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29 Août

Commentaires fermés sur Rassemblement de Colomiers – « L’essentiel c’est la République », Discours de Jean-Christophe Cambadélis

Rassemblement de Colomiers – « L’essentiel c’est la République », Discours de Jean-Christophe Cambadélis

par


Intervention de Jean-Christophe Cambadélis… par PartiSocialiste

 

Retrouvez ci-dessous le discours de Jean-Christophe Cambadelis à l’occasion du rassemblement de Colomiers sur le thème « L’essentiel c’est la République »:

 

Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Colomiers, lundi 29 août 2016

Seul le prononcé fait foi

 

 

Cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

Salut !

Salut à la génération République ! Celle qui se lève depuis Colomiers pour dire : L’anti-républicanisme ne passera pas !

Salut républicain, socialiste, écologiste et européen. Salut aux progressistes.

Ce n’est pas un hasard si nous sommes venus chercher ici la force pour affronter les mois à venir et les vents contraires.

L’air columérin nous fait du bien. On l’a senti tout au long de la journée, où nous avons évoqué l’essentiel, la République. Mais, disons-le aussi, l’essentiel dans le socialisme c’est la camaraderie. Alors je vous le dis : je me sens bien ici. Je me sens bien sur cette terre de Colomiers. Je me sens bien, au sein des miens.

Permettez-moi tout d’abord de saluer les socialistes et sympathisants de Haute Garonne !

Merci à toutes et tous pour cette énergie, pour cette force, pour votre accueil. Merci les ami-es !

Merci à Marisol, à Stéphane et à Najat d’avoir participé activement à ce moment important au cœur d’une période cruciale. Merci aux ministres et au premier d’entre eux, merci Manuel. La République, vous la servez au quotidien et dans l’action, pour cela nous vous remercions.

Merci au président de l’Assemblée nationale, cher Claude pour son énergie, son enthousiasme, sa clairvoyance.

Dans les mois qui viennent, nous aurons besoin de l’énergie de tous. Nous aurons besoin de l’engagement de toutes et de tous, élus, militants, sympathisants. Nous aurons besoin de présidents de région comme vous, Carole Delga et Martin Malvy. De présidents de conseil départemental comme Georges Méric. Nous aurons besoin de maires engagés, chère Karine Traval-Michelet. Dans les mois qui viennent, nous aurons besoin d’un élan. Aujourd’hui, cet élan prend forme chez nos parlementaires, cher Bruno, cher Guillaume, mais aussi de tous les responsables du Parti, cher Sébastien Vincini. Nous nous sommes réunis hier et j’ai pu mesurer leur détermination.

Nous devons en prendre soin.

*          *          *

Mes chers camarades,

L’Histoire a fait un retour fracassant dans nos vies. Et nous savons, nous, Socialistes, que l’Histoire est tragique. Vous le savez ici à Colomiers mieux que quiconque, vous qui avez abrité Léon Blum au cœur des ténèbres. Pour faire l’Histoire, mes chers camarades, pour ne pas se faire balloter comme de vulgaires petits bouchons, il ne faut pas se raconter d’histoires. Non, il ne sert à rien de se dissimuler la réalité, alors disons-le sans détours : les valeurs de la République sont en danger.

Oui, quand le poison de la division se répand dans les têtes et dans les cœurs, quand la parole raciste se libère quand la laïcité est entamée, la République est en danger.

Quand la droite décomplexée veut converger avec l’extrême droite apaisée, la République est en danger.

Quand le creuset républicain est à la peine, la République est en danger. Quand la méritocratie recule, quand une partie de notre jeunesse est en mal de lien avec son propre pays, oui, la République est en danger. Quand le peuple pleure ses morts dans des attaques terroristes répétées, la République est en danger.

Il nous faut aujourd’hui avoir cette lucidité historique si l’on veut agir. Alors, oui, les yeux grands ouverts, nous le savons : l’obscurité nous assaille. La peur et la haine s’enroulent dans une spirale mortelle pour notre pays.

Mes chers amis,

Cette année, j’ai participé, tout comme vous, à de nombreuses commémorations. Nous avons célébré les grandes inflexions de notre histoire commune, les grands destins qui ont mené des batailles immenses, pour la justice, pour l’égalité. J’aime ces instants de commémorations qui nous rappellent le sens de notre engagement mais aussi l’importance de la longue durée. Oui, nous avons pensé très fort au Front Populaire et donc à Léon Blum. Nous avons célébré François Mitterrand et donc le tournant de 1981. Et puis, forcés par la séparation, nous avons rendu hommage à Michel Rocard.

Dans une période sans repères, il faut s’appuyer sur ces référents, historiques et politiques. Cela nous permet de reconnaitre la situation dans laquelle nous sommes, erratique et inédite.

Aujourd’hui, à bas bruit, la nation est en proie au doute et la République a du mal à trouver la réplique. Ce qui semblait aller de soi – le respect de différences, la liberté d’expression et le vivre-ensemble – tout cela apparaît fragile. La République a des ennemis mais elle a aussi des ratés, il faut les évoquer, qui plus est en premier, pour ne pas fuir nos responsabilités.

*          *          *

            En France, depuis de trop nombreuses années, le débat public s’est nivelé par le bas. Tout n’est que polémique et écume passagère. Mais, il faut ajouter que ce nivellement du débat par le bas s’est aussi effectué par le milieu. En effet, tout tourne autour des classes moyennes, de leur mal-être légitime et de leurs craintes de déclassement. Il faut le faire, mais quid de ceux qui souffrent d’effacement ? Je veux parler ici non pas de la « France d’en bas » – je n’aime pas cette expression – mais de la France sans voix. De ceux dont on ne parle pas. C’est d’ailleurs le tour le plus incroyable de la société marchande : faire disparaître la misère et la grande pauvreté de l’agora médiatique. Certes, on peut parfois apercevoir les précaires, mais alors ils y sont « mal vus ». On en parle dans la société du spectacle mais que de manière précisément spectaculaire : un hôtel hébergeant des mal-logés qui brûle en plein Paris, un fait divers sordide qui ne fait que confirmer les préjugés sur la dangerosité des pauvres, une émission de télé-réalité qui ne s’intéresse à la souffrance que pour la transformer en audience.

Aujourd’hui dans notre pays, près de 5 millions de personnes vivent avec 50% du niveau de vie médian, c’est-à-dire 760 euros par mois. Mais, la pauvreté n’est pas uniquement monétaire. On est pauvre aussi quand on ne peut pas atteindre certains « standards » de vie, concernant l’alimentation, le logement, l’habillement. C’est ce que l’on appelle la pauvreté d’existence. Si on cumule l’ensemble des citoyens touchés par l’une ou par l’autre forme de pauvreté on arrive à 20% de la population. Il est fort ce chiffre. Mais, honnêtement, il est difficile d’avoir une idée de ce que cela représente. Survivre dans la précarité exige des myriades d’ingéniosités, qui mettent le corps et les nerfs à l’épreuve. Quand on est précaire, on vit littéralement au jour le jour, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Ou plutôt si, on sait très bien de quoi demain sera fait : de la même galère.

La précarité ne se limite plus au monde du travail, elle impacte la société toute entière. De fait, la République est confrontée à une véritable désassimilation en son cœur. Or, la République pour être à la hauteur de l’Histoire doit être à la hauteur de ses promesses. Il est plus que temps de retisser les liens, de résoudre les fractures, de refuser les discriminations et de rejeter les ségrégations. Car si la République n’est pas le relais des colères, elle en sera de plus en plus l’objet. Et c’est peut être l’aspect le moins souligné de l’action gouvernementale mon cher Manuel, l’action contre le précariat. Et bien moi je dis au-delà des résultats, que c’est l’honneur de la gauche que d’avoir lutté, continuer à lutter malgré la disette budgétaire, contre le précariat à l’école, dans les quartiers, à la campagne, au travail, là où il n’y en a. On n’est pas de gauche sans lutter pour le lien social et sans lien social, pas de cohésion sociale et sans cohésion, pas de République.

A tous ceux qui doutent de leur gauche, je leur dis « observez le cœur des projets pour la prochaine élection présidentielle ! La droite vous propose au-delà des solutions autoritaires, « une véritable société de riches » alors que la gauche sociale écologiste se bat pour une société solidaire dans un monde ouvert. Le socialisme c’est cela : une société solidaire dans un monde ouvert et la société solidaire, c’est la République jusqu’au bout.

