés. Nous partageons tous leur souffrance, tout comme nous ressentons la peine, la colère, la peur de tous nos concitoyens.

Il s’agit de mener une guerre totale en ne perdant jamais de vue le but : détruire Daech et son jihad global nihiliste.

La France a bombardé Raqqa, capitale de l’armée terroriste et continuera de frapper les infrastructures de commandement et d’entraînement là où il le faut. La France veut continuer à le faire dans un cadre international légal, avec les puissances qui partagent ses objectifs.

La France proposera une résolution aux Nations-Unies, demandera la cohérence européenne et une seule coalition pour se battre contre Daech.

Toutes les nations du monde, quelle que soit leur philosophie ou leur religion, sont devant leurs responsabilités : « aucun soutien à Daech, un isolement mondial, une destruction totale ».

En France, nous mènerons une lutte sans relâche contre la propagande terroriste, partout où les sergents recruteurs de la haine exercent leurs talents pour les ténèbres.

Ensuite, il s’agira d’assurer à nos concitoyens la sécurité maximale, c’est essentiel. La mise en place de l’état d’urgence, le rétablissement des contrôles aux frontières et le déploiement de 3000 soldats, l’augmentation des moyens pour l’administration, les services judiciaires et les douanes, sont des décisions exceptionnelles mais indispensables. Ces mesures permettront d’accélérer considérablement le travail d’enquête et de renforcer sensiblement nos défenses. Les modifications du cadre constitutionnel et législatif seront nécessaires pour être à la hauteur de l’évènement.

Enfin, troisième dimension de notre riposte, il faut assurer la Concorde nationale.

Celle-ci va au-delà de la simple unité nationale. Il ne s’agit pas de l’affaire des seuls partis, même si chacun comprendra qu’il faut être uni. Il s’agit du peuple de France tout entier, dans sa diversité. Il s’agit de mettre toutes et tous sous la protection nationale. Il s’agit de faire échec à l’objectif stratégique de Daech : transformer l’agression en guerre de religion.

Des compatriotes musulmans ont été tués et blessés comme tous les Français parce que Français.

Pourtant, les réseaux sociaux se sont remplis de haine et des exactions contre les mosquées ont été perpétrées. Elles ne sont pas acceptables au nom de la République et du combat contre Daech.

Cher-es ami-es, l’état d’urgence va être prolongé.

Dans les mois qui viennent, il va falloir être des citoyens d’urgence mais aussi des militants d’urgence, sachant adopter le bon comportement, portant les bons arguments. Sachons-le, nos concitoyens nous regardent, ils attendent de nous des réponses et que le gouvernement issu de nos rangs agisse, sans se précipiter et sans trembler.

Dans ce moment si difficile, si pesant, il faudra de la détermination.

Le Parti socialiste est déterminé. Il est déterminé car il doit assumer son rôle démocratique essentiel pour éclairer les débats et orienter les décisions. Le Parti socialiste est déterminé à soutenir tous les efforts des autorités françaises pour détruire Daech. Le Parti socialiste est déterminé à défendre nos valeurs et notre mode de vie, donc déterminé à défendre la Concorde nationale car c’est la meilleure résistance contre la barbarie, le meilleur antidote contre la haine.

La campagne électorale va reprendre ses droits lundi avec le début de la campagne officielle et la guerre pèsera sur les débats. Ce n’est pas seulement normal, c’est décisif.

Le Parti socialiste lance un appel : « Aux urnes les citoyens ». C’est une autre manière de combattre en montrant un peuple debout. Voter c’est démontrer que la démocratie est plus forte que la terreur.

Dans cette campagne, il faudra défendre l’intérêt général et déployer une attitude républicaine rassemblée, être le pôle de stabilité, d’unité et le cœur de la lutte.

Nous défendrons les décisions de la France au combat. Nous plaiderons sans relâche pour l’unité, pour que vivent la liberté, l’égalité et la fraternité.

Nous serons au niveau national, comme au niveau local, le Parti de la Concorde nationale pour que vivent la République et le vivre ensemble.

Nous refusons ceux qui veulent nous diviser en instillant le poison de la suspicion.

