872 Jours de Guerre en Europe

1/ Vers la Guerre ouverte entre Israël et l'Iran ? ; 2/ Coup de tonnerre à Istanbul ; 3/ La France, le maillon faible ? ; 4/ Sale temps sur la macronie ; 5/ Bayou pour l'exemple ; 6/ Générations sans avis ; 7/ Manon Aubry et sa lettre de cachet à Glucksmann ; 8/ Qu'est-ce qu'a voulu dire Choïgou ?

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1/ Vers la Guerre ouverte entre Israël et l'Iran ? 

La frappe israélienne le 1er avril en Syrie contre un bâtiment du consulat iranien a éliminé Mohammad Reza Zahedi, son adjoint, et 5 autres responsables. C'est la plus importante perte pour le régime iranien depuis l'élimination du fameux Qassen El Soleimani par les Américains. Zahedi était le responsable pour la Syrie et le Liban de la stratégie militaire et de la logistique iranienne. Il était en particulier responsable des liens avec le Hezbollah. Le fait que ce dernier ait été tué dans un bâtiment consulaire permet à l'Iran de dire que son ressortissant a été tué sur son territoire, indépendamment de la mise hors d'état de nuire d'un responsable iranien chargé d'alimenter le terrorisme. Nous sommes entrés dans la zone ultime avant la Guerre ouverte ; soit parce que la réplique iranienne sera d'ampleur et provoquera en retour celle d'Israël ; soit parce que l'Iran va donner le feu vert à ses milices pour attaquer des positions américaines et israéliennes en Irak avec ses conséquences. Mais derrière cette escalade, il y a la question du nucléaire iranien. On ne dira jamais combien la sortie des États-Unis, à l'initiative de D. Trump, des accords sur le nucléaire iranien, coûte cher à la communauté internationale. Depuis, l'Iran cherche par tous les moyens d'obtenir l'arme nucléaire. La Guerre de la Russie à l'Ukraine lui a offert une opportunité. Le soutien logistique des Iraniens via des drones à la Russie est, avec celui de la Corée du Nord, essentiel. La Russie aide l'Iran pour le nucléaire civil, et peut, contrairement à la Chine, chatouilleuse sur le sujet, aider au dernier degré de l'enrichissement de l'uranium iranien. La Russie est maintenant de fait pour la prolifération nucléaire. Car elle estime que c'est l'avantage stratégique de l'Occident qui serait ainsi réduit. Alors que détentrice du plus grand nombre de têtes nucléaires, elle reste en position de force. Tout en lui permettant de faire du nucléaire tactique une arme de champ de bataille. L'Iran pense elle que c'est un moyen de préserver non le pays mais le régime des mollahs. C'est le deal "enrichissement contre Drones". Et donc Israël veut indiquer à l'Iran que passé une limite dans la voie de l'arme nucléaire, elle pourrait frapper le territoire iranien. Cette légitime défense face à un pays qui a - facialement - juré la destruction de l'État d'Israël, est aussi un bras de levier pour entraîner les États-Unis et une partie du monde occidental dans une confrontation avec l'Iran qui arme le Hezbollah et le Hamas. Netanyahou sait que Biden est hostile à sa stratégie à Gaza. Et pour la première fois les États-Unis ne sont plus inconditionnels. Il peut être aussi perçu à ce sujet l'ambiguïté nouvelle de Trump : non seulement il n'a pas à cette étape pilonné Biden sur le sujet, mais l'ancien président a eu une formule bizarre « il faut faire en sorte qu'Israël ne soit plus isolé ». Cette formule ne sonne pas comme un blanc-seing au premier ministre israélien. Force est de constater qu'entre la Russie qui évoque le feu nucléaire en Ukraine et l'engrenage israélo-iranien sur ce sujet, le monde danse sur un volcan et le Moyen-Orient est au bord de l'abîme.