 

Mes chers camarades,

La spécificité de cette période inédite fait que nous devons combattre sur plusieurs fronts. Il faut nous remettre à l’ouvrage pour redéployer la République jusqu’au bout. Mais, il nous faut aussi lutter contre des ennemis redoutables qui veulent, eux, venir à bout de la République.

            *          *          *

Le premier ennemi, c’est Daech. Daech est animé d’une dérive idéologique islamiste, sectaire et mortifère qui a déjà trois opérations de meurtres de masse à son actif. Pour paraphraser Arthur Koestler, le daechisme est « une idéologie malodorante qui classent les individus comme des insectes ». Daech est certes en recul dans son fief – parce que nous les combattons – mais prenons garde à la suite : L’objectif de ces barbares ce n’est pas le daechisme dans un seul pays. Il ne faut pas se méprendre mes chers amis, la menace est durable car elle est profonde. Au jour où je vous parle, forcément, je vous parle entre deux attaques. Cette menace vient de loin. Il ne sert à rien de vouloir la résoudre à un phénomène géographique, à une exception historique ou de tout vouloir rabattre à un déterminant social et économique. Les daechistes recrutent dans tous les milieux, dans tous les pays, dans des contrées sans laïcité, dans des régions sans loi sur le voile, dans des états qui ne bombardent pas leurs bases. Les profils décousus et détraqués dont on parle dans les médias ne sont que les exécutants, mais à la tête des réseaux, les donneurs d’ordre ne sont pas fous. Bien au contraire. Et leur objectif et clair : ils veulent nous rendre fous. Ils veulent la grande séparation. Les massacres sordides qu’ils planifient et qu’ils inspirent cherchent à provoquer chez nous des réactions non pas rationnelles mais émotionnelles. Écho médiatique et chaos politique, voilà le double objectif. Ils l’ont théorisé et l’ont écrit, ils veulent nous pousser à la faute. Chaque attentat est un traquenard. Il faut en être conscient.

Il faut surtout arrêter de les sous-estimer. S’il suffisait de changer le droit pour vaincre, un simple conseiller d’État suffirait pour gouverner.  La droite – vous avez compris que je parle d’elle – est obnubilée et aveuglée par sa primaire. Car enfin, qu’est-ce qu’ils croient chez LR ?

Que des réponses simplistes sont nécessaires pour faire face à un problème complexe ?

Qu’on doit défendre nos valeurs là-bas mais les défaire ici ?

Qu’on ne peut déterrer la hache de guerre qu’en enterrant la Constitution ?

Que nous serions faibles et naïfs ? Mais, la vraie faiblesse c’est de tomber dans le piège tendu par Daech ! Les vrais naïfs, ce sont ceux qui pensent qu’il suffirait de sortir un arsenal de certitudes et de coups de mentons pour vaincre !

Franchement quand je les écoute, je me dis parfois : heureusement qu’ils sont dans l’opposition. Je me dis aussi : décidément, en 2017, un État de droite ne serait pas forcément un état de droit. Ah oui ! C’est sûr qu’en Sarkozie tout irait mieux. Dans ce pays idéal aux solutions miracles, la sécurité absolue régnerait grâce aux approximations, aux exagérations et aux provocations. En Sarkozie, on aura remplacé le droit du sol par le droit du « si » : « vous serez français si vos parents n’ont pas fait cela, si vous faites ceci… ».

Dans cette primaire, on sent que LR va définitivement tourner le dos à ce qui fait la force du gaullisme. J’ai d’ailleurs une pensée pour monsieur Juppé, peut-être le dernier vrai gaulliste mais le premier faux nez de cette droitisation devenue folle, de cette tentation autoritaire qui règne dans cette primaire sécuritaire. On n’a pas vraiment l’impression qu’ils cherchent un candidat à la fonction suprême avec cette primaire, mais plutôt le prochain ministre de l’Intérieur ! Nicolas Sarkozy est l’homme de la droitisation. Il a abaissé les frontières de la droite classique et de l’extrême droite par son discours de Grenoble. Il propose aujourd’hui une nouvelle frontière à la droite et l’extrême droite. Alain Juppé c’est l’homme sans frontière, l’homme sans situation. Il n’est fort que du rejet de la gauche, de la droitisation, mais il est prisonnier de celle-ci.

 

Mes amis, ne laissez plus jamais dire que nous sommes faibles, car pendant que la droite s’agite, la gauche agit. Et nous sommes aussi capables d’accepter la critique contre les supposés de notre politique de défense et de sécurité. Mais, on ne peut pas accepter l’inacceptable, que la défense de la nation se fasse aux dépends de la République, car elles sont inséparables. On ne peut pas accepter que le chaos des polémiques fasse obstacle à la sécurité des Français.

Mes chers amis,

La vraie République n’est rien sans véritables républicains. « Républicain », ce n’est pas un qualificatif, c’est une qualité. Être républicain, ce n’est pas une étiquette, c’est une éthique. Cela ne se décrète pas, cela s’éprouve au jour le jour. Pour être fidèle à République, il ne suffit pas d’en emprunter le nom, il faut aussi être capable d’en défendre le cœur et donc de dire « non » notamment aux héritiers de la révolution nationale. Nous en sommes loin aujourd’hui, très loin, car la droite a les mains moites. La droite sent le souffle du Front national sur sa nuque.

*          *          *

Le Front national. Parlons-en, lui qui ne parle plus. Il poursuit sa stratégie de dédiabolisation et il en déploie l’étape suivante, celle de l’angélisation. Voici donc le Front National sans le père : pesé, paisible et apaisé. En somme pépère. Voici Le Pen calme. Cela fait bizarre, c’est même assez difficile à prononcer… On a du mal à y croire. Et on a bien raison.  Ce parti veut répondre aux nouvelles menaces avec des vieux démons. Ainsi, Madame Le Pen n’a toujours pas dénoncé ceux qui l’entourent et qui, pour sauver la patrie, ne pensent pas à Valmy mais à Vichy.

Quoi qu’il en soit, Madame le Pen se tait. Et pour cause : elle n’a pas forcément besoin de parler, les candidats à la primaire de la droite sont pour elle autant de porte-paroles.

            Madame Le Pen n’est malheureusement pas une exception. Elle est le symptôme d’une lame de fond autoritaire et xénophobe à l’échelle mondiale. Au-delà du décentrage géographique du monde, de l’occident vers le pacifique, nous assistons au décentrage politique du monde, de la démocratie vers l’autoritarisme. Des pouvoirs autoritaires se sont installés un peu partout. En Russie, où Poutine règne dans une sorte de « démocrature ». En Turquie, où Erdogan n’en finit plus de recouvrir le kémalisme de l’islamisme le plus intransigeant. Et aux États-Unis, Trump, ce clown dangereux, veut incarner une Amérique effrayante, anti-intellectuelle, antimoderne. Plus proche de nous, en Pologne, en Slovaquie, en Tchéquie et en Hongrie, les populistes font reculer les droits. Oui, mes chers amis, voici un ennemi redoutable : voici venir l’internationale nationaliste plus ou moins xénophobe et quand elle fait plus de 10% dans les sondages en Allemagne, on se dit que l’Histoire recommence.

*          *          *

 

Mes chers camarades,

Des accents antiparlementaristes et antidémocratiques, on ne les entend malheureusement pas seulement chez les populistes xénophobes européens, pas seulement à droite. On les entend aussi ici, en France, dans l’ultra gauche. Non, il ne faut pas être dupe sur cette autre attaque qui est menée sur notre gauche. Ceux qui crient « tout le monde déteste la police », eh bien ils détestent la démocratie.  Avec eux, le débat est interdit, ils veulent empêcher nos meetings, ils voudraient même dissoudre le Parti socialiste ! Et pour tout dire, la gauche !