De nombreuses questions vont être abordées. Non seulement nous y répondrons et nous allons lancer un débat national : le dialogue dans la dignité et le rassemblement. Nous irons au devant des Français dans des cafés débats, sur les marchés pour répondre à leurs questions et plaider sans relâche pour l’union.

Nous regrettons qu’une droite divisée hésite entre l’union nationale et rupture nationale. Mais nous ne polémiquerons pas. L’extrême droite elle, fidèle à sa nature, tentera de faire de l’élection un référendum contre les musulmans… Nous répondrons sans ambiguïté.

La chasse aux musulmans c’est affaiblir la France et insécuriser les Français. Nous devons aux Français la Concorde nationale, pas la guerre civile.

« Nous sommes tous Français », « Nous aimons la vie en France », « Nous voulons protéger le vivre ensemble ». « Toute autre querelle est subalterne et affaiblit la République ». « Nous écoutons les avis, les propositions, nous les reprenons dans un esprit d’efficacité et d’union ». « Mais nous ne polémiquerons pas. Si la vie continue et elle continuera, si le débat reste libre et il le restera, nous refusons de donner le spectacle de chamailleries alors que la France est dans la peine et le combat ». « L’unité fait notre force et le sang-froid notre dignité ».

Et nous ne ferons pas croire que les régions puissent régler le conflit en cours. Mais en faisant vivre le vivre ensemble, et en en faisant une priorité budgétaire, nous avons conscience de participer à le régler.

Enfin, nous dirons notre fierté de l’action ferme, rassembleuse du Président de la République qui, dans cette nouvelle épreuve, a non seulement eu les mots justes mais les décisions justes.

Je suis persuadé que notre formation politique saura faire face, comme le débat au bureau national extraordinaire l’a démontré, dans l’unité, dans la discussion fraternelle, dans la volonté de se battre sur notre triptyque commun : la guerre totale contre Daech, la sécurité maximale pour les Français, la Concorde nationale.

Au-delà de la compétition de premier tour que nous avons toujours combattue, nous ne serons pas seuls. Il faut noter que, Cécile Duflot, dans une intervention remarquée au Congrès ou Emmanuelle Cosse et Pierre Laurent devant le Président de la République le 15 novembre dernier, sans oublier les représentants communistes au Parlement, Eliane Assassi, André Chassaigne et Corinne Bouchoux pour le groupe écologiste au Sénat, tous ont déclaré leur accord global avec les mesures énoncées par le Président. Ce qui était déjà en cours, à savoir l’alliance de second tour va s’accentuer. Les Français sont dignes, rassemblés et courageux, prenons exemple sur eux.

Voilà, cher-es ami-es, cher-es camarades, les conditions d’une fin de campagne dont l’organisation sera tout à la fois perturbée et politiquement réévaluée au regard de l’Histoire.

Amitiés socialistes,

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

12 Nov

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L’invité de Frédéric Rivière sur RFI

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JCC RFI 12112015

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Frédéric Rivière sur RFI.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

 


J.-C. Cambadélis: «J’appelle tous les… par rfi

 

Sommet de Malte

« Ce sommet avec l’Afrique c’est le bon sens. On ne peut pas régler le problème à coups de barbelés ou de murs. Il faut aider au développement et à la sédentarisation. (…) Le Parti socialiste avait proposé une conférence mondiale sur le sujet.

Droit de vote des étrangers 

Les socialistes et l’ensemble de la gauche doivent se battre pour cette mesure

Amendement Ayrault-Muet 

Jean-Marc Ayrault propose un pas de plus vers la grande réforme. (…) S’il s’agit d’engager le débat sur la réforme fiscale nécessaire, on ne peut être que pour.

Elections régionales / Front républicain

Je n’ai pas l’habitude de mettre mon caleçon après mon pantalon. Il faut faire les choses dans l’ordre. Il y a un premier tour et un deuxième tour. J’appelle l’ensemble des socialistes à se concentrer sur le premier tour. Je dis à tous les socialistes « Trop de confidences nuit à la cohérence ». La cohérence, c’est de battre la droite et l’extrême-droite dès le premier tour.