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2/ Coup de Tonnerre sur Istanbul 

Qui gagne Istanbul gagne la Turquie. L'ancien Maire de la ville, R. Erdogan, le sait bien, lui qui est parti de là pour conquérir le Pays. C'est dire que la défaite du candidat de L'AKP face à Ekrem Imamoglu, le candidat de l'opposition kémaliste CHP, est ressentie comme un camouflet et un mauvais présage pour le parti au pouvoir. Ce dernier a été battu à Istanbul, Ankara, Izmir, Bursa, ou Antalya ainsi que dans de très nombreuses villes d'Anatolie. Ces villes moyennes qui font la base du parti du président turc. Erdogan enregistre son plus mauvais score depuis 2002. Le CHP recueille 37,74 % des voix laminant au passage les 5 partis de sa coalition contre 35,49 % des voix à L'AKP. Le parti d'Erdogan arrive en tête dans 24 régions et le CHP dans 35 régions. Il y a de nombreuses raisons à ce revers. D'abord, la poussée n'a pas été soudaine. Nous avions sous-estimé le score du CHP lors de la dernière présidentielle perdue. L'opposition était quand même majoritaire dans 18 sur 35 grandes villes. Ensuite, le plan de rigueur du ministre de l’Économie Mehmet Simsek s'est cruellement ressenti dans un pays où l'inflation est à plus de 67 %. Erdogan a non seulement vu le CHP en dynamique, mais aussi l'abstention dans son camp progresser, et l'émergence d'un parti islamique "le nouveau parti de la prospérité" lui dérober des voix en menant campagne sur la question sociale et la critique du maintien des relations d'affaires de l'entourage d'Erdogan avec Israël. Le chef d'État turc est devant une équation difficile. Il lui faut maintenir sa politique d'austérité et même l'amplifier. Il sait maintenant que son appel au nationalisme ne fait plus recette. Il est face à un véritable "mur urbain" portant l'alternative avec Ekrem Imamoglu comme candidat probable à la présidentielle. Mais il est aussi concurrencé dans son aire de jeu islamique par un nouveau concurrent. Sa réponse sera-t-elle une offensive de diversion contre les Kurdes ? Dès le lendemain, ces derniers ont été bombardés par l'aviation Turque et le maire de Van, Abdullah Zegdan, gagnant de l'élection municipale, a été destitué provoquant immédiatement des tensions. Il semble bien que le régime soit ébranlé sans grand moyen de se relever. Ce sont toujours des conjectures de fuite en avant.

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3/ La France, le maillon faible ?

Die Welt a révélé que le Franco-béninois Kemi Seba, un temps proche de Dieudonné et a fini par rompre (c'est tout dire) a reçu 440 000 dollars d'une officine liée à la Milice Wagner. Pourquoi la Russie soutient-elle l'ancien leader de la tribu ka, organisation qui fut dissoute en France pour incitation à la haine raciale. Vedette du séminaire de Moscou et encensé par le ministre des Affaires étrangères russe S. Lavrov, Seba est l'ami personnel de Alexandre Douguine, la tête pensante de Poutine. Ce dernier estime que la France est le talon d'Achille du monde occidental. Monsieur Seba a fondé une ONG "Urgence panafricaniste". Il plaide avec succès, depuis le Sénégal où il réside, pour la lutte contre le néo-colonialisme français, pour la souveraineté monétaire et donc la fin du franc CFA. On retrouve ses arguments dans toute l'Afrique de l'Ouest, auxquels il ajoute le suprémaciste noir et l'homophobie. Il soutient que "l'homosexualité fait partie d'un projet de babylonisation de la société." Partout, il remplit des amphithéâtres, ses émissions font des records d'audience. Il sillonne l'Afrique mais aussi la Guyane, la Guadeloupe, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie. Voilà qui rentre parfaitement dans les vues stratégiques de la Russie. Elle estime que la France est un maillon faible vu sa situation intérieure - l'arrivée possible de l'extrême droite au pouvoir - une économie dégradée - et une contestation de la jeunesse en Afrique et dans les Outre-mer. La Russie pousse ainsi à la sédition sous toutes les formes possibles dans les anciennes colonies françaises. Loin de moi l'idée de défendre l'ancien système colonial, sa corruption, sa domination et son exploitation. Mais précisément, son anticolonialisme ne serait accepté de substituer un nouveau à l'ancien. En attendant, la France se laisse cornérisée en Outre-mer et marginalisée en Afrique. Et ceci après avoir été publiquement humiliée par Poutine dans une mise en scène voulue, reléguée au bout d'une très longue table à Moscou, quelques jours avant l'attaque de l'Ukraine. Poutine a ainsi imposé l'image du maillon faible sans considération et surtout sans réaction si ce n'est le maintien du dialogue avec le maître du Kremlin. Ce qui fut reçu 5 sur 5.