Avec assurance, avec passion, les membres de l’ultragauche balancent des pavés du haut de leur tour d’ivoire, coupés de l’Histoire. Ils se comportent comme des « politiciens routiniers », coupés du rapport de forces. En fait, l’ultragauche ne refait pas le monde avec des « si » mais avec des « comme si ». Elle fait comme si la gauche dominait culturellement dans notre pays. Comme si la fragmentation de la gauche n’avait aucune conséquence pour la France. Comme si l’Europe n’était pas en voie de dissolution. Comme si la bête immonde ne venait pas d’accoucher à nouveau, cette fois de jumeaux, nationaliste et daechiste.

*          *          *

Voilà mes chers amis, le moment que nous traversons, voilà comment l’Histoire est en train de se déployer. Une cohésion sociale vacillante, une menace islamiste inédite, une droite aux mains moites, une internationale nationaliste et donc oui, une République en danger.

Mais, mes camarades, quand un progressiste voit quelque chose qui l’inquiète et le révolte, eh bien il agit ! A nous de nous engager. A nous de faire de la politique. La politique, qu’est-ce que c’est ? C’est au fond répondre à une question centrale : qu’est-ce qui tient la société ensemble ?

Ce sera la question centrale de 2017. Comment faire tenir la France ensemble, comment lui redonner confiance dans son génie ? La réponse, elle est là, nous la connaissons : c’est la République. La République est tout à la fois la réponse, la riposte et le remède.

Oui, cette année nous avons célébré 1936 et 1981. Mais nos pensées remontent souvent à cette longue chaîne qui nous relie à 1789, à cette Révolution qui a enfanté la République. Dans ce moment lumineux, sous l’étendard de la liberté, le peuple a conquis sa souveraineté. Et puis la République s’éclipsa pour réapparaitre en 1848, redonnant espoir à la raison. Et il y eut 1870, et une fois de plus la République sut redresser la nation.

La République est ce cri universel lancé en 1789, qui résonne encore dans nos cœurs et qui inspire sans relâche les peuples du monde entier qui aspirent à la liberté. La République est cette idée devenue nation, ce régime providentiel qui porte la France, qui lui donne une influence supérieure à sa puissance. Pour paraphraser Jaurès, disons que sans la République, la France est vide, la France n’est plus la France.

Aujourd’hui, l’esprit républicain est menacé. Il faut donc renforcer le triptyque républicain : Liberté, Égalité, Fraternité, ces trois belles marches qui mènent à l’émancipation et au progrès. La liberté, c’est le droit à la propriété de soi. La liberté ce n’est pas le règne du caprice sans loi, c’est un pacte social. La liberté individuelle ne fonctionne que si la maitrise du destin collectif est possible. La liberté doit donc être ordonnée.

L’égalité, ensuite. Au fond, mes amis pourquoi sommes-nous socialistes ? Pourquoi sommes-nous progressistes ? Pourquoi sommes-nous réunis aujourd’hui ? Mais, pour défendre notre idéal, pardi ! Pour défendre l’idéal égalitaire contre la dérive identitaire ! L’égalité, mes amis, c’est le moteur de la cohésion nationale ! L’égalité réelle, c’est le cœur même de la République, et voilà pourquoi la question du précariat devra être au centre du prochain quinquennat !

La fraternité enfin. La fraternité est une valeur d’une toute autre nature que ses deux grandes sœurs. Elle n’a pas de base juridique, elle n’est pas un droit, elle n’appelle aucunes obligations. Le défi de la fraternité aujourd’hui c’est de lutter contrer les effets de l’individualisme consumériste sans replonger dans les errements connus des communautés avilissantes. La fraternité ne peut pas être réservées à ceux qui pensent et prient pareil, au contraire. La fraternité, c’est ce qui rend la « France universelle » pour reprendre la sublime formule de Sofiane Oumiha, notre nouveau champion olympique. Pour cela, la fraternité doit être laïque. Un mot ici sur la laïcité. Mes amis, nous ne pensons pas qu’il faut abandonner la République pour mener la guerre. Mais, nous ne pensons pas qu’il faut abandonner la laïcité pour avoir la paix. Nous ne pensons pas non plus que la fraternité s’impose en remettant en cause et la liberté et l’égalité.

*          *          *

Mes chers amis,

Liberté ordonnée, égalité réelle et fraternité laïque : Ces trois valeurs réactualisées sont le fondement de notre République revivifiée. Elles sont aussi la base du rassemblement populaire à vocation majoritaire qui pourra la défendre. Oui, l’année prochaine, il ne s’agira pas simplement de défendre un bilan, qui d’ailleurs s’améliore sans cesse à mesure que l’échéance approche. Non, il ne s’agira pas seulement de défendre un bilan, mais de défendre un héritage, l’héritage républicain.

La République voilà l’enjeu du combat. La droite prépare un mélange explosif pour la République, fait d’austérité et d’autorité. Elle nous explique qu’il faudrait sacrifier le modèle social pour sauver l’économie et sacrifier la République pour sauver la patrie. Elle est prête à mettre en péril l’âme même de la République, à remettre en cause le cœur du droit : les droits de l’homme. Eh non, ce n’est pas une argutie, c’est une conquête ! Une conquête ineffaçable pour l’individu, pour la démocratie, contre l’arbitraire de l’État monarchique et contre les asservissements théologiques.

Dans cette période, il faut parler clairement : Telle qu’elle est, la droite ne peut pas être une alternative. Un pouvoir instable et impulsif, c’est la dernière chose dont la France a besoin. L’année prochaine, le choix sera crucial : soit la France choisit l’état de droit, soit elle se délitera.

Nous savons de quoi la France a besoin, car le Président de la République en fait la démonstration au quotidien. La main du Président ne tremble pas dans cette période trouble. Le Président de la République incarne la détermination de la nation, un Etat de droit sans état d’âme contre la barbarie. Il sait aussi que la France n’est pas un peuple sans Histoire mais que le peuple français sera toujours du côté de la République si elle sait se réinventer. Alors, oui, aujourd’hui, nous pouvons être fiers que le Président de la République soit issu de nos rangs. Nous sommes fiers car François Hollande rend un grand service à la République et à la France.

Oui, les Français sont attachés à la République. Et ceux qui pensent qu’ils auront leurs scrutins en la sacrifiant se trompent lourdement. Les Français aiment la République, car elle est le régime qui les divise le moins. Ainsi, ne nous trompons pas nous-mêmes : les Français veulent l’unité, ils veulent l’expérience mais pas l’expérimentation. Ils veulent la République, cette œuvre politique de justice et de concorde. Et je le dis ici devant vous : celui qui sera le garant de la République, de l’État de droit, celui qui sera le garant de l’union, oui, il sera le gagnant de l’élection !

Les Français ne veulent pas que nos valeurs soient seulement des concepts. Ils ont raison : Nos valeurs sont des pressantes obligations. Les Français ne veulent pas d’une petite France, tournée vers le passé, gouvernée par la peur, divisée en son cœur. Les Français veulent une République bienveillante. Ils veulent une société décente, une société du juste équilibre, la croissance sans épuisement des ressources, le débat sans division et la tolérance sans naïveté. Ils veulent une France européenne, soucieuse de la planète, ouverte au monde et à l’avenir. C’est un point central. La France n’a pas un problème avec son passé, avec ses racines. La France a un problème avec l’avenir. Voilà donc l’objectif de cette campagne : Redonner à la France son élan, elle qui doute d’elle-même et qui redoute l’avenir. Il faut donc faire l’éloge de cette France qui réussit, de cette France qui avance. Il faut mettre à l’ordre du jour la France qui gagne, qui imagine, qui entreprend. Voilà pourquoi le triptyque de notre combat à venir est si déterminant. Surmonter le pessimisme français en démontrant qu’avec la gauche, on obtient des résultats. Juguler le risque de délitement républicain. Promouvoir une France qui gagne avec une gauche qui après avoir redressé, va maintenant faire progresser et protéger.

Le pessimisme est le fumier sur lequel rien ne pousse à part les populismes. Si la France ne sort pas de cette culture du pessimisme, l’élection se fera sur le terrain des marchands de peur et livrera notre pays aux managers de la terreur. Et ceux qui vous disent que la République est déliquescente, sachez qu’ils veulent y mettre autre chose à la place : le nationalisme étriqué ou la religion dévoyée !

*          *          *

 

Mes chers camarades,

Nous savons que l’Histoire est tragique. Nous savons aussi qu’elle est politique. Nous savons que jamais notre combat ne s’arrête. Car dès que nous cessons un instant d’être vigilant, nos adversaires progressent.