Je pense que dans le Nord – Pas-de-Calais – Picardie, Pierre de Saintignon sera devant Xavier Bertrand au 1er tour et que la question sera posée à la droite et pas à la gauche. En tous les cas je me bats pour ça, je ne me mets pas dans la situation où Marine Le Pen aurait gagné les élections régionales. Je ne suis pas un défaitiste, je suis un combattant
Il faut gagner et sortir le plus haut possible au 1er tour.

Il y a treize régions et nous sommes plus souvent en combat avec la droite qu’avec l’extrême droite. Donc d’abord le premier tour, il faut sortir en tête et sortir le plus haut possible pour après rassembler l’ensemble des forces de gauche.
On met le Front national trop au centre. La bataille centrale est avec la droite. Et il faut tout faire pour battre l’extrême droite.

Propos de Jean-Christophe Lagarde

Jean-Christophe Lagarde est inféodé à Nicolas Sarkozy. (…) Je suis très étonné des propos de Jean-Christophe Lagarde. Il n’a rien dit de tel quand Nicolas Sarkozy mettait sur le même plan le Parti socialiste et le Front national. Comme d’habitude avec Jean-Christophe Lagarde, il y a des vérités à géométrie variable. »

08 Nov

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Un mouvement pour le mouvement ou contre un mouvement

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Un mouvement pour le mouvement ou contre un mouvement

J’ai lu le texte appelant à lancer un Mouvement Commun. Le premier mot de l’appel est République. Tout comme la révolution de 1789 dans la lignée de laquelle elle s’inscrit, la République est inachevée et donc encore porteuse d’espoir. C’est tout l’objet de cet appel : redonner du mouvement à une France en panne d’espérance, mais pas en panne d’idées, ni en manque de forces vives que le Mouvement Commun veut attirer et rassembler.

Pour ce faire, le texte prône une « autre parole politique ». Ainsi, « il est temps de dire « nous ». Le « nous » de l’égalité, sans aucune distinction entre les citoyennes et les citoyens. »

Le pronom personnel à la première personne du pluriel vient scander le texte de l’appel et se fait même anaphore :

« Le « nous » des causes communes », pour dire qu’il ne faut pas désespérer, que les citoyennes et les citoyens épaulés par les sciences et les connaissances peuvent s’offrir un monde meilleur, un « avenir heureux ».

« Le « nous » des audaces démocratiques, sociales et écologiques », pour s’inspirer des exemples concrets partout dans le monde où un modèle alternatif de développement se cherche, contre les dominants, les possédants, les dirigeants.

« Ce « nous », seul capable d’enrayer la machine infernale qui met la France en guerre contre elle-même, en inventant des boucs émissaires », pour dénoncer les divisions et en appeler à des « causes communes » qui redonneront espérance.

« Ce « nous » qui fera enfin barrière aux divisions à travers lesquelles se perpétuent la domination d’une minorité et la dépossession de la majorité », pour dénoncer aussi les inégalités et les atteintes à l’environnement.

Et, cet appel dans l’appel : « Nous refusons la relation restrictive, aussi pauvre que dangereuse, de gouvernants à gouvernés et appelons à remettre la démocratie à l’endroit, les citoyens au centre. »

Ce texte est dans l’ensemble plutôt constructif, positif, à une exception près, et elle est de taille, limpide, dirigée contre les membres actuels de l’exécutif : « Nous n’acceptons plus la désinvolture, le mensonge et le cynisme de ceux qui s’affranchissent de leur propre parole, négligeant ainsi le vote des citoyennes et des citoyens. »

Inévitablement, le Mouvement commun se situe dans l’entre-deux, il se veut politique mais non-électoral, et pourtant, le texte évoque un „nouveau projet politique, pour une France d’après“, un programme donc. Rassurons-nous, le MC s’inscrit dans „la délibération collective, plutôt que dans l’aventure personnelle“.

