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27 Oct

Commentaires fermés sur «Voter à l’extrême-droite n’est pas en accord avec la tradition juive», interview à Israël Actualités

«Voter à l’extrême-droite n’est pas en accord avec la tradition juive», interview à Israël Actualités

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ITW Israël Actualités oct 2016

 Israël Actualités publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Le premier secrétaire du Parti Socialiste revient d’Israël. Un séjour qu’il a apprécié et qui l’a marqué par bien des aspects. Il a voulu partager avec nos lecteurs ses impressions mais aussi aborder ce qui nous préoccupe : alyah, antisémitisme, relations de la gauche avec Israël, avec l’islam de France et échéance électorale majeure. A l’approche de la Présidentielle, Israël Actualités proposera régulièrement des grandes interviews de responsables politiques de premier plan, afin d’interroger les différents partis et candidats sur tous les sujets, en particulier ceux qui nous tiennent à cœur. Nous inaugurons donc cette série de rendez-vous avec Jean-Christophe Cambadélis.

Bonjour Monsieur Cambadélis et merci d’accepter ce rendez-vous avec nos lecteurs. Ma première question sera sur Israël. Quel regard portez-vous sur ce pays ?

J’en reviens. J’ai passé plusieurs jours en Israël. Je suis allé me recueillir sur la tombe des assassinés de l’Hyper cacher, sur la tombe d’Ilan Halimi. J’étais là-bas le jour de la mort de Shimon Pérès, il y avait donc, dans l’air, une vraie ambiance de deuil. Et en même temps cela m’a permis d’appréhender la situation très particulière qui est celle de ce peuple. Les Israéliens ont un pays en véritable boum économique : ça construit partout, il y a des grues partout, des autoroutes, des trains à grande vitesse, mais une certaine joie de vivre d’ailleurs quand on est à Tel-Aviv. En parallèle, on sent également un arrière-fond de méfiance, de peur de l’agression, du terrorisme, de la guerre. Un pays encerclé par des peuples qui ne lui veulent pas du bien. Et cette double tension crée une atmosphère très particulière qu’on ne connaît dans aucun autre pays au monde. J’ai aussi été reçu par Mahmoud Abbas. J’ai vu tous les responsables politiques israéliens et palestiniens. J’ai essayé de plaider là-bas la solution française lors d’une conférence internationale tout en respectant les partis. Au fond je suis allé là-bas, non pour donner des leçons, mais pour comprendre.

Parlons de l’Alyah française qui a été massive ces dernières années. De plus en plus de juifs partent en Israël, est-ce un désaveu ? Un constat d’échec pour la France qui se vide de ses juifs en quelque sorte ?

C’est un drame pour la France. Au fond cela veut dire que des juifs estiment qu’ils ne peuvent plus vivre comme ils le souhaitent en France. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette situation, parce que c’est un échec. Face à ce constat, je dis qu’il faut avoir à cœur de maintenir les principes républicains qui permettent une France fraternelle.

Un élément, particulièrement, a joué un rôle important dans cette émigration, c’est le terrorisme. Il a d’abord visé les juifs avec l’affaire Ilan Halimi puis l’affaire Merah. Pourtant on a le sentiment que tant qu’on ne visait que des juifs, cela n’était pas considéré comme du terrorisme…

Moi en tous les cas, j’ai toujours considéré cela comme du terrorisme. Quand on tue des Français quelles que soient leurs origines, leur religion ou leur inclinaison, c’est du terrorisme. Moi je ne fais pas de hiérarchie. Quand on commence à en faire, c’est qu’on est déjà dans le début de l’antisémitisme. Donc, le terrorisme est là. Il frappe. Il frappe maintenant, indifféremment les Français quels qu’ils soient.

Lorsqu’un déséquilibré en Israël attaque des civils ou un centre commercial comme le Sarona market, on a du mal à entendre les condamnations de la classe politique, en général, surtout à la gauche de l’échiquier politique… Pourtant c’est le même terrorisme qu’il y a en Israël que celui qu’il y a Nice, à Paris…

Tout à fait. Il faut condamner tous les crimes contre des êtres humains d’où qu’ils viennent et quel que soit l’endroit où ils se déploient. Moi je n’ai aucun problème à le faire. Même si je constate qu’à gauche ça peut exister ou qu’il y a parfois des réticences à vouloir l’exprimer !

Attardons-nous sur le sujet de la sécurité : le festival de Cannes 2016, les jeux olympiques, l’Euro, autant de manifestations pour lesquelles l’expertise israélienne en la matière a été sollicitée. La France va-t-elle, de ce point de vue, renforcer ses liens avec Israël au niveau sécuritaire ?

Je crois que les liens avec Israël sont, dans ce domaine, excellents. Tant du point du vue du renseignement que de la collaboration militaire par rapport à L’Etat Islamique. Quand on a du bombarder L’EI, l’espace aérien israélien nous a été ouvert sans problème dans la seconde. J’ai rencontré des responsables qui s’occupent du renseignement et on sait qu’ils sont pointus. Ils m’ont fait part d’une excellente collaboration avec la France. Il y a, entre la France et Israël, des désaccords sur la manière d’aborder le problème de la paix. Ces derniers nous disent « notre sécurité c’est à nous de la gérer, ce n’est pas à vous, Français, de nous dire comment assurer notre sécurité ».

« Ce n’est pas avec le FN que la communauté juive sera plus protégée ou respectée »

Parlons d’antisémitisme : il est aujourd’hui le fruit d’une frange de la population musulmane envers la communauté juive. L’école de la République a-t-elle échoué dans l’enseignement du vivre ensemble ?