Pour être fidèle à notre tâche, nous les partageux, nous devons assumer un nouveau défi : Faire partager les valeurs de la République. Nous qui tenons tant à l’idée de redistribution, il nous faut nous atteler à la redistribution de l’attachement à la République dans notre pays.

Comme les Français, j’aime La République, cette magnifique ambition. J’aime la République car j’ai la passion de la France et je sais que c’est dans la République que la France se fait chair. J’aime la République, car c’est elle qui donne confiance dans la France.

La confiance dans la France, voilà ce que nous devons incarner !

Alors, mes amis, faisons donc entrer la lucidité dans notre combat politique, soyons optimistes ! Soyons combatifs ! Debout ! Oui, debout ! Car on ne transige pas sur l’essentiel ! Debout la génération République ! Debout la bataille de France commence, elle a un joli nom : la République.

Vive la République, vive les socialistes et vive la France !

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

 

22 Nov

Commentaires fermés sur L’invité de « 30 minutes pour convaincre » sur Judaïque FM

L’invité de « 30 minutes pour convaincre » sur Judaïque FM

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Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 22 novembre 2015 l’invité de l’émission politique « 30 minutes pour convaincre », animée par Vladimir Spiro et Gérard Akoun sur Judaïque FM.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations:

 

Nous sommes en guerre et nous avons subi un acte de guerre. Il faut y répondre.

C’était le sens de l’intervention du Président de la République devant le Congrès

Nous ne voulons pas polémiquer. Le débat doit rester libre. Nous regrettons que tel ou tel mette autre centre leurs obsessions

Les partis ne doivent pas donner dans les chamailleries alors que la France est dans la peine et dans le combat.

Nous appelons chacun à se rassembler et à surmonter des querelles subalternes.

Il faut isoler Daesh et si on veut l’isoler, il faut que le Qatar et l’Arabie Saoudite soient avec nous plutôt que contre nous

Ils connaissent la position de la France et sa détermination et ils doivent prendre position.

Il faut continuer à vivre, ne pas tomber dans la psychose mais prendre un certain nombre de précautions

Protéger les Français est l’objectif du Président.

Les Français musulmans ont fait bloc et tout ce qui viendrait à séparer ces 5 millions de Français affaiblirait la France.

Il faut prendre le moment pour ce qu’il est: l’unité de tous les Français, le rassemblement de la France: nous sommes tous Français.

A gauche les valeurs décident de tout http://bit.ly/1EFdG5u est un livre militant.

J’ai voulu donner quelques clés d’entrée avec des souvenirs personnels pour mettre en relief ce que je souhaitais développer

Le Parti socialiste avant l’élection de 2012 a beaucoup travaillé mais ce travail est tributaire de schémas forgés dans les années 1960.

Je veux en tant que Premier secrétaire une modernisation du PS. C’est pour cela que je veux que la social-écologie soit un thème central.

Je tente de théoriser dans mon livre une autre voie que la social-démocratie:
Comment faire vivre un modèle social dans la compétition mondiale ? Et comment poser la question écologique? C’est ce que j’appelle la social écologie

Aujourd’hui il faut réfléchir notre action en terme de réseau: il ne faut plus être vertical mais horizontal.

Il faut faire en sorte que le PS soit en capacité d’animer divers réseaux en gardant sa structuration

Nous allons lancer les adhérents directs: c’est-à-dire les militant qui rejoignent le PS sur une orientation.

Ce n’est par parce que l’on appartient à un parti que l’on ne peut pas être militant sur une cause

Les experts ont tendance à stériliser la vie politique via des statistiques. On le voit aujourd’hui: on est sommé de répondre sur une politique fiction

Le débat se réduit entre les experts des sondages et de la vie politique et les Français sont en dehors de tout cela.

Il faut être dans le combat politique et pas dans la politique fiction.

03 Oct

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« Nous sommes à la veille d’un big bang », Interview à La Provence

par

 

ITW JCC La Provence 03102015

La Provence publie ce jour un interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous:

 

Vous lancez la campagne du Parti Socialiste dans un département où le chef de file ne sera pas socialiste. Le PS fait-il sa mue?

Le PS des Bouches-du-Rhône et plus largement dans la région a compris qu’il fallait innover. A l’image de ce qui se fait ailleurs. Les enjeux sont considérables, notamment face à ceux qui remettent en cause les valeurs de la République. Nous sommes à la veille d’un big bang qui n’est pas sans poser de problèmes. Que tout le monde se mobilise, oublie ses rancœurs et bâtisse ensemble.

 

Christophe Madrolle est décrit comme le plus petit dénominateur commun…

A gauche, c’est déjà une qualité ! Son parcours met toute la gauche d’accord. Il a été travailleur social, chef de file des écologistes à Marseille. Il a été l’un des animateurs du MoDem et s’engage dans une nouvelle alliance pour tenter de faire face à la montée de l’extrême-droite. Il a l’expérience du social, la reconnaissance des écologistes et les capacités.

 

L’Union des Démocrates et Ecologistes créée par Christophe Madrolle et Jean-Luc Bennahmias sert-elle à recomposer la gauche?

L’objectif est de construire un pôle de stabilité dans la fragmentation que vit la gauche. Donner de l’oxygène par le renouvellement des générations. Et répondre concrètement aux habitants de la région qui méritent mieux qu’un débat Maréchal-Estrosi, ce récit que veut nous imposer Christian Estrosi.

 

A côté desquels votre champion régional Christophe Castaner paraît presque effacé…

Christophe Castaner est le bon gars pour la région. Elle a besoin d’un débat apaisé, pas excité. De se concentrer sur les enjeux économiques, écologiques, sociaux. Pas sur les fausses valeurs, les emportements, les approximations qui caractérisent le duo Maréchal-Estrosi. C’est vrai que Christophe est quelqu’un de calme. C’est précisément pour cela qu’il est une chance pour cette région. Son imagination et sa jeunesse permettront de renouveler l’action de la gauche.

 

Croyez-vous sincèrement qu’il puisse garder la Région à gauche malgré la liste concurrente EE-LV/Front de Gauche?

Ces divisions, nous les regrettons. Nous avions proposé la tête de liste des Bouches-du-Rhône aux écologistes et aux communistes. On ne pouvait pas faire mieux. La décision qu’ils ont prise n’a rien à voir avec l’intérêt de la région, de l’écologie ou des habitants. C’est de la politique politicienne.

 

Le référendum de la mi-octobre peut-il les inciter à revenir?

Ce gros dispositif que nous mettons en place avec l’ensemble de l’électorat de gauche doit permettre de se rendre compte qu’il faut arrêter de jouer avec le feu, ici avec Maréchal et Estrosi. Il y a une feuille de papier à cigarettes entre ce qu’ils proposent. Ils veulent défaire les régions solidaires. Christian Estrosi, c’est Nadine Morano au masculin. Maréchal est pire que son grand-père. On ne peut pas laisser cette région dans les mains d’un zozo et d’une extrémiste. Le sursaut unitaire est là. Ce serait bien que nos partenaires le voient en face. Je ne leur ferme pas la porte.

 

Propos recueillis par François Tonneau

19 Sep

Commentaires fermés sur Contribution de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste Conseil national du samedi 19 septembre 2015

Contribution de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste Conseil national du samedi 19 septembre 2015

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Contribution de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste

Conseil national du samedi 19 septembre 2015

 

Une confusion politique extrême règne en France. Elle est causée par l’opposition de droite et d’extrême droite qui ont de plus en plus de mal à dissimuler leur rapprochement de fait et qui, lentement mais sûrement, remettent en cause les repères républicains de notre démocratie. Il y a un grand danger que la crise des réfugiés va accentuer.

 

Cette confusion est également entretenue par l’esprit et les comportements de fragmentation qui prévalent à gauche. Le mauvais calcul fait par certains d’un nouveau front, gauche contre gauche, ajoute au brouillage général des clivages.