Que dire de ce texte ? Pouria Amirshahi a sans doute lu mon dernier livre qui finit sur ces quelques lignes : « Regardons la réalité en face : sans progressistes, pas de progrès. Oui, cela ne tient qu’à nous. « Nous »… Quel joli mot, ce pronom personnel au pluriel, identifiant et engageant, à la fois collectif et inclusif. C’est notre programme pour une belle France et pour notre avenir. C’est le mot idéal pour achever ce court périple au pays de nos valeurs. Oui, à gauche, les valeurs décident de tout. Et, tout dépend de nous. »

Que dire de cette démarche ? Elle est à saluer. Courageuse, car le succès est loin d’être assuré, car oui, la désespérance sociale est forte, le désengagement politique est profond. Courageuse et ambitieuse car il s’agira de ne pas commettre à nouveau les erreurs passées : le Front de Gauche, simple cartel pris dans des querelles partidaires ou encore Nouvelle donne, trop obnubilée par la revanche de ses dirigeants envers leurs anciens partis.

Le texte a déjà 1600 signataires, dont certains à souligner : Pierre Laurent, Benoît Hamon, Cécile Duflot, Aurélie Filippetti, Marie-Noëlle Lienemann, Laurent Baumel, Pascal Cherki, Laurent Grandguillaume, Julien Bayou, Sergio Coronado, Noël Mamère.

Vais-je signer cet appel ? Il y a quand même cette phrase clairement dirigée contre l’exécutif. Mais, sur le fond, le Mouvement Commun est l’exemple type d’initiative qui peut s’agréger au sein de l’alliance populaire que nous proposons. Avec ce petit bémol : l’idée est de faire un nouvel Épinay pas un nouvel ATTAC.

 

 

08 Nov

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« Je trouve la théorie d’une alliance du PS avec le centre un peu dangereuse », Interview à Atlantico

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AtlanticoAtlantico publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

Dans la tribune que vous avez publiée dans Le Monde, vous abordez la question du Front Républicain. Jusqu’alors les socialistes ne l’avaient jamais remis en question, vous le faites aujourd’hui. Est-ce à dire que le FN est moins dangereux qu’avant ? Que la démocratie n’a plus besoin de s’en prémunir en unissant ses forces ?

Non, pas du tout. Le FN est beaucoup plus dangereux qu’avant. Avant, il était dirigé par un faluchard, Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, il s’est fixé comme but d’accéder au pouvoir et il s’appuie sur un mouvement qui n’est pas seulement franco-français. Dans toute l’Europe, on assiste à la montée d’un souverainisme xénophobe qui constitue un phénomène politique majeur. Dans la période qui vient il faudra donc être en capacité de le combattre et pas seulement au second tour mais au premier tour et je dirais même tous les jours.

Mais alors, si le Front national est aussi dangereux qu’avant, pourquoi ouvrir le débat sur le Front Républicain ?

C’est l’occasion de préciser quelque chose : qu’est-ce que le Front Républicain ? Le Front Républicain ce serait un accord entre la droite et la gauche, sur la base d’un programme, comme dans l’histoire de la République française cela a pu exister pour combattre un extrémisme qui menaçait la République. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de cela. Au second tour, il y aura différentes possibilités. La première : la gauche est largement majoritaire auquel cas il n’y a aucune raison de se retirer. Il y aura d’autres scénarios bien évidement mais je crois qu’il n’y a pas de risque que le FN l’emporte. Je pense qu’il sera haut au premier tour mais ne l’emportera pas au second parce qu’il y a 70% de la population qui ne veut pas du Front national. Je m’appuie, pour dire cela, sur deux exemples : celui des législatives d’abord. Marine Le Pen a fait 40% au premier tour ce qui ne l’a pas empêchée d’être battue au second. Deuxièmement, les élections départementales : tout le monde nous annonçait la victoire des candidats du FN dans l’Aisne. Or, ils ont été battus. Le Front national a un problème, c’est l’extrême mobilisation du second tour contre lui. Au second tour, les abstentionnistes viennent car ils redoutent l’extrême droite. Je crois donc que la situation est beaucoup plus ouverte qu’on veut bien le dire. De plus, enfermer les partis républicains dans le débat : allez-vous ou non vous désister mettrait le focus sur deux ou trois régions et surtout cela ferait du FN la question centrale de l’élection régionale alors que la question centrale c’est de savoir qui, de la droite ou de la gauche, va emporter le maximum de régions.

Vous ouvrez quand même une porte au ni-ni lorsque vous mettez dans le même sac Xavier Bertrand, Christian Estrosi et le FN.