Malheureusement l’antisémitisme ne se niche pas seulement dans une fraction minoritaire de la communauté musulmane. Il existe aussi à la droite de l’échiquier français un antisémitisme militant, jamais démenti.

Certes, mais ceux qui tuent des juifs ou qui commettent des attentats sont à 100 % des personnes issues de la communauté musulmane. Non ?

Je crois qu’il vaudrait mieux, plutôt que de dire issus de la communauté musulmane, bien caractériser les gens et les choses : on parle non pas de musulmans, mais d’islamistes intégristes. Daech, ce n’est pas, heureusement, la lecture majoritaire du monde arabo-musulman. C’est ultra minoritaire et le Djihad terroriste n’est pas porté par l’ensemble des musulmans.

Que dites-vous de la tribune qui est passée dans le JDD du mois d’août lorsque des intellectuels musulmans ont pris la parole pour condamner les attentats, en passant les victimes juives sous silence ?

C’est regrettable, mais je crois que c’était précisément l’inverse de ce qu’ils voulaient faire. Ils voulaient démontrer qu’il y avait une autre voie, d’ailleurs peut être plus laïque que cultuelle et quand on les connaît, ce qui est mon cas, puisque je connais un certain nombre d’entre eux, on ne peut pas faire leur procès. Cela dit, c’est regrettable et cela a donné lieu à une polémique qu’eux ne souhaitaient pas. Bien au contraire…

L’antisémitisme aujourd’hui, se cache aussi sous un vocable plus sournois : antisionisme. Que pensez-vous du BDS et de son boycott organisé ?

Cette question m’a été posée par les membres du Fatah. Et je leur ai répondu qu’il était possible en France de critiquer Israël, comme n’importe quel autre pays, mais que ce n’était pas possible, y compris constitutionnellement, d’organiser une campagne visant à bloquer ou interdire les produits venant d’Israël. Que la solution qui avait été trouvée me semblait acceptable, à savoir que l’on indique la provenance des produits, car chacun a le droit de choisir les produits qu’il veut consommer. Ils ont accepté ma déclaration.

A droite comme à gauche, les primaires s’annoncent et l’ambiance est tendue. Les candidats d’un même camp n’hésitent pas à s’affronter durement…

La primaire c’est un peu comme la sélection de l’équipe de France de football : il faut des matches préliminaires pour trouver le meilleur collectif et dans ce cas le meilleur candidat. Ce que je dis, à ma famille politique, c’est débattez mais dans le respect, car l’heure viendra où il faudra se rassembler…

Que dites-vous aux juifs qui seraient tentés par l’extrême droite, essentiellement pour des raisons sécuritaires ?

« Je dirais que la stigmatisation de l’autre n’est pas dans la tradition juive et que ce n’est pas avec le Front National que la communauté sera plus respectée et plus protégée. Loin de là.

Si François Hollande déclarait forfait, ce qui pourrait être le cas, quel serait votre candidat ?

Je n’ai pas à faire de choix. Je souhaite, justement, que ce soit le vote des sympathisants de gauche qui choisissent le candidat à l’élection présidentielle. Avec ou sans François Hollande.

Quel est le message, pour conclure, que vous voulez faire passer aux juifs de France ?

On les aime.

 

Propos recueillis par Alain Sayada

 

18 Oct

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Voyage en Côte d’Ivoire

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J’ai débuté mon périple en Afrique francophone, où j’irais au Sénégal, au Niger, au Bénin, voir au Mali, par la Côté d’Ivoire. Et ceci pour plusieurs raisons. D’abord parce que c’était le plus difficile, là où la France avait connu l’affront ultime. Là où les conflits avaient pris un cour détestable. Ensuite, parce que les élections vont avoir lieu le 31 octobre. Il eut été de la dernière lâcheté de venir après. Il fallait voir, écouter, comprendre avant. J’ai pu voir certains acteurs – ils ne souhaitent pas tous être cités -. Ce n’est pas l’essentiel. Je peux vous dire que les élections se passent dans un climat classique, sous le contrôle de l’ONU. Je ne suis pas venu donner des leçons ou des consignes. Mais j’observe que Laurent Gbagbo, qui m’a reçu, a réussi la paix. Nous devons tourner la page et travailler dans ces pays à un partenariat soucieux de leur souveraineté. J’y reviendrais après les élections en ami.

28 Avr

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Que fait exactement Xavier Bertrand ?

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Que fait exactement Xavier Bertrand, Secrétaire Général de l’UMP, dans la délégation officielle de Nicolas Sarkozy en Chine ? Honore t-il la signature de son protocole avec le Parti Communiste Chinois ou Nicolas Sarkozy a t-il décidé de créer un ministère UMP au gouvernement ? Voilà une nouvelle démonstration de la confusion des genres !

18 Jan

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Voyage en Asie: D’abord l’Inde

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Me voilà dans la plus grande démocratie du monde, l’Inde ! Plus d’1 milliard d’habitants, 700 millions de votants, 600 000 communes, 1 député pour 1 à 2 millions de votants. Un pays profondément marqué par l’invasion mongole, le sultana de Delhi produisant immédiatement son démembrement en province par la colonisation Anglaise et la décolonisation par Gandhi, puis la ligue musulmane créant le Pakistan et le nérutisme donnant naissance à cette démocratie multiculturelle.

D’emblée nous avons rencontré Ravni Thakur avec une dizaine de parlementaires, puis Digvijay Singh, Secrétaire général du Parti du Congrès. Débat passionnant sur la crise, l’Afghanistan, le climat, les paysans, la démocratie et le respect des minorités et notre proposition d’un partenariat stratégique qui fut acceptée sur le principe. Enfin nous avons rencontré Shabnanm Hasmi activiste social respecté qui combat l’extrême droite indouhiste en recrudescence.

New Delhi, 19h.