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4/ Sale temps sur la macronie

Rien ne va plus en macronie. Les sondages électoraux ne décollent pas, ceux de la popularité sont raplapla. Les agences de notation sont pour le moins sceptiques sur l'objectif de réduction budgétaire. Elles le trouvent "hors de portée" pour la France et l'agence Fitch estime que "la situation politique intérieure est délicate". Les 3000 milliards de dettes vont peser lourd dans le budget de l'État si les agences dégradent la France. Non que le pays ne puisse plus emprunter mais les taux de remboursement se verraient relevés. Et la charge de la dette serait augmentée. C'est l'entrée dans le cycle infernal. Côté croissance cela ne va pas mieux, le gouvernement a dû revoir son chiffre à la baisse. Devant tant de mauvais résultats même le président s'est énervé contre le ministre des Finances lui assénant un "cela fait quand même 7 ans que tu es ministre". Et c'est à ce moment où LR laisse entendre le dépôt d'une motion de censure pour faire tomber le gouvernement. Le parti néo-gaulliste attend quand même le résultat des élections européennes pour passer à l'acte. Car si le score de Renaissance est bas entre 15 et 20 %, le Président Macron ne devrait pas dissoudre pensent-ils. Et LR estime pouvoir ainsi se refaire la cerise parlementaire en vue des municipales sans trop de risques. Mais tout cela peut déraper et, au final, l'extrême droite l'emporter après dissolution. Ce serait un cauchemar pour la France, et un chemin de croix pour Macron. Comme si cela n'était pas suffisant pour le Président empêtré dans sa stratégie vis-à-vis de la Russie où la confusion règne entre co-belligérant en Ukraine et dialogue avec Poutine. Il se profile une controverse au sein de sa majorité à propos de la réforme de l'assurance chômage qui en est à sa 3e réforme en 6 ans. Pourtant, financièrement l'assurance se porte bien. Et elle n'est pas à l'origine des déficits publics. L'heure est à la réduction des déficits quoi qu'il vous en coûte. Mais voilà la nouvelle réforme ne passe pas. La présidente de l'assemblée, Madame Yaël Braun-Pivet, veut "freiner les ardeurs de G. Attal". Sacha Houlier se déclare "pas convaincu" et Clément Beaune appelle à rester "prudent et cohérent". La fronde rampante de la loi immigration est toujours là. Comme E. Macron ne peut pas s'enorgueillir dans ce moment de crise  des deux premières fortunes au monde - hommes et femmes selon le magazine Forbes, pas plus des 15 nouveaux milliardaires entrant dans le classement du gotha mondial, ce qui est aussi une explication du Monde-, alors Macron fait ce qu'il sait faire le mieux. Il virevolte, tourbillonne, papillonne sur tous les sujets à s'en étourdir, chipant à son Premier ministre ou ses ministres la moindre annonce pour oublier que rien ne va. Et il s'en remet aux cérémonies du 6 juin pour démontrer aux Français qu'il existe encore et qu'il faudra compter sur lui pour la suite. Car ici et maintenant ce n'est pas la joie.               