Je suis halluciné par la campagne de Monsieur Estrosi et par celle de Monsieur Bertrand. Monsieur Estrosi a quand même déclaré qu’il y avait, en France, une cinquième colonne et qu’il existait des Français « de souche » et des Français « de papier ». Il mène, en outre, une campagne pour le moins islamophobe. Ça ne le qualifie pas comme le candidat le mieux à même de combattre Madame Marion Maréchal Le Pen. Quant à Xavier Bertrand, il a fait cette déclaration hallucinante : « Marine parle, moi j’agis » comme s’ils étaient, tous deux, sur le même registre. L’extrême droitisation de la droite rend peu crédible sa prétention à combattre le Front national. Certains de ses candidats veulent siphonner les voix de l’extrême droite en étant sur les thèmes de l’extrême droite et ça c’est dommageable.

Associer FN et droite républicaine, cela ne banalise-t-il pas le Front national alors que vous le déclariez récemment en voie de débanalisation?

Moi, ma crainte c’est que se constitue, élection après élection, un bloc réactionnaire où l’extrême droite banalisée rejoindrait une droite extrémisée.

N’avez-vous pas le sentiment d’être en train de perdre la bataille des idées quand vous voyez que Philippe de Villiers ou Eric Zemmour vendent leur livre à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires ?

Le populisme est évidemment plus vendeur que le réalisme.

Ça n’a pas toujours été le cas…

La gauche a, en effet, perdu son hégémonie. La droite identitaire a pris le pas sur la gauche égalitaire, ce combat là a été perdu. Il faut lancer la reconquête. Et de ce point de vue là, il y a un débat au sein de la gauche entre ceux qui pensent que la reconquête doit se faire par la protestation et ceux qui préfèrent reconquérir par la preuve.

La montée en puissance de cette droite là vous paraît-elle dangereuse ?

Elle est inquiétante car, au fond, cette droite veut une alliance avec le FN. Qu’est-ce qu’un Zemmour, un Villiers, un Buisson regrettent ? C’est qu’il n’y ait pas un Mitterrand à droite qui fasse cette alliance pour attirer les couches populaires vers la droite classique. Or le Parti communiste ça n’est pas le FN mais surtout, ce qui est extrêmement dangereux, c’est que cette fusion se fasse sur les bases du FN. François Mitterrand avait fait cette alliance sur les bases du PS qui étaient loin de la rupture souhaitée par le PC. A droite, l’alliance s’organise sur la thématique de la préférence nationale qui est une des thématiques de l’extrême droite. Il faut faire attention à ce qui est en train de se passer dans les tréfonds de la société : il y a un doute démocratique, un doute sur le fait que le politique soit en capacité d’améliorer la vie quotidienne et enfin un doute sur le fait que nos valeurs pourraient perdurer. Si vous coagulez l’ensemble de ces doutes cela donne une offre politique qui tourne le dos à la République.

Selon vous, l’unité à gauche est le seul paravent contre le FN. Ceux qui n’ont pas voulu cette unité notamment dans le Nord – Pas-de-Calais – Picardie seront-ils tenus pour responsables si Marine Le Pen était élue ? Y aura-t-il des leçons a en tirer pour 2017 ?

L’arrivée du FN dans une région serait une blessure sur le visage de la démocratie française et tout le monde porterait une part de responsabilité. Il ne s’agit pas de décerner, ici ou là, de mauvais points. Mais, encore une fois, je n’y crois pas. Aujourd’hui, Xavier Bertrand tourne le dos à la tradition démocrate chrétienne du Nord – Pas-de-Calais – Picardie. Il est trop à droite et donc je pense que Pierre de Saintignon peut, tout à la fois, rassembler la gauche et réunir une partie des électeurs qui se reconnaissent dans cette tradition démocrate chrétienne, comme le faisait Pierre Mauroy.

Certes mais la liste EELV/Front de Gauche peut être en situation de se maintenir. Cécile Duflot a menacé de le faire pour protester contre la reprise des travaux de Notre Dame des Landes. Est-ce un risque ?

Oui, je comprends qu’ils soient mécontents mais je pense qu’ils jugeront que la victoire est possible. Ensuite, il s’agit d’une élection régionale et non du débat national. Enfin et surtout, ils ne voudront pas être ceux qui, part une bouderie, permettront à Marine Le Pen de s’installer dans le Nord- Pas-de-Calais – Picardie.