 

Cette confusion généralisée appelle une extrême clarté de la part du Parti socialiste, dans la défense de ses valeurs comme dans l’expression de ses positions. Face au danger réactionnaire et ultra-droitier à l’oeuvre dans notre pays et sur le continent, il en va de l’intérêt de la République, de l’Europe et des forces de progrès. Le Parti socialiste doit donc se prononcer de manière forte et claire sur des questions essentielles dont le traitement et l’issue détermineront en grande partie le destin collectif pour les années à venir.

 

I

 

Il y a – c’est l’urgence – la crise des réfugiés. Le Parti socialiste est pour un traitement républicain de l’immigration et des réfugiés. Républicain, c’est-à-dire dire humain avec les réfugiés et sans concessions sur les causes géopolitiques qui jettent les réfugiés sur les routes et dans nos bras. Les municipalités socialistes sont solidaires et disent oui à l’accueil, faisant honneur à notre histoire nationale et notre tradition républicaine. Les droites prétendent régler la question des réfugiés avec des préjugés et des nouvelles lignes Maginot qui sont toujours des lignes imaginaires, nous voulons la solidarité maîtrisée pour la rendre durable. Maitrisée, c’est-à-dire organisée, européanisée, en conjuguant humanité et responsabilité, en accueillant les migrants qui relèvent du statut de réfugiés et en raccompagnant dans le respect des personnes et du droit, les migrants économiques dans leurs pays d’origine, et ce afin de préserver le principe même du droit d’asile. Le Parti socialiste prône un traitement républicain et aussi un traitement international de la question des réfugiés et de l’immigration. Nous défendons ainsi l’organisation d’une conférence internationale, à Paris : cette idée que nous avons proposée lors de notre dernier congrès a été reprise par le Président de la République lors de sa conférence de presse de rentrée.

 

 

II

 

Les réfugiés fuient la guerre. Ils fuiront demain le climat. C’est pourquoi le Parti socialiste est pleinement engagé pour la réussite de la conférence Paris climat 2015, la COP 21. Il est plus que temps de stopper l’appétit de richesses naturelles du profit, incompatible avec notre monde fini d’espèces et de ressources. Nous réunirons les leaders sociaux-démocrates et les progressistes les 21 et 22 octobre prochains dans le cadre de notre campagne de sensibilisation et de mobilisation. Les droites ne s’intéressent à la question du climat que dans le cas des réfugiés climatiques, nous en avons fait le socle de notre nouvelle identité, la social-écologie. L’enjeu traverse tous les autres : il s’agit d’empêcher que la Terre devienne une planète sans vie et donc d’éviter que l’humanité devienne un peuple sans terre.

 

III

 

Le Parti socialiste a besoin de clarté dans l’expression de ses convictions mais aussi d’innover. Le Parti socialiste doit se dépasser. Cette bataille pour le dépassement doit se mener dès à présent, à tous ses échelons de notre formation et en dehors, aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui veulent faire face au bloc réactionnaire et qui souhaitent bâtir une alliance populaire. Ce dépassement ne sera pas aisé pour les partis progressistes, car il faudra sortir de nos zones de confort, dépasser nos habitudes, nos appréhensions et nos réflexes. La limpidité de l’alternative devrait nous y aider, c’est soit le dépassement, soit le dépérissement.

 

La division provoque déjà ses effets dans la préparation des élections régionales. Rien n’aura milité pour que la gauche et les écologistes, unis au quotidien dans les exécutifs régionaux, travaillant à des régions humaines, solidaires et écologiques, se divisent lors de ce scrutin. Encore moins lorsqu’il s’agit de faire barrage au Front national. L’alliance entre Europe Ecologie – Les Verts et le Parti de gauche dans les régions ne vise pas à vise pas à gagner pour gérer la région, promouvoir l’écologie, voire assurer la défaite du Front national, mais à ériger sur la défaite de la gauche un nouveau pôle de radicalité. Jusqu’au bout nous nous battrons pour l’unité. Car décider la division, c’est manquer de clairvoyance mais surtout perdre de vue l’essentiel, l’impact de notre défaite commune sur la vie quotidienne de nos concitoyens au moment même où ils ont besoin de solidarité et d’efficacité, d’innovation et de protections. Il ne faut pas se leurrer, l’échec de la gauche provoquerait la transformation nos régions solidaires en laboratoires de l’austérité ou de la haine.

 

Sans relâche, dans le respect réciproque et jusqu’au bout, le Parti socialiste mènera la bataille de l’unité avec les forces de gauche et les Écologistes. Nous appelons d’ores et déjà nos partenaires historiques à faire sans ambiguïté le choix de l’union au second tour. En décembre, la gauche peut créer la surprise et aussi un véritable élan. Ne gâchons pas l’une et n’empêchons pas l’autre.

 

IV

 

Le Parti socialiste fait preuve de clarté pour défendre ses valeurs réaffirmées, son identité renouvelée, penser son dépassement programmé et mener son combat pour l’unité. Le Parti socialiste fait aussi preuve de clarté dans l’expression de ses exigences vis-à-vis du Gouvernement dans le combat commun pour l’emploi et le redressement productif de notre pays. Le débat sur le budget ne peut être une énième querelle chez les socialistes. La situation politique et le moment électoral le proscrivent. Pour autant il faut faire l’inventaire du débat avec le gouvernement. Nous nous félicitons de la baisse massive de l’impôt et de l’instauration de l’impôt à la source, propositions du Parti socialiste qui continue de militer pour une une réforme fiscale. Le Parti socialiste enregistre avec satisfaction l’effort du Gouvernement vis à vis des collectivités locales pour l’investissement dans les territoires général et les communes rurales en particulier. L’effort en ce domaine doit être soutenu et constant.

 

Enfin, les décisions du gouvernement de lisser les abattements de cotisations répondent en partie à notre demande d’un pacte de responsabilité mieux ciblé et restructuré. Le Parti socialiste poursuit la discussion avec le gouvernement pour être utile à la France et aux Français.

 

Devant nous, il y a aussi l’enjeu crucial de la réforme du code du travail. Les lignes rouges du Parti socialiste concernant le respect des droits des travailleurs et de la négociation salariale sont les mêmes que celles du Président de la République et du Premier ministre. Afin de pouvoir arrêter ses positions et formuler des propositions précises dans le débat public, le Parti socialiste attend disposer du détail de réforme du droit du travail. En tout état de cause, fidèle à l’orientation de son congrès de Poitiers, le Parti socialiste considère la mise en oeuvre du compte personnel d’activité comme une préalable. C’est une garantie nécessaire à toute évolution et une contribution majeure à des parcours professionnels sécurisés. Une grande conquête sociale de la gauche pour l’intérêt général et l’avenir.

 

 

14 Sep

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«Comme on dit en cyclisme : le trou est fait», interview à Libération

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liberation

Libération publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous ou en cliquant ici :

 

 

Vous avez consacré un livre aux «valeurs» de gauche. Sur la question des réfugiés, vous êtes satisfait d’avoir regagné du terrain sur la droite?

Tout à fait. Lorsque le Parti socialiste renoue avec ses valeurs, les choses bougent. Je plaide, depuis juin, pour un traitement républicain de l’immigration et des réfugiés, et l’organisation en France d’une conférence internationale sur le sujet. Une proposition reprise par le Président de la République.

Les militants, oui, mais pas vraiment le gouvernement…

Le PS a fait sa part du travail. Il est beaucoup plus libre qu’un gouvernement qui n’a pas à jouer ce rôle d’avant-garde. Il lui fallait, avant de s’engager, avoir un accord solide avec Angela Merkel, établir un rapport de force avec les conservateurs en Europe et en France. Le gouvernement n’agit pas in abstracto. L’opinion publique française était très méfiante. Mais l’intervention d’Angela Merkel, en France, avec sa critique de ceux – comme Nicolas Sarkozy – qui veulent remettre en cause les accords de Schengen, a facilité les conditions politiques.

Merkel a donc joué ce rôle d’«avant-garde»…

Le gouvernement français ne pouvait s’élancer sans avoir travaillé à des solutions et l’opinion. Les interventions de la chancelière mais aussi du pape François et du Premier ministre David Cameron, sous la pression des médias britanniques, ont permis à l’exécutif de se lancer dans un autre climat.