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5/ Bayou pour l'exemple

Julien Bayou, que je n'aime guère, n'a pas voulu se faire tondre en place publique. Madame Tondelier, qui s'apprêtait à le faire, estime que ce refus est un aveu. Pendant que Madame Rousseau déclare qu'il y a "un sexisme systémique dans les partis". Et Bayou se voit donc fusillé pour exemple. Du sexisme, évidemment, il y en a, comme dans la société. Et il doit être combattu avec fermeté. Mais dire que les partis sont des systèmes sexistes par essence, c'est un pas populiste anti-parti à ne pas franchir. Les écologistes, qui ont de l'or électoral entre les mains, s'acharnent toujours à le transformer en plomb. Je ne donne pas pour autant l'absolution à l'ancien leader des écologistes. Mais la stratégie du pilori pour confondre un homme, qui ne se comportait semble-t-il pas très bien sur le plan psychique avec sa compagne, est choquante. D'abord, il est difficile de définir le corps du délit, si je peux dire, les écologistes le reconnaissent eux-mêmes. Ensuite, la justice partisane ne saurait remplacer la justice républicaine, c'est introduire une justice privée contre la justice. On ne peut, à juste raison, s'opposer à la justice communautaire avec ses codes religieux et se réclamer de la justice partisane avec les siens. Enfin, comble du comble, les écologistes pour trancher ce différend s'en remettent à un cabinet d'experts comme un vulgaire macroniste dans son ministère. Madame Tondelier, contrariée par la démission de Bayou, déclare : "que de toute façon, s'il était reconnu coupable, il serait exclu." Cela sonne comme une oraison. En attendant, la pauvre tête de liste Marie Toussaint tente d'éviter le naufrage électoral.

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6/ Générations sans avis 

Le tout petit parti de Benoît Hamon n'a pu se mettre d'accord sur le choix entre le soutien aux écologistes et le soutien à la France insoumise. Ils ont décidé de ne rien faire. Les voilà PAT comme on dit aux échecs. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale se déglingue de toute part. Alors, dans son communiqué, Génération.S se propose de préparer la saison 2 de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. En attendant, débrouillez-vous avec l'extrême droite. Nous, on s'en lave les mains, disent les hamonistes.

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7/ Manon Aubry et sa lettre de cachet à Glucksmann

L'extrême droite caracole en tête mais Manon Aubry - qui est loin d'être la pire - a trouvé que la lettre ouverte de Ruffin à Glucksmann était la bonne idée. Elle a donc décidé de lui en écrire une autre. Par deux fois LFI met la liste Glucksmann-PS au centre, ce sont des signes qui ne trompent pas. Il faut dire que les sondages montrent la progression du député européen au point de se rapprocher de Renaissance qui perd du terrain. Le vote utile vient à grands pas et LFI le sait. Alors il faut cliver, comme on dit dans le jargon de la gauche, pour éviter d'être siphonné. C'est le sens de la missive de Manon Aubry. La punchline est simple : Le remplacement de Macron est à l'ordre du jour et Glucksmann veut remplacer Mélenchon. Il est vrai que le leader de la France insoumise n'exclut personne dans ses prières. Les élections européennes sont européennes. Et elles ne déboucheront pas sur la démission de Macron. Mais si on les réduit à battre Macron, alors la seule liste qui peut le battre, c'est aujourd'hui celle de Glucksmann. Il est à une portée de fusil de celle de la macroniste Hayer. Développer cet argument, cela s'appelle se tirer une balle dans le pied. Les rédacteurs de la missive sortent ensuite l'artillerie lourde... la question de la Paix. De Jaurès à Romain Rolland, des crédits de guerre votés par la social-démocratie allemande au refus de voter la guerre à Saddam malgré Mitterrand. Mélenchon a donné, il connaît. Pacifistes ou bellicistes, nous avons déjà traité le sujet dans les instantanés. LFI propose la paix à tout prix ? Mais la paix sans condition, c'est la capitulation devant le coup de force. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle LFI, jamais avare de slogans, ne dit pas "Troupes Russes hors d'Ukraine, hors du Donbass". La Paix de Manon, c'est le "Poutine gagnant". Et pour amadouer l'ours Russe, LFI vient maintenant de se prononcer pour l'Ukraine hors de l'Europe. La paix à tout prix dans ces conditions ? Il me revient en tête un précédent : le texte de Maurice Thorez dans l'Humanité du 2 septembre 1936 "il faut s'entendre avec quiconque offre une chance si minime soit-elle pour sauver la paix. Il faut s'entendre avec l'Italie en dépit de la dictature fasciste. Il faut s'entendre même avec l'Allemagne d'Hitler". Eh oui, ce "pacifisme bélant" combattu par toutes les gauches non communistes des années 30. Nous sommes loin du slogan de la gauche Pivertiste repris par une grande partie de la SFIO "des canons pour l'Espagne" en 1936. Deuxième balle dans le pied. Mais le cœur du propos se résume ainsi : "la social-démocratie (décidément le concept fait florès) ancrée dans une philosophie obsolète, se limite à redistribuer les bénéfices d'une croissance économique, endossant totalement les principes du capitalisme." Rien que de très classique, la contradiction entre la Réforme et la Révolution, rehaussée par les théoriciens du populisme de gauche C. Mouffe en tête : comme il n'y a rien à redistribuer, il faut mettre à bas le système capitaliste. Si c'est le cas, on comprend mal pourquoi LFI demande de redistribuer les milliards alloués aux entreprises. Oui, il y a des marges de manœuvre. Oui, il est possible de mener une politique plus redistributive, plus juste. Oui, pour l'obtenir il faut avoir le courage de l'imposer. Un vieux barbu disait-il « un pas en avant vaut mieux que mille programmes"? Il s'appelait K. Marx. Là encore, il ne faut pas capituler devant l'adversité. En fin de compte, les libéraux et LFI utilisent le même argument : il n'y a pas de marge de manœuvre, rien n'est possible. Alors pour les uns, il faut la révolution et pour les autres, la conservation. Et c'est précisément là que la social-démocratie est un réformisme radical car nous voulons desserrer l'étau des contraintes et non se résigner à ce qu'il n'y ait rien à faire. Entre le laisser-faire et le il n'y a rien à faire, il y a la volonté de transformer. Troisième balle dans le pied. On ajoutera pour finir que Manon Aubry ne dit pas ce qu'elle compte faire sans la social-démocratie européenne qui est la seule à pouvoir faire face à la vague nationaliste. Car elle a la masse critique au Parlement européen que les extrêmes gauches très minoritaires n'ont pas. Et cette gauche réformiste va mettre à l'ordre du jour - cela tient au hasard - la taxation des grandes fortunes en Europe pour financer la transition sociale écologique. Que fera Manon Aubry ? Elle votera une mesure réformiste, évidemment. Oui, entre le pessimisme révolutionnaire et l'immobilisme libéral, il y a la social-démocratie, seule alternative en Europe au nationalisme d'exclusion. À vouloir dresser des barricades radicales pour retenir les électeurs, on leur construit des ponts utiles. Je crois qu'il n'y a plus de balles dans le barillet.