Quelles conclusions en tirez vous pour 2017 ? Pensez-vous que l’union de la gauche sera indispensable pour que le candidat du PS ait une chance d’être présent au second tour ?

L’union de la gauche est toujours nécessaire pour gagner. Mais il faut poser le problème autrement. Tout d’abord, je ne crois pas que Marine Le Pen sera à l’élection présidentielle aussi haut qu’on le prétend aujourd’hui. Deuxièmement, je ne crois pas que la primaire réglera le problème stratégique de la droite. Si Nicolas Sarkozy l’emporte, nous aurons la candidature de François Bayrou. Si Alain Juppé l’emporte, on voit bien qu’est en train de se constituer une droite dure qui pourrait s’exprimer alors. Elle s’exprime d’ailleurs déjà par la voix de Nicolas Dupont-Aignan qui est entre 7% et 10% des intentions de vote en Île-de-France. Donc, ce que nous observons actuellement dans les régions, c’est-à-dire une droite en tête devant le FN, ne se reproduira pas à la présidentielle car il y a aura un deuxième candidat de droite qui affaiblira le candidat désigné lors des primaires des Républicains. La droite est aujourd’hui confrontée à un problème stratégique: doit-elle aller à droite, courir derrière le FN, comme le font Xavier Bertrand et Christian Estrosi ou bien faut-il être plus classiquement au centre droite pour réunir la droite ? Cette question ne sera pas définitivement tranchée par la primaire. Et puis, dernier élément, la politique du gouvernement portera enfin ses fruits, les efforts commenceront à être récompensés. Une nouvelle période s’ouvre donc à partir de 2016.

Vous êtes finalement, à gauche, prisonniers de la même difficulté. Si vous vous tournez vers votre aile modérée, vous prenez le risque de voir émerger des candidatures à votre gauche et si vous tendez la main à votre aile gauche, les plus modérés du PS pourraient fuir vers le centre. N’êtes vous pas devant le même dilemme ?

Moins qu’on veut bien le dire parce que nous avons fait notre aggiornamento lors du dernier congrès. Nous sommes sur une orientation sociale et écologique. Les débats qui ont animé l’année 2014 sont en train de s’estomper. Le PS se rassemble et pas uniquement en son sein. Nous allons devoir unir autour de nous, c’est toute notre stratégie d’alliance populaire qui consiste à dépasser le PS afin de construire une nouvelle donne dans le paysage politique français qui soit à la fois sociale et écologiste et qui permette de préparer la présidentielle.

Que pensez-vous de la théorie des réformateurs qui souhaitent que, pour être cohérent avec le cap emprunté durant son quinquennat, François Hollande réfléchisse à une coalition avec le centre ?

Je reste Mitterrandien. Pour moi, le centre reste à droite, il n’a pas manifesté de volonté de s’émanciper. Je trouve même cette théorie un peu dangereuse car si le PS accréditait l’idée que le centre est fréquentable, il contribuerait à le renforcer. Or moi, je ne suis pas pour un Parti socialiste subordonné au centre mais pour un PS au centre du débat politique, rassemblant. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Je crois donc que cette analyse est une mauvaise interprétation de la situation politique.

En affirmant, à Sciences Po, qu’il enterrait le projet de donner le droit de vote aux étrangers, Manuel Valls abandonne un des totems de la gauche. Vous vous êtes d’ailleurs opposé à lui. Est-ce que cette évolution du PS, cette vallsisation, vous inquiète ?

D’abord, je fais la différence entre ce que le gouvernement pense et ce que le PS pense. D’ailleurs, Manuel Valls le fait aussi puisqu’il dit que le sujet ne peut pas être remis à l’ordre du jour du gouvernement vu la composition des deux assemblées. Mais il a voté, comme moi, lors du congrès, un texte qui défend l’idée du droit de vote des étrangers comme perspective politique. Donc, je crois qu’il n’y a pas de vallsisation du Parti socialiste comme il n’y a pas de cambadélisation du gouvernement.

Propos recueillis par Christelle Bertrand