Sur ses «valeurs», la gauche est tout de même sur la défensive, et Marine Le Pen impose les siennes…

Occupés à redresser l’économie de notre pays et, pour certains, à critiquer la politique gouvernementale, nous avons abandonné le terrain des valeurs. Petit à petit, la préférence nationale, une vison ethnique de la République, s’est installée.

D’où votre volonté de voir la gauche parler d’«identité». Pourquoi avoir refusé ce débat sous Nicolas Sarkozy ?

La peur du «grand remplacement» unifie les droites. Notre adversaire a imposé son terrain. Si nous nous y dérobons, il s’installera. La gauche doit aller au combat: opposer son identité républicaine à l’identité ethnique. Porter notre tryptique: l’égalité réelle, la liberté ordonnée et la fraternité laïque pour une société décente. En menant cette campagne d’accueil des réfugiés et en accueillant des familles dans ses communes depuis plus d’un an, les socialistes reprennent pied dans cette bataille idéologique.

Mais le PS, ne recule-t-il pas sur le terrain idéologique lorsque certains de ses membres parlent de «charges» au lieu de «cotisation» ?

Il faut à la fois cesser d’utiliser les mots de l’adversaire et arrêter ce langage technocratique qui nous éloigne du peuple. C’est un défaut de la gauche de gouvernement. Nous réussissons à bien gérer la France mais nous utilisons un vocabulaire de gestionnaires.

Si déceptions il y a, n’est-ce pas surtout à cause de promesses qui n’ont pas été tenues?

Il y a un point commun entre les sociaux-libéraux et la gauche de contestation: tout se réduit à l’économie. En 1977 et 1936, la gauche s’est unie alors que les désaccords portaient sur le type de société. Aujourd’hui, nous ne pourrions le faire à cause de 5 milliards d’euros que certains veulent voir transférer vers les ménages?

Sur le budget, le PS a fait des propositions cet été qui n’ont pas été retenues par le gouvernement. Qu’en attendez-vous?

Nous avions insisté sur le pouvoir d’achat et les aides aux collectivités locales. Le gouvernement a choisi d’y répondre par de nouvelles baisses d’impôts et le soutien à l’investissement: 3 milliards d’euros l’an dernier et 2 milliards cette année pour les ménages les plus modestes ; plus d’un milliard pour les collectivités locales qui investissent. C’est une inflexion intéressante. Même si nous souhaitons plus pour l’investissement public. Sur la fiscalité, le gouvernement a décidé d’aller vers l’impôt à la source, c’est un bon début, même si le PS défend toujours la réforme de la fiscalité. Enfin, sur le Pacte de responsabilité, nous souhaitons que le dernier tiers des baisses de cotisations aux entreprises tienne compte de l’efficacité en termes d’emplois.

Quelles seront les lignes rouges du PS dans la réforme du code du travail ?

Celles qu’ont fixé le président de la République et le Premier ministre. Mais il y a un préalable: la sécurisation des parcours professionnels. Je m’engagerais dans ce débat sur le code du travail le jour où nous aurons le détail du compte personnel d’activité.

Quatre députés ont appelé dans Libération à un groupe « rouge-rose-vert » à l’Assemblée. Si des socialistes acceptent, quelle sera votre réaction?

Ils quitteront le Parti socialiste. Mais je ne pense pas qu’il y en aura.
Vous souhaitez construire une «belle alliance», mais comment convaincre les communistes et les écologistes de revenir au-delà de rappels au 21 avril?

Notre objectif n’est pas de refaire la gauche plurielle. Le PS veut rassembler à la fois les partis mais aussi des personnalités, des associatifs ou des syndicalistes – même critiques – qui continuent de croire en nous. Si nous avons la force de nous dépasser, la dynamique de cette alliance créera une nouvelle donne à gauche. Je ne veux pas subir. Je veux construire. Il y a une envie de faire du neuf.

Avec le PS? Votre vision n’est-elle pas hors-sol quand on voit l’image que vous avez aujourd’hui?

Non. La gauche politique est très divisée au sommet. A la base, la gauche sociologique est plus disponible à l’unité et au PS.
Ça ne se traduit pas dans les urnes…

Aujourd’hui, quel que soit le candidat testé dans les sondages, le PS arrive au-dessus de 20%. Dans un moment qui n’est pas très favorable pour nous! Le candidat de droite n’est qu’à quelques points… Les autres candidats de gauche ne passent pas les 10%. Comme on dit en cyclisme: le trou est fait. Nous avons un socle. A nous de démontrer aux régionales que notre gestion est différente de celle de la droite. Et pour gagner en 2017, il faudra avoir des résultats, être uni et montrer le nouveau visage de la gauche.

 

«Etre uni», ça veut dire trouver un compromis avec Cécile Duflot pour qu’elle ne se présente pas?

Elle n’est pas la seule sur le plot de départ. Et je ne pense pas que la multiplication des candidatures à gauche favorise l’idéal qu’ils défendent. Ils se présentent pour créer une nouvelle radicalité, pas pour créer une France nouvelle.

On a l’impression que cette «nouvelle alliance» ce sont les pro-Hollande et pas la construction d’un nouveau projet de gauche avec les partis qui vous ont soutenu…

Ils ne veulent pas faire ce geste pour l’instant. En attendant, je compte réunir tous ceux qui sont d’accord pour travailler ensemble.

Les écologistes du Nord-Pas-de-Calais – Picardie ont choisi : aux régionales, ce sera sans vous…

Ce n’est pas un choix pour la région et l’écologie. Encore moins pour battre Marine Le Pen. Il s’agit juste de promouvoir une nouvelle radicalité avec Jean-Luc Mélenchon. Ce vote va aggraver la crise chez eux.

Aux régionales, appellerez-vous vos listes à se retirer si elles arrivent en troisième position?

Au soir du premier tour, le total des voix de gauche sera supérieur au score des Républicains. La responsabilité de la gauche ne sera pas de se retirer mais d’être capable de s’unifier. De toute façon les déclarations extrémistes de Christian Estrosi et de Xavier Bertrand sur les réfugiés empêchent désormais le Front républicain. Je mets d’ailleurs en garde les écologistes qui s’allient avec Jean-Luc Mélenchon: il est aujourd’hui pour une sortie de l’euro, refuse de voter au 2e tour pour le mieux placé à gauche et explique que François Hollande est «pire» que Nicolas Sarkozy…

Sarkozy justement, souhaitez-vous qu’il gagne la primaire à droite?

C’est un homme clivant mais c’est un combattant. En campagne, il peut être redoutable. Alain Juppé est un homme incohérent et souvent méprisant. En campagne il peut être émollient. Mais au-delà des personnalités, la droite est dans une crise stratégique entre ceux qui estiment qu’il faut aller sur les terres du FN pour lui dérober le feu de la préférence nationale et ceux qui disent que faire cela, c’est perdre son âme.
Des gens de droite pourraient-ils voter Hollande?

La question ne se posera pas. La primaire ne règlera rien. Si Sarkozy gagne, il y aura un centriste. Si c’est Juppé, il y aura un représentant de la droite dure. La qualification pour le second tour se jouera donc à quelques points. D’où l’impératif de se rassembler.

 

Pourquoi, alors, ne pas vouloir organiser une primaire de toute la gauche?

Je n’avais pas fermé la porte à cette idée. Cela aurait pu offrir une solution de sortie à certains candidats de gauche et écologistes. Mais ils sont aujourd’hui dans une logique d’affirmation. Du coup, une primaire se ferait entre socialistes. On ne peut pas vouloir lutter contre la fragmentation et l’organiser en son sein avant la présidentielle.

 

Propos recueillis par Lilian Alemagna et Rachid Laïreche

06 Sep

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L’invité de Laurent Ruquier sur France 2

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ONPC 05092015

 

Jean-Christophe Cambadélis était samedi 5 septembre l’invité d’On n’est pas couché sur France 2.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’émission:

 


Jean-Christophe Cambadélis – On n’est pas… par onpc

 

 

ONPC bis

28 Août

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« Il est temps de redonner à la gauche son supplément d’âme », entretien au Monde

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Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Comment réagissez-vous au départ de François de Rugy ?

Je ne me réjouis pas de ce nouvel épisode dans la fragmentation. L’alliance des Verts et de Jean-Luc Mélenchon dans certaines régions à risque FN a mis le feu aux poudres. D’autant que ce dernier refuse de se désister pour le Parti Socialiste au second tour si nous arrivons en tête.