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8/ Qu'est-ce qu'a voulu dire Choïgou ?

Après les Yagoda, Jedov, Beria et autres Souslov, les services russes ont fini par mettre la main sur l'État avec Poutine. La FSBisation de l'État russe est maintenant totale. Les oligarques ont disparu. Il ne reste que l'armée, autre tradition depuis la Révolution. Ce n'est pas pour rien que Staline a éliminé le maréchal Toukhatchevski ou le maréchal Joukov. L'Armée rouge est un État dans l'État doté de moyens colossaux et de ses propres services secrets, le GRU. Le regretté Alexandre Adler disait que Choïgou, l'ami de Poutine, était son seul contre-pouvoir. C'est lui qui est allé en Corée du Nord négocier l'accord sur les munitions et il est régulièrement visité par les dirigeants chinois. Il est possible qu'il soit pour quelque chose dans l'élimination de Prigojine qui l'avait défié. Comme d'habitude, les stratèges militaires de plateaux télévision ont à tort que mépris pour le ministre et son armée. Ceci pour dire que sa parole n'est pas si légère que cela. Lorsqu'il dit "j'espère que les services français ne sont pas derrière l'attentat à Moscou", le président et tout le monde à sa suite répond "Grotesque". Ce n'est pas grotesque, c'est une menace après les sorties de Macron et celle d'Anne Hidalgo à propos des athlètes russes et biélorusses. Et la France ne vient-elle pas d'arrêter un islamiste russe ?

A Dimanche prochain !

Le communiqué du LAB 

Ma tribune : Nous sommes condamnés à nous entendre !

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Au moment où la Nupes s'est décomposée, un nouvel axe de recomposition se constitue : le Programme Fondamental. 

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LE POUVOIR D’AGIR

Le Lab de la social-démocratie vient d’élaborer un « programme fondamental » intitulé Le Pouvoir d’Agir, qui vise à rénover les idées de la gauche réformiste en France. LeJournal.info a décidé de publier les principales réflexions issues de ce travail collectif. Pour y avoir accès cliquez ci-dessous sur les quatre liens :