Le chômage ne recule toujours pas, la croissance n’est pas encore au rendez-vous, la gauche apparaît plus divisée que jamais… La rentrée est-elle une fois de plus minée pour la majorité ?

Si nous comparons cette rentrée à celle de l’an dernier, lors de laquelle trois ministres quittaient le gouvernement, un ministre oubliait de payer ses impôts et un livre bousculait le président, le tout avec des résultats économiques peu florissants, on peut dire que cette rentrée s’effectue dans un tout autre climat, même s’il y a des problèmes lourds à affronter, comme le terrorisme, la pression migratoire, les défis écologiques, le chômage.

Vous oubliez l’économie. En la matière, les résultats de François Hollande ne sont pas probants…

Là aussi, la situation est meilleure que l’an passé. La baisse du chômage est faible mais le signe est fort. La croissance est repartie, l’activité industrielle a repris ! Les capacités d’investissement des entreprises se redressent et la confiance, malgré les hurlements du Medef, est plus forte. Aujourd’hui, la France va mieux économiquement, même si elle ne s’en rend pas compte parce qu’elle va moins bien politiquement.

Comment expliquez vous ce malaise politique ?

La fragmentation à gauche et la radicalisation à droite. On assiste à droite à l’émergence d’un espace identitaire islamophobe et anti-européen. Ce bloc, qui représente 30 à 40 % de l’électorat, est aujourd’hui l’objet d’une course poursuite entre une large part de la droite qui s’extrêmise et une extrême droite qui se banalise.

En face, écrivez-vous, la gauche semble « tétanisée ». Comment y remédier ?

Face à ce bloc réactionnaire, il faut constituer un arc progressiste. C’est pourquoi j’appelle les démocrates, les socialistes, les écologistes, les radicaux de gauche et les progressistes à construire une nouvelle alliance populaire. L’enjeu, c’est de parler à nouveau de la France, pas seulement de ses entreprises.

Est-ce une critique du choix fait par M. Hollande depuis son élection de parler principalement des sujets économiques et sociaux ?

Mon livre est une critique du discours technocratique en général. François Hollande n’a pas fait que cela, sinon il n’y aurait pas eu le mariage pour tous ou le non cumul des mandats. Mais c’est un fait : obsédés à juste titre par la lutte contre le chômage, nous avons eu tendance à nous enfermer dans le discours économique. Or on ne tombe pas amoureux du CICE ou du pacte de responsabilité. Il est temps de redonner à la gauche son supplément d’âme.

Une des valeurs de la gauche est la protection des travailleurs. S’agissant du droit du travail, quelle est votre position ? Le Medef souhaite son assouplissement, Manuel Valls l’évoque quand il parle de poursuivre les réformes et Emmanuel Macron semble tenté d’aller plus loin…

Rendre les choses plus simples, pourquoi pas ? Pulvériser le code du travail, certainement pas ! Le PS n’est pas arc-bouté. Mais l’idée qu’il faudrait une dérégulation totale de nos standards sociaux pour que les entreprises embauchent, je n’y crois pas.

Accepteriez-vous que l’on remette en cause les 35 heures ? M. Macron a récemment critiqué « la gauche du loisir » et la question d’une renégociation par accord de branches refait surface…

Ce qui intéresse les Français, ce ne sont pas les formules mais les faits. Je refuse de réagir à la moindre provocation. S’il faut réformer le pays, il faut le faire dans l’ordre et non pas comme des chiens dans un jeu de quilles. La marque des socialistes, c’est le juste équilibre, pas le déséquilibre permanent. Quand on veut trop bousculer, on finit un jour par être bousculé.

M.Valls ferme la porte à une nouvelle répartition des aides aux entreprises, pourtant demandée par le PS fin juillet. Cela augure-t-il d’une crise lors du prochain débat budgétaire au Parlement ?

Il n’y a pas de match entre le PS et le gouvernement. Quand la gauche est au pouvoir, le PS est un parti d’influence, pas de rupture. Il faut aussi s’habituer au fait que le PS ait un avis sur toutes les questions. Depuis que nous avons pris position en juillet sur le budget, le président et le premier ministre ont fait un pas vers nous en assurant qu’il y aura à nouveau des baisses d’impôts. Ce n’est pas encore la réforme fiscale, encore que l’instauration de l’impôt à la source en ouvre le chemin, mais c’est un point majeur.

Ensuite, je suis persuadé que le gouvernement va soutenir l’investissement public. Reste le pacte de responsabilité : je suis d’accord avec les syndicats qui veulent soutenir les entreprises qui jouent le jeu de l’emploi et de l’investissement. Nous sommes pour revoir le dernier versement, le gouvernement veut lui maintenir le périmètre du pacte. Mais cela ne veut pas dire qu’à l’intérieur, on ne peut pas revisiter la manière dont les aides peuvent être distribuées, ciblées. Nous allons donc continuer à discuter. Ce qui est sûr, c’est que le prochain budget ne sera pas le précédent.

Pourquoi ne souhaitez-vous pas que M. Macron récupère le portefeuille de l’emploi ?

Le ministre de l’économie est subordonné à la politique menée par le président et son premier ministre. Je ne fais pas d’une individualité la question essentielle. Je ne fais pas non plus de lui le mouton noir de la République. Ce garçon de talent a déjà beaucoup à faire avec l’économie. Pas besoin de lui donner en plus le ministère de l’emploi et du travail.

Vous avez placé l’université d’été de La Rochelle sous le sceau de la COP21 organisée en décembre à Paris. Pensez-vous que cela intéresse réellement les Français ?

L’enjeu climatique est posé à l’ensemble de l’humanité. Vital, mondial il est d’intérêt général. Il est donc normal que les partis politiques s’en saisissent. La Rochelle sera le premier meeting unitaire de la gauche pour la COP21 : Emmanuelle Cosse sera là, Jean-Michel Baylet, Robert Hue, le PCF aussi, comme tous les syndicats et les plus grandes associations qui s’occupent d’écologie.

N’est-ce pas une manière de courtiser l’électorat écologiste avant les régionales et la présidentielle, alors qu’Europe écologie-Les Verts est très critique à votre égard ?

Pour la première fois, le PS a mis la question écologique au niveau de la question sociale. Quant aux écologistes, ils doivent réfléchir : il est quand même paradoxal de vouloir faire alliance dans plusieurs régions avec d’autres formations contre le PS, alors que ce sont les socialistes qui pilotent le rendez-vous de Paris de la COP21 ou ont fait la loi sur la transition énergétique. L’alliance aux régionales avec Jean-Luc Mélenchon induit non seulement l’élimination de la gauche mais la possible victoire du FN, alors que l’unité de toutes les forces de gauche nous permettrait de gagner. Je dis aux écologistes qui ont conclu ces accords : « Retrouvez la raison ! Arrêtez de tourner le dos à l’action concrète et réelle pour l’écologie. »

Croyez-vous, comme l’affirme cette semaine M. Mélenchon dans Les Inrockuptibles, que M. Hollande ne se représentera pas en 2017 ?

S’il dit cela, c’est qu’il craint la candidature du président de la République. Il préfère donc construire un scénario qui crédibilise sa propre candidature dans un espace politique débarrassé du président sortant. Il fait donc un rêve.

 

 Propos recueillis par Nicolas Chapuis, Thomas Wieder et Bastien Bonnefous

 

27 Août

Commentaires fermés sur L’invité de Valérie Nataf sur LCI

L’invité de Valérie Nataf sur LCI

par

LCI JCC 27082015

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de la matinale de LCI.

Il répondait aux questions de Valérie Nataf.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

26 Août

Commentaires fermés sur L’invité de Bruce Toussaint sur I Télé

L’invité de Bruce Toussaint sur I Télé

par

I tele 26082015

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Bruce Toussaint sur I Télé.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

 

19 Août

Commentaires fermés sur Entretien à Paris Match : « La ‘Mélenchonisation’ n’est pas l’avenir de l’écologie »

Entretien à Paris Match : « La ‘Mélenchonisation’ n’est pas l’avenir de l’écologie »

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Paris Match publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

couv_bouquinJCC2015Paris Match. Pourquoi avoir écrit votre dernier livre, «A gauche, les valeurs décident de tout»?

Jean-Christophe Cambadélis. Le sens de la gauche s’est évanoui dans l’économie. On est dans une phase de technocratisation, où l’économie domine tout. Pourquoi est-on de gauche? Quelles sont les valeurs que l’on défend? L’identité, l’autorité, ces idées portées par d’autres se sont substituées à l’égalité, à la fraternité, à la solidarité. On se dispute sur la stratégie économique et pendant ce temps, on ne défend pas notre projet de société.

 

 

A qui la faute?

Elle est collective. Aujourd’hui, sur notre gauche, comme sur notre droite, on nous fait des critiques sur notre politique économique. Mais personne ne se bat sur les valeurs. Or, depuis des années, entre l’extrême droite et la droite extrême, s’est constitué un bloc réactionnaire. Les temps se sont retournés, nous ne sommes plus en 1968, dans les années 1970, à l’époque de l’effondrement des dictatures en Espagne, au Portugal, en Grèce… Nous ne sommes plus dans les combats dominants pour l’égalité, la libération de la femme, contre le racisme… La gauche est prise en tenaille entre les identitaires de droite qui défendent une identité française construite contre l’Europe, contre l’immigration et d’autres identitaires, les islamistes radicaux, qui nient la notion même de République. Face à ces dangers, la gauche ne propose rien, ne défend rien.

Que faire?

Dire que la bataille économique va être longue, mais que nous allons la gagner et qu’il faut désormais se recentrer sur nos valeurs et leur actualisation. Les Français ne se détermineront pas en fonction ni du taux de croissance ni du taux de chômage. Et les valeurs de la gauche ne sont pas des gros mots! Aujourd’hui, la gauche est en fragmentation accélérée. Et si elle ne se rassemble pas autour de ses principes, elle sera marginalisée pour longtemps.

On ne voit pas le rassemblement poindre ! Pour l’instant, aux régionales, les écologistes partent sans vous !

Je ne m’y résous pas et je leur lance un appel pressant : unissons-nous ! Je ne comprends pas leur logique politique. Lorsqu’ils ont démissionné du gouvernement, ils n’ont pas démissionné des exécutifs régionaux ! Je leur demande d’appliquer la logique qui les a fait rester. Pourquoi se diviser alors que localement, partout, ils sont vice-présidents, partout ils travaillent avec nous, alors que le PS a muté sur l’écosocialisme, alors que le gouvernement organise la COP21? Tout ça pour se jeter dans les bras de Jean-Luc Mélenchon? Mais la mélenchonisation de l’écologie n’est pas l’avenir de l’écologie ! On peut comprendre l’autonomie, mais là où il y a un risque de victoire du FN, comme en Paca ou en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, c’est dramatique. L’émiettement au premier tour, c’est la certitude de ne pas être au second. C’est la chance offerte au FN de gagner des régions. Il est à nos portes.

Quelle est votre ambition pour les régionales?

Je ne suis pas dans la spéculation, mais dans le combat. Les régionales, c’est un scrutin à la proportionnelle et les Français ne sont pas mécontents de ce qu’ont fait les socialistes dans les régions. Il faut que nous soyons capables de démontrer en quoi les élections régionales touchent la vie quotidienne des Français et comment une région à droite et une région à gauche, ce n’est pas la même chose.

Le PS a voté une résolution demandant une réorientation de la politique gouvernementale. Est-ce une victoire des frondeurs?

Dès qu’on parle de réorienter, les uns disent on avait raison, les autres disent que non… Il faut changer ce vocabulaire ! Il ne s’agit pas de réorienter mais de bonifier. Cette résolution est une base de discussion avec le gouvernement. C’est ce que je veux faire au PS : ne pas attendre que le gouvernement prenne une position pour que le PS en ait une. Il doit se déterminer dans l’autonomie, même si au bout il y a la solidarité. Il n’est pas possible de rassembler l’ensemble de la gauche juste sur l’action du gouvernement. Le PS doit jouer son rôle.

L’unité soit, mais même au PS les voix discordantes sont fortes : Arnaud Montebourg, qui fait sa rentrée, en fanfare ce dimanche semble s’éloigner de plus en plus du parti.

Oui. Je le regrette. Il y a parfois dans l’attitude de cet homme de grand talent un grand n’importe quoi ! Je pense qu’il a autre chose à faire que de poursuivre de sa colère le président de la République et le Premier ministre car, au fond, il s’est prononcé pour François Hollande lors de la primaire –et non pour Martine Aubry- et c’est grâce à lui que François Hollande a été le candidat des socialistes. Et c’est le même Arnaud qui s’est démené pour installer Manuel Valls à la tête du gouvernement. Donc on lui doit un peu François Hollande et un peu Manuel Valls.

Quelle place pour Arnaud Montebourg au Parti socialiste ?

Il doit rester à bord. Il est en train de gâcher son talent. Il n’y a pas d’avenir à être le turlupin de la gauche, son Cassandre, à chercher par tous les moyens de la mettre en cause. Nous avons besoin de lui dans le combat contre le bloc réactionnaire et pour la réussite du gouvernement Valls;  je lui tends la main.

Le PS peut-il disparaître?

C’est un risque. C’est pour cela que je souhaite son dépassement. Le parti tel qu’il a été constitué à Epinay tant dans ses fondamentaux que dans son mode d’organisation, n’est plus efficace. Nous devons construire un rassemblement qui dépasse les appareils, qui s’ouvre très largement sur le mouvement citoyen, qui crée une nouvelle offre politique. C’est le sens de ce que j’appelle «la belle alliance», l’alliance populaire. C’est une nouvelle donne organisationnelle, citoyenne et écologiste.

Quel est votre objectif?

Pour 2017, 500 000 adhérents et 1 million de sympathisants. En janvier 2016, nous lancerons un appel à l’alliance populaire, en demandant à nos sympathisants de nous aider à la construire. Nous avons un an pour le faire. Nous voulons organiser une convention au mois de novembre 2016, avec plusieurs milliers de représentants. Nous espérons en avoir dans chaque canton.

Avec un président si impopulaire, cela semble irréaliste !

Il faut inverser la problématique. Ne pas attendre que le président de la République soit populaire pour créer un mouvement mais créer un mouvement pour que le président de la République soit populaire !

François Hollande a confié que sans baisse «crédible» du chômage tout au long de l’année 2016, il ne sera pas candidat.

C’est courageux et redoutable. Courageux parce que contrairement à beaucoup d’hommes politiques, ce n’est pas la candidature coûte que coûte. Et c’est redoutable car si nous ne tenons pas cet objectif qui ne dépend pas totalement de lui mais aussi des conditions économiques en Europe, et bien le premier secrétaire que je suis va devoir organiser des primaires. Et on sait que c’est compliqué !

Pourquoi?

Il y aura de nombreux candidats, n’en doutons pas. Or, François Hollande, malgré les critiques, est quand même en position de synthèse dans la gauche et je ne vois pas à cette étape d’autre personne y être.

Vous souhaitez que François Hollande soit candidat en 2017 sans passer par la case primaire?

Je souhaite ce qu’il souhaite.

Pensez-vous que Marine Le Pen puisse être au second tour de la présidentielle?

Je pense que ce qu’on appelle sa présidentialité a été atteinte par la crise du FN. Les Français ont vu que le FN n’était ni mur ni configuré pour gouverner la France. Autant je pense que dans les élections régionales, le FN continuera à faire des scores et que dans les sondages –parce que c’est un cri– il continuera à avoir des chiffres hauts, autant je crois que le jour où il faudra mettre à la présidentielle un bulletin dans l’urne, certains ne se déplaceront pas. C’est ce qu’a compris Nicolas Sarkozy. C’est la raison pour laquelle il droitise son discours. Il revient à la stratégie de la présidentielle de 2012, où il cherchait à siphonner au premier tour les voix du FN. Ça va lui poser un problème avec le centre, mais c’est pour lui le moyen de gagner la présidentielle.

Est-ce une bonne analyse?

C’est dangereux. Car quand on commence à manger à la table du diable, il faut avoir de grandes cuillères et je crains que celle de Sarkozy ne soit pas adaptée.

 

Propos recueillis par Caroline Fontaine